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MUCOPOLYSACCHARIDOSES


Les thésaurismoses : Les thésaurismoses, aussi appelées "maladies de surcharge", sont des maladies génétiques très rares ; elles sont dues à l'accumulation le plus souvent intracellulaire de substances normalement présentes, mais dont la chaîne métabolique est perturbée généralement par un déficit enzymatique ou du transport intracellulaire. Pathologie innée du métabolisme. La substance est stockée dans les lysosomes qui grossissent et s'accumulent. Les organes atteints sont ceux où la substance est normalement métabolisée et ceux qui contiennent des cellules riches en lysosomes (système mononucléé phagocytaire).
Les pathologies sont rares, autosomiques, récessives et peuvent être asymptomatiques ou aller à la pathologie très débilitante aboutissant au décès à un jeune âge avec une atteinte neurologique plus ou moins sévère des anomalies squelettiques, une organomégalie et des cytopénies. Dans certains thésaurismoses, on a une cytopénie du fait d'un hypersplénisme et d'un envahissement de la moelle osseuse par des histiocytes avec possibilité d'inclusion dans des lymphocytes ou polynucléaires.
 
Les substances accumulées sont des glucides simples ou complexes ou des lipides complexes.
EXEMPLES DE MALADIES DE SURCHARGE
 
Substance
Exemple
Siège
 Symptômes
Survie
Glycogène
M. de Pompe
Ubiquitaire (foie++)
Hépatomégalie Atteinte cardiaque Atteinte musculaire
Variable
Mucopolysaccharides
M. de Hurler
Ubiquitaire
Atteinte cardiaque Atteinte articulaire Atteinte musculaire
Variable
Glyco-lipides (cérébrosides)
M. de Gaucher (Type I)
S.M.P.
Splénomégalie Lésions osseuses
+/- Normale
Lipides complexes Sphingomyéline
M..de Niemann-Pick
S.M.P. S.N.C.
Splénomégalie (+foie) Détérioration psycho-motrice
1 à 5 ans
Gangliosides
M. de Tay-Sachs
S.N.C.
Détérioration Cécité
1 à 2 ans
 
S.M.P. = Système Mononucléé Phagocytaire : rate, ganglions, moelle osseuse, foie
S.N.C. = Système Nerveux Central (+/- rétine)
 
Les protéoglycanes comportent une protéine porteuse avec de nombreuses chaînes de glycosaminoglycane (GAG). Le terme de mucopolysaccharides est moins précis et désigne à la fois les GAG et les protéoglycanes.
 
