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DOPAGE ET SPORT


Titre : Dopage
Obligations en matière de lutte contre le dopage Le rôle du médecin en matière de lutte contre le dopage a été fixé par les lois du 23 mars 1999 et du 5 avril 2006 relatives à la protection de la santé des sportifs et à la lutte contre le dopage. "Le médecin qui est amené à déceler des signes évoquant une pratique de dopage est tenu de refuser la délivrance d'un des certificats médicaux définis aux articles L. 231-2 et L. 231-3", donc obligation de ne pas délivrer ces certificats médicaux d'absence de contre-indication à la pratique du sport ou à la compétition. Le médecin de par la loi a un rôle d'information et de conseil du patient (lui indiquer les risques encourus, tenter de le convaincre d'arrêter de se doper et lui indiquer les structures en mesure de l'aider à se soigner). Il peut également lui délivrer les soins nécessaires et lui prescrire des examens adéquats. Le médecin doit mentionner dans le dossier médical du patient les informations délivrées à ce dernier en ce sens.
Le médecin doit indiquer à son patient qu'il est tenu par la loi de transmettre à l'antenne médicale de prévention du dopage ses constatations concernant la suspicion de dopage de son patient. Il convient de mentionner que cette information a été délivrée au patient dans le dossier médical de ce dernier.
Le médecin qui ne respecterait pas l'obligation ci-dessus mentionnée de transmission de ses constatations encourt des sanctions disciplinaires devant les instances compétentes de l'Ordre des médecins (article L. 232-4 du Code du sport).
Le dopage consiste à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux pour d'augmenter artificiellement ses capacités physiques ou mentales.
La définition du dopage n'est pas évidente, en effet : la consommation de stimulants comme le café, le thé, la feuille de coca, etc. est une tradition générale. Les instances sportives, et plus tard les législateurs dans certains pays, ont établit des listes de produits et de techniques médicales interdites. Plusieurs notions interviennent dans le dopage :
La triche : le sportif fausse le résultat de la compétition à l'encontre de l'image courante du sport, une compétition à armes égales où « le meilleur gagne » ;
Le sportif dopé utilise des produits dangereux pour son intégrité physique ou mentale
Il existe une liste de substances interdites référencées par le code mondial antidopage, adopté le 5 mars 2003 à Copenhague. Au sens strict, le dopage consiste donc à consommer un produit présent sur cette liste (ou bien une substance apparentée). Dans un sens plus large, on parlera de conduite dopante lorsque l'on consomme un produit dans le but d'améliorer ses performances même si ce produit ne fait pas partie de la liste des produits dopants, comme la créatine.
Définition du dopage (loi du 23mars 1999)
 : Il est interdit à toute personne, au cours des compétitions et manifestations sportives organisées ou agréées par des fédérations sportives ou en vue d'y participer :
- d'utiliser des substances et procédés de nature à modifier artificiellement les capacités ou à masquer l'emploi de substances ou procédés ayant cette propriété ;
- de recourir à ceux de ces substances ou procédés dont l'utilisation est soumise à des conditions restrictives lorsque ces conditions ne sont pas remplies.
Les substances et procédés visés au présent article sont déterminés par un arrêté conjoint du ministre chargé des sports et du ministre chargé de la santé.
Facteurs favorisants : La promotion de l’image des produits dopants, 
les habitudes de consommation et la permissivité pharmacologique de la société
Le manque d’investissement diversifié
L’isolement du sportif
La pression familiale ou à l’inverse le désintéressement familial
La médicalisation des structures sportives
Les enjeux économiques et la notoriété
La surcharge du calendrier sportif
L’intensification des charges d’entraînement
Les effets du stress, du surentraînement et l’absence de préparation à l’échec sportif
Le but du dopage : augmenter la force par des anabolisants, bêta2 agonistes, hormone de croissance, gonadotrophine chorionique
Augmenter l'endurance par des anabolisants, EPO, dopage sanguin
Augmenter l'agressivité avec des amphétamines, éphédrine, caféine, cocaïne
Diminuer la douleur et la sensation de fatigue avec corticoïdes, narcotiques
Diminuer le stress avec bêtabloquants, cannabinoïdes, alcool
Diminuer le poids dans les sports à catégories de poids (boxe, haltérophilie, aviron) ou masquer des produits interdits : diurétiques, ils permettent de diminuer la concentration des produits dopants détectés dans les urines. Mais leur usage n'est pas sans risque : problèmes cardiaques, rénaux, déshydratation, crampes. Le probénécide, utilisé en thérapeutique comme urico-éliminateur, favorise l'élimination de nombreuses substances. La Ventoline ® (salbutamol), outre ses vertus dopantes, masque les amphétamines. Le Propecia (anticalvitie), sert également à masquer la prise de stéroïdes.
 
