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GENOU CHRONIQUE POST TRAUMATIQUE


L’articulation du genou est une articulation supportant le poids du corps, située entre l’extrémité inférieure du fémur, et l’extrémité supérieure du tibia. Entre ces deux extrémités, condyles fémoraux, et plateaux tibiaux, recouverts de cartilage, s’interposent deux ménisques, interne et externe. Les ligaments maintiennent en contact le fémur et le tibia : en périphérie ce sont les ligaments latéraux, ligament latéral interne et ligament latéral externe. Au centre du genou sont situés les ligaments croisés : ligament croisé postérieur, et ligament croisé antérieur. Elle met en jeu trois os, le fémur le tibia et la patella (rotule), par le biais de trois articulations, l’articulation fémoro-patellaire et la double articulation fémoro-tibiale. Le cartilage assure la fluidité des mouvements du genou. Le genou renferme deux types de cartilages articulaires : le cartilage fibreux (ménisque) et le cartilage hyalin.

Le genou chronique post-traumatique : symptomatologie séquellaire jusqu’à 2 à 6 mois après l’accident traumatique.
L’intensité de la douleur est variable, faible ou nécessitant des antalgiques (lancinante, fulgurante, brûlure), épisodique, répétée ou permanente. Elle peut être spontanée, nocturne, souvent mécanique, provoquée. Les lésions cartilagineuses présentent souvent un dérouillage matinal et au début de l’entraïnement alors que la douleur disparaït avec l’échauffement. La douleur peut aussi se manifester après une station assise prolongée (cinéma, voiture).
Les manifestations fonctionnelles : déboïtement, dérobement, appréhension, (instabilité fonctionnelle), l’instabilité mécanique est due à une hyperlaxité (rupture du LCA). La limitation articulaire peut intéresser la flexion, évoquant une pathologie rotulienne
L’examen clinique toujours comparatif, debout recherche des anomalies morphostatiques : genu varum ou valgum de face, genu recurvatum ou flessum de profil, axe des rotules, convergents ou divergents, lors de l’angulation des pieds à 35°, ou l’extension en rapport avec une lésion méniscale. L’accroupissement peut aussi être limité.
Les symptômes peuvent résulter de la récidive de l’épisode initial dans les mêmes circonstances ou survenir pour une tout autre raison. Une hémarthrose récidivante traduit une rupture progressive du LCA.
La notion de gonflement est importante, ainsi que ses circonstances de survenue. Il faut rechercher des troubles vasomoteurs en faveur d’une algodystrophie : sudation, peau luisante, hypertrichose, impression d’être serré.
Examen assis : Les rotules sont examinées sur le sujet assis au bord de la table, jambes pendantes.
Examen en décubitus dorsal : on recherche un gonflement, une position haute de la rotule, une désaxation en baïonnette de l’appareil extenseur définie par l’angle Q. La mesure comparative du périmètre quadricipital permet de déceler une éventuelle amyotrophie.
Palpation minutieuse de :
- rotule : mobilité, signe du rabot, signe de Smillie,
- face antérieure du genou fléchi : insertion du tendon quadricipital et du tendon rotulien, condyles fémoraux, ailerons rotuliens,
- face interne : ligament latéral interne, point d’angle postéro-interne, ménisque interne,
- face externe : ligament latéral externe, point d’angle postéro-externe, bandelette de Maissiat, tubercule de Gerdy, biceps, ménisque externe. La mobilité articulaire est étudiée en effectuant des mouvements passifs puis actifs.
Examen en décubitus ventral pour inspecter le creux poplité, de palper les différentes structures postérieures, et d’effectuer des tests méniscaux (Grinding test et manoeuvre de Judet Généty).
Les ligaments latéraux sont testés en cherchant une laxité latérale en extension et en flexion à 20°. Le tiroir antérieur sur le genou fléchi peut être direct mais aussi en rotation interne ou externe signant l’existence de lésions des structures postérieures.
Il peut exister des signes d’arthrose fémorotibiale, notamment chez le vétéran, à ne pas confondre avec un ostéophyte isolé sans pincement articulaire du bord postérieur du plateau tibial interne (rupture ancienne du LCA). L’arthrose séquellaire d’une rupture du LCA, est fémoro-tibiale interne avec cupule postérieure sur le plateau tibial. Le pincement articulaire est majoré sur les clichés en appui monopodal, de même que la subluxation antérieure du tibia. Cette dégradation arthrosique interne est plus rapide en cas de désaxation constitutionnelle de l’axe mécanique en varus et de lésion méniscale interne.
L’arthrose séquellaire d’une rupture du LCP est fémoro-patellaire. En effet, la subluxation postérieure du tibia entraïne une augmentation de la pression supportée par cette articulation qui peut se dégrader à moyen terme.

Kerboull L, Dejean O, Mathieu M.Lésions ligamentaires du genou. Rev Prat, 1995 ;45 :1527-36

http://www.eao.chups.jussieu.fr/polys/orthopedie/polyLerat/genou/POLY.Chp.1.3.html


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