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TABAC ET SPORT


Titre : Tabagisme et sport
Sport et tabac sont antinomiques, alors que les sportifs fument moins que les non sportifs, le sport peut donner des opportunités de consommation et que la pratique du sport de haut niveau pourrait induire un stress favorisant l'usage du tabac. Selon le baromètre Santé 2000, 24,3 % des sportifs en France sont des fumeurs réguliers vs > 30 % pour les non sportifs (au moins une cigarette par jour ) (les plus de 40 ans fument moins que les plus jeunes). Cette population doit être sensibilisée aux risques aigus encourus et trop souvent méconnus, liés à l' association "tabac-sport". Plus le niveau de compétition est élevé, plus le tabac se fait rare, les sports avec importante dépense énergétique comme les disciplines d'endurance sont moins soumis au tabagisme, une enquête suédoise en recense 37 % chez les footballeurs contre 4 % chez les rameurs..
Tabagisme, activités physiques et sportives
Les complications du tabagisme : altération de la fonction respiratoire précoce et constante, aboutissant à la bronchite chronique et donc obstacle à une ventilation normale baisse du VEMS, diminution des échanges alvéolaires d'oxygène ; qui réduit l'aptitude à un effort maximal. Modification de la fonction de transport de l'oxygène ; le CO a une grande affinité pour l'hémoglobine (taux de CO Hb de fumeurs jusqu’à 10 à 20 %) (réduction du VO2max, de la FC maximale, bien que la FC de repos soit plus haute, et de la concentration maximale de lactate). Modifications rhéologiques par polyglobulie réactionnelle quasi constante, et proportionnelle à l'intensité du tabagisme ; avec polynucléose, augmentation du fibrinogène et altération de la déformabilité érythrocytaire. Le tout aboutit à une augmentation de la viscosité sanguine, ce qui va réduire la qualité de la microcirculation.
Les modifications cardio-vasculaires du tabagisme sont importantes.
A court terme, la nicotinémie s'élève, avec activation sympathique (accélération du pouls, augmentation de la TA, vasoconstriction artériolaire périphérique). La tachycardie hyper-adrénergique augmente la vasoconstriction par stimulation post-synaptique, l'hypertonie vagale, en période de récupération, entraîne, par une libération d'acétylcholine, un effet vasodilatateur sur une artère saine, mais qui devient, au contraire, vasospastique en cas de dysfonction endothéliale
A long terme, athérosclérose, qui se développe précocement et progressivement ; à partir de 40 ans elle est constante et importante ; elle limite l'effort physique avec risque d'accident cardiaque au cours du sport.
La consommation de tabac entraîne en effet :
- dysfonction endothéliale par diminution de la synthèse d'oxyde nitrique, qui modifie la réaction de vasodilatation artérielle. Rôle, dans la progression lente de l'athérosclérose, mais aussi par le biais de phénomènes inflammatoire et thrombogenèse sur la survenue de complications aiguës (accidents aigus tel le spasme coronaire et la thrombose).
- inflammation avec interaction entre leucocytes et cellule endothéliale, favorisant l'adhésivité monocytaire (genèse de l'athérome).
- modifications du profil lipidique, avec baisse du HDL-cholestérol et augmentation de LDL-cholestérol.
- formation du thrombus artériel par augmentation de : l'agrégation et adhésivité plaquettaires, du taux de fibrinogène, de la viscosité sanguine, diminution de l'activité fibrinolytique.
Altérations musculaires avec diminution des fibres de type I (fibres aérobies) et augmentation des fibres de type II (fibres anaérobies).
 
Tabagisme chez les sportifs : risque d’athérosclérose coronarienne. Lors d'un effort physique intense la limitation du débit coronaire ; et la diminution de capacité de transport du fait de l'augmentation de l'Hb CO, aggrave de façon marquée le risque d'accident aigu coronarien (infarctus du myocarde) et de trouble du rythme ventriculaire. Risque d’autant plus important si reprise récente du sport après inactivité longue. Danger de la cigarette immédiatement après l'effort sportif : car risque de spasme coronarien. Le tabagisme doit être considérée comme un facteur de risque majeur et tout doit être fait pour réduire - et si possible interrompre - celui-ci. Dans toutes les études concernant l'infarctus du myocarde, au cours ou au décours du sport (5 000 à 6 000/an en France), le tabagisme est présent dans plus de 55 % des cas alors que la dyslipidémie n'est pas significativement différente de la prévalence retrouvée lors d'un infarctus "classique". Souvent, le sportif est un coronarien qui s'ignore, porteur, dans 90 % des cas, de lésion sans sténose angiographiquement significative, alors que l'échographie endocoronaire révèle des plaques irrégulières athéromateuses.
L'accident coronarien est lié le plus souvent à une rupture de plaque compliquée de thrombose, du fait des circonstances favorisées par l'effort, alors que la thrombose suite au spasme coronarien à l'arrêt de l'effort est plus rare. Enfin, 30 % de ces accidents ont été précédés dans les jours ou semaines qui précèdent d'une symptomatologie évocatrice d'une pathologie coronarienne.
Nicotine et dopage : Le tabac n'est pas prohibé par le code mondial antidopage, alors qu'il apporte, avec la nicotine, un avantage réel dans des spécialités sportives d'adresse et de précision (basket, base-ball, tir, golf, descente à VTT, descente à ski...) grâce à ses effets stimulants et calmants.
Or, aujourd'hui, la nicotine est commercialisée en gommes, pastilles ou patchs, et en sachets (le snus) dans les pays nordiques, elle a une action psychotrope (stimule le SNC et modifie les comportements). Cette consommation de tabac non fumé (TNF) concernerait 3,3 % de la population d'Outre-Atlantique et jusqu'à 20 % dans les milieux ruraux. C’est une nouvelle forme de dopage pour atténuer la fatigue (sachets de nicotine contre la gencive, apportant un effet stimulant au bout de 60 à 120 secondes). L'usage du TNF est plus fréquent dans certains sports : aux Etats-Unis, le TNF est utilisé dans le basket, le baseball (plus de 50 % des joueurs l'utilisent).
En Suède, il est surtout consommé dans toutes les disciplines du ski, le slalom, le biathlon...
La nicotine est peu compatible, avec les efforts en endurance, car elle entrave la mobilisation des graisses de réserve et en épuise le stock de glycogène.


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