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ENTORSE, LUXATION DU COUDE


Le Coude. L’articulation du coude est composée de trois articulations jointes :
– l’articulation huméro-ulnaire (trochléenne) ;
– l’articulation huméroradiale (condylienne) ;
– l’articulation radio-ulnaire > (trochoïde). L'articulation entre l'humérus et l'ulna (cubitus) est particulière, avec une poulie enroulée en "pas de vis", la trochlée humérale, qui s'articule avec la grande cavité sigmoïde de l'ulna (formée avec l’olécrâne et l’apophyse coronoïde). Elle permet, lors de la flexion complète, de retrouver l'avant-bras en face du bras, lors de l'extension, l'avant-bras va se trouver décalé en valgus plus ou moins important suivant qu'il existe ou non un récurvatum. Le ligament latéral médial présente un faisceau antérieur tendu à la fois en flexion et en extension. Très épais, il est le plus solide des ligaments du coude. Le faisceau postérieur est tendu en flexion. Il présente une forme d'éventail. Le faisceau transverse participe au plancher du tunnel ulnaire (cubital) associé au faisceau postérieur.
Entièrement recouverte de cartilage, la tête radiale est un ovoïde dont la face > (fovea) est régulièrement concave (l’articulation huméroradiale entre le condyle huméral et la cupule radiale est une articulation passive lors de la flexion-extension). Son pourtour s’articule avec l’incisure radiale de l’ulna (articulation radio-ulnaire > responsable de la pronosupination), alors que la fovea correspond au capitulum huméral. Le ligament carré, radio-ulnaire, se tend dans les mouvements extrêmes de pronation et de supination
Le ligament latéral externe présente 4 éléments (Aucun ne s’insère directement sur le radius mais en partie sur le ligament annulaire) : le ligament latéral radial, étendu à la fois en flexion et en extension, le ligament latéral ulnaire, le ligament latéral accessoire, le ligament annulaire (inextensible, il maintient la tête face à l’incisure radiale de l’ulna) qui entoure la tête radiale.
Le coude est stable du fait des différentes structures, osseuses et ligamentaires. La stabilité en valgus est assurée par le ligament latéral médial (Seule une résection de tout l’olécrâne produit une laxité en valgus). L’olécrâne et l’apophyse coronoïde assurent la stabilité principale en varus tant en flexion qu’en extension, le ligament collatéral radial assurant une stabilité secondaire du varus, son rôle augmentant au cours de la flexion. Dans les rapports radio-ulnaires, entrent aussi en jeu la membrane interosseuse assurant en médiolatéral et verticalement la stabilité réciproque des deux os de l’avant-bras, et le complexe ligamentaire radio-ulnaire distal. http://fr.wikipedia.org/wiki/Coude_(anatomie)
La pathologie microtraumatique comporte plusieurs types de pathologies : ligamentaire, ostéo-articulaire, musculaire, tendineuse, neurologique.
Le coude du sportif : Le coude est essentiellement sollicité en valgus dans la pratique sportive. Les contraintes en valgus vont entraîner, une tension excessive des structures du compartiment médial du coude, une compression au niveau des structures latérales, et un syndrome de conflit au niveau du compartiment postérieur du coude
Lésions au niveau du compartiment interne ou médial : Les lésions du ligament collatéral médial du coude sont souvent associées à une perte d’efficacité des stabilisateurs dynamiques (fléchisseurs-pronateurs). L’instabilité du coude aboutit à une arthrose interne du coude avec douleur, épisodes de blocages articulaires, voire irritation par traction du nerf ulnaire avec paresthésies digitales du territoire neurologique du nerf ulnaire. Des radiographies du coude, un arthroscanner peuvent aider au diagnostic. Une EMG est prescrite en cas d’atteinte du nerf ulnaire. Le traitement est dans un premier temps conservateur, le traitement chirurgical n’est réservé qu’aux échecs des traitements conservateurs. Il consiste à l’ablation de corps étrangers articulaires et à la transposition du nerf ulnaire en cas d’atteinte. Il est illusoire de proposer une réfection du LCM en présence d’une arthrose médiale.
