» Médecine du sport HYPERTHERMIE ET SPORT

HYPERTHERMIE ET SPORT


"hyperthermie durant l'entraînement et la compétition,", elle se traduit par des crampes, ), tétanie, une éruption l’épuisement et le coup de chaleur qui peuvent aboutir à un collapsus durant ou peu après l’activité sportive, , avec souvent une rhabdomyolyse parfois sévère voire au décès. Le début se fait à l’occasion d’un effort physique intense et inhabituel, fréquent en milieu militaire (marche rapide, marche « commando », marathon) ou civil qu’il s’agisse d’athlètes exposés à une chaleur excessive, de body builders ou de sujets non entraînés, le plus souvent des sujets jeunes de sexe masculin.
La production de chaleur durant un effort intense est multipliée par 15 à 20 par rapport au repos pouvant augmenter la température centrale de 1°/5 minutes, si évacuation de chaleur impossible, or la température du SNC est > à la température centrale avec dissipation moindre.
Les facteurs favorisants sont : coup de soleil, alcool, drogues, antidépresseurs, obésité, >40 ans, antécédents de coup de chaleur, fièvre, infection respiratoire, diarrhée, vomissements, entraînement insuffisant, condition physique non optimale, infection virale, déshydratation, manque de sommeil / acclimatation. La chaleur ambiante élevée est un facteur favorisant de même que le manque de sel alimentaire. Un trouble sous-jacent de la thermorégulation par sudation insuffisante dû à la mucoviscidose, à une ichthyose, à une dysplasie ectodermique anhidrotique avec absence de glandes sudoripares, est parfois présent. Des circonstances plus rares sont l’état de mal épileptique, l’état de mal asthmatique, l’électrocution, l’intoxication par la strychnine, le surdosage en théophylline, des affections métaboliques musculaires (glycogénoses), une mitochondriopathie, la thalassémie.
Production de 300 à 900 kcal / heure pendant l’effort musculaire. Thermolyse par sudation (1.7 mL de sueur évacue 1 Kcal). Le débit sudoral maximal pour un Européen est de 1.5 litre /h. La sudation est entravée par forte hygrométrie / vêtements imperméables.
La thermolyse repose sur la production abondante de sueurs (déshydratation, pertes hydroélectrolytiques), par vasodilatation réactionnelle cutanée intense. La phase initiale se caractérise donc par une tachycardie, une élévation du débit cardiaque, une baisse des résistances vasculaires. Il y a également production d’interleukines 1 et 6 et de protéines de stress qui induisent un certain niveau de thermotolérance. En cas l’absence de traitement, l’évolution se fait vers le collapsus cardio-vasculaire avec redistribution sanguine en périphérie, aux dépens de la circulation splanchnique responsable d’une atteinte multiviscérale.
Alors que certains font un collapsus avec l’épuisement, d’autres sont capables de continuer et risquent l’hyperthermie maligne, alors que d’autres supportent sans conséquence maligne une température centrale très élevée (jusqu’à 41.9°). La déshydratation (+/- troubles électrolytiques) lors d’exercice prolongé, à partir de 3–5% de perte de poids s’accompagne d’une diminution de la sudation et participe à l’hyperthermie, mais n’est pas obligatoire (hyperthermie sans déshydratation en cas d’exercice très intense).
La chaleur dénature les protéines, déstabilise les phospholipides / lipoprotéines, liquéfie les lipides membranaires (risque de collapsus, insuffisance viscérale multiple, décès). L’hypothalamus régule la température centrale, en cas d’hyperthermie : augmentation du flux sanguin cutané (jusqu’à 8 L/min), (principal organe de dissipation de la chaleur, par conduction, convection, radiation (65% en zone tempérée), évaporation (si climat chaud), dilatation des veines périphériques, stimulation des glandes sudoripares eccrines.
Le risque de collapsus est lié à de multiples facteurs (absence d’acclimatation (il faut 7 à 10 j), médicaments, déshydratation, maladie récente).
Clinique : Les signes clinique sont parfois très discrets avec fatigue, désorientation, confusion, vertiges, comportement inhabituel, irritabilité, céphalées, ataxie, tremblements, dysarthrie, contraction musculaire, anomalies des nerfs crâniens, crampes abdominales / musculaires, dyspnée, faiblesse, incapacité à marcher, perte de l’équilibre, chute, fatigue marquée, hyperventilation, vomissements, diarrhée, délirium, épilepsie, ou coma. Toujours penser à prendre la température rectale et pas ailleurs. Si collapsus, TA systolique <100 mm Hg, tachycardie, hyperventilation, peau pâle, humide.
Dans le coup de chaleur post-exercice, peau humide, pâle alors qu’elle est sèche, chaude, rouge dans le coup de chaleur classique (non lié à l’activité physique).
