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Oeil normal


L’œil est l’organe de la vision ; récepteur des phénomènes lumineux, l’œil les focalise pour projeter l’image sur la rétine qu’il renferme. Celle-ci, à son tour, analyse cette image, commence à la coder et, par l’intermédiaire du nerf optique puis des voies optiques intracrâniennes, adresse le message visuel au cerveau.
Anatomie et histologie (1 ;2)
L’œil est de faible volume (6,5 cm3 ) ; il pèse 7 g, pour un diamètre de 24 mm. Situé dans la face, communiquant avec l’endocrâne, tributaire de six nerfs crâniens parmi les douze qui existent, l’œil avec ses annexes forme un système organique complexe.
L’œil est un organe creux dont le développement et la forme sont réglés par la résistance que ses parois offrent à l’accroissement de son contenu (principalement l’augmentation du corps vitré).
La paroi du globe oculaire est formée de trois tuniques, fibreuse, uvéale et nerveuse (rétine), qui enferment les milieux transparents : humeur aqueuse, cristallin, corps vitré.
Tunique fibreuse
La tunique fibreuse, externe, comprend la sclère (ou sclérotique) opaque en arrière, la cornée transparente en avant. La sclère blanche, faiblement innervée et vascularisée, est entourée par la capsule de Tenon, facilitant les mouvements du globe. Les fibres sclérales sont élastiques et collagènes. Elles assurent une grande résistance mécanique.
La cornée transparente est enchâssée dans l’ouverture antérieure de la sclérotique. Elle est à la fois une enveloppe résistante et un milieu transparent. La frontière entre cornée et sclère, appelée limbe, est une zone semi-transparente, qui a la particularité d’adhérer à la conjonctive, fine membrane qui couvre la face interne des paupières et la portion antérieure de la sclère. Tandis que la cornée est avasculaire, le limbe est richement innervé et vascularisé.
Le limbe scléro-cornéen contient le canal de Schlemm, bordé par le réseau trabéculaire qui sert à filtrer l’humeur aqueuse.
histologie fonctionnelle de la cornée  : La cornée est faite de cinq couches qui sont, de l’extérieur vers l’intérieur, l’épithélium, composé de sept à huit strates cellulaires avec fine membrane basale vue au PAS, la membrane de Bowman acellulaire, de 8-14 µ d’épaisseur, constituée de collagène, le stroma cornéen avasculaire de près de 0,5 mm d’épaisseur (formé de faisceaux de collagène régulièrement disposés dans une matrice mucopolysaccharidique entre lesquels sont situées des cellules fusiformes à longs prolongements : les kératocytes.). La membrane de Descemet de 10-12 µ, ne régénère pas, siège des dépôts de cuivre dans l’anneau de Kayser-Fleischer de la maladie de Wilson, sur laquelle s’étale la dernière couche, unicellulaire, l’endothélium. Les corps de Hassall-Henle sont des excroissances focales de la membrande de Descemet qui surviennent avec l’âge. Images : #1 ; #2 ; épithélium et membrane de Bowman, Lame virtuelle
Un agencement régulier des fibres du stroma est essentiel pour la transparence cornéenne. Les fibres sont constituées de fibrilles relativement uniformes par opposition à celles de la sclère dont la disposition et la taille sont très variables. Faites de collagène, ces fibrilles sont noyées dans une substance fondamentale formée de mucopolysaccharides. La transparence de la cornée est assurée par un état de sous-hydratation relative, assuré par l’endothélium cornéen, véritable pompe à eau. Toute défaillance endothéliale se traduira par un œdème cornéen entraînant la perte de la transparence.
Avec l’âge apparaissent des verrues de Hassall-Henle qui sont de petites excroissances de la membrane de Descemet, en périphérie de cornée, quand elles sont centrales il s’agit de dystrophie endothéliale de Fuchs
La conjonctive Hum Path 1997 ;28:1348est une membrane muqueuse fine, bordant la surface interne des paupières et l’essentiel de la partie antérieure du globe oculaire. Elle est constituée d’un revêtement de 2 à 5 couches de cellules squameuses non kératinisantes qui reposent sur une membrane basale continue, cet épithélium contient des cellules en gobelet et des mélanocytes (1 mélanocyte (MelanA+) pour 10 cellules épithéliales). . Le stroma contient du muscle lisse et des glandes lacrymales accessoires, possibilité de follicules lymphoïdes et de lymphocytes isolés, leur présence ne suffit donc pas à porter le diagnostic de conjonctivite chronique (sauf si nombreux et associés à des plasmocytes). Présence d’annexes cutanées dans les caroncules, avec des cellules cylindriques pseudostratifiées riches en cellules en gobelet, du tissu lacrymal accessoire avec des canaux et des follicules lymphoïdes dans les fornix.CK 19 +, CK 3 -. Images : #0 ; #1, #2, Lame virtuelle
Tunique uvéale : ou uvée, groupe trois éléments : l’iris en avant, le corps ciliaire, la choroïde en arrière, sous la rétine.


