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Ehrlichiose


L'ehrlichiose (anaplasmose granulocytaire humaine) est une maladie émergente. L'ehrlichiose granulocytique humaine, due à Anaplasma phagocytophilum et Ehrlichia chaffeensis, Ehrlichia ewingii n'a été reconnue qu'en 1995 (depuis > 5000 cas décrits). Les tiques qui transmettent ces infections (Ixodes ricinus en Europe, Ixodes scapularis aux USA) et qui transmettent également la Borréliose, ne sont pas le réservoir des bactéries, mais uniquement le vecteur. Sur le plan clinique, le tableau de l'ehrlichiose est peu spécifique. Après une période d'incubation de une à trois semaines (en moyenne huit jours), apparaissent en effet des manifestations peu évocatrices : fièvre (constante), syndrome pseudogrippal avec arthromyalgies, céphalées, sueurs. L'éruption cutanée est relativement rare. Le bilan biologique met en évidence une thrombopénie dans 83% des cas, une leucopénie chez 58% des patients et une anémie dans la moitié des cas (pancytopénie de consommation car moelle normale), dans 90%, augmentation des aminotransférases. L'ehrlichiose est parfois une maladie grave, hospitalisation dans 50%, souvent en soins intensifs avec mortalité de 0.5% (semble lié à un syndrome d'activation des macrophages qui explique l'anémie et thrombopénie (GR et plaquettes non infectés) et l'atteinte viscérale). Complications : choc septique, SDRA, coagulopathie et hémorragie, neuropathie et infections opportunistes responsables de la mortalité (oesophagite à Candida ou HSV, cryptococcose, aspergillose invasive pulmonaire (pas de contexte d'immunosuppression).
Les frottis montrent des cocci dans les PNN visibles au Giemsa sur frottis, beaucoup moins sur coupes histologiques, contrairement aux Rickettsioses (vascularite lymphohistiocytaire responsable de pétéchies cutanées et ischémie viscérale), infiltration de macrophages et lymphocytes avec parfois leuco-érythrophagocytose de la rate, ganglions, moelle osseuse, foie, infiltration minime/modérée interstitielle pulmonaire ou du foie par les lymphocytes / histiocytes avec parfois corps de Councilman.
NB : Les bactéries intracellulaires sont responsables d'infections à Neisseria, Chlamydia, Rickettsia, fièvre Q, Donovanose, Bartonellose.
En raison du manque de spécificité des caractéristiques cliniques de l'ehrlichiose, son diagnostic doit être évoqué systématiquement lorsqu'une fièvre apparaît après une morsure de tique, particulièrement en zone endémique pour la maladie de Lyme.
Diagnostic différentiel : multiples en clinique : syndromes viraux, infections respiratoires, urinaires, sepsis, choc toxique, méningococcémie, leptospirose, hépatite virale, entérovirus, grippe, typhus murin, fièvre Q / typhoïde, endocardite bactérienne, paludisme, dengue. Si piqûre de tique évoquer ehrlichiose, maladie de Lyme, fièvre boutonneuse des Rocheuses. Evoquer une maladie de Kawasaki chez l'enfant, connectivite voire leucémie. Si structures intracellulaires dans les PNN penser également à : granulations toxiques, corps de Döhle, thésaurismose, batonnets d'Auer rods, rarement des bactéries telles staphylocoques ou Neisseria spp, voire mycose ou parasites (Toxoplasmose).
Le diagnostic est sérologique et peut être réalisé au Centre National de Référence des rickettsioses à Marseille. Actuellement, le traitement recommandé est la doxycycline.
Voir en ligne : Tick-Borne Diseases, Ehrlichiosis › http://emedicine.medscape.com/article/782182-overview


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