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Atrophie musculaire


Atrophie musculaire neurogène (de dénervation) Elle s’observe dans des pathologies affectant les motoneurones telle que la poliomyélite, la sclérose latérale amyotrophique (ALS) (faiblesse progressive indolore allant de la fatigue, fasciculations, perte d’objets, difficultés d’élocution et de déglutition, épargnant les muscles oculaires du TD et vessie, RMI / EMG nécessaire pour le diagnostic, léthal, rapidement avec certaines mutations (FUS), d’autres (SOD-1 D90A) permettent d’atteindre 10 ans l’atrophie musculaire spinale (SMA) (touche surtout les membres < et les muscles proximaux, forme infantile avec hypotonie sans atteinte du diaphragme décès vers 1 2 ans par infections respiratoires, celle qui survient vers l’âge de 6-12 mois, peut s’asseoir mais pas marcher sans aide, faiblesse symétrique, tremblements de la main, fasciculation linguale, laxité articulaire, celle qui survient après 2 ans, capable de marcher) et dans les neuropathies périphériques. Neuropathies sensitivomotrices héréditaires (HMSN) : dont Charcot Marie Tooth, avec maladresse, faiblesse motrice distale, déformation en jambes de cigogne, voire une scoliose, dans les formes avancées tels Dejerine-Sottas et neuropathie par hypomyélinisation congénitale (hypotonie à la naissance) espérance de vie brève de quelques mois à années, nécessité de biologie moléculaire. Dans la plupart des cas, la dénervation musculaire est incomplète. L’atrophie se caractérise alors sur le plan histologique par une disposition des lésions en « îlots » noyés au sein d’un tissu musculaire par ailleurs normal (atrophie au hasard des fibres qui sont angulaires sur coupes transversales, si atrophie marquée alors groupes de noyaux pycnotiques avec peu de cytoplasme). Ces îlots représentent des groupements de fibres musculaires altérées, appartenant à une même unité motrice dont l’élément nerveux est atteint, et qui côtoient les groupes de fibres saines des unités motrices indemnes. Avec l’évolution, on retrouve des fibres atrophiques à la fois de type I et de type II qui sont cependant toujours fortement marquées ou NADH. Ces fibres atrophiques ne contiennent que peu de glycogène. De façon plus spécifique, on retrouve dans la dénervation, des groupes d’abord petits puis plus volumineux de fibres atrophiques (fibres petites angulées qui peuvent être parfois arrondies avec possibilité de fibres en cible à la NADH sous forme d’une pâleur centrale entourée par un liséré fortement marqué, entouré à son tour par du sarcoplasme teinté de façon normale. Dans la maladie de Werdnig-Hoffmann, groupes volumineux voire faisceaux complets très atrophiques, à coté de fibres normales voire hypertrophiques Lors des phénomènes de ré-innervation, l’aspect typique en échiquier que l’on retrouve normalement dans le muscle est perdu avec l’augmentation de taille des unités neuromotrices, les nouvelles fibres sont toutes de même type histochimique, parfois dans les cas de dénervation de longue durée, on peut observer des fibres hypertrophiques, parfois divisées voire de la nécrose pouvant faire évoquer une myopathie. Dans les formes très avancées d’atrophie neurogène, on ne retrouve quasiment plus de muscle mais que du tissu adipeux. Altérations d’origine neurologique Sur le plan clinique, l’atrophie neurogène a une distribution distale et ce sont surtout les muscles des extrémités des membres qui apparaissent touchés. Elle s’accompagne souvent de crampes douloureuses et l’on observe fréquemment à la surface des muscles altérés des fasciculations caractéristiques représentées par des contractions brèves, involontaires, intermittentes de faisceaux musculaires, et qui sont plus ou moins abondantes, nettement favorisées par la fatigue et le froid. Le réflexe idiomusculaire est conservé. L’EMG est nécessaire au bilan, pour en préciser la nature et en suivre l’évolution. Lorsque le muscle est totalement dénervé, l’examen électrique révèle une réaction de ralentissement global caractérisée par l’inexcitabilité complète du nerf moteur et, à la stimulation directe du muscle, par une inexcitabilité au courant faradique et une contraction très lente au courant galvanique. Quand la dénervation est incomplète, on observe une réaction de ralentissement partiel, c’est-à-dire une diminution de l’excitabilité du nerf moteur avec une hypo-excitabilité du muscle aux courants brefs et une contraction lente au courant galvanique. L’EMG permet d’affirmer le processus neurogène des altérations sur l’existence dans le muscle au repos de potentiels de fibrillation très brefs et peu voltés, qui traduisent l’activité spontanée des fibres musculaires privées du contrôle nerveux. La lésion nerveuse responsable des altérations musculaires peut siéger en des points divers du neurone moteur, conférant ainsi à l’amyotrophie des aspects particuliers. Les amyotrophies