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LESIONS AU FROID ET SPORT


Prévention des lésions liées au froid durant le sport
Dans certaines conditions de froid humide, l'équilibre thermique ne peut être maintenu, avec possibilité d'hypothermie, de lésions (engelure, urticaire au froid), diminution des capacités sportives, asthme lié au froid, accident cardiovasculaire.
Le froid déclenche une vasoconstriction périphérique pour réduire les pertes thermiques qui débute à moins de 34-35°C, maximale vers 31°C ou 26-28°C si froid localisé. Cette vasoconstriction a les effets les plus marqués dans les mains et pieds, où il existe une vasodilatation liée au froid qui réduit le risque d'engelures et améliore la dextérité et sensibilité tactile au froid (ne s'observe que si hyperthermie centrale, donc froid externe mais sans hypothermie). Le froid déclenche aussi une thermogenèse par activité contractile musculaire (frissonnement qui peut devenir intense (jusqu'à 6 fois le métabolisme de base), activité physique), la graisse brune ne joue que peu de rôle.
L'acclimatation se traduit par une réduction du frissonnement avec parfois hypothermie centrale (modification du thermostat hypothalamique (exposition au froid modéré, mais de longue durée)) et de la vasoconstriction des mains (plus chaudes, moins engourdies), parfois thermogenèse accrue ou hyperfrissonnement. Le dernier mode d'acclimatation est l'augmentation de l'isolation avec baisse plus rapide et marquée de la température cutanée et une moindre conductance de la peau par vasoconstriction marquée.
Hypothermie si température centrale < 35°C : signes (variables d'une personne à l'autre) précoces avec sensation de froid, frissonnement, apathie, au stade plus avancé confusion, endormissement, modification de la parole, si sévère troubles du rythme, à des températures très basses aspect de mort, donc nécessité de réchauffer avant de porter le diagnostic de décès
Facteurs de risque d'hypothermie : les sujets maigres sont plus sensibles au froid car ratio surface/poids augmenté, idem pour les femmes et enfants, les sujets âgés sont plus sensibles au froid car réaction physiologique plus tardive, sinon, l'hypoglycémie qui réduit le frissonnement, la forme physique permet un travail plus intense et prolongé et retarde/empêche l'hypothermie
Bien sûr la qualité des vêtements est importante, ne pas oublier qu'un environnement froid peut augmenter les dépenses énergétiques avec déshydratation

Engelures  : une peau humide se refroidit plus vite, avec un seuil de température d'engelure plus élevé, se voit en peau exposée (nez, oreilles, joues, poignets, mains et pieds). Signes : après la sensation de froid qui devient douloureuse (peau à moins de 20°), perte de sensibilité à moins de 10°, douleurs lors du réchauffement, la peau qui peut être initialement rouge devient blanche cirrheuse. Le risque d'engelure est plus grand chez les femmes (plus grand ratio surface/masse, incidence accrue de phénomène de Raynaud), les noirs, en altitude (perte de 6°/1000m, de plus l'hypoxie entraïne des troubles cognitifs avec perte de la sensibilité cutanée au froid des orteils
Le risque est < 5% si température ambiante > -15°, mais devient important si < -27°C. L'activité sportive n'augmente la température des doigts qu'en l'absence de vent, mais augmente toujours la température du visage.

Maladie des tranchées : pieds exposés longtemps à l'humidité froide (9 heures à plusieurs jours, ou si chaussettes et chaussures non changés de nombreux jours) : initialement pieds gonflés, oedémateux, anesthésiés, d'abord rouges puis cyanosés, diminution des pouls périphériques, puis douleurs, infections

Urticaire au froid : survenue rapide de démangeaisons, rougeur et gonflement de la peau, rarement choc anaphylactique, se voit surtout chez des adultes jeunes avec forme acquise (signes en 2 à 5 minutes au froid, durant 1 à 2 heures) et héréditaire (1 à 2 jours durant 1 à 2 jours). Le diagnostic se fait en plaçant de la glace sur la peau, le patient devant éviter l'exposition au froid.
Bronchoconstriction au froid à ne pas confondre avec l'asthme d'effort (4-20% de la population et 11à50% des compétiteurs), celui-ci est favorisé par le froid sec qui dessèche les voies respiratoires et dans les sports de glace indoor.
Mortalité/morbidité en hiver : elle est accrue du fait de pathologies cardiovasculaires ischémiques et pulmonaires, surtout si hiver clément avec des périodes froides, chez des sédentaires. Le sport dans un environnement froid accroït le tonus sympathique, les résistances périphériques, la TA moyenne, et donc le travail cardiaque.


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