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Alimentation et cancer


généralités
Facteurs augmentant le risque de cancers
L'usage du tabac : surtout sous forme de cigarettes, le tabac augmente la fréquence des cancers, surtout bronchopulmonaires, mais aussi des voies aériennes supérieurs et du larynx, du pharynx et de l’œsophage, de la vessie, sans doute du pancréas et même du col utérin. Cet effet cancérigène certain dépend en majeure partie des hydrocarbures aromatiques polycycliques mutagènes formés lors de la combustion, et sans doute aussi d’un effet promoteur de substances mal identifiées contenues dans la fumée.
alcool et cancer.
Relations entre alimentation et cancer dans une visée préventive.
Le nombre de nouveaux cas de cancers en France était estimé à 161000 chez les hommes et 117000 chez les femmes en 2000. Les localisations les plus fréquentes sont le sein chez la femme (42 000 cas), la prostate chez l’homme (40 000 cas), le colon et le rectum (36 250 cas) et le poumon (27 700 cas). La probabilité pour un français d’avoir un cancer au cours de sa vie est actuellement évaluée à 47% pour les hommes et 37% pour les femmes
S’il est difficile de mesurer le poids relatif des facteurs alimentaires dans le déterminisme des maladies, de nombreux arguments suggèrent qu’il est important. Il est estimé qu’il pourrait contribuer pour 30 à 40% des cancers chez les hommes, et 60% chez les femmes.
Régime occidental (riche en graisse / sucres / protéines / sel, pauvre en fibres et légumes) lié à la sédentarité, obésité, résistance à l’insuline, le tout associé à une inflammation chronique = DII = Diet inflammatory responses, avec augmentation sérique de : CRP, IL6, homocystéine et syndrome métabolique. Associé au cancer de la prostate, colorectal, pancréas, mortalité globale cardiovasculaire. Les aliments les plus sains sont végétaux (hormis les pommes de terre), produits lactés allégés, poisson, fruits (sauf le jus de fruits) et noix, avec effet protecteur des fruits et des légumes sur la plupart des cancers (surtout des VADS (oesophage, cavité buccale, larynx, pharynx), estomac, poumon, côlon-rectum, retrouvé dans 80% des 250 études au cours des 30 dernières années, le risque de cancer est X par 1.5 à 2 en cas de faible consommation vs consommation élevéeIl existe un effet protecteur des fruits et des légumes sur la plupart des cancers (surtout des VADS (oesophage, cavité buccale, larynx, pharynx), estomac, poumon, côlon-rectum, retrouvé dans 80% des 250 études au cours des 30 dernières années, le risque de cancer est X par 1.5 à 2 en cas de faible consommation vs consommation élevée. Ainsi la consommation de fruits et/ou légumes à 200 g/j réduit le risque de cancer de de 40 à 60% pour l’estomac, de 30% pour l’œsophage, de 80% pour le cancer de la bouche et du pharynx, de 20% pour le côlon-rectum (surtout les crucifères (choux, choux de Bruxelles, choux-fleurs, navets, brocolis) et les carottes, de 30% pour le poumon à 400 g/j.
Recommandations  : L’apport de fruits et de légumes devrait représenter 7% ou plus de l’apport énergétique total journalier (entre 400 et 800 grammes de fruits et légumes/j)
Dans le domaine de la nutrition, quatre points sont aujourd’hui considérés comme des certitudes en terme de réduction du risque de cancer : La consommation de fruits et légume, le surpoids et l’obésité, l’activité physique, la consommation d’alcool, la consommation de fruits et légumes
Surpoids et obésit&eacute :Surpoids et obésité : Actuellement, le surpoids concerne 26 à 32 % de la population et l’obésité 8 à 17 % des adultes. La prévalence du surpoids est plus élevée chez les hommes que chez les femmes alors que celle de l’obésité est identique pour les 2 sexes. La prévalence de l’obésité est inversement proportionnelle au niveau des revenus, en particulier chez les femmes à revenus modestes. La plupart des enfants obèses deviennent des adultes obèses. En 2007, la prévalence de la surcharge pondérale est de 14 à 17,5 % avec 11 à 14 % de surpoids et 3 à 3,5 % d’obésité chez les enfants en France (forte progression depuis le début des années 1990.
