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CHIKUNGUNYA et arboviroses à alphavirus


Arboviroses à alphavirus :
Chikungunya : maladie virale propagée par des moustiques. Elle peut être confondue avec la dengue. La maladie se manifeste en Afrique, en Asie et en Inde, ces dernières décennies, en en Italie en septembre 2007 et Amériques. En mars 2005, l’épidémie s’est propagée rapidement dans l’ïle de la Réunion à partir du Nord-Est, avec une flambée importante entre fin avril et début juin puis une persistance de la transmission virale durant l’hiver austral. Sur cette ïle, on pense que la transmission du virus est assurée principalement par le moustique Aedes albopictus qui s’y est répandu grâce à sa grande plasticité écologique, puisqu’il colonise indifféremment les zones urbaines et sylvatiques, les gïtes artificiels et naturels. Décrite pour la première fois dans le sud de la Tanzanie en 1952. Il s’agit d’un alphavirus (arbovirus (virus transmis par les arthropodes)) de la famille des Togaviridae. Le nom de "chikungunya" vient d’un verbe de la langue kimakonde qui signifie "devenir tordu" ce qui décrit l’apparence voûtée de ceux qui souffrent de douleurs articulaires.
Son aire de distribution s’étend à toute l’Afrique sub-saharienne et à l’Asie du Sud-Est. En Afrique, le virus est maintenu au sein d’un cycle forestier faisant intervenir des primates et des moustiques sylvatiques (Aedes luteocephalus, Aedes furcifer ou Aedes taylori). En Asie, le virus circule dans un cycle essentiellement urbain qui implique les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus.
Clinique  : apparition brutale de fièvre + polyarthralgies +/- myalgies, céphalées, nausée, fatigue, éruption cutanée maculo-papuleuse du tronc et des membres (environ 50% des cas), parfois prurigineuse, voire une polyadénopathie cervicale ou une conjonctivite. L’arthralgie (surtout les poignets et les chevilles, sinon genoux, mains et pieds, beaucoup plus rarement les hanches ou les épaules) est souvent invalidante, mais disparaït en quelques jours ou semaines, parfois elle persiste plusieurs mois voire années. Rares complications oculaires, neurologiques (méningo-encéphalites et polyradiculonévrites chez des personnes âgées ou avec pathologie sous-jacente, et chez des nouveaux-nés, dont les mères avaient été infectées peu de temps avant l’accouchement, probablement en rapport avec une transmission materno-foetale tardive) et cardiaques. Des formes hémorragiques mineures, avec saignement des gencives, du nez ou purpura ont été décrites principalement en Asie, mais leur fréquence peut être élevée ; elle a été évaluée à 23% sur les 7 148 premiers cas recensés de l’épidémie actuelle de la Réunion. L’évolution se fait vers une amélioration rapide, avec disparition de la fièvre en 1 à 10 jours, des signes cutanés en 2 à 3 jours, des signes articulaires en quelques semaines.
Le virus est transmis d’un être humain à l’autre par les piqà»res de moustiques femelles infectées (Aedes aegypti et albopictus, qui peuvent également transmettre d’autres virus, dont la dengue), qui piquent la journée, avec activité maximale tôt le matin et en fin d’après-midi..
Incubation de 4 à 8 j (2 à 12 j)
Diagnostic  : sérologie (ELISA avec présence d’Ac anti-chikungunya IgM et IgG. Les niveaux d’Ac IgM sont les plus élevés 3 à 5 semaines après l’apparition de la maladie et persistent 2 mois. RT-PCR sur le sang mais de sensibilité variable..
Traitement : non spécifique symptomatique (anti-douleurs et anti-inflammatoires). Une corticothérapie peut s’avérer nécessaire dans les formes sévères d’évolution subaigü - chronique.
Prévention et lutte contre le moustique vecteur en réduisant le nombre de récipients naturels et artificiels contenant de l’eau qui favorisent la reproduction des moustiques.
Pour se protéger lors des épidémies de chikungunya, port de vêtements couvrant le corps au maximum et répulsif sur les parties exposées ou sur les vêtements. Les répulsifs doivent contenir du DEET (N, N-diéthyl-3-méthylbenzamide), de l’IR3535 (esther éthylique de l’acide 3-[N-acétyl-N-butyl]-aminopropionique) ou de l’icaridine (1-piperidinecarboxylic acid, 2-(2-hydroxyethyl)— 1-méthylpropylester). Pour ceux qui dorment pendant la journée, en particulier les jeunes enfants ou les personnes malades ou âgées, les moustiquaires imprégnées d’insecticide assurent une bonne protection.
 
Proche du virus Chikingunya, le virus O’Nyong Nyong sévit en Afrique subsaharienne. La première épidémie a eu lieu en Afrique de l’Est (1959-1963 : 2 000 000 de personnes atteintes), la dernière en Ouganda et en Tanzanie en 1996-1997. RdV : homme, vecteur : Anophèles.
Infection par le virus Sindbis
Il est responsable de syndromes dengue-like avec arthralgies rapportés en Europe, Afrique, Asie, Australie, sous forme de cas sporadiques ou d'épidémies. Les arthralgies peuvent persister des mois, voire des années. Le virus Sindbis a été découvert en Egypte en 1952 chez un culex. RdV : oiseaux, mammifères ; vecteur : moustiques. Il y a un cycle enzootique entre les oiseaux et les moustiques ornithophiles.
Encéphalites équines américaines
Ce sont des syndromes encéphaliques observés chez l’homme et chez les équidés.
L'encéphalite vénézuélienne sévit dans toute l’Amérique tropicale et Trinidad. Elle est cause de : syndromes fébriles algiques, d' encéphalites surtout chez l’enfant. RdV : équidés ; vecteur  : Culex, Aedes, Mansonia.
Pour mémoire : Encéphalite équine de l’Est des Etats-Unis, à l’Est du Mississippi et Encéphalite équine de l’Ouest, à l’ouest du Mississippi.
Fièvre due au virus de la Fièvre de Mayaro et le virus Una
La répartition géographique de la Fièvre de Mayaro comprend les zones forestières des Caraïbes, d’Amérique centrale et du sud (Amazonie). Des cas ont été rapportés en Guyane française en 2001, prés de Kourou. Il est responsable de syndromes dengue-like avec arthralgies ou arthrites fugaces. RdV : singe hurleur (Alaouatta seniculus) ; vecteur : moustique Haemagogus (famille des Aedes).
Le virus Una, phylogénétiquement proche du virus Mayaro, a été identifié dans le nord du Brésil en 1959. Il est présent dans tout le continent américain. Il a été détecté chez les oiseaux, les chevaux et chez l'homme. Il est responsable de symptômes proches de ceux de la Fièvre de Mayaro (fièvre, douleurs articulaires).
La polyarthrite épidémique due au virus Ross River et au virus Barmah Forest
Ils sont cause de syndromes dengue-like avec arthralgies ou arthrites fugaces. 
Le virus Ross River, virus australien (1971), a pour réservoir des marsupiaux (kangourous). Il circule sur un mode épidémique en Australie (Queensland et Nouvelle-Galle du sud), en Nouvelle-Guinée et dans certains archipels du Pacifique sud dont la Nouvelle Calédonie (épidémie en 1979-1980).
Le virus Barmah Forest est un virus australien proche du Ross River.
Lors de l’infection à virus Ross River, une polyarthrite aiguë peut dominer le tableau clinique, voire même précéder la fièvre, laquelle peut être absente. Cette polyarthrite peut se prolonger sur le mode subaigu pendant plusieurs semaines ou mois, évoluant par poussées peu inflammatoires et bien contrôlées par les antalgiques.


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