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Epiglottite


Epiglottite : urgence majeure rare (1 à 2/1000 des hospitalisations en pédiatrie). Pathologie par Haemophilus influenzae capsulé type 1B. La localisation au niveau de l’épiglotte entraîne des micro-abcès et un oedème volumineux. La localisation pulmonaire et méningée de ce germe est possible mais rare. Pathologie rare, incidence de 10-5/an, prédominance masculine (3/1), pic à la 5ème décennie et entre 3 et 7 ans, avant 1980 touchait surtout les enfants (avant le vaccin anti haemophilus).
Mortalité chez l’adulte de 7% versus 1% chez l’enfant.
Causes  : surtout H influenzae (1/4 des cas, grande majorité des cas infantiles) sinon Haemophilus para-influenzae, Streptococcus pneumoniae ou du groupe A, plus rarement (Staphylocoque doré, mycobactéries), herpes simplex virus (HSV), candida, lésions thermiques ou caustiques.
Clinique  : Triade dyspnée laryngée majeure avec tirage important, brutale, dysphagie intense et hypersialorrhée, fièvre élevée. Position très évocatrice de l’enfant : assis, penché en avant et refusant le décubitus, l’état général est altéré dans un contexte de septicémie. Le début des symptômes est moins brutal chez l’adulte et la pathologie est précédée habituellement par une infection des voies aériennes >. La phase d’état peut mettre plusieurs J pour apparaître, avec fièvre, douleur pharyngée, voix assourdie caractéristique, dysphagie sévère et odynophagie. La dyspnée inspiratoire n’est pas systématique mais représente l’élément de gravité de cette affection. Elle impose une prise en charge urgente en milieu hospitalier.
Le diagnostic d’épiglottite se fait au mieux à l’aide de la fibroscopie nasopharyngée, même si une laryngoscopie indirecte est nettement moins dangereuse que chez l’enfant. L’épiglotte est large, en battant de cloche, rouge cerise. Elle se positionne parfois au-dessus du niveau de la base de la langue.Urgence vitale avec transfert médicalisé en unité de réanimation, sont proscrits par le risque d’arrêt cardio-respiratoire immédiat l’examen oropharyngé avec un abaisse-langue et le décubitus (respecter la position de l’enfant). Les corticoïdes en attendant ce transfert sont possibles surtout si le diagnostic hésite avec une laryngite sous-glottique. Ils sont inefficaces en cas d’épiglottite.
Histologie : infiltrat inflammatoire aigu avec un œdème plus ou moins marqué. Images : lame virtuelle
Le traitement à l’hôpital, intubation laryngo-trachéale difficile le larynx étant obstrué par la volumineuse épiglotte, dans un bloc opératoire avec du matériel de trachéotomie à proximité, prélèvements pour examen bactériologique : Hémocultures, PL éventuelle
Puis antibiothérapie : Céphalosporine de 3ème génération type cefotaxime (Claforan) + corticothérapie.
Traitement prophylactique : Rifampicine chez les sujets contacts de moins de 4 ans
Traitement préventif : Vaccination contre l’Haemophilus influenzae 1B. Dans les pays où cette vaccination est généralisée, l’épiglottite a pratiquement disparu
Complications : oedème pulmonaire, abcès épiglottique, pneumonie, méningite, adénite cervicale, arthrite septique, péricardite, Cellulite, choc septique, Pneumothorax , Pneumomédiastin (rare) , décès par asphyxie
Pronostic : bon, extubation en 1-2 j. Le pronostic dépend de la rapidité de l’installation des signes et de la rapidité de la prise en charge.
À l’heure actuelle, la mortalité est inférieure à 1 % et l’intubation, voire la trachéotomie, inférieure à 10 % sauf en cas d’immunodépression.
 
Périchondrite : rares souvent sur larynx irradié, chez l’immunodéprimé et dans le cadre d’une intubation prolongée. Dysphagie intense, et douleur vive à la palpation des cartilages thyroïde et cricoïde. La peau en regard des structures laryngées peut être inflammatoire avec une sensation douloureuse intense à la mobilisation active ou passive du larynx.
Le diagnostic est clinique mais, pour évaluer l’extension de l’atteinte, la tomodensitométrie est l’examen de choix.
Sur le plan biologique, il existe une augmentation de la vitesse de sédimentation ainsi qu’une augmentation des marqueurs biologiques de l’inflammation.
La période aiguë passée, les patients peuvent conserver des séquelles, en particulier une sténose laryngée.


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