» MOELLE EPINIERE-NERFS CRANIENS Poliomyélite

Poliomyélite


La Poliomyélite : Son nom vient de 2 mots grecs : " polios ", = gris et " myelos ",= moelle. (infection virale très contagieuse des motoneurones de la substance grise de la corne antérieure de la moelle épinière). Les cas de poliomyélite ont diminué de plus 99% entre 1998 (350 000 cas, selon les estimations) et 2006 (1997 cas déclarés). Cette réduction est le résultat de l'effort mondial d'éradication de la maladie. En 2008, il ne restait plus au monde que 4 pays d'endémie (Afghanistan, Inde, Nigéria, Pakistan), alors qu'ils étaient 125 en 1988. Néanmoins entre 2003 et 2005, 25 pays exempts de la maladie ont été réinfectés suite à une importation du virus. En outre, des épidémies de poliomyélite d'un nouveau type ont été recensées dans différentes régions du monde : Egypte en 1988-1993, Philippines en 2001, Hispaniola (St. Domingue / Haïti) en 2000-2001 et Madagascar de 2002 à 2005, ainsi qu'en Chine (2004) et au Laos (2004-2005). Ces épidémies ont été causées par des virus recombinants entre souches de poliovirus vaccinal et d'autres entérovirus non identifiés. Ces problèmes tendent à retarder considérablement les échéances finales des campagnes de vaccination à savoir la disparition des souches de poliovirus sauvage et, si toutefois cela s'avère possible, l'arrêt de la vaccination.
Virus et transmission : Le virus de la poliomyélite est 1 picornavirus tel les rhinovirus (agents du rhume), du genre entérovirus, avec 3 sérotypes (1, 2 et 3). Les virus de sérotype 1 sont les virus le plus souvent isolés dans les cas de paralysie.Il se multiplie dans la muqueuse pharyngée et l'intestin grêle et on peut le retrouver dans la gorge et les selles. Sa transmission est exclusivement interhumaine et s'effectue par voie féco-orale en particulier par l'intermédiaire d'eau souillée, d'aérosols ou d'aliments contaminés par les selles. Les personnes infectées peuvent transmettre l'infection tant que le virus persiste dans la gorge (une semaine) et dans les excréments (3 à 6 semaines, ou même davantage).Le virus pénètre dans l'organisme par la bouche et, passant par les muqueuses de la gorge ou les muqueuses intestinales, il se multiplie dans les ganglions lymphatiques cervicaux ou mésentériques. Chez 1 à 2% des sujets infectés, le virus atteint, probablement par voie sanguine, les neurones moteurs de la corne antérieure de la moelle épinière, dont la destruction est responsable des formes de paralysie flasque. Il est généralement admis que la mort des motoneurones est une conséquence directe de la réplication virale.
Clinique : Les symptômes initiaux sont : fièvre, fatigue, céphalées, vomissements, raideur de la nuque et douleurs dans les membres. Une paralysie irréversible (des jambes en général) survient dans un cas sur 200. Entre 5 à 10% des malades paralysés meurent lorsque leurs muscles respiratoires cessent de fonctionner. Chez les patients qui survivent, on peut observer des paralysies résiduelles occasionnant des handicaps avec des atteintes de degrés très variables. Celles-ci vont de paralysies mineures à des paralysies handicapantes nécessitant une assistance respiratoire. Certains anciens malades développent, plusieurs décennies après la poliomyélite aigü, un syndrome " post-polio " avec de nouveaux déficits progressant lentement. Les causes exactes du développement de ce syndrome ne sont pas actuellement bien définies. Il pourrait être dû à la persistance du virus chez certains patients.
Personnes les plus exposées : enfants de moins de cinq ans.
Diagnostic : La forme paralytique typique est de diagnostic clinique. Les formes non spécifiques, à type de paralysie faciale isolée, de méningite à liquide clair, de syndrome de Guillain-Barré ou de simple état grippal nécessitent un diagnostic de laboratoire : isolement de poliovirus dans les selles sur 2 prélèvements successifs à 2 jours d’intervalle ; sérologie polio sur un prélèvement de sang initial, suivi d’un second 1 à 2 semaines plus tard. Le laboratoire doit être équipé pour la biologie moléculaire : la PCR différencie virus sauvages et virus vaccinaux.
Histologie : poliomyélite aiguë
Syndrome Post-Polio  : Peut survenir entre 10 et 40 ans après la première attaque de poliomyélite. Affaiblissement supplémentaire des muscles déjà touchés +/- atrophie. Souvent douleurs articulaires et déformations squelettiques (scoliose). L’atteinte peut être minime à sévère pouvant imiter une sclérose amyotrophique latérale
En l'absence de traitement, la prévention est la seule option. L'administration du vaccin antipoliomyélitique à plusieurs reprises confère à l'enfant une protection à vie.
Il existe à l'heure actuelle 2 types de vaccins :un Vaccin Poliomyélitique Inactivé Injectable (VPI) développé par Jonas Salk, contenant les 3 sérotypes de virus inactivés et qui induit une protection due à une bonne immunité générale. Ce vaccin nécessitant plusieurs injections, il doit être utilisé dans des conditions d'asepsie contrôlées. De plus, son coà»t limite sa diffusion aux pays les plus développés.
- un Vaccin Poliomyélitique Oral (VPO) développé par Albert Sabin, contenant les trois sérotypes de virus vivants, atténués à la suite de mutations. Ce vaccin possède de multiples avantages ce qui explique qu'il ait été jusqu'à maintenant l'outil privilégié du programme d'éradication : il est facile à utiliser car il ne nécessite pas d'injection, il confère rapidement une bonne immunité générale et une immunité locale au niveau de l'intestin, réduisant par conséquent la transmission du poliovirus sauvage. Ce vaccin est de plus d'un coà»t très abordable. Ses principaux inconvénients sont sa mauvaise conservation aux températures ambiantes et l'existence de cas extrêmement rares de " poliomyélite paralytique associée au vaccin " apparaissant quelques jours après la vaccination chez les sujets vaccinés ou leurs proches non vaccinés.


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