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Carcinome adénoïde kystique


Carcinome adénoïde kystique (1-4) Mod Path 2003 ;16:1224 (CD117). Mod Path 2002 ;15:687 (CD117/c-kit,Arch Pathol Lab Med 2011 ;135:511) : Depuis la reconnaissance du P.L.G.A., son incidence a nettement diminué. C’est le cinquième cancer en fréquence après le muco-épidermoïde, l’adénocarcinome, le carcinome cellules acineuses, et le P.L.G.A. Il représente 7,5% des tumeurs malignes, et 4% de toutes les tumeurs (2 % des tumeurs parotidiennes, 12 % des tumeurs sous-maxillaires (8 % des tumeurs des glandes salivaires accessoires avec palais et langue)). Bien sur l’incidence peut varier selon les pays.
Âge : à tout age, moyenne de 55 ans. Sexe : prédominance féminine 2/1.
Imagerie  : en RMN,
hyposignal T1
, signal variable en T2. Ses limites sont irrégulières.
L’aspect irrégulier des contours est bien accentué après injection sur les images de soustraction.
L’injection est indispensable pour rechercher une infiltration à la troisième portion du facial. A distance de la parotidectomie,
l’IRM est utile pour rechercher les très fréquentes récidives.
Clinique  : masse de croissance lente, mobile quand elle est de petite taille, quand elle est de grande taille, fixée à la peau ou aux structures sous-jacentes avec l’évolution, sensibilité, douleur, paralysie faciale (dans 25 à 30% des cas). En intra oral, ulcération fréquente.
Topographie  : 50 % des glandes salivaires majeures, le reste dans les glandes salivaires mineures et pour la moitié dans le palais (1/3 des tumeurs des glandes mineures), se voit aussi dans la cavité nasale, les sinus, voies aériennes >.
Macroscopie  : tumeur ferme blanc ou gris, quand elle est petite, elle est bien limitée voire encapsulée.
L’aspect bien limité est souvent trompeur car il existe une extension microscopique et souvent des perméations périnerveuses.
Histologie  : mélange en proportion variable d’architecture cribriforme, tubulaire, solide. La composante solide est la moins fréquente et même quand elle prédomine, on trouve toujours focalement du carcinome cribriforme ou tubuleux.
- cribriforme : nombreuses lumières rondes à l’emporte pièce qui ne correspondent pas à de vraies lumières, mais à des invaginations du stroma qui est soit basophile, soit éosinophile hyalinisé (respectivement glycosaminoglycanes et membrane basale) au sein d’une prolifération de cellules myoépithéliales à cytoplasme amphophile ou clair mal limité. Noyaux monomorphes homogènes basophiles, ronds ovales, parfois noyaux anguleux ou triangulaires (ce qui est typique du cylindrome). La co-expression CK-vimentine et la positivité de l’actine muscle lisse indiquent une différenciation myoépithéliale, S100 souvent +, parfois GFAP +.
Rares foyers de cellules canalaires autour de minuscules lumières, à cytoplasme éosinophile, à noyaux uniformes, avec possibilité de petits nucléoles (ces cellules différenciées sont les seules dans la tumeur à exprimer l’ACE et l’EMA avec négativité de : actine, vimentine, S100).
 - Tubulaire : même composition cellulaire, en petit nids isolés, entourant des pseudo kystes dont la continuité avec le stroma est plus évidente. Les cellules glandulaires sont nettement plus nombreuses. Le stroma hyalinisé peut être si marqué que des cellules tumorales s’agencent en forme de travées.
Solide : amas de taille variable, arrondis ou lobulaires, avec peu ou pas d’espaces pseudo kystiques. Les cellules sont un peu plus grandes, moins angulaires, à noyaux plus grands. Présence de quelques foyers de différenciation canalaire. Cette forme se caractérise par une activité mitotique plus marquée et un polymorphisme plus important. Possibilité de nécrose cellulaire isolée ou sous forme de comédonécrose (ce qui ne se voit pas dans les autres formes). L’invasion nerveuse fréquente est caractéristique de ces tumeur ce qui amène à des faux diagnostics de carcinome adénoïde kystique du fait de perméations périnerveuses (se voit fréquemment dans les P.L.G.A.). Absence de stroma chondroïde ou myxoïde abondant, si cellules isolées dans le stroma exclure une tumeur mixte ou PLGA.
La composante dédifférenciée Mod Path 2003 ;16:1265 est formée d’îlots irréguliers de cellules anaplasiques à stroma desmoplasique et comédonécrose. Moyenne 61 ans (32 à 72 ans), prédominance masculine (H/F de 1.75/1). N+ dans plus de la moitié des cas, voire métastases systémiques, décès tumoral dans plus de la moitié des cas (avec survie moyenne de 12 mois)(5 ;6).
Grading  : si tubulaire et cribriforme = grade 1, si 30% à 70% solide = grade 2, prédominance solide = grade 3.
Images histologiques : Images + texte en allemand,
Cytologie  : Dans les formes bien différenciées, la tumeur est en amas stratifiés arrondis ou ramifiés de petites cellules régulières qui entourent des sphérules faites d’un matériel amor­phe homogène et translucide, les noyaux contiennent de petits nucléoles. Dans les formes les moins différenciées, on ne trouve pas de sphérule hyaline et les noyaux, plus irréguliers, contiennent de plus grands nucléoles. Images #0, #2,
