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Adénocarcinome à cellules en bague à chaton


- Variante à cellules en bague à chaton (110)  : Présence de cellules en bague à chaton jusque dans76% des adénocarcinomes de la vessie (5% à 100% du volume tumoral, souvent > 60%), moyenne 58 ans, prédominance masculine (3/1) infiltration diffuse comme la linite plastique de l’estomac, résection complete quasi illusoire. Il existe plusieurs variantes morphologiques d’adénocarcinome à cellules isolées de la vessie (101). Dans la forme classique, l’image morphologique ressemble à la linite plastique de l’estomac. Il existe en effet une infiltration diffuse de la paroi vésicale par des cellules indépendantes mucosécrétantes dont le noyau est repoussé à la périphérie de la cellule par la vacuole de mucus (cellules en " bague à chaton "). Une forme inhabituelle de carcinome à cellules isolées, est la variante " monocytoïde " (101). A l’inverse de la forme classique, les cellules tumorales possèdent un cytoplasme souvent dense, éosinophile ou amphophile et un noyau excentré conférant à la cellule un aspect plasmocytoïde. Occasionnellement, le cytoplasme des cellules contient une ou des vacuoles de mucosécrétion. Lorsque les signes de mucosécrétion sont minimes, la variante " monocytoïde " de l’adénocarcinome à cellules isolées peut poser des problèmes de diagnostic différentiel avec un lymphome à différenciation plasmocytaire ou un myélome..
Contrairement aux plasmocytes tumoraux, les cellules "monocytoïdes" possèdent souvent des noyaux aux contours irréguliers, hyperchromatiques et des nucléoles peu ou pas visibles. L’examen immunohistochimique montrant une positivité des cellules tumorales pour les cytokératines, EMA et parfois pour le CEA (alors qu’elles sont négatives pour les marqueurs lymphoïdes) permet de faire la différence (attention, les plasmocytes réagissent normalement avec l’EMA). On prendra soin d’éliminer aussi une métastase d’un adénocarcinome d’origine autre que vésical (colon, estomac, tractus pancréaticobiliaire, carcinome lobulaire du sein, etc...), en recourant à l’immunohistochimie.


Immunohistochimie :  GATA3 + dans 41% (dans 90% en l'absence de mucine extracellulaire) Am J Surg Pathol. 2013 Nov ;37(11):1756-60.

Pronostic :Très agressif, OS à 5 ans de 13%, N+ dans 42 %
Images histologiques : #2, #3, #4


Il existe aussi une variante particulière, le carcinome urothélial "plasmocytoïde" (56 ;112 ;113) qui peut être facilement confondu avec, non seulement un myélome ou un lymphome à différenciation plasmocytaire, mais aussi avec la variante "monocytoïde" de l’adénocarcinome à cellules isolées. Les différences entre les 2 types tumoraux peuvent être minimes. A la différence de l’adénocarcinome "monocytoïde", le carcinome urothélial "plasmocytoïde" infiltre la paroi vésicale de manière diffuse, simulant un lymphome au faible grossissement. Le composant urothélial associé est souvent de haut grade, sinon du micropapillaire ou en nids. Tumeur de stade évolué, souvent N+.
Histologie (114) : agencement en cellules isolées, cordons, petits nids, plages solides, diffus non cohésif, la composante plasmocytoïde représentant 30% à 100% (dans 70% > 50%), peu de polymorphisme. Dans 76% composante associée de carcinome urothélial de haut grade, dans la moitié des cas minime composante de cellules en bague à chaton. A la différence de l’adénocarcinome "monocytoïde", le carcinome urothélial "plasmocytoïde" infiltre la paroi vésicale de manière diffuse, simulant un lymphome au faible grossissement, et les cellules tumorales ne montrent normalement pas de mucosécrétion (sauf petites vacuoles intracellulaires).
Images : #1, #2, #3, #4, IHC : #5, #6
Immunohistochimie  : positivité de CK, CK7 (94%), CK20 (31%), CD138 + (30 à 94%), négativité de CD45, EMA +
Diagnostic différentiel : lymphome, plasmocytome, mélanome, paragangliome, carcinome neuro-endocrine, rhabdomyosarcome dont le diagnostic se fait grâce à l’immunohistochimie.
Pronostic : très mauvais après suivi moyen court de moins d’un an, 2/3 décédés de la pathologie les autres vivants évolutifs.
 
Comme dans n’importe quel adénocarcinome de vessie, l’infiltration de la paroi vésicale par les cellules isolées peut coexister avec la présence d’un carcinome papillaire, un carcinome in situ et/ou une histoire antérieure de carcinome urothélial. Cette forme se voit aussi dans la forme ouraquale (103). Images : #1, IHC
 
(56) Sahin AA, Myhre M, Ro JY, Sneige N, Dekmezian RH, Ayala AG. Plasmacytoid transitional cell carcinoma. Report of a case with initial presentation mimicking multiple myeloma. Acta Cytol 1991 ; 35(3):277-280.

(101) Grignon DJ, Ro JY, Ayala AG, Johnson DE. Primary signet-ring cell carcinoma of the urinary bladder. Am J Clin Pathol 1991 ; 95(1):13-20.

(112) Zukerberg LR, Harris NL, Young RH. Carcinomas of the urinary bladder simulating malignant lymphoma. A report of five cases. Am J Surg Pathol 1991 ; 15(6):569-576.

(103) Fiter L, Gimeno F, Martin L, Gomez TL. Signet-ring cell adenocarcinoma of bladder. Urology 1993 ; 41(1):30-33.
 
(113) Lopez-Beltran A, Requena MJ, Montironi R, Blanca A, Cheng L. Plasmacytoid urothelial carcinoma of the bladder. Hum Pathol 2009 ; 40(7):1023-1028.
 
(114) Nigwekar P, Tamboli P, Amin MB, Osunkoya AO, Ben Dor D, Amin MB. Plasmacytoid urothelial carcinoma : detailed analysis of morphology with clinicopathologic correlation in 17 cases. Am J Surg Pathol 2009 ; 33(3):417-424.
 
(110) Thomas AA, Stephenson AJ, Campbell SC, Jones JS, Hansel DE. Clinicopathologic features and utility of immunohistochemical markers in signet-ring cell adenocarcinoma of the bladder. Hum Pathol 2009 ; 40(1):108-116.


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