Lésions du compartiment postérieur du coude : Les contraintes en extension-valgus entraînent un conflit entre l’olécrâne, et le bord médial de la fossette olécrânienne de l’humérus avec douleur en extension à la partie postérieure du coude +/- impressions de ressaut, voire blocages par corps étrangers libérés. Généralement il existe un déficit d’extension de 15 à 20°. Parfois, la palpation retrouve un comblement de la fossette olécrânienne. Les radiographies standard retrouvent l’ostéophytose de la pointe de l’olécrâne, et les corps étrangers dans la fossette postérieure.
Le traitement est initialement conservateur. Le traitement chirurgical proposé en cas de persistance de la symptomatologie, consiste à réséquer de manière chirurgicale ou sous arthroscopie les ostéophytes présents au niveau de l’olécrâne et de l’humérus.
 
Entorses du ligament latéral interne
Ce ligament permet la stabilité en valgus du coude et est sollicité dans les sports de jet et de balle ou avec instrument tenu à la main. Son atteinte peut être microtraumatique ou secondaire à un traumatisme telle une luxation qui amène une instabilité en valgus.
Clinique : douleur interne du coude souvent chronique ou récidivante, surtout dans les sports de jet à la phase d’accélération au-dessus de la tête, cédant au repos. Sensibilité distale de 2 cm de l’épitrochlée (qui n’augmente pas à la pronation contrariée, mais en serrant le poing) et gonflement, parfois diminution de la mobilité. Dans la forme aiguë avec rupture, possibilité d’ecchymose. Un stress en valgus le coude fléchi à 25° reproduit la douleur et montre une laxité versus le côté sain.
Radiographie : parfois avulsion de l’épitrochlée, voire ossification du ligament. Mise en évidence d’une laxité au stress en valgus qui peut être minime.
Traitement  : conservateur avec arrêt sportif, AINS, physiothérapie, il faut environ 3 mois pour reprendre le sport.
La chirurgie ne se discute qu’en aigu chez le compétiteur ou si instabilité chronique avec douleurs après 2 traitements conservateurs, par reconstruction du faisceau antérieur avec autogreffe du long palmaire, si nécessaire, transposition du nerf cubital. Puis immobilisation sur 10 j en flexion à 90° avec des exercices de serrage du poignet, la rééducation a lieu ensuite avec à 1 mois des exercices isométriques. Eviter les efforts en valgus pendant 4-6 mois.
Une neuropathie cubitale transitoire ou permanente peut compliquer une reconstruction, nécessitant une transposition du nerf cubital. Possibilité de flessum (<5°) chez 25-30% des patients.
Luxation du coude  : c'est la plus fréquente de l'enfant, en deuxième position chez l'adulte après la luxation de l’épaule. Le coude étant très stable du fait de sa configuration osseuse, des ligaments latéral interne (médial) et externe (latéral). Il faut un traumatisme important pour luxer le coude (la moitié des cas durant le sport, surtout chez des jeunes). Parmi les luxations du coude, on distingue : Les luxations huméro-antibrachiales : qui sont des luxations conjointes des deux os de l’avant-bras par rapport à l’humérus. Celles-ci comportent les luxations postérieures (90% des cas), antérieures souvent associées à une fracture de l’olécrane, latérales qui sont rares. Luxations divergentes (le radius et le cubitus se luxent de part et d’autre de l’humérus), luxations isolées de l’extrémité supérieure du radius (rares par traction sur le bras en extension d’un enfant)
La luxation postéro-externe du coude est la plus fréquente, l’olécrane se luxe en arrière et en dehors (la structure la plus fragile et rompue en premier étant le ligament latéral externe, puis déchirure du plan capsulomusculaire antérieur, ensuite le bec olécrânien fait levier sur la fossette olécrânienne, entraînant la coronoïde en arrière. Assez fréquente, surtout chez l’enfant, elle survient après chute sur la main en hyperextension.
