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Généralités tumeurs borderline


Le terme de tumeur borderline désigne des tumeurs intermédiaires entre les lésions morphologiquement bénignes et celles qui, de toute évidence, sont malignes. Ces tumeurs présentent des caractères histologiques communs avec les adénocarcinomes mais s'en distinguent par l'absence de signes objectifs d'invasion du stroma. Leur diagnostic ne doit être porté qu'à partir de l'examen de la tumeur ovarienne primitive qu'il existe ou non des localisations extra-ovariennes. Ces critères sont discutés actuellement (5) car les implants invasifs ont un pronostic agressif qui les rapproche plus du carcinome que de la tumeur frontière, 37 % de mortalité à 7 ans vs 0 % à 10 ans pour les implants non invasifs (21).
Les tumeurs borderline se distinguent des tumeurs épithéliales bénignes par la possession d'au moins deux des quatre caractères histologiques suivants : bourgeonnement épithélial, pluristratification, activité mitotique, atypies nucléaires.
Le bourgeonnement est la conséquence d'une importante prolifération épithéliale non équilibrée par une prolifération équivalente du stroma. Il se traduit par la formation de papilles et de végétations très nombreuses de taille inégale. Du sommet des papilles se détachent des cellules isolées ou des grappes de cellules qui sont libérées dans la lumière des kystes ou dans la cavité abdominale.
La pluristratification du revêtement épithélial des végétations ou de la bordure épithéliale des kystes est également la conséquence d'une prolifération épithéliale excessive.
Les mitoses sont augmentées mais restent habituellement peu nombreuses. Leur répartition, en revanche, est souvent inégale au sein d'une même tumeur (surtout si elle est mucineuse).
Les atypies cytonucléaires doivent être interprétées en fonction du contexte. Elles ne doivent être considérées comme significatives qu'en l'absence de toute réaction de nature inflammatoire ou ischémique.
Le seul critère histologique formel permettant de différencier une tumeur à la limite de la malignité d'un adénocarcinome vrai est l'absence d'invasion du stroma. La recherche de signes d'invasion systématique nécessite de nombreux prélèvements (au moins 10 par tumeur).
En l'absence de critères objectifs d'invasion du stroma, il convient de rechercher des critères indirects :
- Aspect irrégulier de l'interface séparant la prolifération épithéliale du stroma.
- Présence de profondes invaginations épithéliales au sein d'un stroma modifié d'aspect immature, oedémateux, riche en néo-vaisseaux à paroi fine.
- Infiltrats inflammatoires lymphoplasmocytaires.
Traitement des tumeurs borderline :
Les tumeurs de stade I quel que soit le type histologique ont une survie > 99%, le traitement peut être conservateur de fertilité même en cas de lésion bilatérale (annexectomie unilatérale + kystectomie), les récidives possibles sont traitées par chirurgie, car de même type et ne grèvent pas le pronostic vital, le traitement par cœlioscopie est possible, pas de traitement adjuvant car les effets délétères sont > aux bénéfices (22).
Tumeurs séreuses avec implants, le traitement standard est l’hystérectomie non conservatrice avec exérèse de tous les implants et multiples biopsies, en cas d’implants non invasifs possibilité de chirurgie conservatrice. Comme le pronostic est plus mauvais en cas d’implant agressif (66 vs 95% de survie) on administre une chimiothérapie classique de carcinome infiltrant. Les tumeurs avec implants peuvent s’accompagner de localisations ganglionnaires
En cas de pseudomyxome péritonéal (presque toujours d’origine digestive) la chimiothérapie n’est pas efficace, seule une exérèse la plus complète possible associée à une périnectomie élargie est potentiellement curative.
(5) Seidman JD, Russell P, Kurman RJ. Surface epithelium tumors of the ovary. In : Kurman RJ, editor. Blausteins's Pathology of the female genital tract. New-York : Springer Verlag, 2001 : 781-904.

(21) Seidman JD, Kurman RJ. Ovarian serous borderline tumors : a critical review of the literature with emphasis on prognostic indicators. Hum Pathol 2000 ; 31(5):539-557.

(22) Camatte S. [Management of borderline ovarian tumours]. Rev Prat 2004 ; 54(16):1770-1776.



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