Historique Le dopage est une pratique ancienne. Le premier cas moderne avéré remonte à 1865 : des nageurs à Amsterdam. À la même époque, le vin Mariani était conseillé aux sportifs. Il était « aromatisé » avec des feuilles de coca. Le premier mort à cause du dopage le fut en 1896.
Le dopage s'est professionnalisé et généralisé dans certains sports à la fin des années 1950 et au début des années 1960 avec les sympathicomimétiques, l'hormone de croissance, ou les corticoïdes, puis à partir des années 1980, avec l'EPO et de nouvelles hormones, anabolisants et produits masquant indétectables disponibles sur le marché.
Suite au décès de Knud Enemark Jensen aux JO de Rome en 1960, la fédération internationale de cyclisme effectua des contrôles officieux sur les cyclistes sélectionnés aux Jeux de Tokyo en 1964. Ces résultats ne furent jamais divulgués mais, à Mexico, lors des Jeux Olympiques d'été de 1968 le CIO officialise les contrôles anti-dopage et oblige les femmes à se soumettre à des tests de féminité. Pour éviter les contrôles positifs aux JO de Montréal, les Soviétiques installent sur le Saint-Laurent, un bateau laboratoire, dont l'objectif était de vérifier les échantillons d'urine des sportifs soviétiques avant de les engager dans les compétitions. Il faudra attendre 1989, pour que le CIO mette en place les contrôles inopinés. Le faible pourcentage de sportifs contrôlés positifs montre les limites des contrôles et la possibilité d'utiliser des produits masquants. Les hormones de croissance ne sont pas détectées dans les tests de contrôle anti-dopage actuels(2007).
En 1998, un scandale (affaire Festina) éclabousse le Tour de France. Le soigneur de l'équipe cycliste Festina Willy Voet, à laquelle appartient Richard Virenque est interpellé à la frontière en possession de 500 doses de produits dopants et stupéfiants dont 235 ampoules d'EPO. Bruno Roussel, directeur sportif de l'équipe, avoue l'existence d'une « gestion concertée de l'approvisionnement des coureurs en produits dopants ». Le grand public découvre alors l'étendue de ces pratiques dopantes.
Plusieurs affaires de dopage suivront notamment en Italie avec le Blitz du Giro 2001, le procès de la Juventus, le procès du docteur Michele Ferrari (conseiller médical et ami de Lance Armstrong) ou l'affaire des veuves du Calcio et aux États-Unis avec l'affaire Balco (voir Tim Montgomery).
Il est maintenant quasiment prouvé (2005) que Lance Armstrong était sous EPO en 1999 (étude rétrospective d'urines).
Aujourd'hui, associé aux contrôles inopinés, le suivi longitudinal des sportifs semble être l'arme la plus efficace pour lutter contre le dopage et ses pratiques masquantes, puisqu'il permet non plus de détecter les produits dopants, mais une modification anormale de la physiologie du sportif.
Dopage d'État : L'ouverture des archives de la Stasi, révèle que la RDA avait monté un vaste programme de dopage de ses sportifs (injections de testostérone et d'anabolisants, y compris chez des enfants).
Le Comité olympique américain a reconnu en 2003 que, depuis les années 80, 24 athlètes ont gagné des médailles olympiques après un contrôle positif sans suite (et 9 contrôles positifs disparus lors des Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles).
Dans les années 1990, les résultats des Chinois en natation surprennent. Une trentaine de nageurs chinois furent contrôlés positifs. La découverte, le 8 janvier 1998, par les douanes australiennes, de somatotropine (hormone de croissance indétectable) dans les bagages de la nageuse Yuan Yuan renforce les doutes sur un possible nouveau dopage d'État en Chine.
Le Code mondial antidopage révisé, officiellement adopté en clôture de la Conférence de Madrid le 17 novembre 2007, prévoit la possibilité d’infliger des sanctions financières aux sportifs dopés. Chaque fédération internationale ou organisation nationale antidopage pourra, au terme de l’article 10.12 du nouveau Code, intégrer dans son règlement la possibilité d’infliger de telles sanctions et leurs modalités. Ces amendes ne pourront en aucun cas réduire une période de suspension ou une autre sanction (annulation de résultat).
Nouveauté jurisprudentielle, un tribunal américain a condamné pour la première fois une sportive à 6 mois de prison ferme, non pas directement pour son dopage illicite, mais pour parjure durant l'enquête dans l'affaire Balco, ainsi qu'au remboursement de 800000 $ de primes à l'AAF.
 