L’enfant se présente dans l’attitude caractéristique du traumatisé du membre supérieur (coude en demi-flexion, le membre blessé porté par l’autre main saine). Coude douloureux, impotence fonctionnelle totale. Le coude est élargi et apparaît subluxé en arrière et l’avant-bras est raccourci. L’olécrane fait une saillie et est ascensionné par rapport à la ligne épitrochlée-épicondyle. La tête du radius est perçue en dehors de l’olécrâne. Quelques heures après, la déformation est masquée par l’œdème et la radiologie seule fera le diagnostic des lésions fracturaires associées.
Un traumatisme avec point d’impact antébrachial postérieur au voisinage de l’extrémité > de l’ulna est responsable de lésions complexes avec fracture de l’extrémité > de l’ulna dans sa portion articulaire, lésions ostéochondrales +/- importantes de l’extrémité < de l’humérus, sans lésion ligamentaire majeure.
Un autre type de mécanisme lésionnel serait responsable de luxations rotatoires par mécanisme de supination forcée. Le mécanisme lésionnel se ferait en supination maximale sur un coude en position demi-fléchie.
Bilan vasculo-nerveux : pouls et sensibilité des doigts à rechercher systématiquement. La complication vasculaire par lésion de l’artère humérale est la plus grave. Elle peut être secondaire à un traumatisme en valgus sévère provoquant son étirement puis sa rupture. Elle s’associe donc à un traumatisme majeur du plan capsuloligamentaire médial et est plus fréquente dans les luxations ouvertes. On recherche une abolition du pouls radial / cubital, voire froideur du segment antébrachial et de la main, ou hématome volumineux à la face médiale du tiers distal du bras. Plus tardivement, l’impotence fonctionnelle et l’anesthésie témoignent d’une ischémie d’aval. La lésion anatomique peut être un spasme vasculaire, une lésion intimale, une thrombose aiguë ou une rupture artérielle. Parfois, le tableau clinique est celui d’une ischémie aiguë. La disparition du seul pouls radial doit faire évoquer le diagnostic, impose la réduction de la luxation en urgence et la réalisation d’une artériographie, au besoin en salle d’opération, si nécessaire : exploration chirurgicale pour réparer ces lésions, par greffe veineuse, en y associant la réparation chirurgicale des structures capsuloligamentaires antéro-internes. Il existe des formes discrètes avec conservation d’un pouls( recherche de signes précoces d’un syndrome de loge, dont des douleurs à l’extension passive des doigts)
La sensibilité des nerfs médian et cubital sont facilement testés sur la face palmaire de la main, leur fonction motrice par l'évaluation de l'abduction et adduction des doigts avec amyotrophie de l’éminence hypothénar et des muscles inter métacarpiens (IO et lombricaux 3 et 4) créant une dépression à ce niveau main plate ou main de singe ou main Aran-Duchène (berf cubital) avec griffe cubitale : ph1 en hyperextension et ph2 et ph3 en flexion (interosseux ne jouent plus leur rôle), si atteinte du médian plus d'opposabilité du pouce, muscles thénars paralysés, au niveau du coude : pronation gênées, signe du prédicateur (si on demande au sujet de plier les doigts, il ne peut plier l’index, le médius et le pouce en raison des muscles touchés. (4 et 5 fléchis grâce au fléchisseur profond)).
Radiologie : Déboîtement des surfaces articulaires et saillie postérieure de l’olécrane. Peut montrer une forme particulière (luxation médiale pure / latérale pure), recherche de fractures associées (de la tête radiale / de l’épitrochlée / de la coronoïde), en appréciant leur importance, leur déplacement car elles peuvent, à elles seules, modifier le protocole thérapeutique. Des tomographies frontales ou sagittales réalisées directement, ou à partir de reconstructions tomodensitométriques, peuvent être nécessaires pour faire le bilan des fractures associées de petit volume.
