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SPORT ET DEFICIT VISUEL


Sports et déficients visuels : Comme pour le sujet sain et autres types de handicaps, le sport lutte contre la sédentarité que peut entraïner la cécité, améliore la coordination, la motricité, la perception de l'espace et du déplacement, développe le système tactilo-kinesthésique et le système auditif, sans oublier le rôle psychosocial évident qu'elle représente en rompant l'isolement.
Les sports de compétitions sont pratiqués au sein de la Fédération Française Handisport (FFH),qui compte environ 1 300 pratiquants déficients visuels sur 25 000 licenciés.
Est considérée, légalement, comme aveugle ou non voyant, toute personne avec acuité visuelle < 1/20 (catégories 3, 4 et 5 de l'OMS).Les malvoyants ou amblyopes (catégories 1 et 2) ont 1 acuité visuelle entre 3/10 et 1/20.
Il existe une différence fondamentale entre l'aveugle complet congénital, et ceux dont la cécité est plus tardive (après 12 ans). L'apprentissage d'un geste sportif est facilitée dans le second cas, car on peut se référer à des images de certains gestes à réaliser. Il existe d'importantes différences chez les amblyopes suivant le mode de survenue (brutal ou progressif), l'âge de survenue et, surtout, le champ visuel résiduel. Un scotome central, avec une basse vision, peut être bien compensé pour les déplacements,ce qui n'est pas le cas lorsque le champ périphérique est très diminué.
L'inhibition liée à la cécité provoque des anomalies para-orthopédiques (cyphose dorsale, avec nécessité de rééducation voire sport).
Les handicapés visuels sont désignés par la lettre B (Blind) et classés en 3 catégories :
B1 : pas de ou minime perception lumineuse, avec impossibilité de reconnaïtre la forme d'une main, quelle que soit la distance et dans toutes les directions ;
B2 :possibilité de reconnaïtre la forme d'une main,avec acuité visuelle de 1/30 et/ou champ visuel < 5 ;
B3 :acuité visuelle comprise entre 2/60 et 6/60 et/ou champ visuel > 5°, mais < 20°.
Ne sont pas autorisés à participer aux compétitions pour handicapés visuels les personnes ayant une acuité visuelle > 6/60 et/ou un champ visuel > 20°.
Toutes ces classifications sont établies sur la base du meilleur oeil, avec correction optimale (port de lentilles de contact ou de corrections lors des tests de classification).
L'examen médico-sportif comprend un interrogatoire détaillé,étayé par les examens spécialisés effectués par les médecins ophtalmologistes (OPH) :
● étiologie du handicap :rétinoblastome, rétinite pigmentaire,maladie de Stargardt, accident, pathologie infectieuse… ;
● date de survenue : handicap congénital ou acquis ;
● évolution du handicap, pour les amblyopes ;
● acuité visuelle, perception lumineuse ou cécité totale ;
● sensibilité aux contrastes et à l'éblouissement ;
● champ visuel : atteinte maculaire ou périphérique, ou les deux ;
● autres troubles associés,en particulier auditifs, physiques, psychiques, IMC (lehandicap visuel étant souvent au second plan dans ces cas-là) ;
● examen du globe proprement dit,avec mesure de la tension oculaire et fond d'oeil ;
● traitements :cortisone,prise de collyres dont bêta-bloquants (TUE). Le diagnostic étiologique doit être absolument précis, pour rechercher une contre-indication médicale à la pratique de certains sports. En effet, certains yeux sont considérés comme fragiles :
● chez l'aveugle complet,les glaucomes congénitaux, avec de gros yeux dits "buphtalmes" ;
● chez les amblyopes : les yeux opérés de décollement rétinien ou susceptibles d'en faire (myopie très forte, dégénérescence rétinienne congénitale périphérique...), cataractes opérées, glaucomes multi-opérés, ectopies cristalliniennes, scléro-malacie, greffe de cornée…
Chez ces patients, la fonction visuelle restante doit être préservée au maximum et la prise de risques dans certaines pratiques sportives doit soigneusement être posée par un médecin OPH, averti de la pratique. Les sports de contact, ou pouvant entraïner un traumatisme indirect, les sports avec efforts en apnée, tels que l'haltérophilie, peuvent donc être contre-indiqués chez une personne porteuse d'un oeil fragile.
Il y a nécessité de remplir un certificat de non contre-indication ophtalmologique à la pratique de la discipline sportive pratiquée. Le médecin du sport effectue, par ailleurs, un examen médical complet, comme pour tout certificat de non contre-indication au sport, avec les explorations cardiovasculaires classiques (ECG,test d'effort),chez des patients souvent indemnes d'autres affections et susceptibles d'effectuer des efforts importants (athlétisme, cyclisme).
Les sports pratiqués : en classe B1, les sportifs en B2 et B3, intègrent pour la plupart des structures de pratique valides.
 Athlétisme : En course à pied, les athlètes B1 sont guidés par un athlète voyant grâce à une cordelette. Il est, bien sûr, indispensable que le guide soit plus performant que l'athlète !