Immunohistochimie Arch Pathol Lab Med.2015 Jan ;139(1):55-66 : composante canalaire ACE +, EMA +, actine -, vimentine -, CD117 + (comme de nombreuses tumeurs des glandes salivaires (adénocarcinome à cellules basales, carcinome lymphoépithélial, , carcinome myoépithélial et basaloïde squameux) , aucun bénéfice du Glivec) la composante cellulaire est S100 +/-, GFAP +/-, CK +, vimentine +, actine lisse +, myosine +, calponine + (7), p16 + (95%), mais rarement HPV +, le p16 ne peut donc être utilisé pour le diagnostic différentiel avec un carcinome malpighien non kératinisant et n’est contrairement au carcinome oropharyngé pas un marqueur d’infection à HPV Mod Pathol. 2012 Apr ;25(4):529-36. RE/RP-, positivité de :DOG1 (75%), CK7 ; ^p63, S100, SOX10 Hum Pathol. 2016 Oct ;56:134-42, , Myb dans > 50% sauf si forme solide
Génétique  Arch Pathol Lab Med. 2011 May ;135(5):602-9 : translocation MYB-NFIB dans 30 à 86 % des cas (Mod Pathol 2011 ;24:1169), fréquentes mutations de c-kit, mais pas d’efficacité du Glivec (Mod Pathol 2009 ;22:1296), del 1p-32-36 (Clin Cancer Res 2008 ;14:5181), del PTEN (Br J Cancer 2012 ;106:719), amplification de HER2, en cytogénétique ont été décrits des anomalies du 6q ou 9p, t(6 ;9)(q21-24 ;p13-23) avec transcrit MYB-NFIB, présence fréquente de del 12q, 6q23, 13q21-22 et 19q. Les zones dédifférenciées de carcinome adénoïde kystique présentent surtout des gains chromosomiques (8q24 (c-myc), 17q11.2-q12 (HER2/neu), 17q23, 15q11-13) avec des pertes dans les zones conventionnelles (9q34, 4p16, 1p36.1, 11q22) Arch Pathol Lab Med. 2011 Jan ;135(1):123-30.
Si difficultés sur microbiopsies et cytoponctions (pas de critères architecturaux), une recherche de translocation PLAG1 (+ dans 60% des adénomes pléomorphes) ou de la translocation MYB-NFIB (+ dans 30% des carcinomes adénoïdes kystiques) peut être réalisée.
Pronostic  : se caractérise par des récidives fréquentes (35 à 70%), métastases tardives (bonne survie à 5 ans (60-70%), 40% à 10 ans, mauvaise survie à 15-20 ans (15%)). OS à 15 ans de 5% si solide, de 26% si cribriforme et de 39% si tubuleux : si solide (> 30%) ou dédifférencié métastases précoces et décès précoce. Il en est de même pour les tumeurs > 4 cm.
Le stade est très important : stade I/II : 75% survie à 10 ans, stade III 43% à dix ans, stade quatre 15% à 10 ans
Cette tumeur se caractérise par sa propension nette aux métastases systémiques (risque de 40 à 60%) bien plus fréquentes que les métastases ganglionnaires (5-25%).
Les facteurs de mauvais pronostic sont : - stade tumoral qui est prédominant, forme massive > 30 %, loc sous-maxillaire, envahissement osseux, limites atteintes.
Diagnostic différentiel  : devant une tumeur de profil cylindromateux (plages et lobules avec amas arrondis ou allongés contenant un matériel hyalin, myxoïde ou mucoïde, donnant une image cribriforme : cela se voit dans l’adénome pléomorphe (surtout quand pauvre en stroma chondromyxoïde), tumeurs à cellules basales. Toutes les cellules myoépithéliales peuvent synthétiser du matériel de type membrane basale
Un carcinome épithélial-myoépithélial (pseudokystes mucoïdes ou myxoïdes), fond de cellules + grandes, claires, parfois fusiformes, myoépithéliales (p63, actine, S100 +) avec des glandes (AE1AE3 + faible ou nul dans les cellules claires alors que + si cylindrome)
Les P.L.G.A. car composante épithéliale myoépithéliale et multiples perméations périnerveuses. Population monomorphe de cellules épithéliales à noyaux ronds vésiculaires euchromatiques, pas de mitoses, pas d’atypies, cytoplasme éosinophile, positivité diffuse de ACE/EMA et focale de AML, S100 +++, Ki67 faible, P63 faible. Dans le cylindrome : cellules claires ou pâles, triangulaires avec noyaux anguleux plus basophiles, entourant quelques territoires canalaires, cytoplasme pâle, ACE/EMA + dans les ductules, AML + diffus, S100 +, Ki67 élevé, p63 fort.
Dans P.L.G.A. grand polymorphisme architectural ( hyalinisé, cribriforme, kystique, plages, tubules, glandes, fines travées) avec un aspect tourbillonnant.
Carcinome des canaux salivaires, là aussi architecture cribriforme et perméations périnerveuses, mais zones de type CIC mammaire et comédonécrose, cellules plus polymorphes, grandes et plus de mitoses.
Carcinome épidermoïde basaloïde, contient des structures hyalines, arrondies ou rubannées, de petite taille, sur un fond de cellules basaloïdes, on recherche une kératinisation
Adénome canaliculaire : car croissance multifocale non encapsulée, architecture tubulaire en réseau avec revêtement bicouche.
Adénome à cellules basales, membranaire peut contenir des goutelettes de matériel hyalin, plus petites que dans le cylindrome
Adénome pléomorphe possibilité focalement d’aspects cylindromateux