Traitement : Après radiographie pour exclure des fractures associées (ou radiographies après la réduction selon les possibilités) et bilan neurovasculaire obligatoire, après avoir endormi le patient, on réduit soit patient en décubitus ventral sur une table, le coude à 90°, la main vers le sol, l'humérus sur la table, on tire l'avant-bras vers le bas en légère pronation, l'autre main saisit l'humérus avec pression sur l'olécrane vers le bas pour faciliter la réduction. Un ressaut signe la réintégration articulaire. Sinon patient couché sur le dos, le bras étendu en légère flexion, un assistant bloque l'humérus, puis on tire sur l'avant-bras en légère flexion-supination. La réduction doit être douce, et le moins traumatique possible.
Subluxation tête radiale, on prend le bras avec la main non dominante avec pression modérée sur la tête radiale, avec la main dominante on tire sur le poignet avec supination et flexion complète du coude.
Après réduction on teste la mobilité passive sans aller jusqu'à l'extension complète, si problèmes clichés pour exclure une fracture associée et incarcération + bilan neurovasculaire. Sur clichés, les critères de réduction sont : de profil 1 interligne huméro-ulnaire homogène d’avant en arrière, et un prolongement de l’axe du radius croisant le centre du condyle huméral. Les radiographies de face et de profil vérifient le recentrage du coude avec un espace articulaire huméro-ulnaire de même importance sur toutes les incidences.
Dans la majeure partie des cas, la luxation guérit sans séquelle après une immobilisation plâtrée ou en attelle d’environ 3 semaines qui permet la cicatrisation des lésions ligamentaires. Commencer le plus tôt possible les exercices de mobilité pour éviter un enraidissement. Si le coude était stable au testing initial, l’attelle peut être ôtée dès J10 avec rééducation libre ; si coude instable, l’attelle est maintenue entre les séances de rééducation.
Le traitement chirurgical reste réservé aux luxations irréductibles ou incoercibles, par interposition intra-articulaire ou fracture associée, source de l’instabilité qu’il faut fixer (coronoïde, épitrochlée, olécrâne, tête radiale).
Lorsqu’elle est réalisée, la réparation chirurgicale se fait par deux voies médiale et latérale, chacune d’elles permettant de réparer les structures ligamentaires respectives dont la rupture se produit le plus souvent à l’insertion humérale. Il existe souvent une rupture des muscles s’insérant sur l’épicondyle ou l’épitrochlée. Leur réparation doit être associée à la réparation ligamentaire. Après chirurgie, le coude est maintenu en attelle plâtrée postérieure immobilisant le coude à 90° de flexion, pendant 3 semaines. À partir de J15, rééducation active douce, sous couverture de l’attelle.
Complications immédiates : lésions nerveuses du radial, médian ou cubital, ouverture, lésion et compression de l’artère sont très rares, fractures osseuses associées.
Fractures associées : dans près de 25 % avec surtout des fractures de l’épitrochlée (40 %), les fractures de la tête radiale (30 %), les fractures de l’apophyse coronoïde (10 %), rares fractures de l’épicondyle, condyle latéral, olécrâne.
Fractures de l’épitrochlée : chez l’enfant ou adolescent avec luxation irréductible / incoercible, par incarcération du fragment épitrochléen fracturé et déplacé dans l’espace articulaire huméro-ulnaire. Elles témoignent d’une instabilité en valgus car elles associent à la rupture du ligament collatéral médial une désinsertion des épitrochléens. Abord chirurgical et ostéosynthèse par vis, ou broches pour les petits fragments, avec restitution anatomique du versant médial de l’articulation du coude, autorisant une rééducation précoce.