Les glycosaminoglycanes (GAG) : sont de longues molécules linéaires, non branchées, avec des séquence répétitives de disaccharides (de 15 à 5000 unités). Chaque disaccharide associe 1 hexosamine (glucosamine ou galactosamine) et un acide uronique (glucuronique ou iduronique). Seul le kératane-sulfate ne contient pas d'acide uronique mais des molécules de galactose. Chaque variété de GAG ne contient qu'un seul type d'hexosamine mais les 2 acides uroniques. Sauf pour l'héparine et l'héparane-sulfate, toutes les unités disaccharidiques sont identiques dans la molécule. Tous les GAG portent de nombreux groupes acides acétyl ou sulfate sur le groupe aminé de toutes les hexosamines, sulfate estérifiant un ou plusieurs hydroxyles de l'un ou des deux sucres de la plupart des unités disaccharidiques.
Tous les GAG, sauf l'acide hyaluronique, portent à une extrémité une trisaccharide (gal-gal-xyl) qui s'enroule autour d'une protéine porteuse au niveau d'un résidu serine ; cette fixation, sans liaison covalente, est stabilisée par une "pro­téine de liaison".
La protéine porteuse peut ainsi fixer de nombreux GAG de types différents ; ce complexe "en rince-bouteille" constitue un protéoglycane-monomère.
Dans le cartilage et dans la peau, sans doute aussi dans d'autres tissus conjonctifs, jusqu'à cent PG-monomètres peu­vent se fixer à une molécule d'acide hyaluronique. Dans ces macro-agrégats les monomères adhèrent, par l'intermédiaire d'une molécule de glycoprotéine, toutes les dix unités disaccharidiques de l'acide hyaluronique.
Les glycoprotéines associent des polypeptides à un ou plusieurs hétérosaccharides et se distinguent des protéoglycanes par les chaînes courtes hétérosaccharidiques, sans séquence répétitive d'unités disaccharidiques avec pas ou très peu d'acides uroniques. Sous forme structurée ils forment les microfibrilles des lames élastiques et des jonctions épithélioconjonctives, sous forme non structurée, ils forment la laminine de la lamina lucida, la fibronectine des membranes basales et glyocalix des membranes cellulaires.
Les protéoglycanes / glycoprotéines sont abon­dants dans le mucus et substances intercellulaires conjonc­tives et membranes basales et glyocalix des membranes cellulaires
Le mucusest un liquide visqueux sécrété par les glandes / muqueuses. Il assure la lubrification et protection mécanique des muqueuses, protection anti-infectieuse, en particulier avec le mouvement des cils de l'épithélium respiratoire. C'est un gel aqueux de composition complexe : mucines, protéines plasmatiques, électrolytes.
Les mucinessont surtout formées de glycoprotéines dont les chaînes oligosaccharidiques latérales peuvent porter des groupes sulfates ou de l'acide sialique. Certaines mucines contiennent aussi des GAG, libres ou liés à des protéines, portant des groupes carboxyles.
On distingue les fucomucines, neutres riches en fucose de l'estomac, les sulfomucines, riches en groupes sulfates, des glandes gastriques et le mucus intestinal, les sialomucines, riches en acide sialique, des glandes salivaires (surtout sous-maxillaires) et glandes gastriques, les mucines à groupes carboxyliques, présentes dans les glandes gastriques et le mucus intestinal.
Les mucines sont excrétées soit par exocytose, soit après confluence et avec rupture du pôle apical dans le cas des cellules caliciformes. Après HES, le mucus n'est pas ou peu coloré, il est PAS +, même après diastase (mucines neutres), bleu Alcian + (mucines acides (sulfo- et sialomucines, mucines carboxylées) jusqu'à certains pH, la métachromasie caractérise surtout les sulfomucines.
Une sécrétion excessive de mucus se voit lors de : inflammations catarrhales des muqueuses  avec abondante œdè­me, hypersécrétion de mucus et desquamation du revêtement épithélial, l'asthme (le mucus en excès forme des bouchons), les bronchites chroniques, les radiomucites (différenciation mucipare excessive), certaines tumeurs épithéliales avec nombreuses cellules mucipares (polypes des fosses nasales, tumeurs villeuses colorectales), dégénérescence mucieuse (mucinose folliculaireavec accumulation de mucosubstances (acide hyaluronique surtout) dans la gaine épithéliale des follicules pileux).
Une rétention de mucusdans des cellules épithéliales cancéreuses (cellules en bague à chaton).
Accumulation interstitielle de mucus :
- pseudokystes muqueux des lèvrespar rupture du canal excréteur d'une glande salivaire acces­soire, avec flaque de mucus dans le tissu conjonctif. (petites tumeurs translucides à peine sail­lantes à la face interne des lèvres).
- carcinomes colloïdespar inversion de la polarité sécrétoire des cellules cancéreuses, soit de la rupture des lumières glandulaires par le mucus sécrété normalement au pôle apical.
L'accumulation de mucus dans une cavité : cystadénomes et cystadénocarcinomes muqueux, mucocèles appendiculaires par obstruction, cystadénome ou adénocarcinome, mucocèle vésiculaire (obstruction du canal cystique par un calcul enclavé, accumulation de liquide clair filant, riche en mucus), maladie gélatineuse du péritoine
Les Mucopolysaccharidoses : Ce sont des maladies congénitales rares à transmission héréditaire récessive en général autosomique.
Le métabolisme normal des protéoglycanes : Les unités disaccharidiques sont formées par l'intermédiaire de nucléotides uridine-phosphates. La synthèse des GAG ne peut intervenir qu'après celle de la protéine. La polymérisation intervient secondairement dans le Golgi.
La demi-vie des GAG est courte : 2 à 5 jours pour l'acide hyaluronique, 7 à 15 jours pour les chondroïtine-sulfates. Ils sont d'abord dégradés dans le milieu extracellulairepar des protéases, qui agissent sur la protéine-porteuse des PG monomères, par des endoglycosidases qui fractionnent les chaînes de GAG (hyaluronidase) ; d'autres enzymes fractionnent le kératane-sulfate, le dermatane-sulfate, l'héparine et l'héparane-sulfate, qui résistent à la hyaluronidase. Les oligosaccharides qui en résultent sont catabolisés dans les cellules après endocytose et fusion avec les lysosomes.
 