L’accès débute brutalement lors de l’exercice. Température > 41°C, sauf si persistance de sudation ou début de refraichissement ce critère peut donc manquer, tachycardie > 130 /mn, TA normale ou hypotension (vasodilatation cutanée, piégeage sanguin veineux, déshydratation, voire atteinte myocardique).
Biologie : signes de rhabdomyolyse : augmentation des CPK, myoglobinémie importante, acidose avec lactacidémie, baisse de la kaliémie, calcémie et phosphorémie. Des anomalies biologiques hépatiques, élévation des enzymes, des phosphatases alcalines, de la bilirubine sont fréquentes.
Complications viscérales : dépression de la fonction cardiaque, réversible si refroidissement, ce qui accroît l’hyperthermie (diminution de la circulation sanguine cutanée), l’hypoxie, l’acidose métabolique et l’atteinte viscérale. L’atteinte cérébrale rompt la régulation thermique et de la tension artérielle, avec possibilité de collapsus qui peut sauver l’individu, car arrête la production de chaleur et attire l’attention médicale avec traitement rapide.
Rhabdomyolyse possible à partir de 40° avec toxicité tubulaire rénale, hyperkaliémie (risque d’arythmie). L’hyperthermie rénale aboutit à une insuffisance rénale aiguë aggravée par l’hypotension, la rhabdomyolyse, CIVD et acidose métabolique.
Atteinte hépatique biologique, rarement insuffisance fulminante avec encéphalopathie, hypoglycèmie, CIVD (hémorragies cutanéomuqueuses, épistaxis, hématomes)
Seuls une reconnaissance rapide et refroidissement rapide réduisent ce risque (bain dans eau froide ou serviettes mouillées froides, rapidement changées). Le risque existe surtout lors de conditions avec fort taux d’hygrométrie sur des courses de distance moyenne mais rapides plutôt que sur des marathons, le diagnostic se fait sur prise de température rectale > 40°. Quand le refroidissement est rapidement débuté avec retour des fonctions cognitives en moins d’une heure, la guérison est le plus souvent sans séquelles y compris si atteinte viscérale (augmentation des enzymes hépatiques et musculaires). Le pronostic est lié au retard de diagnostic et de refroidissement avec décès par lésions cérébrales.
Si atteinte viscérale et choc, refroidissement rapide et évaluation clinique, biologique voire imagerie, mauvais pronostic, préserver le volume intravasculaire (remplissage pour améliorer la perfusion rénale), on peut utiliser du Dantrolène (myorelaxant) pour traiter la rhabdomyolyse, benzodiazépines en IV si épilepsie
Retour au sport : arrêt sportif d’au moins une semaine avec un check-up pour vérifier que tout va bien. Débuter le sport dans un environnement frais puis augmenter progressivement le sport et l’acclimatation sur 2 semaines.
Formes décapitées, sans hyperthermie : des cas d’intolérance à l’effort, d’étiologie indéterminée, chez des jeunes s’expriment par une sémiologie musculaire décapitée, sans hyperthermie.
La sémiologie est celle de toute intolérance à l’exercice survenant soit après un exercice bref et intense, soit après une marche prolongée avec endolorissement de la musculature avec sensation de fatigue, puis crampes avec contractures spasmodiques de plusieurs muscles, puis dureté ligneuse laissant persister des courbatures prolongées. Au maximum, l’enraidissement rend toute poursuite de l’effort impossible. Le taux de créatine-kinase est élevé non seulement à l’effort mais aussi au repos. Une myoglobinurie est fréquente. Une évolution amyotrophiante est possible. La prescription de doses modérées de dantrolène est justifiée.
Epuisement lié à la chaleur : l’athlète arrête l’épreuve sportive, l’épuisement est facilité si déshydratation et serait liée la vasodilatation périphérique qui entraîne une hypotension et insuffisance cardiovasculaire, un autre facteur est un surpoids (BMI >27).
Clinique : non spécifique, hypotension, tachycardie et tachypnée, patient en sueur, pâle, sinon, faiblesse, céphalées, vertiges, nausées, vomissements, diarrhée, irritabilité +/- crampes musculaires.
Traitement : mettre le sportif dans un endroit frais, en position supine, jambes élevées avec suivi de TA, fréquence cardiaque et température rectale. La majorité récupère alors en buvant et se reposant. Si trouble de la conscience rechercher une hyponatrémie, hypoglycémie.
Crampes à l’exercice : elles sont douloureuses, lors d’efforts longs en ambiance chaude, des jambes, bras ou abdomen, surtout si déshydratation, ou hyponatrémie (se différencie d’une tétanie par l’absence de main d’accoucheur (lors d’hyperventilation, hypokaliémie).
Traitement : repos, étirements prolongés, absorption de sel, si crampes réfractaires, benzodiazépines en IV.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.