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MALADIE DE KRABBE


La maladie de Krabbe (leucodystrophie infantile à cellules globoïdes (galactosylcéramidase) est une sphingolipidose autosomique récessive du petit enfant. Déficit en galactosylcéramide bêta-galactosidase hydrolase lysosomale (GALC), qui dégrade la galactosylcéramide, composant majeur de la myéline, et autres sphingolipides (gène en 14q31.3). Cette accumulation aboutit à des cellules globoïdes (macrophages), caractéristiques et à la destruction de l'oligodendroglie
Pathologie rare 10-5, sex ratio équilibré.
Il existe 4 formes : Type 1 - Infantile Type 2 – infantile tardive Type 3 - Juvénile Type 4 - Adulte
Clinique : A noter l'absence de viscéromégalie, dysmorphie, atteinte cardiovasculaire ou anomalies squelettiques
Type 1 : forme infantile (85-90% des cas) prototypique.
Stade 1 : Irritabilité, hypertonie, hyperesthésie, neuropathie périphérique auditive, tactile, visuelle, arrêt du développement psychomoteur qui apparaissent après un développement normal de 3-6 mois. Vomissements et reflux possibles avec retard de croissance.
Stade 2 : détérioration rapide psychomotrice, hypertonie croissante, opisthotonos, hyper-réflexie, atrophie optique, cécité. Parfois épilepsie.
Stade 3 : atteinte neurologique sévère en quelques semaines ou mois avec perte de mouvement volontaires et posture de décérébration permanente, cécité, surdité puis décès vers 13 mois en moyenne
Type 2 : infantile tardive, l'évolution est similaire mais plus lente, début plus tardif entre 6 mois et 3 ans, avec irritabilité, hypertonie, ataxie, arrêt psychomoteur, détérioration progressive et cécité, décès en 2 ans d'évolution.
Type 3 : Juvénile début entre 3 et 8 ans, rapidité d'évolution variable avec régression rapide psychomotrice, puis dégénérescence plus lente et progressive.
Type 4 : début après 8 ans jusque chez l'adulte, symptomatologie et évolution variables signes de neuropathie périphérique, troubles cérebelleux, spasticité. Dans tous les cas : atteinte motrice centrale avec hémiparésie / paraparésie + tremblement d’attitude ou pieds creux. Il n’est observé qu’exceptionnellement une détérioration intellectuelle, des crises d’épilepsie ou des troubles de la déglutition.
Il existe des variantes cliniques : une forme néonatale, des variantes hypotoniques dans lesquelles la rigidité est absente, des formes fulminantes avec mort en 3 mois et des formes d’apparition plus tardive, en général avant l’âge de 5 ans et d’évolution plus prolongée.
La symptomatologie peut être faite d’hémiplégie, paraplégie, ataxie cérébelleuse, dystonie.
Parfois, une neuropathie périphérique ou des troubles visuels isolés (cécité) précèdent l’apparition des autres signes.
 
Biologie : dosage de l'enzyme GALC entre 0 et 5% du taux normal et biologie moléculaire
Le LCR dans les type 1 et 2 montre une protéinorachie élevée (augmentation d'albumine et alpha2-globulines, diminution des bêta et gamma globulines)
Imagerie cérébrale : atrophie diffuse symétrique, les lésions débutent au niveau du centre ovale par des foyers de signaux hyperintenses bilatéraux et symétriques en T2.
Histologie : Les lésions épargnent le cortex (pas de surcharge intraneuronale) et touchent sévèrement la substance blanche qui est gliotique, démyélinisation, dégénérescence axonale, diminution marquée de l'oligodendroglie, macrophages multinucléés à cytoplasme abondant (cellules globoïdes, PAS +, mais peu coloré par les colorants des lipides (noir Soudan) et non métachromatique, phosphatase acide ++, témoignant de l’activation lysosomale) surtout en périvasculaire, dégénérescence neuronale de la substance grise. La surcharge implique les macrophages cérébraux (cellules globoïdes) ainsi que des macrophages non globoïdes (macrophages des nerfs périphériques) et des cellules non macrophagiques : cellules de Schwann, cellules des glandes sudoripares. Les cellules globoïdes sont des macrophages d’abord mononucléés, puis qui deviennent progressivement plus nombreux et multinucléés, au fur et à mesure que les lésions évoluent.
Les nerfs périphériques montrent une démyélinisation, fibrose endoneurale, prolifération de fibroblastes, macrophages en périvasculaire.
Traitement : transplantation de cellules souches hématopoïétiques dans les formes tardives ou d'évolution lente ou à un stade très précoce sinon avec près de 70% de survie à 5 ans (beaucoup plus mauvais si symptomatique)

http://www.emedicine.com/ped/topic2892.htm


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