Aspect microvacuolaire PAS + des cellules conjonctives (fibroblastes, cellules endothéliales et pariétales vasculaires monocytes), +/- cellules épithéliales (hépatocytes) et neurones. Cette surcharge peut aboutir à la mort cellulaire, non réparable dans le cas de neurones. Il en existe pratiquement 10 variantes de cellularité clinique variable avec au frottis sanguins des granulomes leucocytaires anormaux et des inclusions cytoplasmiques sous forme de granules basophiles entourés d’un halo clair qui sont métachromatiques au bleu de Toluidine.
La moelle osseuse est le siège d’un nombre variable d’histiocytes à inclusion basophile ressemblant à des mastocytes, possibilité de plasmocytes avec de nombreuses inclusions basophiles entourées d’un halo.
Les mucopolysaccharidoses (MPSs) sont un groupe de thésaurismoses héréditaires lysosomiques par déficit en enzymes qui dégradent les glycosaminoglycanes (GAGs) (Dermatane sulfate (alternance d'acide L-iduronique et de N-acétylgalactosamine), héparane sulfate (acide D-glucuronique ou L-iduronique alternant avec N-acétylglucosamine), kératane sulfate (KS) (résidus D-galactose alternant avec N-acétylglucosamine), chondroïtine sulfate (acide D-glucuronique et N-acétylgalactosamine) ou mucopolysaccharides, présents normalement dans la cornée, cartilage, os, tissu conjonctif, système réticulo-endothélial. L'incapacité à dégrader ces macromolécules, ubiquitaires, aboutit à leur stockage dans de nombreux tissus (foie, rate, cœur, tissu conjonctif).
L’accumulation des fragments de PG et de GAG est responsable du retard de croissance, des dysmorphies, anomalies squelettiques, élimination urinaire du GAG non dégradé et accumulé dans le milieu extracellulaire. Les déficits enzymatiques de ces diverses maladies ont été identifiés sur des fibroblastes en culture. On a constaté aussi que les enzymes déficientes, ajoutées au milieu de cul­ture, étaient captées par les fibroblastes et stockées dans leurs lysosomes. Ce phénomène implique la fixation des enzymes par un groupe mannose-phosphate sur un récepteur spécifique de la membrane plasmique, suivie d'endocytose. On admet que le même mécanisme est normalement néces­saire au stockage des enzymes dans les lysosomes primaires. Ce phénomène est à l'origine de tentatives de traitement substitutif des MPS par injections de l'enzyme manquante ou greffe de fibroblastes normaux.
L'accumulation de dermatane-sulfate, d'héparine et d'héparane-sulfateest commune aux MPS I, II et V, faute d'iduronate-sulfate sulfatase dans la MPS II, faute d'alpha-iduronidase dans la MPS I et sa variante allotypique MPS V.
L'accumulation de kératane-sulfate est due au déficit de la N-acétylgalactosamine-6-sulfate sulfatase dans la MPS IV, mais une variante, parfois appelée MPS VIII, peut résulter du défaut d'une N-acétyl-glucosamine-6-sulfate sulfatase différente de celle de la MPS III D.
D'autre part, la dégradation du kératane-sulfate dépend aussi d'une béta-galactosidase qui intervient par ailleurs dans le catabolisme du ganglioside GM I. Selon les cas, ce déficit se manifeste surtout comme une gangliosidose (maladies de Norman-Landing et Derry) ou comme une variante de MPS IV.
Les GAG comportent aussi des liaisons bêta N-acétylhexosamine. Cependant le déficit des hexosaminidases A et B, dans les maladies de Tay-Sachs et de Sandhoff, n'entraîne aucune manifestation de mucopolysaccharidose.
L'aspect clinique dépend du déficit enzymatique, (faciès grossier, opacités cornéennes, organomégalie, raideur articulaire, dysostose multiple, hernies, petite taille, parfois retard mental, hypertrichose), les produits de dégradation des dermatane, kératane, et chondroïtine sulfate sont associés à des manifestations viscérales, celle des héparane sulfates avec un retard mental. Bien que rare l'incidence globale est proche de 1/25000. Transmission autosomique récessive (sauf MPS II, lié à l'X).
Le diagnostic de MPS se fait par détermination de l'activité enzymatique spécifique.
Le syndrome de Hurler-Scheie (MPS de type I H/S), fait partie avec le syndrome de Hurler (MPS type IH) et le syndrome de Scheie (MPS de type IS) des MPS de type I.
La MPS de type I H/S est intermédiaire entre les types IH (plus sévère et précoce) et IS, plus modérée que le type IH et de progression plus lente (début des symptômes à 3-8 ans, survie jusqu'à l'âge adulte fréquente, présence de cornée opaque, troubles sensoriels (surdité), hépatosplénomégalie,raideur articulaire, dysotoses multiples (grand crâne avec selle en forme de J, hypoplasie antérieure des corps vertébraux thoraciques et lombaires, hypoplasie du pelvis, petites têtes fémorales et coxa valga, côtes en forme d'aviron (étroite aux vertèbres élargies antérieurement), expansion diaphysaire et métaphysaire des os longs avec amincissement cortical, phalanges proximales effilées, micrognathie), pathologie cardiaque valvulaire comme dans les autres types I de MPS). Intelligence sub-normale. Décès par obstruction des voies aériennes et complications pulmonaires. Incidence similaire au 1S.
La MPS de type 1H (Hurler) : c'est la forme la plus fréquente (Incidence de 1-2 10-5) avec souvent retard mental sévère, l'atteinte est précoce dès la première année, avec apparition d'anomalies faciales (tête volumineuse, front proéminent, ensellure nasale aplatie, lèvres épaisses, macroglossie), déformité gibbeuse de la colonne vertébrale (par aplasie de la partie antérieure des corps vertébraux D12-L1 (vertèbre "en éperon")), dysplasie de hanche ; genu valgum ; anomalies de la colonne vertébrale et des mains, par accumulation de GAGs dans les tissus, qui touche de nombreux organes (hépato-splénomégalie). L'atteinte débutant à 1 an, le développement maximal est atteint à l'âge de 2 à 4 ans, les complications orthopédiques communes immobilisent l'enfant et sont douloureuses, absence de développement du langage (troubles auditifs, de la parole et de la vision, macroglossie), nombreux épisodes infectieux respiratoires, ORL. Atteinte du SNC : détérioration intellectuelle après un développement normal on note une lissencéphalie, dilatation des ventricules, malformation de Dandy Walker avec atrophie du vermis et kystes cérebelleux.
Atteinte oculaire avec opacification de la cornée, mégalocornée, glaucome héréditaire, atrophie et congestion du disque optique. Possibilité de fibro-élastose endocardique ou de cardiomyopathie aiguë, voire d'atteinte coronaire diffuse.
Biologie : excrétion urinaire de dermatane et héparane sulfate avec un ratio de 2 / 1, anomalie chromosomique en 4p16.3, présence dans la moelle et le sang de cellules vacuolisées : lymphocytes (cellules de Casser) et plasmocytes (cellules de Buhot). Le déficit enzymatique, retrouvé dans les fibrocytes en cul­ture, concerne l'alpha-L-iduronidase, enzyme qui rompt la liaison entre l'acide iduronique et soit la glucosamine dans le cas de l'héparane-sulfate, soit l'acide acétylgalactosamique dans le cas du dermatane-sulfate.
Le diagnostic est posé vers 2 ans car hépatosplénomégalie, macroglossie, visage grossier, front proéminent, raideur articulaire et déformations squelettiques. Décès vers 5-14 ans par complications respiratoires ou cardiaques. cas clinique
 