Surpoids/obésité et risque augmenté de cancers : Des études épidémiologiques montrent qu’un IMC = poids/taille²) > 25 kg/m², augmente le risque de cancer de l’endomètre (X2-3 si IMC > 35 kg/m² vs IMC entre 18,5 et 25 kg/m²), du sein après la ménopause (si obésité de type androïde (« abdominale ») avec ratio tour de taille / tour de hanches > 0,9), et du côlon.
Recommandations : Le risque de cancer est minoré si IMC entre 18,5 et 25 kg/m².
Impliqué dans 20% des cancers, surtout l’ adénocarcinome de l’œsophage (55%), endomètre (52% + HTA diabète, le tissu adipeux forme des œstrogènes, responsables d’un effet promoteur, par aromatisation de l’androsténedione sécrété par la surrénale), rein (31%), côlon-rectum (15%), pancréas (14%), sein (après la ménopause = 8%, diminution avant la ménopause) et vésicule biliaire. L’augmentation de risque par le surpoids et l’obésité est jugée convaincante pour les cancers de l’oesophage, de l’endomètre, du rein, du côlon-rectum, du pancréas et du sein après la ménopause. Elle est jugée probable pour le cancer de la vésicule biliaire. En 2001, il a été considéré qu’en France, environ 3 % des cancers chez l’homme et 6 % chez la femme étaient attribuables au surpoids et à l’obésité. L’obésité s’accompagne d’une inflammation de bas grade par activation chronique du système immun inné (adipokines (adiponectine et leptine), VEGF, hormones sexuelles, biotope intestinal, acides biliaires.
Une étude prospective américaine (900 000 adultes, 16 ans de suivi, 57 000 décès par cancers) a montré que les sujets qui ont un IMC > 25 kg/m² ont un risque relatif de mortalité par cancers significativement plus élevé que les sujets qui ont un IMC normal (augmentation de 52 % chez les hommes et de 62 % chez les femmes ayant un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m²).
Cancer du sein et obésité : l’utilisation régulière de NSAID réduit ce risque
Cancer colorectal et obésité : 11% des CCR avec risque accru de 30-70% (surtout si forme anfrogène (obésité abdominale),moins évident chez la femme), lié au syndrome métabolique, résistance à l’insuline et des modifications de cytokines adipocytaires.
Adénocarcinome oesophagien et obésité : l’obésité accroît le risque de reflux
Carcinome hépatocellulaire et obésité : augmentation de la stéatohépatite non alcoolique dans 75-100% des obèses.
Carcinome pancréatique et obésité (surtout androïde) : du fait d’une résistance à l’insuline et d’adipokine modifiées, ou par truchemenr d’une inflammation de bas grade, les eutres facteurs de risque sont : tabac, antécédents familiaux, inflammation chronique.
Diabète et cancer : mécanisme non connu on suppose rôle de l’hyperglycémie, résistance à l’insuline, adiposité androïde avec inflammation chronique

alcool :
Viandes rouges et charcuteries  : En 2006, la moyenne de consommation de viandes rouges chez les adultes en France est de 370 g / semaine (460 g (homme), versus 285 g / femme, pour 270 g / semaine de charcuterie (330 g / hommes et 215 g / femmes). Cette consommation carnée est plus élevée dans les catégories sociales modestes.
Cette consommation carnée est associée à une augmentation du risque de cancer colorectal (de 29 % par portion de 100 g quotidiens de viande rouge (augmenté de 24% pour une consommation de 120 g/j de viande rouge (1,12 pour l’ensemble des viandes et 1,36 pour les charcuteries, dans une autre étude)) et de 21 % par portion quotidienne de 50 g de charcuteries, risque présumé de cancer du pancréas.