Procédés interdits
- Dopage sanguin : administration à un athlète de sang, de globules rouges ou de transporteurs artificiels d’oxygène ou de produits sanguins apparentés avec des risques infectieux liés à la transfusion. La transfusion homologue consiste à transfuser le sang d'un donneur au groupe sanguin et rhésus compatibles. Cette méthode est facilement détectable. La transfusion autologue nécessite un appareillage lourd car il faut passer le sang dans une centrifugeuse afin d'éliminer le sérum du sang exploitable. L'hémoglobine animale modifiée commercialisée depuis 1998 n'augmente pas l'hématocrite et fonctionne dès l'absorption sans augmenter la viscosité du sang, mais risque d'œdème pulmonaire ou cérébral et d'hémorragies graves.
- Manipulation pharmacologique, chimique et physique : Les biotechnologies ont facilité le dopage « efficace » et « indétectable »
Produits disponibles sur le net
Risque médical du ‘Ma Huang’ = Ephedra : l'éphédrine provoqueSystème nerveux central (Tremblements, Insomnie, Amaigrissement, anorexie), Cardiovasculaire (HTA, hémorragies,Arythmie, mort subite), Dérèglement de la thermorégulation (Coup de chaleur, collapsus cardiovasculaire), Psychose paranoïde
Usage suggéré par les « dealers » :–2 à 4 tablettes de 333 mg, 30 minutes avant la compétition,
Le Guarana : arbrisseau sarmenteux, grimpant, dont le fruit est une capsule membraneuse à trois loges qui contiennent chacune une graine ovale, très riche en caféine (4%). Il entre dans la composition de préparations contre l'obésité, la fatigue et est recherché en fait pour les effets de la caféine
La caféine : est, comme la morphine, un alcaloïde, c'est à dire un composé tiré d'un végétal. On en trouve dans le café, le thé, ainsi que dans de nombreuses boissons rafraîchissantes à base de noix de cola, un peu dans le cacao et surtout dans de nombreux médicaments
La réglementation antidopage est changeante, autrefois on était considéré non dopé à une concentration urinaire < 12 mg/ml (3 tasses de Robusta). Or une concentration urinaire de 8 mg/ml correspond à une prise de 4 à 6 mg/kg et à 14 mg/ml à une dose de 1000 mg (10 tasses d’Arabica ou 5 de Robusta). Intoxication à la caféine si dose >600mg/j
NB : Une tasse de "Robusta" en contient en moyenne 100 à 120 mg, rapidement absorbés avec concentration sérique maximale après une heure, avant de passer dans l'urine. Le café "Arabica" en contient à peu près deux fois moins que le "Robusta". En ce qui concerne le thé, il faut savoir qu'un thé léger contient autant de caféine qu'un thé fort, si le temps d'infusion a dépassé les 3 minutes. Une tasse moyenne en contient à peu près 80 milligrammes, ce qui est équivalent à 3 /4 de tasse de "Robusta", 8 tasses de cacao et à un peu moins d'un litre de certaines boissons au cola. Il y a tellement de marques différentes de cafés et de thés, avec des mélanges de plusieurs origines, et tellement de boissons différentes, que celui qui veut faire de la compétition doit contrôler sur sachets, flacons et bouteilles ce qu'il peut absorber sans risquer de dépasser les fatidiques 12 mg/ml d'urine avant ou après l'effort. Les boissons au cola indiquent bien sur le flacon "caféine", mais n'informent pas toujours l'utilisateur sur la concentration. Le Coca-Cola est à peu près à 120 mg par litre, mais son absorption est plus lente que la caféine du thé et du café. Il existe maintenant des boissons à base de cola décaféiné. De nombreux médicaments prescrits pour stimuler la respiration (analeptiques respiratoires), pour traiter la migraine (anti-migraineux), faire baisser la température et diminuer la sensibilité à la douleur ou tout simplement pour lutter contre la fatigue, peuvent contenir des doses assez importantes de caféine. Pour certains on arrive à 50,70, et même 91,5 mg par comprimé.
Elle augmente la vigilance et l'endurance, accélère la fréquence cardiaque, dilate les bronches, surtout chez des sportifs entraînés. Elle pourrait faciliter l'utilisation des graisses comme source d'énergie musculaire, permettant ainsi d'économiser les sucres. Elle rend irritable, possibilité de tremblements, d'insomnies, de pertes de mémoire est diurétique avec risque de déshydratation sur effort de longue durée.
 