Mucopolysaccharidose Type 1S (Scheie) : Incidence de 4 10-6, se déclare après l'âge de 5 à 6 ans, anomalies faciales moins marquées que dans le Hurler, les opacités cornéennes amènent à un glaucome ou dégénérescence rétinienne, surdité possible vers 40 ans, raideur articulaire et contractures (mains en griffes, pieds déformés, genu valgum), avec handicap sévère, intelligence et croissance normales, syndrome du canal carpien fréquent, obstruction des voies aériennes supérieures, myélopathie cervicale, spondylolisthésis lombaire. Cette forme modérée ne réduit pas significativement la durée de vie (sauf si atteinte cardiaque marquée). Possibilité de maladie valvulaire Aortique et d'apnée du sommeil. Hérédité autosomique récessive (gène en 4p16.3).
Les anomalies radiologiques sont plus discrètes que celles de la maladie de Hurler (aspect trapu des os longs et des os de la main , coxa valga, élargissement des côtes, kystes périarticulaires des mains, des poignets et des hanches).
Traitement des MPS : remplacement enzymatique par Aldurazyme (laronidase) en IV hebdomadaire qui améliore les fonctions pulmonaires et orthopédiques, chirurgie correctrice si contractures articulaires ou déformations, on peut proposer une greffe de moelle allogénique
 
