» ARTICULATION LOMBALGIE

LOMBALGIE


 
Les causes des lombalgies chez les jeunes diffèrent de celles des adultes. Chez les jeunes, les lombalgies ont tendance à découler de traumatismes structurels, tels que la spondylolyse, tandis que les pathologies discales et les entorses musculaires sont peu fréquentes.
Les adolescents sont exposés aux douleurs dorsales suite à : déséquilibres musculaires, non flexibilité, différences structurelles de la colonne vertébrale, entraînement inadéquat.
Les traumatismes dorsaux peuvent résulter : d'une mauvaise technique, d'un entraînement excessif, surtout pendant les périodes de croissance rapide.
La lombalgie banale : douleur lombaire par déchirure +/- complète musculaire, entorse ligamentaire (surtout ligament postérieur), hernie de disque sain ou dégénéré (discopathie, discarthrose) ou par arthrose lombaire postérieure, elle est moins fréquente chez le sportif (surtout gymnaste) que chez le sédentaire.
Affection bénigne mais extrêmement fréquente (incidence de 5%/an, prévalence de 60-90% dans la population, pic vers 60 ans) avec un coà»t socio-économique énorme.
La lombalgie aigü ou lumbago est un blocage lombaire douloureux
Début brutal sur effort, traumatisme ou faux mouvement, avec parfois perception d’un craquement ; parfois au saut du lit. Douleur d’importance variable, souvent très pénible avec impotence complète liée au blocage lombaire. Parfois lumbago hyperalgique nécessitant la morphine. Souvent : perte de lordose ou cyphose lombaire avec inflexion antalgique. Douleurs et spasme des muscles lombaires sur les épineuses ou sur la crête iliaque, pas de déformation ni douleurs généralisées de la partie moyenne du dos, ni signes neurologiques (sinon suspecter une hernie discale ou sténose du canal médullaire), diminution de la mobilité qui est douloureuse.. Raideur objective avec Schober < 13 cm
Rien d’autre : ni fièvre, ni atteinte de l’état général, ni signe neurologique.
VS normale
Radiographie simple : normale, discopathie(s) ou discarthrose(s).
Guérison en 2 à 15 jours au plus (si plus : faux diagnostic).
La lombalgie chronique : par entorse discale chronique ou arthrose postérieure avec douleur lombo-sacrée, médiane ou latéralisée, parfois irradiant vers les crêtes iliaques ou les fesses, modérée, mécanique (au moment ou après l’effort), avec parfois raideur matinale brève.
Rien d’autre. Examen normal. VS normale.
radiographie : discopathie, discarthrose ou/et arthrose postérieure
*En principe discopathie chez le jeune (20-50 ans), arthrose postérieure isolée ou associée à la discopathie après 50 ans.
Evolution de la lombalgie : En règle bénigne, sans risque d’invalidité et de fauteuil roulant : risque de sciatique ou cruralgie, risque très faible de syndrome de la queue de cheval par sténose lombaire mais chirurgicalement curable.
Evolution par épisodes aigus récidivants, 0 à 2 par ans sur 10 à 30 ans.
Evolution chronique avec ou sans épisodes aigus des mois ou des années.
Généralement les lombalgies par discopathie guérissent en 10 à 30 ans.
Vie professionnelle et sportive normale ou à peu près. Parfois changement de métier.
Exceptions aux règles ci-dessus :
transitoires : ceux qui continuent à surmener leur colonne
chroniques : les névrosés et les accidents du travail
Examens complémentaires : VS, NFP : parfois si doute.
Des radiographies simples (toujours mais une fois suffit)
- Un débrouillage lombaire debout face et profil (D10 aux hanches)
- Parfois un cliché centré sur L5-S1
- Clichés de3/4 : jamais sauf si doute sur une lyse isthmique
Jamais de scanner ou d’IRM : ils n’apportent rien pour améliorer le traitement. Ils sont donc inutiles et interdits par RMO.