La consommation excessive de charcuteries est un facteur de risque de survenue de cancers (cancer colorectal augmenté d’environ 30%, de l’estomac de 50 à 100% (charcuteries salées) et du pancréas dans les mêmes proportions). Recommandations : La consommation de viandes ne doit pas dépasser 10% de l’apport énergétique total (privilégier les viandes les plus maigres).
Mécanismes : rôle des graisses animales, apports de sels nitrites (charcuteries) ; composés N-nitrosés cancérogènes dans l’estomac et par les bactéries de la flore intestinale ; production de radicaux libres et de cytokines pro-inflammatoires par excès de fer héminique ; polymorphisme génétique des enzymes de métabolisation des amines hétérocycliques (les acétyleurs lents n’ont pas de risque majoré) liée à la cuisson à forte température.
NB : la consommation de poisson n’augmente pas le risque de cancer.
Elles contribuent au surpoids et à l’obésité.
Sel et aliments salés : moyenne d’ apports totaux en sel de 8,5 g / jour(9,9 g (homme) vs 7,1 g (femme)). Entre 1999 et 2007, les apports en sel de la population adulte diminué (réduction des forts consommateurs (>12 g / jour). En France, le pain (biscottes), charcuteries, plats composés, fromages, soupes et bouillons, pizzas, quiches et pâtisseries salées, sandwiches et viennoiseries représentent > 70 % des apports quotidiens. La consommation de sel augmente le risque de cancer du nasopharynx et de l’estomac (X1.5-3), lié aux nitrosamines. Mécanismes : altérations de la muqueuse gastrique (atrophie et métaplasie intestinale), synergie avec les composés N-nitrosés et l’infection par
Helicobacter pylori.
Recommandations : ne pas dépasser 8 g/j d’apport total en sel, consommation modérée d’aliments salés ou conservés par salaison. Le sel et les aliments conservés par salaison : augmentent significativement le risque de cancer du nasopharynx et de l’estomac (X1.5-3), lié aux nitrosamines. Recommandations : ne pas dépasser 8 g/j d’apport total en sel, consommation modérée d’aliments salés ou conservés par salaison.
Compléments alimentaires à base de bêta-carotène. Les Français ont des apports alimentaires en bêta-carotène en moyenne de 2,6 mg/ J. Les apports journaliers recommandés en bêta-carotène sont de 2,1 mg. De nombreux fruits et légumes contiennent du bêta-carotène, les besoins nutritionnels peuvent être aisément satisfaits par une alimentation variée et équilibrée.
La relation entre les compléments en bêta-carotène et le risque de cancers a fait l’objet de plusieurs études d’intervention. À fortes doses (20 à 30 mg/j), l’utilisation de compléments en bêta-carotène n’a pas d’effet protecteur sur le risque de divers cancers. Mais chez les sujets exposés à des cancérogènes tels que les fumeurs, la consommation au long cours de compléments en bêta-carotène à des doses non nutritionnelles (20 à 30 mg/j) augmente le risque de cancer du poumon. De plus, la supplémentation en bêta-carotène est associée à un risque plus élevé de mortalité, toutes causes confondues, contrairement à ce qui est observé avec la supplémentation à dose élevée en bêtacarotène, celui-ci a un effet protecteur, à des doses nutritionnelles : la consommation d’aliments contenant du bêtacarotène diminue le risque de cancer de l’oesophage.

Les apports en graisses : Il semble exister une relation alimentation riche en graisses et cancer de la prostate (les hommes avec entre 30 et 40% de leur apport énergétique sous forme de graisses ont un risque plus important de cancer prostatique (risque lié aux graisses saturées)).
Recommandations : L’apport en graisses ne doit pas dépasser 35% de l’apport énergétique total en réduisant les acides gras saturés, et en favorisant les mono-insaturés et poly-insaturés.