 
Il existe une contamination des suppléments alimentaires par les prohormones (vitamines, sels minéraux, créatine, carnitine, BCAA, glutamine, guarana), dans une étude de Février 2001 sur 153 produits analysés de toute origine, 10% contaminés par des prohormones de la nandrolone), os suppose actuellement, que 20% des produits sont contaminés. Donc risque d’être considéré dopé sans aucune intention de triche.
Risque des anabolisants  Les anabolisants accroissent la masse musculaire avec la musculation, mais sont sans effet sur la VO2 max, effets secondaires hépatiques (péliose, Beaucoup de tumeurs développées dans ce contexte correspondent à des adénomes, certains, correspondent cependant à de véritables hépatocarcinomes, ictère) , risque de cancers du rein, prostate. Risque cardiovasculaire : risque athérogène avec perturbation du bilan lipidique, thromboses, hypertrophie cardiaque concentrique.
Troubles psychiques : psychoses, dépression, agressivité, diminution de la libidio, humeur changeante)
Risques su la reproduction (diminution de la fertilité chez l’homme et la femme avec oligospermie, azoospermie, chez la femme, diminution de LH et FSH, oestrogènes, progestérone ; inhibition de la folliculogenèse et de l’ovulation ; prolongation de la phase folliculaire, raccourcissement de la phase lutéale et aménorrhée), risque d’hypogonadisme, de virilisation des jeunes et femmes +/- hirsutisme, clitoromégalie et voix de basse ; acné ; calvitie temporale, alopécie.
Risque également d’ataxie, soudure prémature des épiphyses.
Des cas de dépendance psychique et physiques avec syndrome de sevrage ont été décrits. Le déséquilibre musculo-tendineux, augmente les acccidents tendineux (Tendinites, ruptures tendineuses)
 
Risques de l’hormone de croissance : Indiquée si nanisme par déficit en GH, entraîne un gigantisme si usage prépubertaire. Elles permettent de modifier la morphologie du sportif dans les disciplines où la taille est déterminante (basket-ball et volley-ball pour les sportifs de grande taille et cyclisme et haltérophilie pour ceux de petite taille).
Effets métaboliques : Insulinorésistance (diabète), perturbations lipidiques ( triglycéridémie). Chez l’adulte : acromégalie (voir adénome à hormone de croissance)
Risque accru de cancer digestif (colon, rectum), de la prostate, du sein
Risque cardiovasculaire par HTA (par hypervolémie), cardiomyopathie, pathologie coronaire
 
