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ERYTHROPOIETINE


L’érythropoïétine ou EPO est une glycoprotéine hormonale de 30000 Dalton et 165 acides aminés, (cytokine des précurseurs érythrocytaires), produite par les cellules péritubulaires du rein en réponse à une hypoxie (faible taux circulant de 5 pmol/L) et dans le foie chez le fœtus. Elle régule la production de globules rouges. L’EPO est produite par recombinaison de l'ADN en culture de cellules de mammifères, elle traite l'anémie de l’insuffisance rénale chronique ou secondaire à une chimiothérapie. L’EPO se fixe à un récepteur spécifique à la surface des précurseurs rouges dans la moelle les stimulant à se transformer en globules rouges matures.
Toute maladie chronique rénale aboutit à un déficit en EPO et à une anémie.
L'EPO recombinante (rEOP) a obtenu l’AMM en 1989 pour l’anémie de l’insuffisance rénale chronique (Epogène) et en 1991 pour l’anémie post-chimiothérapique (Procrit).
Un analogue de demi-vie plus longue, la darbepoïétine (dEPO), existe depuis 2001 (Aranesp). Hors US il existe 2 marques : Eprex (J&j) et NeoRecormon (Roche), 2 formes à ½ vie longue seront lancées en Europe en 2006 : CERA (Roche) et Dynepo (Shire)
L'EPO est injectée en sous-cutanée voire en IV en pluri-hebdomadaire (1/2semaines si longue durée de vie). Elle est contre-indiquée si leucémie ou HTA sévère, une complication rare et sévère est l’aplasie rouge pure (d’origine auto-immune et nécessitant des transfusions), la plus fréquente étant la fièvre, sinon de thrombo-embolie (utilisation concomitante d’aspirine pour réduire ce risque), céphalées, nausées, vomissements, délire.
 
L’EPO est beaucoup utilisée comme dopant, la preuve, le décès d’une douzaine de cyclistes de compétition dans les années 90, d’arrêt cardiaque durant le sommeil, l’excès d’EPO provoque une polyglobulie, donc l’augmentation de viscosité, au-delà d’un certain taux d’Hb, l’effet est nocif sur les capacités de transport d’O2 (signes de maladie des montagnes). Depuis le scandale Festina sur le tour de France en 1998 on mesure l’hématocrite qui doit rester < 50% et depuis 2000, on peut distinguer l’EPO de synthèse de l’EPO naturelle. Si la Dynepo devient disponible en 2006 comme elle est fabriqué sur cellules humaines cultivées le dopage deviendra indétectable.
 
Utilisation de l’EPO et de la darbepoïetine dans le traitement des anémies liées au cancer :
Les causes corrigibles d’anémie doivent être traitées avant de démarrer un traitement par stimulants de érythropoïèse (ESA = erythropoiesis stimulating agents) (anémie ferriprive, déficit en acide folique, déficit en vitamine B12).
Les ASE sont débutés si GB q< 10 g/100 ml avec un objectif d’GB à 12 g/100 ml.
Dose initiale : EPO sc 40 000 U/semaine ou 150 U/kg 3 fois par semaine. Darbepoïétine sc 500 mcg toutes les 3 semaines ou 2,25 mcg/kg par semaine.
Taux d’Hb visé = taux minimal qui évite les transfusions. Augmentation de dose : si augmentation d’Hb < 1 g/dl après 4 semaines de traitement.
Augmenter l’EPO à 60 000 U/semaine ou à 300 U/kg 3 fois par semaine ou la darbepoïétine à 4,5 mcg/kg après 6 semaines de traitement.
Réduction de dose : diminuer la dose de 25 % pour l’EPO et de 40 % pour la Darbépoïétine si le taux de l’Hb évite les transfusions ou si Hb augmente de plus de 1 g/dl en 2 semaines.
Arrêt temporaire du traitement  : si Hb > 12 g/dl, arrêt du traitement , pour l’EPO redémarrer à une dose inférieure de 25 % à la dose précédente et pour la Darbepoïétine à une dose inférieure de 40 % à la dose précédente.
Arrêt définitif du traitement : si après 6 à 8 semaines : réponse insuffisante (augmentation de Hb < 1-2 g/dl) / pas de diminution des besoins transfusionnels.
Il existe un risque thrombo-embolique lors d’études randomisées.
Certaines études font état d’une survie plus courte et d’un risque de progression ou derécidive tumorale avec les ESA chez les patients avec tumeurs du sein, du poumon non à petites cellules, des tumeurs ORL, des tumeurs du col utérin ou des lymphomes.
Traitement de l’anémie du myélome multiple, du lymphome et de la LLC :
Débuter le traitement par chimiothérapie +/- corticothérapie.
En absence d’amélioration de l’anémie, considérer l’utilisation de darbepoïétine en tenant compte du risque thrombo-embolique.
Anémie du cancer non traite par chimiothérapie : la darbepoïétine est indiquée dans la myélodysplasie à faible risque.


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