Les fibres alimentaires  : présumés protecteurs, aucune certitude n’existe concernant les bénéfices des fibres en prévention du cancer colorectal. Recommandations : un apport en fibres alimentaires > 20-35 g/j avec des céréales complètes (blé, orge, avoine, maïs, son), le pain complet, des légumes ou légumineuses (lentilles, haricots, fèves…) ou du riz complet, et des fruits (plutôt que leur jus).
La consommation de café : Les données existantes ne permettent pas d’incriminer la consommation de café dans le déterminisme des cancers, excepté pour celui de la vessie.
En terme de prévention des cancers, il n’existe aucun argument scientifique pour proposer la prise de suppléments en anti-oxydants, folates ou de phyto-oestrogènes sous forme médicamenteuse au long cours (en dehors d’indications médicales précises).
www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/nutrition/actions42_cancer.pdf

http://www.oncolor.org/referentiels/support/nutrition_acc.htm#Titre
Cancer du sein et régime alimentaire : un régime à DII élevé accroît le risque de cancer mammaire surtout en post-ménopause, en préménopause si ce régime chez l’adolescent, un bon régime de type Crétois (grains, légumes, fruits, huile d’olive, poisson frais, vin en faible quantité, peu de graiises aturées animales) protège grâce aux caroténoïdes, vitamine C, flavonoïdes, fibres, Mg et K.
Cancer colorectal et régime alimentaire : un régime à DII élevé accroît le risque de cancer colorectal, l’inflammation systémique accroît la résistance à l’insuline, si riche en viande rouge, taux élevé de composés N-nitroso, si riche en fibres et légumes, les antioxydants, micronutriments et temps de transit diminué protègent du cancer, ainsi qu’un meilleur équilibre du biotope intestinal.
Cancer oesophagien et régime alimentaire : Les boissons et aliments très chauds sont impliqués, facilitant la pénétration des carcinogènes du tabac + alcool dans la muqueuse, l’excès de sucres a été impliqué aussi alors que les fruits et légumes protègent.
Implication de mutations germinales chez les Asiatiques de : ADH1B*47Arg, si alcoolisme et allèle ALDH2*504Lys, génotypes ECRG1 Arg/Gln et Gln/Gln hétéro- ou homozygotes chez des Iraniens.
Cancer pulmonaire et régime alimentaire : un régime à DII élevé accroît le risque de cancer chez le fumeur, à l’opposé un régime riche en fibres et fruits avec du carotène réduit le risque.
Cancer prostatique et régime alimentaire : un régime à DII élevé accroît le risque de cancer prostatique dont la viande rouge, trop riche en graisses.Rôle protecteur ? Des isoflavones et thé vert.
Un régime à DII élevé accroît le risque de cancer de : ovaire, pancréas, estomac.
Des circonstances particulières interviennent dans certains cancers
Le cancer du pénis : exceptionnel chez tous les circoncis.
Le cancer du col utérin : sa fréquence augmente avec la précocité des rapports sexuels et le nombre des partenaires (MST et surtout papillomavirus).
Les cancers germinaux du testicule : d’incidence accrue en cas d'ectopie testiculaire (10% de ces cancers surviennent sur testicule ectopique).