Mucopolysaccharidose Type II (Syndrome de Hunter) : Incidence de 1/65000 à 1/1320000, pathologie héréditaire liée à l'X (en q27-28) donc exclusivement masculin. Déficit en Iduronate-2 sulfatase. Incidence de 1 /100000 - 150000
Avec 2 formes, une sévère (type A) avec des manifestations cliniques qui débutent vers 1 à 2 ans similaires au syndrome de Hurler (dégénérescence neurocognitive et retard mental profond, hydrocéphalie, organomégalie, dysostoses multiples, surdité progressive, petite taille, visage grossier, rétinite pigmentaire), mais de progression moins rapide que dans cette pathologie, tardivement syndrome du canal carpien et pathologie dégénérative des hanches, décès d'origine cardiorespiratoire BPCO, dysfonction valvulaire, épaississement myocardique, HT pulmonaire, coronarite diffuse, sévère, mort subite dans 11%). Possibilité de lésions cutanées papulaires scapulaires et du pli postérieur axillaire (marqueur de la maladie), peau épaissie et hypertrichose surtout sur les doigts. Les patients ont un cou court, poitrine large, abdomen protubérant avec hernie ombilicale et hépatosplénomégalie, une cyphose avec tronc court, raideur articulaire et doigts en griffes. Absence d'opacité cornéenne mais rétinite pigmentaire et papilloedème. Décès vers 10-15 ans.
La forme B ressemble au syndrome de Scheie (MPS I-S), intelligence normale, obstruction respiratoire par accumulation de mucopolysaccharides dans les voies respiratoires. Survie beaucoup plus prolongée parfois jusqu'à la 7ème décennie.
Histologie : granulations de Alder-Reilly dans les PN circulants ou médullaires, les lymphocytes circulants montrent des granules métachromatiques au bleu de Toluidine dans des vacuoles
Traitement des MPS : remplacement enzymatique par Elaprase (idursulfase) qui améliore les fonctions pulmonaires et orthopédiques, chirurgie correctrice si contractures articulaires ou déformations, possibilité de transplantation médullaire
 