Risques de l’érythropoïétine : L'EPO est une glycoprotéine produite par le rein via l’hypoxie (90 %) et le foie (10 %), ce facteur de croissance hématopoïétique accélère la production de GR, de plus grande taille avec 1 bagage enzymatique plus riche, favorisant la diffusibilité de l'oxygène au niveau tissulaire.
Détection sanguine : un profil biologique sanguin permet de suspecter la prise d'EPO, il fait appel à 5 paramètres : l'hémoglobinémie, l'hématocrite, les réticulocytes, l'EPO, les récepteurs solubles à la trans-ferrine (sTfR).
Détection urinaire : elle permet de détecter l'EPO de synthèse.
Elle es indiquée dans le traitement de l’insuffisance rénale et certaines anémie (prématurés, chimiothérapie, VIH)
Risques lors du dopage : hyperviscosité sanguine avec thrombose (accident ischémique cardiaque ou du SNC, embolie cérébrale, pulmonaire) et surcharge volémique chronique et risque d’insuffisance cardiaque
 
Risques des corticoïde : Appareil locomoteur : fragilisation tendinomusculaire avec déséquilibre musculo-tendineux, ostéoporose
Psychisme : euphorie, insomnie, prise de risques inconsidérés, troubles psychiques (dépressions, suicides) et dépendance.
Cardiovasculaire : HTA, Troubles du rythme,
Endocrinologie : diabète, dyslipidémies (TG), redistribution des graisses (faciès Cushingoïde, obésité tronculaire, buffalo neck,….)
Ulcères, vergetures atrophie cutanée, ostéoporose/ostéomalacie, amyotrophie
Dépression immunitaire avec épisodes infectieux répétés
L’usage régulier et prolongé entraîne une rétroaction négative sur la boucle de régulation ACTH - cortisol, avec mise au repos de la glande cortico-surrénale et risque d’insuffisance cortico-surrénalienne
 
Les Psychotropes : substances interdites, l’alcool qui est strictement interdite dans les sports de tirs (effet anti-tremblement). NB  : L'alcool est délétère en termes psychomoteurs (temps de réaction, coordination main-œil, équilibre et coordination complexe), mais sans effet métabolique ou physiologique (VO2 max), il perturbe la régulation thermique en milieu froid et réduit l’endurance avec risque d’hypoglycémie (donc à priori très mauvais dopant !). Il est interdit dans certains sports voir ci-dessous
 
