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CYCLISME ET PATHOLOGIE


Cyclisme et pathologie
Les névralgies
Au niveau de la main : le plus souvent compression du nerf Médian, parfois du nerf Cubital. Ces deux nerfs circulent à la face antérieure du poignet, ils sont fléchisseurs du poignet et des doigts, et donnent la sensibilité cutanée de la face palmaire de la main. Le nerf Médian chemine dans le canal carpien, inextensible, situé entre des reliefs osseux et un large ligament fibreux (ligament annulaire du carpe).
La compression du nerf médian se manifeste par des fourmillements et un engourdissement des doigts, voire d’anesthésie, qui disparaissent spontanément, ou suite à des manoeuvres simples (secouer la main, changer de position), ils réapparaïtront quelques minutes plus tard, et lors de la sortie suivante.
Origine micro traumatique, par la transmission des vibrations du guidon sur la main ou syndrome carpien ?
Prévention : éviter les positions délétères (poignet trop cassé ou en hyper extension), varier les points d’appui et positions des mains sur le guidon..
Fracture de clavicule : une des plus fréquentes en traumatologie sportive, surtout en cyclisme et triathlon.
Clinique  : douleur de la face antérieure de l’épaule, réveillée par la mobilisation du bras ou la palpation de l’épaule et de la clavicule. La gêne fonctionnelle est très variable, et dépend du caractère déplacé ou non de la fracture.
Les premiers gestes consistent à glacer la lésion, mettre le bras en écharpe, dans un but antalgique, et pour immobiliser l’ensemble de la ceinture scapulaire et éviter les complications immédiates. En effet, si la fracture est déplacée, le trait fracturaire peut être saillant et blesser les tissus voisins lors d’une mobilisation (lésion des vaisseaux, des nerfs, ou de la plèvre).
L’évolution est souvent simple, la fracture consolide en 3 semaines environ.Le traitement est orthopédique pour les fractures peu ou pas déplacées, immobilise la clavicule par des anneaux et maintient les surfaces fracturaires en congruence. Si fracture déplacée, la chirurgie peut s’imposer avec ostéosynthèse par plaque. Souvent le sportif reprend son activité sans attendre la fin du repos, ce qui l’expose à des complications. Parmi celles-ci : le cal vicieux, fréquent, bien supporté, même s’il est disgracieux, rarement raccourcissement de la clavicule ou raideur à la mobilisation de la ceinture scapulaire voire une pseudarthrose
Endofibrose iliaque externe
Diminution de diamètre de l’artère iliaque externe au niveau du bassin.
Clinique : la gène (impression de grosse cuisse, de cuissard trop serré, perte de puissance dans une jambe, plus rarement douleur paralysante) n’apparaït qu’aux efforts intenses, maximaux (sprint, parcours en côte), et disparaït lors du retour au calme.
L’écho Doppler, artériographie peuvent objectiver la lésion, le test d’effort cherche à reproduire les symptômes.
Prévention : réglage correct du vélo, de la hauteur et avancée de selle, toutes les positions qui accentuent l’angle entre le buste et les membres inférieurs sont des facteurs prédisposants, tels que l’utilisation trop fréquente du prolongateur, ou les mains en position basse sur les cocottes. Le traitement curatif relève de la chirurgie, lorsque la gêne devient trop intense
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Pathologie du siège et du périnée
 : Le cyclisme aboutit à rester de longues heures sur sa selle, soumettant le siège à des agressions : frottements, compressions et microtraumatismes liés aux irrégularités de la chaussée.Une sensibilité exagérée des tubérosités ischiatiques est banale lors des premières sorties à vélo ou lors de la reprise du début de saison, même chez un cycliste chevronné. Elle est sans conséquences, mais incite à revoir la position sur son vélo et à s’enquérir de la qualité de sa selle et de son cuissard.
Abrasions traumatiques de la peau liées aux frottements. Elles sont prévenues par une hygiène locale rigoureuse (savon antiseptique, non irritant), le lavage quotidien du cuissard (pas de lessive irritante ou allergisante, bon rinçage). Il faut éviter les fonds de cuissard à coutures apparentes ou en relief et éviter la formation de plis, le talcage de l’entrejambe est préférable aux lubrifiants, qui favorisent la macération.
Folliculites superficielles : éruption de petites pustules, centrées par un poil et bordées d’un halo inflammatoire érythémateux, favorisées par la transpiration et les frottements. Les soins antiseptiques locaux (Hexomédine®, Biseptine®, suffisent).
Kyste sébacé scrotal : nodule rempli de kératine, qu’on enlève chirurgicalement.
Furoncle et anthrax : infection aigü d’un follicule pilo-sébacée, avec nécrose, adénopathie inguinale réactionnelle, si confluence de plusieurs furoncles, alors il s’agit d’un anthrax (tuméfaction érythémateuse, douloureuse, chaude, centrée par une ulcération nécrotique d’où sourd un pus franc), avec fièvre et adénopathie. La douleur peut être intense et contraindre le coureur au repos sportif
Le traitement local est fait de pansements alcoolisés et d’application de pommade antibiotique (Fucidine® ou Muporicine®). L’incision avec mise à plat et drainage n’est pas rare, associée à une antibiothérapie.