Mucopolysaccharidose de Type III (syndrome de Sanfilippo) : 4 enzymes sont impliqués. Le type A est dû à un déficit d'héparane (localisé en 17q25.3) N-sulfatase, le type B de alpha-N-acétylglucosaminidase (en 17q21), type C d'acétyl-CoA:alpha-glucosaminide acétyltransférase (localisé sur le chromosome 14), et le type D de N-acétylglucosamine-6-sulfatase en 12q14. Excrétion urinaire d'héparane sulfate et chondroïtine sulfate. atteinte du SNC par accumulation lysosomale d'héparane sulfate. Hérédité autosomique récessive (comme dans les autres MPS sauf le syndrome de Hunter). Incidence de 1.25-4 10-5
Clinique  : nouveaux-nés normaux, premiers troubles du comportement vers 2 ans (hyperactivité, troubles du sommeil, troubles d'élocution, surdité, parfois épilepsie, autisme, troubles marqués du comportement, hyperactivité incontrôlable, crises de colère, comportement destructeur), dégénérescence neurologique avec retard mental après 6 ans, limitation marquée des mouvements et activités vers 10 ans amenant à un état végétatif, décès vers la puberté par problèmes respiratoires. La forme III a est la plus sévère. Peu de dysmorphie
Examen clinique : manifestations somatiques moins marquées que dans les autres MPS (anomalies faciales et osseuses), opacités cornéennes modérées.
 
Mucopolysaccharidose de Type IV (maladie de Morquio) : se distingue des autres MPS par l'absence de faciès grossier ou de retard mental, anomalies squelettiques supplémentaires avec dysplasie spondylo-épiphysaire (nanisme à tronc court, genu valgus, hypoplasie odontoïde (risque de subluxation atlanto-axiale), pectus carinatum, luxation des hanches déformations des métacarpiens, phalanges et épiphyses, des os tubulaires, métaphyses élargies, ostéoporose) et laxité ligamentaire. Atteinte plus marquée de la colonne avec cyphoscoliose, gibbosité marquée. Anomalies dentaires avec hypoplasie par amélogenèse imparfaite, une valvulopathie aortique ou mitrale, opacités de la cornée, possibilité de glaucome, hypoacousie discrète, insuffisance respiratoire restrictive et apnée du sommeil respectivement secondaires aux déformations thoraciques et cervicales. Déficit en galactosamine-6-sulfatase dans le IVA et de bêta-galactosidase dans le type IVB. Dans le syndrome de Morquio, la dégradation des kératanes sulfates KS (cartilage, cornée) est défectueuse par déficit en N-acetyl-galactosamine-6-sulfate sulfatase (GALNS gène en 16q24.3) si type IVA ou bêta-galactosidase (GLB1 gène en 3p21.33) si type IVB affectant le catabolisme de la chondroïtine 6-sulfate. Le métabolisme normal des Dermatane sulfate, héparane sulfate de distribution ubiquitaire épargne aux patients le retard mental et autres anomalies des MPS. Enfants normaux à la naissance, vers 2 à 3 ans déformation spinale, retard de croissance et genu valgus. Incidence de 5-25 10-6
Mortalité/Morbidité : qui dépendde l'instabilité atlanto-axiale et de la myélopathie cervicale conséquente (traumatisme minime ou extension du cou peut aboutir a une tétraplégie ou décès). L'apnée du sommeil peut aboutir à une hypertension pulmonaire, obstruction des voies aériennes par mucus épaissi et infections, pathologie coronaire précoce et valvulaire, opacités cornéennes, problèmes auditifs, hernies, prédisposition aux caries. Décès vers 20-40 ans
Différences entre les MPSs et le syndrome de Morquio
 