Les sauts (hauteur, longueur, triple saut) : informations auditives données par l'entraïneur, pour faciliter la prise de marque dans l'aire d'impulsion. Dans les lancers, le guide n'intervient que lors du placement dans l'aire de lancer.
 Cyclisme  : pratiqué en tandem sur piste (vitesse, poursuite, kilomètre) ou sur route, le guide est le "pilote". L'équipage peut être masculin, féminin ou mixte (quelle que soit la place occupée sur le tandem). Les courses sur route se disputent sur environ 120 km pour les masculins et 60 km pour les féminines.
 Equitation : En compétition,la pratique se limite aux épreuves de dressage libre et imposé. L'apprentissage de l'équitation, chez les non-voyants, nécessite des techniciens très pédagogues et compétents dans le domaine du handicap visuel. Le toucher, sens primordial pour l'aveugle,est ici difficile, face à un animal dont les dimensions dépassent largement l'amplitude des bras.
La première phase de l'apprentissage est la prise de confiance à terre vis-à-vis de l'animal, qui permet de se familiariser avec ses réactions. Cette première phase peut être relativement longue, suivant les individus. Puis vient la phase l'apprentissage, de montage proprement dite, qui s'effectue en manège, lieu clos dans lequel il est possible de prendre des points de repère. Le contrôle postural de la tête, qui détermine plus ou moins l'équilibre et l'assiette du cavalier,est un apprentissage particulier pour le non-voyant.
Dans un espace tel que le manège, plutôt rectangulaire que rond, le moniteur l'équitation doit se positionner toujours dans la même direction, pour que le cavalier non-voyant puisse établir un point de repère fixe. Le plus souvent, le moniteur se place pour que le message sonore de sa voix soit perçu de manière bilatérale par le cavalier..
 Le ceci foot ou foot 5 x 5 : Il est pratiqué soit par les B1 uniquement (à l'exception du gardien de but !), soit dans des équipes mêlant des joueurs classés B2 et des joueurs classés B3 (sans joueurs B1).S'affrontent 2 équipes de 5 joueurs au degré de déficience visuelle différent ; leurs yeux sont donc recouverts d'un bandeau afin de respecter l'équité sportive.
En judo paralympique, les athlètes s'affrontent suivant des catégories de poids et non de classification visuelle. Ainsi, tous les athlètes de même catégorie de poids sont mélangés : B1, B2 et B3. Paradoxalement, la majorité des médailles d'or revient aux athlètes classés B1. Le travail d'équilibre, de coordination,de prise de conscience du schéma corporel, d'apprentissage en sécurité lors des chutes en font un remarquable sport pour les handicapés visuels. Les judokas non-voyants essaient de décrypter les jeux de force de leur adversaire par les sensations, plus que par la vue. Le judo est une activité sportive dans laquelle le non-voyant peut se mesurer aux valides.
Natation : L'environnement bruyant d'une piscine, rend l'apprentissage de la natation difficile. L'éducation se fait par des explications verbales, mais aussi tactiles. Le nageur aveugle apprend à connaïtre son environnement et ses dangers (pédiluve, limites du bassin). Une aide technique est utilisée pour les virages et l'arrivée.
L'entraïneur ou l'aide technique, muni d'une perche terminée par un embout de mousse, touche la tête du nageur lorsqu'il débute le dernier cycle de mouvement, avant de préparer sa culbute ou de toucher la plaque d'arrivée. S'il y a contre-indication au plongeon de départ (yeux fragiles), celui-ci se fait dans l'eau. Sinon, le guide accompagne le compétiteur sur le plot de départ. La technique des différentes nages une fois maïtrisée, la natation est une activité physique remarquable pour les déficients visuels.
Ski : discipline paralympique comprenant le ski alpin (slalom, descente) et le ski nordique (ski de fond et biathlon). Le ski nordique est le plus facile à pratiquer pour les non-voyants, car traces dans la neige qui constituent des rails. Sinon nécessité de guide, comme en ski alpin .Des moyens de communication par casque radio sont utilisés, ainsi qu'un langage technique précis et adapté. En biathlon, le tir est effectué au moyen d'une carabine optronique, avec casque audio convertissant l'impact sur la cible en un signal sonore plus ou moins aigu.
Sinon possibilité de :
Haltérophilie : apprentissage avec des barres guidées type presse,et dont l'effort explosif en apnée peut être une contre-indication pour les yeux fragiles ;Tir à la cible, avec cible sonore (comme au biathlon) ;Tir à l'arc : matériel spécifique :plateau d'assise avec empreinte pour les pieds,potence verticale avec un dactyle, repère mobile qui permet de connaïtre la hauteur de la main par rapport à la cibleVoile en équipage (croisière, dériveur), avec compas électronique sonore pour barrer, cartes marines adaptées, plans de port en braille ; l'équipage est mixte : handicapé visuel/handicapé moteur ;Golf, l'aviron, facile sur des bateaux à plusieurs barrés on non (équipage mixte) ; le bowling, le parachutisme ou le delta plane, en tandem, avec moniteur ; les sports de montagne (randonnée, escalade, encadrés par des guides chevronnés) ; la marche,accompagnée par un valide ou un chien guide d'aveugle http://www.msport.net/newSite/index.php?op=aff_article&id_article=909


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