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Phénylcétonurie


La phénylcétonurie est l'erreur innée (autosomique récessive) la plus fréquente du métabolisme des acides amines (mutation du gène de la phénylalanine hydroxylase en 12q22-24.1 (> 400 mutations décrites) avec accumulation de phénylalanine (non transformée en tyrosine) dans le plasma (>1200 mmol/L (> 20mg/mL) ; normale, 35-90 mmol/L), les formes modérées s’accompagnent d’un taux < 10 mg/100 mL (600 mmoles/L, et excrétion d'acide phénylpyruvique (1 g/j, coloration rouge foncé par le chlorure de fer) et d'acide phénylacétique dans l'urine. Cette pathologie est recherchée par dépistage chez tous les nouveau-nés. Il existe des variantes par atteinte d'autres enzymes (en 11q22.3-23.3, 10q22, 2p13 et 4p15.1-16.1).
Incidence 1/3000-15000 naissances.
Clinique : n'est plus observée du fait du dépistage obligatoire à la naissance. Peau, iris et cheveux clairs (inhibition de synthèse de mélanine), eczéma (dermatite atopique), photosensibilité, diminution des infections, kératose pilaire, plaques de sclérodermie, retard mental, épilepsie, manifestations extrapyramidales (Parkinson, hypopigmentation oculaire)
Biologie : taux sanguin de phénylalanine, par chromatographie, test de Guthrie obligatoire de puis 1977, déficit en tyrosine.
Traitement : régime pauvre en phénylalanine avec supplémentation en tyrosine, qui vise à maintenir un taux de phénylalanine < 10 mg/100 mL, il doit aussi assurer à l’enfant une croissance staturopondérale et un développement psychomoteur normaux.
Sa durée est en moyenne de 8 ans, mais à son arrêt va se produire naturellement une remontée du taux de phénylalanine.
Complications : Agoraphobie possible
Pronostic :intellectuel bon si régime appliqué dès le 1er mois
les bénéfices du dépistage sont en question depuis que des femmes atteintes de cette maladie, traitées et perdues de vue, sont en âge de procréer. Il existe un syndrome du nouveau-né de mère phénylcétonurique, embryofoetopathie avec retard mental, microcéphalie, RCIU, malformation cardiaque (tétralogie de Fallot, CIV, coarctation de l’aorte) +/- dysmorphie faciale de type foetopathie alcoolique, cataracte, anomalies du squelette. La sévérité de l’embryofoetopathie est corrélée au taux de phénylalanine maternelle, avec atteinte foetale certaine si taux > 20 mg/100 mL.
La meilleure prévention est de maintenir un taux de phénylalanine maternel toujours < 8 mg/100 mL par régime appauvri en phénylalanine poursuivi durant toute la grossesse, d’où discipline stricte et degré d’intelligence indispensables, ce qui n’est pas toujours le cas, certaines mères gardant un retard mental même modéré, grossesse programmée car régime débuté plusieurs semaines avant la conception pour obtenir dès le début de la grossesse un taux de phénylalanine le plus bas possible, entre 3 mg et 8 mg/100 mL, l’excès précoce de phénylalanine va contrarier le développement cérébral et la multiplication cellulaire, favorisant la survenue d’une microcéphalie. Surveillance rigoureuse clinique et biologique par dosage hebdomadaire du taux sanguin de phénylalanine et un encadrement, assuré par les obstétriciens, les pédiatres et les diététiciens, ainsi qu’un soutien psychologique. Nécessité de garder un équilibre protéique et énergétique suffisant sans risque de malnutrition maternelle et foetale ni de retentissement sur la croissance du foetus.
Régime qui associe : apport de phénylalanine de 5 mg/kg/j dans les 2 à 3 mois précédant la grossesse, puis de 10 mg/kg/j jusqu’au 5ème mois, avec des aménagements selon la tolérance maternelle de 300 mg à 800 mg/j, enfin, de 15 mg/kg/j jusqu’à la naissance, la ration pouvant atteindre 1 500 mg en raison d’une meilleure tolérance et de l’augmentation pondérale, un apport protéique moyen de 1,5 g/kg/j (de 60 à 70 g), constitué par des mélanges d’acides aminés dépourvus de phénylalanine et enrichis en tyrosine, un apport calorique de 2 500 à 3 000 kcal/j, un apport de tyrosine de 3 g/j pour maintenir une tyrosinémie supérieure à 0,5 mg/100 mL (30 µmoles/L), une supplémentation en vitamines, en sels minéraux, en oligoéléments et en acide folique.
http://www.emedicine.com/ped/topic1787.htm



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