Différences entre les MPSs et le syndrome de Morquio
MPS Type
Eponyme
Enzyme Déficitaire
Neuro Degenerescence
Aspects
Somatiques
Opacités
cornéennes
Anomalie osseuses/
articulaire
MPS Stockés
I H
Hurler
a-iduronidase
+++
+++
++
++
DS, HS
I H/S
Hurler-Scheie
a-iduronidase
++
++
++
DS, HS
I S
Scheie
a-iduronidase
+
+
+
DS, HS
II
Hunter
Iduronidase sulfatase
++
++
++
DS, HS
III
Sanfilippo A
Heparan sulfatase
+++
+
+
HS
Sanfilippo B
N-acetylglucosaminidase
+++
+
+
HS
Sanfilippo C
Acetyl CoA glucosamine acetyltransferase
+++
+
+
HS
Sanfilippo D
N-acetylglucosamine-6-sulfatase
+++
+
+
HS
IV
Morquio A
Galactosamine-6-sulfatase
+
+/ —
+/ ++ / +++
KS, CS
Morquio B
b-galactosidase
+
+/ —
+/ ++ / +++
KS
V
Non-existant
VI
Maroteaux-Lamy
N-acetylhexosamine-4-sulfatase
+
+
++
DS
VII
Sly
b-glucuronidase
++
++
++
DS, HS, CS
Biologie : semi-quantificationdes GAG urinaires par spectrophotométrie avec du bleu de diméthylméthylène. Héparane, kératane, et dermatane sulfate par électrophorèse. La suspicion clinique est plus importante que le screening, le diagnostic est confirmé par dosage direct enzymatique dans des leucocytes ou fibroblastes.
Histologie : les lysosomes de patients avec MPS présentent des vacuoles ou corps d'inclusion (lymphocytes, hépatocytes, neurones).
Traitement médical  : palliatif, remplacement enzymatique par laronidase qui améliore les fonctions pulmonaires et orthopédiques, chirurgie correctrice avec chirurgie de fusion spinale (fusion de C1 et C2 du fait de l'hypoplasie odontoïde, mais celle-ci doit être préventive et elle est risquée, donc non pratiquée par tout le monde), sinon chirurgie orthopédique de correction des genoux ou par ostéotomie fémorale, possibilité de transplantation médullaire (les cellules greffées apportant l'enzyme normal)
Pronostic : dans les formes modérées, survie jusqu'à la 7ème décennie, dans les formes sévères avec instabilité cervicale et atteinte pulmonaire décès dans 2ème ou 3ème décennie
 
Mucopolysaccharidose de Type VI (syndrome de Maroteaux-Lamy) : hérédité autosomique récessive, déficit en arylsulfatase B et accumulation lysosomale de dermatane sulfate (anomalie chromosomique en 5q13-q14), absence de retard mental. Aspect normal à la naissance, croissance accélérée la première année puis diminuée avec petite taille, diagnostic fait sur l'hépatosplénomégalie, anomalies squelettiques marquées, limitation erticulaire, opacités cornéennes, faciès grossier, macroglossie, raideur articulaire, atteinte respiratoire, surdité, insuffisance cardiaque (sténose mitrale), complications neurologiques par hypoplasie des vertèbres cervicales, hydrocéphalie secondaire à une pachyméningite, syndrome de compression, et myélopathie par épaississement dural
Pronostic : difficile à évaluer car variations importantes d'un cas à l'autre
 
Mucopolysaccharidose Type VII (maladie de Sly) AJCP 1982 ;78:544, OMIM 253220, Wikipedia : par déficit en bêta-glucuronidase (gène situé en 7q21.11-q22.1), forme rare, incidence <4.10-6. La forme la plus sévère se manifeste à la naissance (inhabituel pour une MPS), avec quelques cas d'hydrops fœtal ou d'ictère néonatal, sinon clinique dès la première année de vie, dysostose multiple luxation de hanches, raideur articulaire, cyphoscoliose, possibilité d'hypoplasie odontoïde, faciès grossier, hépatosplénomégalie, hernies ombilicales et inguinales, possibilité de surdité, macrocéphalie, cou court, pathologie valvulaire, retard mental non progressif, opacités cornéennes. Les formes modérées apparaissent plus tard, après 4 ans (survie possible jusqu'à 19 à 20 ans). Accumulation de dermatane sulfate, héparane sulfate, et chondroïtine sulfate.
Histologie  : granules de Alder-Reilly dans les PNN, monocytes, basophiles et éosinophiles ; inclusions cytoplasmiques entourées de vacuoles claires dans les lymphocytes, plasmocytes, ostéoblastes, macrophages
 


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