Fractures de la tête radiale : surtout chez l’adulte. Le diagnostic est posé sur le bilan radiologique initial et surtout après réduction de la luxation. Dans les fractures non déplacées, la luxation réduite, le contrôle radiographique postopératoire vérifie la restitution anatomique du profil articulaire du coude et l’absence de déplacement de la fracture du radius.
Les fractures déplacées avec séparation justifient d’un abord chirurgical après réduction de la luxation. L’ostéosynthèse est indispensable pour rétablir ad integrum l’anatomie du compartiment latéral du coude (risque important d’ossifications). Les fractures-tassements de la tête radiale sont souvent initialement méconnues, d’où un cal vicieux articulaire, générateur d’arthrose. Chirurgie difficile, car relèvement du tassement souvent incomplet, risque important d’ossifications articulaires. Si fractures comminutives alors résection de la tête radiale
Fractures de la coronoïde : La coronoïde est essentielle à la stabilité antéropostérieur du coude. Si petit fragment, stabilité de l’articulation : traitement orthopédique. Si gros fragment alors le coude est instable, souvent incoercible avec reproduction de la luxation, parfois irréductible par interposition du fragment (ostéosynthèse indispensable).
Le coude peut se luxer différemment suivant que l’élément principal lors de la luxation est l’hyperextension ou le valgus.
Sollicitations en hyperextension : la coronoïde s’oppose à la luxation vers l’arrière. Souvent, surtout chez l’adulte, la luxation est associée à une fracture de la coronoïde. Cette fracture entraïne une grande instabilité du coude. Il faut synthéser la coronoïde.
- Sollicitation en valgus : il y a traction sur le LLI. Il ne peut y avoir de luxation sans rupture du LLI. Chez l’enfant le ligament étant très solide on assiste à un décollement épiphysaire de l’épitrochlée (ou fracture de l’épitrochlée, difficile à voir à la radiographie, d’où nécessité du scanner). Le bâillement interne provoque une dépression dans l’articulation, le LLI et fragment d’épitrochlée sont aspirés, d’où incarcération. La méconnaissance de cette lésion est grave. Du fait de la compression externe, on observe parfois des fractures multiples de la tête radiale, qui donne également une instabilité à la luxation car le point d’appui externe disparaït, avec déplacement immédiat.
Cette fracture de la tête radiale peut être isolée, par traumatisme en valgus de l’avant-bras sans luxation. Elle nécessite une réduction-synthèse chirurgicale. En cas de déplacement très modéré, elle peut être négligée.

Complications : L’ossification péri-articulaire ou ostéome du brachial antérieur est rare depuis que l’on s’abstient de tout massage du coude. L’évolution se fait en 3 phases :
• Gêne à la flexion-extension avec douleur antérieure et masse perçue dans le pli du coude. A ce stade, la radio ne montre pas d’anomalie.
• Apparition d’une ossification au bout de quelques mois, en avant de la palette humérale dans l’épaisseur du brachial.

• Constitution en 18 mois environ d’une volumineuse ossification visible et palpable. L’enraidissement du coude entraïne alors une gêne fonctionnelle importante.
Complications tardives
Raideur du coude. Une certaine perte d’extension du coude est tolérable, tandis qu’une perte de flexion de l’est pas. On doit alors pratiquer une arthrolyse, c’est-à-dire une section chirurgicale des adhérences.
L’arthrose post-traumatique avec raideur et douleur. L’ostéo-chondromatose secondaire, les fragments de cartilage libérés par l’arthrose dans l’articulation s’ossifient avec irritation ou compression du nerf cubital (douleurs, voire paralysie des deux derniers doigts).
Les luxations récidivantes sont rarissimes. Elles sont parfois dues à des fractures non réduites de l’apophyse coronoïde (nécessite parfois l’ostéosynthèse).