L’Irisest la portion la plus antérieure de l’uvée. C’est un diaphragme pigmenté, perforé par un orifice central, la pupille, dont la contraction ou la dilatation réflexes règlent la quantité de lumière pénétrant dans l’œil par la pupille. La couleur de l’iris, variable selon les individus, du brun foncé au bleu clair ou au vert, dépend du nombre et de la distribution des cellules pigmentées.


Motricité pupillaire

La couche antérieure de l’iris se raccorde à l’endothélium cornéen, également mésodermique. Les vaisseaux viennent d’une formation annulaire (située dans le corps ciliaire), le grand cercle artériel de l’iris, d’où partent des vaisseaux radiaires vers le bord pupillaire, où leurs anastomoses peuvent, dans certains cas, réaliser un petit cercle.


 

 
L’iris peut manquer dans le cadre d’une aniridie : absence quasi totale et bilatérale d'iris. Pathologie rare (1/40.000) compliquée souvent de glaucome, d’où surveillance de ces enfants. Cliniquementon pense à une mydriase, mais il existe toujours une collerette d'iris et un important reflet orangé du fond d’œil quand on l'éclaire (absence de myosis, on voit la totalité du cristallin et même la zonule de Zinn), d’où une photophobie rendant l’examen difficile.
Des anomalies de la cornée peuvent exister, comme des opacités, une sclérocornée ou des synéchies. Il s'y associe souvent une dystrophie limbique qui va obérer les résultats d'une éventuelle greffe de cornée (kératoplastie transfixiante). Il est en effet possible que la cornée soit altérée et opaque dans le cadre d'une association avec un glaucome.
Une dysgénésie de l'angle irido-cornéen est fréquente (50 à 75% des cas) avec glaucome.
L'atteinte maculaire est quasi constante, avec absence / hypoplasie maculaire et nystagmus, basse vision (amblyopie), +/- cataracte / opacités cristalliniennes.
Possibilité de transmission génétique autosomique dominante par haplo-insuffisance du gène PAX6 qui est muté, possibilité de délétion en 11p13 (gène WT1 situé à proximité de PAX6 (Syndrome WAGR des anglo-saxons (Wilms tumor, Aniridia, Genito-urinary malformation (ambiguité sexuelle à ectopie testiculaire associée ou non à des anomalies urinaires), mental Retardation), risque de 30% si jeune patient avec aniridie non familiale.
Le risque de gonadoblastome / néphroblastome (tumeur de Wilms), justifie une échographie abdominale tous les six mois, avec surveillance des organes génitaux externes du garçon.
Une autre association a été décrite, c'est l'association d'une aniridie, d'une ataxie cérébelleuse et d'une déficience mentale, c'est le syndrome de Gillespie. Il n'y a pas de mutation de PAX6 et la transmission est autosomique récessive.
 
Le corps ciliaire est représenté par un épaississement de l’uvée situé en couronne derrière l’iris. C’est une série d’environ quatre-vingts fins processus radiaires (pars plicata) contenant des fibres musculaires lisses et des vaisseaux sanguins et d’où partent les zonules qui maintiennent le cristallin en place. L’épithélium ciliaire est bistratifié avec 1 couche superficielle non pigmentée convergeant avec la rétine au niveau de l’ora serrata (responsable de la formation de l’humeur aqueuse). Couche profonde pigmentée qui se mêle à l’épithélium pigmenté de la rétine à l’ora serrata. Les fibres musculaires sont radiaires ou circulaires. Elles jouent un double rôle : dans l’accommodation de l’œil à la vision rapprochée, par leur action sur le cristallin, et dans la régulation du tonus, puisque le muscle ciliaire influence le drainage de l’humeur aqueuse en agissant, par sa traction, sur la taille et le volume du canal de Schlemm et du trabéculum. La membrane basale sous-jacente peut s’épaissir dans le diabète, avec l’âge le stroma du corps ciliaire se hyalinise ou se calcifie.
La choroïde est formée d’un feutrage particulièrement dense de capillaires sanguins et de cellules pigmentaires. Son rôle est de nourrir les cellules photoréceptrices rétiniennes accolées à la choroïde ; elle constitue, d’autre part, un écran opaque à l’intérieur de la paroi oculaire. Entre choroïde et sclérotique, on décrit un espace suprachoroïdien, virtuel mais facilement clivable, ce qui permet dans certaines conditions la formation d’un décollement choroïdien (à ne pas confondre avec le décollement de la rétine). La face interne de la choroïde adhère étroitement à la face externe de la rétine, autrement dit à son épithélium pigmentaire, par l’intermédiaire de la lame de Bruch ; ainsi, en cas de décollement de rétine, l’épithélium pigmentaire de la rétine reste appliqué sur la choroïde, tandis que l’épithélium sensoriel se soulève. Cela explique la perte de vision dans la portion de la rétine décollée dont les couches externes (cônes et bâtonnets) sont alors privées de leur nutrition et de leur écran pigmentaire.
 