Nodule fibreux sous-cutané, testicule accessoire ou 3ème testicule : pathologie spécifique qui avait quasiment disparu des pelotons. Ce nodule fibreux du périnée de 2 à 3 cm, rarement unique, est au contact des tubérosités ischiatiques ; en arrière du scrotum ; souvent latéralisé ; ferme, rénitent, douloureux à la palpation. Possibilité de surinfection avec abcédation et de calcifications.
A l’échographie, de hypo-échogène, non homogène, non vascularisé.
Histologie : dégénérescence fibrinoïde et myxoïde du collagène aboutissant à un pseudo-kyste, tapissé par un enduit fibrineux, parfois discrète réaction inflammatoire.
Description de cas similaires de la vulve chez des cyclistes compétitrices de 15 à 45 ans, lésion unilatérale de la grande lèvre Am J Surg Pathol. 2011 Jan ;35(1):110-4
Histologie : mélange aléatoire de tissu adipeux , tissu hyalinisé de cellularité variable avec des fibroblastes benoîts, focalement, cordons épaissis de fibrose avec aspect pseudo-chéloïde, parfois cellules mésenchymateuses dodues à noyaux ronds / ovoïdes et cytoplasme éosinophile abondant (aspect épithélioïde, plasmocytoïde ou pseudo ganglionnaire), infiltrat lymphocytaire périvasculaire, foyers d’adiponécrose, amas de fibres élastique
Traitement : injections intralésionnelles d’hyaluronidase ou de corticoïdes, mais surtout repos sportif, adaptation de la selle, soins locaux avec pommade anti-inflammatoire et cryothérapie..La chirurgie est l’ultime recours, elle réalise l’exérèse de la totalité du nodule fibreux, très en profondeur. La reprise du vélo ne peut être envisagée avant 1 mois, et la compétition avant 6 semaines à 2 mois.
Bursite ischiatique : inflammation de la bourse séreuse entre la tubérosité et les muscles fessiers. La douleur, localisée, peut irradier à la face postérieure de la cuisse et s’accompagner de dysesthésies.
Traitement  : repos sportif, AINS généraux et topiques, cryothérapie, ajuster la selle et la position du coureur.
Compression du nerf honteux interne : Elle s’observe surtout après des sorties de longue distance, voire en VTT.
Ce nerf naît des racines S3, plus accessoirement S2 et S4, sort sous le muscle piriforme, contourne le ligament sacro-épineux, chemine dans un dédoublement de l’aponévrose de l’obturateur interne, au travers laquelle il abandonne ses branches, anale, périnéale motrice et périnéale sensitive.
Clinique : douleurs périnéales, anales, uro-génitales ou mixtes, uni- ou bilatérales, de type brûlures, pesanteurs, corps étrangers, de déclenchement postural, sans anesthésie périnéale, ni trouble moteur. La récupération est rapide, en quelques minutes.
Quelques cas ont pu persister plus d’un mois. C’est dans ces cas que les infiltrations des zones de conflit avec un mélange de corticoïde et d’anesthésique local peuvent se discuter.
Dysfonctions érectiles : elles relèvent soit d’une atteinte neuropathique (compression du nerf honteux interne, soit vasculaire (compression de l’artère honteuse interne), soit d’une association des deux.
Syndrome du muscle pyramidal (muscle piriforme) : associé aux névralgies honteuses internes dans 1/3 des cas. Douleur fessière haute, profonde, à irradiations descendantes postérieures, de trajet sciatique +/- tronqué, avec parfois paresthésies de la face postérieure de la cuisse, irradiation pelvienne possible, voire dyspareunie, lors d’adduction et rotation interne de hanche ou d’une grande sortie ou d’une compétition. D’évolution chronique, la douleur contraint parfois à l’arrêt du sport. Elle est déclenchée par la position assise prolongée. Elle ne s’accompagne pas de lombalgie, l’examen du rachis et neurologique est normal. La palpation de la fesse trouve parfois une contracture douloureuse, para-sacrée, profonde, liée à une irritation du tronc sciatique ou du nerf cutané postérieur de la cuisse au contact du bord inférieur du muscle piriforme. Différentes manoeuvres qui mettent le membre inférieur en rotation interne reproduisent la douleur, positivité du signe de Lasègue.
Causes : Traumatisme des fesses, chez les skieurs, camionneurs, joueurs de tennis, cyclistes.
Imagerie  : scanner ou RMN : masse antérieure au muscle piriforme, exclusion d’autre cause de douleur.
Traitement : correction d’erreurs techniques, modification des appuis fessiers. Si la douleur persiste, la mise au repos peut s’imposer. Les massages profonds, la physiothérapie, suffisent généralement, étirements du piriforme, on peut proposer des infiltrations.


Pathologie de la cycliste : Abrasions, contusions, hématomes des lèvres sont courants chez l’adepte de la petite reine. L’induration périnéale peut exister chez la femme.La vulve de la cycliste : possibilité d’oedème chronique unilatéral des lèvres
Le traitement préventif associe a surélévation des membres inférieurs au repos pour favoriser le retour lymphatique, les applications froides sur l’oedème vulvo-périnéal après l’entraïnement et le drainage lymphatique sollicitant les voies collatérales.

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http://www.msport.net/newSite/index.php?op=aff_article&id_article=797
http://www.emedicine.com/sports/topic102.htm


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