L'objectif d'un support nutritionnel est de maintenir l'état nutritionnel tout au long du traitement du patient et/ou de corriger un état de dénutrition. L'apport de protéines et de calories répondant aux besoins est égal à : 1,3 à 1,5 fois la dépense énergétique de base soit 30 à 45 Kcal/kg/jour en moyenne, avec un rapport glucido-lipidique d'environ 70/30, 0,25 à 0,35 g d’azote/kg/jour soit 1,25 à 1,85 g de protides/kg/j, un apport hydrique de 40 ml/kg/j pour l'adulte, apport d’oligo-éléments et vitamines. La prise en charge nutritionnelle nécessite une évaluation régulière et un suivi nutritionnel et diététique pendant toute la durée du traitement. Cette prise en charge (PEC) est adaptée aux différentes étapes du traitement de la maladie cancéreuse :
SOR Savoir patient sur la nutrition entérale
Evaluation nutritionnelle(SOR)
L'évaluation clinique : La perte de poids (1) est significative si : >10% en 6 mois ou > 5% en 3 mois, IMC < 21 : chez le sujet âgé après 70 ans, dénutrition modérée, < 18,5 : dénutrition modérée, < 16 : dénutrition sévère
L'évaluation biologique tient compte du bilan ionique, des protides totaux (Albuminémie (significatif si < 30 g/l)), du bilan hépatique, NRI (Nutritionnal Risk Index ou Indice de BUZBY)
NRI = 1,519 x albumine (g/l) + 41,7 x (Poids actuel/Poids habituel), NRI ≥97,5 Pas de dénutrition, 83,5 < NRI < 97,5 dénutrition modérée, NRI ≤ 83,5 dénutrition sévère
le calcul d’indice de PINI (Pronostic Inflammatory and Nutritionnel Index)
PINI = orosomucoïde x C.Réactive Protéine / albumine x pré-albumine

Unités
Orosomucoïde
mg/ml
CRP
mg/l
Albumine
g/l
Pré-albumine
mg/l
Résultats
PINI < 1
patients non infectés non dénutris
PINI entre 1 et 10
patients à faible risque
PINI entre 11 et 20
patients à risque modéré
PINI entre 21 et 30
patients à haut risque de complications
PINI > 30
patients à risque vital

Catégorie A perte de poids < 5% ou > 5% mais avec reprise récente et amélioration de l’appétit, catégorie B, perte de poids entre 5 et 10% sans stabilisation ou reprise récente, avec diminution de prise alimentaire et fonte minime des graisses sous-cutanées, catégorie C, perte de poids constante > 10% avec fonte importante des graisses sous-cutanées et de la masse musculaire ainsi que d’œdèmes. Prise en charge nutritionelle et du risque de nutrition Nutrition orale (NO) : L'intervention précoce retarde voire prévient une dénutrition. Les menus seront diversifiés, adaptés à chaque individu, proposant un choix varié et de présentation soignée. Information du patient sur les effets du traitement et les possibilités de troubles nutritionnels, conseils d’une diététicienne et d’hygiène de vie, surveillance régulière du poids, soutien psychologique, compléments oraux (liquide ou en crème) sont des apports de protéines, ils sont pris en charge pour le patient cancéreux au titre de LPPR. Il est important d’en varier les arômes ou les textures voire les marques pour éviter la lassitude du patient. Nutrition artificielle (NA) : quand la voie orale est impossible ou insuffisante. Nutrition entérale (NE) : SOR préférée lorsque le tube digestif est viable (ni-occlusion, ni-limitation des capacités d'absorption). Débuter la NE à 100 ml/H à augmenter progressivement. Vérifier le volume résiduel gastrique au début. NE par sonde nasogastrique, gastrostomie. (per-endoscopique, radiologique chirurgicale) ou jéjunostomie.
Recommandations professionnelles pour la pratique des soins de l'ANAES (avril 2000) : Soins et surveillance des abords digestifs pour l'alimentation entérale chez l'adulte en hospitalisation et à domicile.