Pronostic : la moitié guérit sans séquelles de mobilité, 1/3 avec limitation faible de la mobilité (< 10°), 10-15% avec mobilité plus réduite
Luxations antérieures :
Luxations pures : sont exceptionnelles, favorisées par une aplasie olécrânienne ou une hyperlaxité ligamentaire. L’hyperextension est constante. Le bec olécrânien glisse sous la palette humérale et l’ensemble du squelette antébrachial vient se placer soit sous l’humérus (stade I), soit en avant de lui (stade II).
Clinique : coude en extension quasi complète et en supination de l’avant-bras, raccourci, avec palpation postérieure de la palette humérale et disparition du relief de l’olécrâne. Le tendon du biceps saille sous la peau en avant. Les complications sont fréquentes avec lésion de l’artère humérale, atteinte du nerf ulnaire ou rupture du triceps.
Le traitement orthopédique permet en général une réduction facile, sous anesthésie, par traction axiale pour désenclaver l’olécrâne.
L’immobilisation puis la rééducation sont similaires au traitement de la luxation postérieure, en dehors des cas de rupture de triceps nécessitant une réinsertion transosseuse de cette structure.
Fractures-luxations : constante fracture de l’olécrâne. Les rapports radio-ulnaires > sont conservés. Mécanisme causal = traumatisme direct avec impact sur la crête ulnaire, coude fléchi à 90°. Dans le type I : trait olécrânien simple, oblique en haut et en avant, qui atteint la grande cavité sigmoïde de l’ulna au niveau de son tiers distal, avec gros fragment >, d’une seule tenue, solide et non déplacé. L’apophyse coronoïde est solidaire du fragment diaphysaire. Dans le type II = éclatement de l’olécrâne. Une portion de la surface articulaire olécrânienne reste solidaire du coroné. Dans tous les cas, l’intervention chirurgicale est nécessaire avec ostéosynthèse après réduction de la luxation.
Si l’instabilité caractérise les types I, l’ostéosynthèse des types II est particulièrement difficile. Les séquelles sont fréquentes à type d’ossifications et de raideur articulaire.
Formes complexes : en + de la fracture de l’olécrâne, celle de ’apophyse coronoïde qui forme un fragment à part. Lésions sévères, par traumatisme violent, imposant une réduction et une stabilisation chirurgicale.
Luxations atypiques :
Luxation divergente des 2 os de l’avant-bras : exceptionnelle, par atteinte combinée des articulations huméro-antébrachiales et radio-ulnaires proximales. Rupture constante du ligament annulaire et du ligament carré. Après réduction, outre un cliché radiographique de face, des incidences de profil en position standard, en pronation et en supination sont indispensables. Si le profil articulaire des trois articulations concernées n’est pas restitué de façon anatomique, une réparation chirurgicale des structures ligamentaires est nécessaire.
Luxations médiales ou latérales pures : rares. Elargissement de l’articulation de face, alors que les longueurs respectives du bras et de l’avant-bras restent conservées en comparaison avec le côté opposé.
Le bilan radiographique met en évidence une translation latérale ou médiale de l’ulna qui reste dans le plan de la palette humérale.
La grande cavité sigmoïde peut répondre, en fonction du déplacement, au condyle huméral ou à l’épicondyle en cas de luxation latérale ou siéger à cheval sur l’épitrochlée en cas de luxation médiale.
La réduction par manœuvres externes frontales pures associées à une traction pour désenclaver l’ulna, permet le plus souvent la réintégration en évitant d’aggraver les lésions des parties molles, les structures antérieures ou postérieures pouvant être respectées.
Parfois, l’incoercibilité nécessite la réduction chirurgicale avec libération du muscle de l’anconé, le plus souvent responsable de la reproduction de la luxation.
Luxations isolées de la tête radiale : exceptionnelles chez l’adulte, par traumatisme en semi-flexion et pronation forcée. Plus fréquent chez l’enfant où elles restent rares, et leur diagnostic, en dehors des formes congénitales, doit faire évoquer une fracture de Monteggia pour laquelle la lésion ulnaire se limite à une incurvation majorée de la diaphyse.