Imagerie  : Aspect normal, discopathie : L4-L5, L5-S1, plus rarement L3-L4 et au dessus 1 ou 2 disques, parfois plus, discarthrose, arthrose postérieure
Anomalies favorisantes souvent associées : Scoliose, séquelles d’épiphysites, surélévation du 1er disque charnière, lyse isthmique et spondylolisthésis vrai, hyperlordose et arthrose postérieure, arthrose postérieure et pseudospondylolisthésis
Diagnostic de lombalgie banale : Aucun problème dans plus de 95% des cas.
Lombalgie mécanique depuis plusieurs années, avec ou sans épisodes aigus, avec examen clinique normal = lombalgie banale dans plus de 99% des cas. On ne fait pas de VS, la radio sert simplement à préciser l’importance des lésions)
On élimine (avec plus ou moins d’attention selon les cas) :
systématiquement la spondylarthrite en regardant les sacro-iliaques, surtout chez l’homme jeune.
La discospondylite infectieuse = lombalgie aiguë fébrile avec VS élevée.
Les lésions osseuses du rachis ou du bassin (fracture, Paget, myélome, métastase, tumeurs osseuses primitives) sur la radio simple.
Les tumeurs intra-rachidiennes si douleurs permanentes ou nocturnes ou signes neurologiques par l’IRM.
Douleurs viscérales (cancer, abcès).
Traitement : Repos au lit ou de préférence lombostat, car le maintien d’une activité accélère la guérison (soutien lombaire, tissu baleiné CMLR D12, résine), glaçage, éviter les gestes à risque, AINS à forte dose avec au besoin un paracétamol-codeiné, un décontracturant ou anxiolytique avec (si on sait la faire) une injection épidurale avec un corticoïde (hydrocortancyl) par le 1er trou sacré ou par voie interépineuse.
toujours rassurer : guérison assurée en quelques jours.
Traitement de la lombalgie chronique : Le plus important est d’abord de rassurer (inquiétude compréhensible et souvent aggravés par les médecins ou autres !)
Il faut ensuite interdire la chirurgie (arthrodèse postérieure ou antérieure) parce que ses résultats sont mauvais selon certains et non supérieurs au traitement conservateur dans les revues de la littérature. L’arthroplastie discale est un procédé trop récent pour être proposé actuellement, une autre technique en développement est le remplacement du nucléus pulposus
Donner un lombostat à porter au moments des poussées douloureuses
Prescrire 20 séances de massage-rééducation du rachis lombaire en correction de lordose, 1 par semaine, en faisant faire les mouvements appris 10 minutes par jour. (A faire en dehors des poussées).
Les conseils d’hygiène de vie (perte de poids, éviter les efforts) sont du domaine du bon sens, mais il faut tout autoriser en dehors des poussées douloureuses (aucun risque particulier en dehors du lumbago).
Les médicaments ne servent à rien, se contenter du paracétamol ou d’un AINS à la demande.
Certains aiment les cures thermales, la physiothérapie, l’acupuncture, les chiropracteurs, les plantes....
 
Le syndrome de sur-utilisation du limbus postérieur (douleurs hyperlordotiques / dorsales mécaniques ou musculaires) : atteinte de la partie postérieure de la colonne avec douleurs dorsales à l'extension.
Traitement : glace et AINS, activités non douloureuses autorisées, programme d'exercices antilordotiques, de renforcement des abdominaux, d'étirements des ischiojambiers et thoracolombaires.
 
La fracture par avulsion de l'apophyse du corps vertébral
Les sports facteurs de risques : volley-ball, gymnastique, haltérophilie.
Les patients souffrent : de douleurs lombaires aiguës à la flexion, limites de flexion et d'extension de la colonne vertébrale, spasmes musculaires paradorsaux.
Prise en charge : repos pendant 3 à 6 mois, application de chaleur, AINS.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.