http://www.pathologyoutlines.com/topic/salivaryglandsadenoidcystic.html

 (1) Ellis GL, Auclair PL. Tumors of the salivary glands. Third series ed. Washington : Armed Forces Institute of Pathology, 1995.

 (2) Cheuk W, Chan JK, Ngan RK. Dedifferentiation in adenoid cystic carcinoma of salivary gland : an uncommon complication associated with an accelerated clinical course. Am J Surg Pathol 1999 ; 23(4):465-472.

 (3) Perzin KH, Gullane P, Clairmont AC. Adenoid cystic carcinomas arising in salivary glands : a correlation of histologic features and clinical course. Cancer 1978 ; 42(1):265-282.

 (4) Barnes L, Eveson JW, Reichart P, Sidransky D. Pathology and genetics of Head and neck tumours. IARC press, 2005.

 (5) Seethala RR, Hunt JL, Baloch ZW, LiVolsi VA, Leon BE. Adenoid cystic carcinoma with high-grade transformation : a report of 11 cases and a review of the literature. Am J Surg Pathol 2007 ; 31(11):1683-1694.

 (6) Cheuk W, Chan JK, Ngan RK. Dedifferentiation in adenoid cystic carcinoma of salivary gland : an uncommon complication associated with an accelerated clinical course. Am J Surg Pathol 1999 ; 23(4):465-472.

 (7) Prasad AR, Savera AT, Gown AM, Zarbo RJ. The myoepithelial immunophenotype in 135 benign and malignant salivary gland tumors other than pleomorphic adenoma. Arch Pathol Lab Med 1999 ; 123(9):801-806.

 

 



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