Les principales complications sont les régurgitations, l'inhalation et l'intolérance digestive. Nutrition entérale à domicile : Nutrition parentérale (NP) (SOR) : totale ou partielle, qui n'est indiquée que si l'alimentation orale et la nutrition entérale sont impossibles, insuffisantes ou contre-indiquées. Sa principale complication est le risque infectieux. Possibilités de nutrition à domicile (produits avec vignettes) Indications : chirurgie lourde chez patient dénutri et/ou avec jeûne prévisible > 7 j. C’est la seule technique qui permette un apport nutritif significatif sur une longue période. C'est la seule voie à utiliser chez un sujet dénutri. La voie périphérique, si le capital veineux le permet, ne peut être indiquée que sur quelques j chez un malade non dénutri qui ne peut bénéficier d'un apport oral ou entéral suffisant. Par voie centrale, pour des apports > 1200 Kcal/j. Cas particuliers Au cours de la chimiothérapie : conseils diététiques précoces adaptés aux troubles observés (nausées, vomissements, mucites, diarrhées, constipation). Prise en charge diététique des nausées et vomissements en éloignant les repas des séances de traitement (alimentation nocturne souvent mieux tolérée), alimentation fractionnée en 6 ou 8 collations réparties toutes les 2 heures au cours de la journée, entre les cures de chimiothérapies. Même en présence de ces troubles il est recommandé de continuer de manger car plus l’estomac est lesté, moins il rejette d’aliments. Les vomissements peuvent être déclenchés par la seule odeur ou la vue des aliments. Préconiser des repas froids, ne dégageant pas d’odeur et éviter les associations de couleurs vives (rouge/vert par exemple tomate/haricots verts). Sont à proscrire les aliments à goût fort (choux, poissons frits, viandes rouges ou marinées-perçus comme écœurants). Supprimer les aliments acides facilitant les vomissements tels que jus d’orange (surtout à jeun), vinaigrette, condiments…. Au petit déjeuner, supprimer le café au lait et les préparations riches en lait et les remplacer par un thé ou café léger accompagné d’un morceau de fromage type gruyère Toute stase dans l’estomac facilite les vomissements ; on élimine les grandes quantité de liquide (boire en petites quantités, lentement, réparties au cours de la journée), ainsi que tout aliment gras (charcuterie, friture, sauce, graisse cuite en général), tout excitant (café fort, alcool, épices..) aliment en gros morceaux insuffisamment mastiqués. Tous ces aliments (grande quantité, riche en graisse, fibres, morceaux, excitants) augmentent la stase et la fonction de brassage de l’estomac et facilitent les vomissements. Plus le bol alimentaire est homogène, plus la vidange gastrique s’effectuera rapidement. Les aliments seront de préférence lisses et épais pour lester l’estomac sans augmenter les fonctions de brassage, par exemple : semoule épaisse, purées de légumes, flan, potage épais, eau gélifiée, boissons épaissies, tapioca, adjonction d’épaississant. Chez certains patients les boissons à base de cola calment nausées et vomissements. En cas de nausées dues aux antalgiques, vérifier l'absence de constipation sévère ou de syndrome sub-occlusif. Dans l’affirmative donner une alimentation appropriée. Si les nausées sont induites par des troubles du goût ou les réflexes nauséeux déclenchés par une asialie, adapter l’alimentation pour corriger ces troubles Si les nausées sont induites par des troubles métaboliques, l’alimentation sera modifiée spécifiquement en fonction de ces troubles : Hypercalcémie : alimentation pauvre en calcium, sans lait, laitages, fromage ou glace. Le lait peut être remplacé par un lait infantile sans calcium (Locasol®) en cas de nécessité Hyperurémie : alimentation hypoprotidique Hyperglycémie : alimentation hypoglucidique Insuffisance hépatique/pancréatique : alimentation hypolipidique Il est recommandé d’être au repos, voire de s’étendre quelques instants après chaque prise alimentaire. Prise en charge diététique de la diarrhée, compenser la perte d’eau et de minéraux (risque de déshydratation) en buvant abondamment en petites quantités répétées souvent : bouillon de légumes salé, tisane, thé, eau minérale ou boisson à base de cola dégazéffié Consommer des aliments riches en pectines et mucilages : bouillon de carotte, décoction de riz, flocon d’avoine, tapioca, purée de carotte, riz, banane écrasée, pomme crue râpée, compote ou gelée de coing… Supprimer les légumes