Rappel sur la classification pharmacologique : Les drogues (psychotropes avec effets dangereux sans propriétés ou sécurité suffisante pour être reconnus comme médicament) sont classées en : Hallucinogènes, Enivrants, Tranquillisants, Stupéfiants, Excitants
Hallucinogènes : LSD, Cannabis à forte dose, extraits de plantes ± exotiques (psylocybine, Ibogaïne, Mescaline, Belladone), par nature ils induisent des hallucinations visuelles, sonores, ± psychédéliques souvent angoissantes et monstrueuses
Enivrants : Alcool (voir ci-dessus), éther, solvants volatils, Cannabis (haschisch peu dosé).
Cannabis : fréquemment détectée lors de contrôles antidopage. Sa consommation même dans un cadre ludique est interdite. Le Code Antidopage du CIO le considère comme antidouleur et myorelaxant même si les bénéfices sur les capacités physiques sont nuls. Il libère la libido, lutte contre le stress et l’anxiété avant, pendant et après la compétition, modifie les perceptions sensorielles.
Risques liés à l’utilisation : baisse de la vigilance, accoutumance, effets pulmonaires, sensibilité aux maladies infectieuses, problèmes vasculaires graves, troubles psychiques (dépression et schizophrénie)
Les enivrants sont très employés (espaces festifs type « Rave Parties »), stimulants physiques et psychiques empathiques, avec sédation, anxiolyse ; danger des associations. Ils sont dangereux soit par surdose (coma), soit par les risques qu’ils font prendre par anosognosie (accidents de la voie publique, chutes d’un lieu élevé, usage d’armes,…). Risque de dépendance/addiction, y compris le cannabis (stockage dans les lipides cérébraux +++).
La toxicité chronique est mal connue (sauf pour l’alcool) : toxicité cumulative ? Fragilisation de l’hippocampe ? Atrophie tardive ?
Excitants : cocaïne, amphétamine et autres dérivés des phényls-Ethyl- Amines telle l’ecstasy, pour maîtriser le rythme veille-sommeil (Paris-Dakar, course de voile en solitaire…). Ils peuvent être associés aux benzodiazépines pour faciliter le sommeil après l'épreuve. Ils peuvent induire un recours aux opiacés ;
La dépendance à la cocaïne est forte et même immédiate en cas d’usage de cocaïne base (forme fumée) risques d’accidents CV dont des AVC
Les amphétaminiques exposent aux accidents cardiaques (troubles du rythme mort subite), aux convulsions, à l’hyperthermie maligne
Tranquillisants et somnifères : benzodiazépines (Triazolam (Halcion), Zopiclone (Imovane), et Zolpidem (Stilnox)), neuroleptiques sédatifs (ex. Nozinan®), carbamates (ex. Equanil®). La différence entre tranquillisants et hypnotiques est liée à la pharmacocinétique (latence d’effet et vitesse d’élimination) On rattache à cette famille les drogues et médicaments qui entraînent des soumissions chimiques (Hypnovel et apparentés, Kétamine)
Stupéfiants, narcotiques et autres psychotropes interdits, car responsables d’addictions majeures (Héroïne, morphine, crack, LSD) et/ou criminalité et trafic, les risques sont accrus chez les jeunes adolescents en particulier après usage précoce et intense de tabac, cannabis et alcool. NB les opiacés faibles (codéine, dextropropoxyphène) et les agonistes partiels type Buprénorphine ou nalbuphine n’induisent pas d’apnée mortelle en prise unique et isolée mais l’association à des hypnotiques par voie IV entraînent les mêmes risques que morphine ou Heroïne IV
L’ecstasy ou MDMA ou 3,4-méthylène-dioxy-méthamphétamine : Produit de synthèse, psychostimulant illicite vendu massivement
Pharmacodynamique : augmente la neurotransmission des principales amines du cerveau sérotonine (5HT), dopamine (DA) et noradrénaline (NA).
Sources de variabilité de la réponse : comprimés fortement dosés : 130 mg = dose minimale létale et susceptibilité individuelle avec des morts subites par troubles du rythme cardiaque et/ou convulsions
Toxicité  : syndrome d’hyperthermie avec convulsions généralisées, troubles du rythme cardiaque potentiellement mortels, AVC avec ou sans convulsions, signes rénaux secondaires à la rhabdomyolyse : insuffisance rénale aiguë
 
Le Gamma Hydroxy-Butyrate (GHB), aussi appelé « drogue du violeur », est un anesthésique sédatif potentialisateur des analgésiques de demi-vie courte 5 min. d’où un réveil rapide après chirurgie mais utilisable à des fins criminelles (viols, vols) avec effets rapides de sédation et de désinhibition.
Effets indésirables : au décours de ce sommeil incomplet amnésie lacunaire.
Si suspicion médico-légale alerter les services médico-judiciaires et faire des examens toxicologiques.
Le GHB disparaît du sang en 5 heures et des urines en 10 h, donc prélèvement toxicologique urgent ou mèche de cheveu a posteriori (21 j).
 
Les bêtamimétiques sont très utilisés dans tous les sports  : environ 70 % des sportifs des JO de Lillehammer, en 1994, avaient un certificat médical qui les autorisait à prendre ce médicament afin de soigner leur asthme ainsi que 87 % des sprinteurs aux JO d’Atlanta, alors qu’il n’y a que 2,7 % d’asthmatiques dans la population globale ; on retrouve les mêmes proportions dans de nombreux autres sports, dont le cyclisme. Elle permet d'améliorer le passage de l'oxygène dans le sang, et donc d'en apporter plus aux muscles.
 
