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Blastomycose


Blastomycose : Décrite en 1894 par Thomas Casper Gilchrist, aux USA, elle est endémique dans les bassins du Mississipi et de l’Ohio et autour des grands lacs (incidence annuelle de 10-5), et au Mexique, mais aussi en Afrique du Nord et du Sud. . L’infection survient par inhalation, dans les poumons, prolifération voire dissémination par voie vasculaire aux autres organes, dont la peau, os, génito-urinaire et cerveau. Période d’incubation de 30 à 100 j, l’infection peut être asymptomatique, sinon elle se présente comme : un syndrome grippal avec toux, frissons, fièvre, arthralgies et myalgies et toux non productive qui régresse en quelques j.
- pneumonie franche lobaire aiguë.
- infection chronique, plus fréquente avec survenue progressive de toux non productive, de fièvre peu élevée, d’hémoptysie, d’amaigrissement et de douleurs pleuritiques qui imite un BK ou cancer.
- un syndrome de détresse respiratoire de l’adulte avec fièvre, dyspnée, tachypnée, hypoxie, infiltrats diffus pulmonaires.

- lésions cutanées se présentent sous forme de papules, pustules ou nodules sous-cutanés, qui en quelques semaines ou mois forment des ulcères +/- croûteux qui s’agrandissent et forment des plaques verruqueuses de croissance lente avec de nombreux petits abcès. Les lésions couvrent une partie du visage avec défiguration, puis cicatrices irréversibles. image #1, #2
- lésions osseuses lytiques avec arthralgies.
- prostatite asymptomatique ou clinique.
- dysphonie par atteinte laryngée
Le diagnostic repose sur la mise en évidence de levures bourgeonnantes à double paroi épaisse, mesurant 7 à 20 µ, à base large dans les crachats, PAS +, Gomori +, rares filaments. Les levures ressemblantes sont paracoccidioïdomycose (forme + irrégulière, paroi + fine, et multiples petits bourgeons circonférentiels, sinon cryptococcose avec capsule mucineuse épaisse, Fontana + (4) Radiologie : de type pneumonie franche lobaire aiguë, la mauvaise réponse aux antibiotiques permet de redresser le diagnostic. Dans 30% des cas, présence d’un nodule isolé ou multiple qui peut imiter un cancer en cas d’adénopathie hilaire ou médiastinale associée. Ressemble macroscopiquement à une tuberculose Histologie : de la peau :Hyperplasie pseudo-épithéliomateuse et infiltrat mixte granulomateux et aigu. Images : #1 ; #2 ; #3 ; #4 ; cellules géante avec levure ; #6, #7, #8, Poumons : pneumonie suppurative avec abcès, en cas d’évolution chronique, possibilité de réaction granulomateuse comme dans la tuberculose ou l’histoplasmose, voire par un granulome à cellules géantes comme dans la pneumonie à cholestérol. Lames virtuelles : blastomycose Traitement : Itraconazole per os sur plusieurs mois. Amphotéricine B, mais toxique si atteinte grave ou du SNC.
Pronostic  : Mortalité si traitement de : 0-2% si immunocompétent, 29% si immunodéprimé, 40% si SIDA, 68% si SDRA. La paracoccioïdomycose (ou blastomycose sud-américaine) : champignon dimorphe Paracoccidioides brazilensis. C’est une maladie du continent américain (Amérique centrale et du sud, à l’exception du Chili), des zones forestières et humides du Brésil et les zones productrices de café. Le champignon vit dans le sol et la contamination se fait le plus souvent par voie aérienne. C’est une infection opportuniste du sida (Brésil). La maladie peut être asymptomatique. Elle peut présenter 2 formes cliniques :
- une forme chronique : atteinte pulmonaire avec toux, grandes opacités à la radiographie, cutanée et buccale, la plus courante,
- une forme aiguë, mortelle dans 3 à 5% des cas, avec atteinte de la peau (papulopustules, lésions nodulaires végétantes, placards infiltrés), atteinte muqueuse (bouche, amygdales, larynx, conjonctive, nez, anus), atteinte multiviscérale : ganglions, rate, foie, intestin, surrénales, cœur, os, appareil génito-urinaire, méninges. Le diagnostic différentiel se pose avec la tuberculose, mais l’association paracocciodomycose/tuberculose est fréquente (15à 20% des cas).en zone d’endémie. Le diagnostic de certitude est mycologique :
- prélèvement : peau, muqueuses, expectoration, biopsies.
- examen direct : levures arrondies de 2 à 10 µ (peuvent atteindre 50 µ)
- culture sur milieu de Sabouraud. Le traitement est basé sur l’amphotéricine B et les dérivés azolés (itraconazole, prescrit pendant au moins un an).
ICD10 = B40.


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