» ARTICULATION RHUMATISME DES ENTEROCOLITES

RHUMATISME DES ENTEROCOLITES


Les SASN des entérocolites inflammatoires (Crohn et RCUH) (27 ;28) (peut se voir aussi après bypass intestinal (jejuno-iléal), maladie coeliaque, maladie de Whipple colite collagène). Entre 5 et 20% vont présenter des signes de SASN parmi leurs manifestations extra-articulaires avec :
- un rhumatisme périphérique, souvent une oligo-arthrite asymétrique et migratrice,
- une sacro-iléite bilatérale,
- une pelvispondylite rhumatismale,
- un SAPHO (syndrome Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose, Ostéite)
Dans 1/3 des cas, la pelvispondylite précède la maladie intestinale, souvent de plusieurs années.
Clinique : L’atteinte peut être pelvispondylienne ou périphérique avec les caractères classiques. Association fréquente entre les poussées de la maladie digestive et les atteintes articulaires. Les atteintes oculaires sont plus fréquentes mais elles appartiennent aux signes extra digestifs de ces maladies au même titre que les atteintes cutanées, pulmonaires ou cardio vasculaires comme dans les autres SASN.
Dans le bypass intestinal, l’arthrite se déclare dans les 2-30 mois après le geste churugical, possibilité de polyarthrite, dermatite dans 66-80% des cas, l’ablation du bypass supprime la symptomatologie. Dans la maladie coeliaque, l’arthrite est rare, peut précéder la pathologie digestive, est symétrique et s’améliore avec le régime sans gluten. Dans la colite collagène l’arthrite acrale peut précéder la colite et répond aux AINS. Dans la maladie de Whipple, poly-arthrite migratoire fréquente (jusqu’à 90% des cas) qui peut précéder de plusieurs années le Whipple, les symptômes s’améliorent sous antibiotiques (pénicilline, tétracycline, érythromycine)
Le diagnostic ne pose pas de problème car ces atteintes présentent très vite les critères des SASN. Dans 10 à 20% des cas, les signes articulaires précèdent ou au dominent et le diagnostic de l’entéropathie est réalisé secondairement.
Biologie : signes non spécifiques d’inflammation (augmentation de VS, CRP, leucocytose, anémie, thrombocytose). Le liquide synovial est modérément inflammatoire, à prédominance mononucléée, cultures negatives, pas de cristaux.
Imagerie  : sacro-iléite souvent symétrique, atteinte de la colonne vertébrale par des syndesmophytes et atteinte articulaire apophysaire, ankylose rare. Les articulations périphériques ne sont pas érodées, mais éperons osseux aux enthésites (talon)
Histologie  : La synoviale est le siège des lésions habituellement observées dans les rhumatismes chroniques : Hyperplasie villeuse des franges, Hyperplasie du revêtement synoviocytaire, Infiltrats inflammatoires nodulaires lymphocytaires au centre, plasmocytaires en périphérie. La particularité de cette observation est la présence de très nombreuses lésions granulomateuses épithélioïdes et parfois à cellules géantes au sein des infiltrats lymphoïdes. Ces lésions ne sont jamais nécrotiques.
Diagnostic différentiel : Quelle que soit la nature du rhumatisme inflammatoire, les lésions articulaires sont comparables et ne permettent qu’exceptionnellement de préciser l’affection responsable. Font exception, cependant :
- la maladie de Crohn dont la synoviale peut comporter des lésions granulomateuses,
- la maladie de Whipple dont l’infiltrat peut s’accompagner de macrophages PAS positifs. Dans ce tableau de poly- ou d’oligoarthrite, la biopsie est rarement faite. La découverte de ces éléments spécifiques ou évocateurs est donc l’exception.
Evolution dominée par les difficultés thérapeutiques, car ces malades sont souvent intolérants aux AINS au niveau digestif avec des poussées d’entérites déclenchées par le traitement. Les corticoïdes par voie générale ou intra-articulaire agissent peu sur la colonne vertébrale, utilisation de sulfasalazine. Le Méthotrexate et azathioprine sont peu étudiés. Des antagoniste de TNF (etanercept, infliximab) peuvent agir sur le Crohn et l’atteinte spinale. Le traitement chirurgical de l’entéropathie peut améliorer l’arthrite.
(27) Bayless TM, Stevens MB. Letter : Granulomatous synovitis and Crohn’s disease. N Engl J Med 1976 ; 294(16):903.

(28) Lindstrom C, Wramsby H, Ostberg G. Granulomatous arthritis in Crohn’s disease. Gut 1972 ; 13(4):257-259.
http://www.emedicine.com/med/topic3098.htm


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.