et fruits crus, fruits secs, légumes secs, légumes flatulents (petits pois, flageolets, choux, champignons, oignons…), légumes verts cuits (épinards, haricots verts, tomates, poireaux…) Supprimer boissons glacées et gazeuses. Remplacer le lait par du lait sans lactose, éviter les fromages frais et forts ainsi que les laitages et glaces. Supprimer les fritures, sauces, graisses cuites, charcuterie, mayonnaise, crème fraîche…. Remplacer le pain par des biscottes, supprimer pain et céréales complets En cas de constipation. Chez les patients sous vincristine : atteinte neurologique du péristaltisme intestinal avec douleurs abdominales coliques, constipation, iléus paralytique, voire syndrome occlusif, également sous antalgiques morphiniques ou opiacés à haute dose. Alimentation fractionnée, riche en fibres insolubles et en graisses et riche en eau : les fibres non hydratées sont irritantes mais non fonctionnelles (légumes verts et fruits crus ou cuits, fruits secs et oléagineux, pain et céréales complets accompagnés d’un même volume d’eau). Eviter les aliments constipants ou pauvres en résidus (carottes cuites, riz, tapioca, banane, coing…)

Prise en charge diététique de la mucite : pendant le traitement il peut apparaître une dysphagie, des aphtes, une mycose buccale, sècheresse buccale, salive épaisse. En cas de mycose buccale, mâcher de l’ananas nettoie les muqueuses, choisir des repas crémeux, onctueux, mixer les aliments et les mouiller avec du bouillon, de la sauce ou de la crème, éviter les aliments durs (croûtes de pain, aliments panés, fruits durs…) qui peuvent vous blesser la muqueuse, les aliments acides (salade, vinaigre, jus de fruits) qui agressent la muqueuse et les pommes de terre qui « collent » dans la gorge. Prendre bien soin de la bouche, des dents et gencives en effectuant les rinçages de bouche prescrits,
En cas de RTE : prévenir les déficits nutritionnels liés à une irradiation cervico-faciale (réduction de la prise alimentaire) ou liés à une irradiation abdomino-pelvienne (modification des fonctions digestives et d’absorption) par des conseils diététiques, compléments oraux et si insuffisant par nutrition entérale.
Certains traitements (chimiothérapie, RTE, antidépresseurs…) entraînent des troubles du goût, ce qui induit la baisse de consommation alimentaire voire l’anorexie. La dysgeusie peut être générale (toutes les saveurs sont affectées) ou ciblée sur une saveur (sucre, sel, acide ou amer). Elle peut être due à une production de salive de mauvaise qualité (épaisse ou ayant un mauvais goût) ou une hyposialie voire une asialie. En cas de dégoût alimentaire prononcé, les compléments alimentaires apportent des protéines et calories sous une forme qui ne rappelle pas les aliments.
En cas de déglutition difficile ou douloureuse on a recours à la nutrition entérale avant que la dénutrition ne s’installe (SOR). Soins de bouche fréquents (8 à 10 fois par jour) avec une solution adaptée. Une cuillère de crème fraîche, mayonnaise, beurre en début de repas, serviront de lubrifiant en remplacement de la salive, permettant d’avaler les aliments. Aliments mixés, crémeux, onctueux, mouillés avec du bouillon, de la sauce ou de la crème fraîche
Au cours des radio-chimiothérapies concomitantes : on propose une nutrition entérale précoce lors d’une radiothérapie cervico-faciale quel que soit l’état nutritionnel car la toxicité digestive de ces traitements est responsable d’une anorexie et d’une incapacité d’alimentation orale transitoire mais certaine, souvent supérieure à 2 mois.
Indication de GEP
Support nutritionnel chez les patients en cours de traitement
Alimentation des patients en phase palliative (SOR)
Nutrition en phase terminale
Protocoles et recettes
- Protocole d'alimentation entérale après gastrostomie percutanée
- Conseils diététiques : quelques exemples
- Ré-alimentation per os
- Hydratation pour les patients présentant des troubles de la déglutition
Compléments oraux (s’assurer de leur tolérance).
Surveillance : qui repose sur : la mesure régulière du poids, l'évaluation de l’amélioration des capacités fonctionnelles, recherche d’œdèmes et/ou d’ascite, ionogramme sanguin, albuminémie, pré-albuminémie, glycémie, la magnésémie, la triglycéridémie, les enzymes hépatiques.

http://www.e-cancer.fr/v1/fichiers/public/rapport_integral_oncogeriatrie_220609.pdf



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

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