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Autres formes d’appendicite


On peut retrouver, bien sûr dans l’appendice, des lésions telles qu’une tuberculose et une maladie de crohn, une RCUH, une typhoïde, actinomycose (Macroscopie : Histologie : #1 ; #2) ou des parasites parmi lesquels Parasites parmi lesquels l’oxyure est le plus fréquent., des schistosomes ou autres parasites tels des vers. Possibilité d’endométriose non rare, qui atteint surtout les couches externes et peut imiter un adénocarcinome
 
Le vecteur de l’oxyurose est un petit nématode (ver rond), l'Enterobius vermicularis, de 1 à 4 mm pour le mâle et de 8 à 13 mm pour la femelle blanche et bien visible dans les selles avec longue extrémité postérieure pointue (celle du mâle est enroulée ventralement. Les femelles migrent vers l'anus (généralement la nuit) et y déposent de 10 à 20 000 œufs. Elles sécrètent également une substance irritante qui incite l'hôte à se gratter (prurit anal / ano-vulvaire), transférant les œufs sur les doigts. Lorsque ceux-ci sont ingérés (directement par contact doigts/bouche ou indirectement par contact avec les aliments), ils éclosent dans le système digestif et arrivent à maturité en 30 à 45 jours.
Cycle parasitaire intégralement digestif. Après ingestion d'aliments contaminés, ou portage des doigts à la bouche, par des œufs embryonnés d'oxyures , les œufs ingérés éclosent dans l'estomac de l'homme, les larves migrent vers les intestins pour donner les adultes (région iléo-cæcale), où a lieu la reproduction sexuée. Deux à quatre semaines plus tard, les femelles commencent à pondre des œufs qui se retrouvent alors dans les selles. La ponte a lieu à la tombée de la nuit et au coucher. Les œufs sont auto-embryonnés à la ponte, ce qui signifie qu'ils sont directement contaminants dès leur émission. Une auto-réinfestation est donc possible, notamment chez les enfants et les personnes dont l'hygiène (des mains notamment) est limitée.
Les vers fixés par leur bouche à la muqueuse, vivent dans la partie terminale de l'iléon, où ils s'accouplent près du cæcum. Gravides, les femelles gagnent l'ampoule rectale, franchissant activement, le soir, le sphincter, se fixent aux plis radiaires de la marge de l'anus, et y déposent leurs œufs caractéristiques : embryonnés, asymétriques, longs de 50 à 60 microns et la réinfestation commence.
Les œufs, pondus à l'extérieur, peuvent ne pas être retrouvés à l'examen coprologique, la durée (28 jours) de l'évolution jusqu'à la ponte des femelles explique le rythme des poussées d'oxyurose, la contamination des vêtements de nuit / literie font que l'oxyurose est une parasitose infectieuse.
Clinique : prurit anal : vespéral, intense, obligeant au grattage, en crises de 2 à 4 jours. Les lésions de grattage aboutissent à l'eczématisation de la région. Chez la fillette vulvite oedémateuse et purulente. Possibilité de signes généraux non pathognomoniques avec pâleur du visage, pincement des ailes du nez, prurit nasal et grincements de dents nocturnes. Les troubles intestinaux sont assez fréquents : anorexie, douleurs sourdes dans la fosse iliaque droite, selles pâteuses ou diarrhéiques. Les retentissements à distance sont l'appendicite à oxyures, qui peut prendre l'aspect de la crise d'appendicite classique, et l'envahissement du vagin et des voies génitales, utérus, trompes, aboutissant à la salpingite à oxyures.
Le diagnostic est fait par identification des œufs dans les selles, ou plus rarement lors de l'émission de vers adultes, constatée par l'entourage (petits vers blancs). Cliniquement, le prurit anal doit faire penser à l'oxyurose dont le diagnostic de certitude sera obtenu par le test de Graham, ou scotch test, qui consiste à rechercher des œufs sur la marge anale en collant un morceau de ruban adhésif aux abords de l'anus (en soirée ou le matin avant la toilette). On peut ensuite constater la présence d'œufs sur le ruban adhésif par examen microscopique.
Traitement : Mébendazole (une fois 100 mg en une prise chez l'adulte et l'enfant de plus de 2 ans) et seconde dose de 100 mg après deux semaines (contre la réinfestation), sinon Flubendazole sur 3 jours avec 100 mg matin et soir et 2ème cure après deux semaines de 3 jours.
 
 

Yersiniose : de type enterolitica ou pseudotuberculosis donne lieu à une atteinte granulomateuse en particulier au niveau de l’appendice (43) avec iléite ou colite et ulcérations aphtoïdes au-dessus des plaques de Peyer, aspect similaire à infection par Campylobacter. Ce germe a été impliqué dans la maladie de Crohn (23)
Histologie : granulomes épithélioïdes, inflammation transmurale avec amas lymphoïdes, ulcération muqueuse, cryptite
 
 (6) Noffsinger A, Maru N, Gilinsky N. Gastrointestinal diseases. First series ed. Washington : American registry of pathology, ARmed Forces institute of pathology, 2007.
 
(122) Rosai J. Appendix. In : Rosai J, ed. Ackerman’s surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby ; 1996. p. 711-28.

(23) Lamps LW, Madhusudhan KT, Havens JM, Greenson JK, Bronner MP, Chiles MC et al. Pathogenic yersinia DNA is detected in bowel and mesenteric lymph nodes from patients with Crohn’s disease. Am J Surg Pathol 2003 ; 27(2):220-227.
(43) Lamps LW, Madhusudhan KT, Greenson JK, Pierce RH, Massoll NA, Chiles MC et al. The role of Yersinia enterocolitica and Yersinia pseudotuberculosis in granulomatous appendicitis : a histologic and molecular study. Am J Surg Pathol 2001 ; 25(4):508-515.
 


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