En pratique sont interdits en permanence : Anabolisants, Stéroïdes anabolisants androgènes, Autres anabolisants (clembutérol…), Hormones et apparentées : EPO, GH, IGF-1, Gonadotrophines, Insuline, bêta2-agonistes (sauf AUT, dose < 1000ng/ml), diurétiques et agents masquants, amélioration du transport d’oxygène, manipulations physiques ou chimiques, dopage génétique
Sont interdits en compétition : Stimulants : éphédrine < 10µg/ml, pseudoéphédrine, caféine : sous surveillance, Narcotiques, Cannabinoïdes, Glucocorticoïdes par voie générale : Autres : AUT, Applications locales (peau, nez, œil, oreille, bouche : autorisé
Alcool : Automobile, boules, Karaté, Pentathlon (si tir), tir à l’arc : < 0.10 g/l, Aéronautique, billard < 0.20 g/l, Motonautique < 0.30 g/l
Bêtabloquants : Aéronautique, automobile, billard, bobsleigh, boules bridge, curling, échecs, gymnastique, lutte, motocyclisme, Pentathlon (si tir), quilles, ski (saut, freestyle, halfpipe, snowboard), tir, tir à l’arc, voile
 
NB : La créatine n'a pas d’effet anabolisant ; et n'est pas un produit dopant, elle est en vente libre et augmente la force musculaire de manière temporaire ; mais n’augmente pas la masse musculaire ; souvent utilisé pour dissimuler une prise d'anabolisants et justifier une augmentation suspecte de masse musculaire 
NB : la grossesse a même été une méthode utilisée par les gymnastes soviétiques et les nageuses est-allemandes pour bénéficier du climat hormonal du début de grossesse (elles subissaient une IVG après l'épreuve). En début de grossesse, il existe également une augmentation de la masse sanguine (augmentation proportionnelle de la quantité globale d'hémoglobine et de plasma sanguin) aboutissant à un meilleur transport d'oxygène par le sang sans modification de l'hématocrite.
 
La lutte contre le dopage repose sur la prévention donc une bonne information des acteurs, sportifs et encadrement avec un rôle de la surveillance médicale longitudinale
La Législation : Historique : début le 1er juin 1965 avec la Loi Mazeaud qui pénalisait les infractions à la prise de produits ou de substances considérées comme dopantes dans le sport.
La loi du 28 juin 1989 assouplit cette réglementation. La prise de tels produits par les sportifs ne fait plus l’objet que de sanctions sportives.
La loi du 23 mars 1999 relative à la santé des sportifs et à la lutte contre le dopage comporte deux aspects nouveaux : une surveillance complète de la santé des sportifs de haut niveau et renforcement de la lutte contre le dopage. Elle créée une autorité administrative indépendante, des nouvelles structures(antennes médicales de lutte contre le dopage), elle renforce les sanctions pénales à l’encontre des trafiquants et des pourvoyeurs.
Lieux d’information
Pour la basse Normandie : l’IRMS (siège : CHU de CAEN) ; Tél. 02 31 06 51 25
site de l’AMA (agence mondiale antidopage dont les missions sont les contrôles antidopage, la recherche, l’éducation,la réalisation du code mondial antidopage) : http://www.wada-ama.org/
site du CIO : http://www.olympic.org/
site du CNOSF : http://www.comite-olympique.asso.fr/ (comportant également une section : Fondation Sport Santé). Le CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français) représente les 90 fédérations sportives affiliées, regroupées en 4 collèges : 29 fédérations olympiques, 42 fédérations nationales sportives, 14 fédérations multisports ou affinitaires, 5 fédérations scolaires ou universitaires
site du CPLD : http://www.cpld.fr/
site du Vidal : http://www.vidalpro.net/
site de la MILDT : http://www.drogues.gouv.fr/
site de l’AFSSAPS : http://www.agmed.sante.gouv.fr/
site de l’AFSSA : http://www.afssa.fr/
 


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

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