médullaires, consécutives à l’atteinte des cornes antérieures de la moelle, sont habituellement bilatérales sans être nécessairement symétriques. Elles prédominent aux extrémités des membres et donnent lieu avec une particulière fréquence à des fasciculations. Les réflexes tendineux peuvent être abolis ou conservés, voire exagérés, et cette dernière éventualité est en faveur d’une altération associée des voies pyramidales. Elles ne s’accompagnent pas en général de troubles de la sensibilité. Les amyotrophies liées à une atteinte des fibres nerveuses résultent de lésions siégeant soit au niveau de la racine nerveuse soit sur le trajet du nerf périphérique. Elles se traduisent par des troubles limités à un territoire précis radiculaire ou tronculaire et peuvent s’accompagner de signes sensitifs témoignant d’une atteinte simultanée des filets nerveux sensitifs. Il existe enfin des altérations nerveuses périphériques, qui ne correspondent pas à la souffrance isolée d’un tronc nerveux, mais qui intéressent l’ensemble du système nerveux périphérique assimilé à un « organe ». Elles se manifestent donc simultanément dans un grand nombre de racines nerveuses ou de nerfs, parfois même dans leur totalité. Ces maladies forment le groupe des névrites et polynévrites, qui se traduisent par une amyotrophie à prédominance distale, des troubles sensitifs également distaux, et s’accompagnent fréquemment de désordres trophiques et vasomoteurs. Leur cause peut être inflammatoire, infectieuse, toxique ou allergique (voir polynévrites). Dans ALS / HMSN : petites fibres angulées (parfois il ne reste qu’un paquet de noyaux), pas d’augmentation de la nucléation centrale. Si dé-innervation / ré-innervation, les fibres non touchées peuvent compenser et devenir hypertrophiques SMA : grands groupes de fibres atrophiques, petites rondes, hypertrophiées de type I (dans le type 1 et 2). Le groupement de fibres n’est pas un critère absolu, tout groupement a lieu si une fibre d’un type est entourée de myofibres d’un type différent ce qui peut se voir si prédominance d’un type de fibres. NB : une myopathie peut se rajouter à une atrophie de dénervation, dans certaines myopathies inflammatoires, l’inflammation piège les rameaux nerveux terminaux avec dénervation Images + texte en allemand : #0, #1, #2, Biologie moléculaire : ALS : anomalies de : C9ORF72 : (familial 40%, sporadique 5-7%) 9q21-22 ; répétition hexanucléotide en zone non codante de 9p (normal si < 3, dans ALS > 30) ; inclusions cytoplasmiques neuronales ubiquitynées et TDP-43 + ; possibilité de corps de Bunina ; parfois inclusions cytoplasmiques dans la couche granuleuse du cervelet et noyau denté de l’hippocampe. SOD-1 : (familial 15-20%,) 21q22 ; inclusions ubiquitynées dans certaines formes d’inclusions hyalines qui marquent avrec NF . FUS : (familial 5%) 16q12.1-q12.2 ; inclusions cytoplasmiques neuronales gliales et neuronales + avec antiséra FUS, négatif avec TDP-43, pas / peu d’inclusions ubiquitynées. Alsine 2 : (forme juvénile d’ALS) 2q33 ; SMA : delexon 7 ou 8 en 5q HMSN dans Charcot Marie Tooth : bulbes d’oignon sur nerfs suraux, faiblesse distale, hypertrophie nerveuse, mais maintien de l’ambulation dans CMT1 ; CMT1A mutation de PMP22 (17p11.2-p1) ; CMT1B de MPZ, myelin protein zero (1q22) ; CMT1C de LITAF, lipopolysaccharide-induced tumor necrosis factor alpha factor (16p13.1-p12.3) ; CMT1D EGR2, early growth response 2 gene (10q21.1-q22.1) ; CMT1E PMP22 ; CMT1F NEFL (8p21). Dans CMT2 :perte axonale, pas / peu de bulbes d’oignon, parfois dégénérescence wallerienne des nerfs ; perte + sensitive que motrice, pas de nerfs hypertrophiques ; dans les formes précoces l’ambulation peut être très touchée ; CMT2A estMFN2, mitochondrial fusion protein mitofusin 2 (1p35-36) ; CMT2B = RAB7 (6q21.3) ; CMT2C TRPV4 (12q24.1) ; CMT2D GARS, glycyl tRNA synthetase (7p15) ; CMT2E NEFL, neurofilament light polypeptide (8p) ; CMT2F HSPB1, heat shock protein (7q11.23) ; CMT2G 12q12-q13 ; CMT2I is MPZ ; CMT2L HSPB8, heat shock protein (12q24.23) ; CMT2S IGHMBP2 (missense mutation) CMT3 = forme sévère avec Dejerine-Sottas des bulbes d’oignon, faiblesse distale et contractures ; dans la neuropathie congénitale hypomyélisante, pas de myéline donc pas de bulbes d’oignon, avec hypotonie , détresse respiratoire. Le Dejerine Sottas peut être récessif ou dominant avec des mutations de : PMP22, MPZ, EGR2 dans la neuropathie congénitale hypomyélisante mutations des mêmes gènes ainsi que de MTMR2, myotubularin related 2 gene CMT4 : CMT4 + sévère que 1 et 2 ; rare ; mutations de CMT4A dans : GDAP1 (8q13-q21.1) ; CMT4B1 = MTMR2 (11q22-23) ; CMT4B2 = SBF2 (11p15) ; CMT4C SH3TC2 (5q32) ; CMT4D NDRG1 (8q24.3) ; CMT4E EGR2 (10q21-22) ; CMT4F PRX, periaxin (19q13.1-13.3) ; CMT4H FGD4 (12p11.2) ; CMT4J FIG4 gene (6q21) http://www.pathologyoutlines.com/topic/muscleneurogenicatrophy.html


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