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PATHOLOGIE DU BOURRELET GLENOIDIEN (EPAULE)


Lésions du bourrelet glénoïdien : Fibrocartilage de l’articulation glénohumérale, le bourrelet glénoïdien est à mi-chemin entre le ménisque fémorotibial (totalement libre sur sa face tibiale) et le bourrelet cotyloïdien adhérent à sa face acétabulaire.
Le bourrelet glénoïdien est large, volumineux et adhérent à la glène en zone < et postérieure, et de + en + réduit et libre vers la région >.
La classification topographique de Snyder retient 6 zones sur le pourtour glénoïdien.Zone I = supérieure : SLAP (superior labrum anterior posterior) lésions (par définition).
Zone II = antéro-supérieure : diverses altérations labrales situées strictement dans cette zone, en regard de l’insertion du LGHM. 
Zone III = antéro-inférieure : lésions situées en regard de l’insertion du LGHM ou intéressant celui-ci, elles sont du domaine de l’instabilité antérieure et sont par conséquent exclues de cette étude.
Zone IV et V = inférieure et postéro-inférieure : toutes formes lésionnelles situées dans ces zones.
Zone VI = postéro-supérieure : c’est le domaine du conflit glénoïdien postéro-sup. impliquant une lésion labrale et une atteinte de la face profonde de la coiffe des rotateurs.
Classification des lésions SLAP
Type I (21%) : dégénérescence du bourrelet qui reste adhérent à la glène, pas d’avulsion du long tendon du biceps
Type II (55%) : dégénérescence du bourrelet qui se détache du bord antérosupérieur au postérosupérieur de la glène, soulevé par le long tendon du biceps qui est instable.
Type III : le bourrelet forme une anse de seau dans l’articulation, le long tendon du biceps est stable.
Type IV : comme le type III, mais le long tendon du biceps est partiellement déchiré.
Les lésions SLAP se voient dans les sports de jet le bras par dessus la tête (rôle du biceps ?
Clinique : les lésions SLAP sont souvent associées à d'autres lésions de l'épaule. Vagues douleurs profondes non spécifiques chez des sportifs de lancer avec des sensations d'instabilité et de faiblesse ou raideur, surtout à l’armé du bras ou, plus généralement, lors des mouvements de circumduction. Parfois cause traumatique (chute sur bras en extension, ou traumatisme direct de l'épaule). La douleur peut devenir nocturne dans 20 %des cas. Elle s’associe une fois sur deux à un dérangement interne de l’épaule (ressaut, claquements, accrochages...).
Le test de O'Brien , résister à une pression vers le bas sur un bras tendu en flexion antérieure, en adduction de 15°, en rotation interne maximale (pouces vers le bas), test + si douleur soulagée par la rotation externe. Le test du palm up consiste en une élévation antérieure contrariée du bras, coude en extension-supination ; il est positif s’il enregistre douleur et perte de force, et signe une lésion du tendon du long biceps. Le test deYergason est positif quand la supination contrariée de l’avant-bras réveille une douleur dans la gouttière bicipitale.
L'imagerie classique de l'épaule ne montre pas grand chose. L'IRM peut montrer des lésions SLAP, en cas de négativité avec forte suspicion clinique on peut proposer une arthro-IRM (sensibilité de 82-96%, spécificité de 91-98%). C’est lors d’arthroscopies diagnostiques que l’on constate rétrospectivement des lésions du bourrelet glénoïdien.
Traitement conservateur classique ; repos, antalgiques +/- AINS, rééducation rapide puis renforcement musculaire avec des exercices en chaïne fermée.
Mais souvent inefficace : donc chirurgie sous arthroscopie selon le type de lésion.
Type I : débridement. type 2 : débridement et sutures pour fixer le tendon du biceps (réparation du bourrelet par sutures trans-osseuses, vis ou agrafes (qu’il faut enlever plusieurs mois plus tard)). Type III excision de l’anse de seau, si biceps instable, le réparer. Type IV si <30% de déchirure du tendon du biceps (excision de la partie atteinte), si > 30% chez le jeune on refixe le bourrelet et répare le tendon, si personne âgée, débridement et ténodèse
Après chirurgie : immobilisation dans une écharpe pour 3 semaines ce qui n’empêche pas des exercices des doigts, mains et coude, +/- physiothérapie. Mouvements passifs contrôlés de l’épaule dès la première semaine, contractions isométriques indolores du deltoïde.
Semaine 3-6 : on peut déjà enlever l’écharpe si toléré, début de la rééducation de l’épaule.
Semaine 6-8 : rééducation active y compris en rotation externe et flexion antérieure (chaïne fermée).
Semaine 8-10 : on cherche à récupérer toute l’amplitude articulaire.
Semaine 10-14 : entraînement excentrique et en endurance sur ergomètre
 


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