Le diagnostic est fait sur l’incidence de profil du coude démontrant l’absence d’alignement entre le centre du condyle latéral et l’axe de la tête et du col du radius.
Le traitement est avant tout orthopédique par réduction à foyer fermé, en mettant l’avant-bras en varus et en supination.
Luxations récidivantes et instabilités :
Instabilité postérolatérale : antécédents d’accidents de subluxation ou d’instabilité du coude, à distance d’une luxation vraie. Parfois, véritable luxation récidivante. Peu de signes physiques permettent d’identifier l’instabilité. Ressaut rotatoire postérolatéral du coude, ou pivot-shift test du coude. Sur un patient en décubitus dorsal, l’examinateur se situant à sa tête qui, prend le membre > en flexion du bras, flexion de l’avantbras de telle sorte que le membre > du patient se trouve au-dessus de sa tête. L’avant-bras est en supination et l’examinateur va réaliser un mouvement de valgus, compression axiale, supination forcée. Le test d’instabilité se fait de l’extension du coude vers la flexion. Vers 40° de flexion, la saillie postérolatérale du radius est maximale, l’examinateur peut alors voir une saillie osseuse postérieure correspondant à la tête radiale surmontée d’une dépression cutanée postérolatérale qui signe la luxation huméroradiale. La poursuite de la mise en flexion produit une réintégration des extrémités supérieures du radius et de l’ulna et la disparition des signes physiques.
Le test peut reproduire également les symptômes douloureux des accidents d’instabilité.
Parfois, le test est limité par une appréhension et ne peut reproduire la subluxation huméroradiale.
– stade I : instabilité rotatoire postérolatérale. À ce stade, seul le faisceau moyen du ligament collatéral radial (ou faisceau ulnaire du ligament collatéral radial) est rompu. Le ressaut rotatoire postérolatéral est présent et le bilan radiographique retrouve, de façon inconstante, une subluxation postérieure de la tête radiale ;
– stade II : subluxation postérolatérale. Atteinte de tous les faisceaux antérieur et moyen du ligament collatéral du coude et rupture de la capsule tant antérieure que postérieure. Le ressaut rotatoire est patent, pouvant conduire à une luxation vraie. Le déplacement reste faible et la réduction est facile.
- stade III : luxation récidivante postérolatérale survenant pour des traumatismes de plus en plus minimes. S’associe aux lésions déjà exposées une rupture du ligament collatéral médial soit avec respect du puissant faisceau antérieur, soit avec lésion de tous ses faisceaux.
Instabilités en valgus : syndrome d’hyperutilisation et de microtraumatismes des sportifs réalisant des lancers, notamment les joueurs de base-ball.
Le diagnostic est effectué sur les données cliniques, à l’interrogatoire de sportifs réalisant de façon répétitive des mouvements de lancer. On retrouve une douleur localisée sur le versant médial du coude soit à l’effort, soit spontanément. Des paresthésies dans le territoire du nerf ulnaire peuvent accompagner les symptômes douloureux. L’examen local objective une douleur provoquée à la palpation de l’épitrochlée et sur le trajet du ligament collatéral médial.
Des signes d’irritation du nerf ulnaire peuvent être associés.
Un testing en valgus du coude à 20-30° de flexion recherche une douleur provoquée ou exacerbée, un oedème ou une laxité.
Le seul diagnostic différentiel à éliminer est l’épitrochléite.
Un bilan radiographique peut confirmer l’existence d’une laxité pathologique en valgus, mais l’absence de signe radiologique n’écarte pas le diagnostic.
Au besoin, des clichés dynamiques orientent le diagnostic positif. Le traitement est avant tout médical avec mise au repos, anti-inflammatoires, et attelle de maintien.
Dans certains cas, notamment de récidive, une stabilisation interne peut être nécessaire.
 
 


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