Rétine et voies optiques
La rétine, tunique la plus interne, est aussi la couche neurosensorielle.
Situation
La rétine est directement en rapport avec le vitré. Sa limite antérieure s’appelle ora serrata, car elle est dentelée comme une « petite scie ». En réalité, la rétine se poursuit en avant de l’ora, mais les éléments nobles sensoriels y disparaissent au profit des cellules de soutien (névroglie, cellules de Müller), avec adhérence très forte à la choroïde et au vitré. Ainsi, l’ora serrata, en toute rigueur, sépare dans la rétine la pars optica, en arrière, de la pars coeca (aveugle), en avant ; cette dernière se poursuit sur le corps ciliaire et la face postérieure de l’iris, jusqu’au bord pupillaire.
Origine : la rétine est une expansion du cerveau, c’est le seul élément du globe oculaire à présenter une origine neurale. À la troisième semaine du développement embryonnaire, apparaissent, au niveau du cerveau intermédiaire, deux vésicules optiques primitives, évagination du tube neural auquel elles restent reliées par un pédoncule. À la cinquième semaine, cette vésicule s’invagine sur elle-même, aboutissant à la constitution d’une calotte à double paroi (en avant un feuillet interne, en arrière un feuillet externe) : c’est la vésicule optique secondaire. Au cours du deuxième mois, apparaissent dans le feuillet interne les différents éléments de la rétine visuelle, tandis que le feuillet externe se transforme en épithélium pigmenté.
Structure : complexe de 10 couches :
– La couche la plus externe est adhérente à la choroïde (membrane de Bruch) : c’est l’épithélium pigmentaire, provenant du feuillet externe de l’ébauche embryonnaire. En cas de décollement de rétine, il restera adhérent, tandis que la rétine visuelle se soulèvera, recréant ainsi le clivage embryonnaire. Les expansions de cet épithélium entourent partiellement les cônes et bâtonnets
– La couche des cônes et des bâtonnets est formée par les deux segments externe et interne des cellules visuelles, là où commencent les premiers phénomènes de la sensation lumineuse. Elle est épaisse de 40 microns et compte environ 130 millions de bâtonnets et 6500000 cônes.
– La limitante externe est une membrane fenêtrée où s’enchâssent les cellules visuelles.
– La couche des grains externes est constituée par les noyaux des cônes (c) et des bâtonnets (b).
– La plexiforme externe, épaisse de 20 microns, est formée par la terminaison des cônes et des bâtonnets, qui entrent en relation (synapse) avec les dendrites des cellules de la couche suivante. La plexiforme externe a une importance considérable, puisqu’elle est le siège du relais entre rétine sensorielle et rétine cérébrale.
– La couche des grains internes, épaisse d’environ 30 microns, est constituée, d’autre part, par les cellules bipolaires, qui transmettent l’influx nerveux de la cellule réceptrice à la cellule ganglionnaire, et, d’autre part, par les cellules horizontales, cellules d’association, et par les cellules de soutien : corps cellulaire des fibres de Müller, cellules amacrines.
– La plexiforme interne, où se fait la jonction entre les cellules bipolaires et les cellules ganglionnaires, est épaisse de 20 à 30 microns.
– La couche des cellules ganglionnaires est faite de grosses cellules nerveuses, dont les cylindraxes, très longs, constitueront le nerf optique. Épaisse de 10 à 20 microns, elle est presque partout faite d’une seule couche, sauf autour de la fovéa où les noyaux s’empilent sur sept à huit rangs, expliquant le relief observé à ce niveau. Ces cellules contiennent de la mélanopsine et jouent un rôle dans le fonctionnement de l’horloge biologique (3-5).
– La couche des fibres optiques se dirigeant vers la papille optique.
Enfin, la limitante interne est formée par la réunion des extrémités internes des fibres des cellules de Müller (rôle de soutien).
NB : absence de lymphatiques
Le bâtonnet est une cellule rectiligne avec 2 parties, le segment externe de 40 µ et le segment interne plus petit qui contient le noyau et les organelles.
(2000 disques empilés, formés d'une membrane dérivée de la membrane plasmique contenant la rhodopsine). Le segment interne contient les organites nécessaires à la formation des molécules rentrant en jeu dans le phénomène de la vision. Il sert au remplacement des molécules qui sont situées dans le segment externe, et comprend aussi la synapse qui est la connexion avec les autres cellules de la rétine.
Schémas :  #1 ; #2 ; #3 ; #4
Micro images : #2 ; #3 ; #4 ; #5 ; fovée centrale #1 ; #2 ; ora serrata #1 ; #2, Lame virtuelle, belles images
Rapport avec les voies optiques
Cette division en 10 couches est classique, mais encore faut-il comprendre que trois couches essentielles sont à distinguer dans une rétine : l’épithélium pigmenté ; la rétine sensorielle, qui comprend les cônes et les bâtonnets et qui s’articule, au niveau de la plexiforme externe, avec la rétine cérébrale où commence la conduction. Fait très particulier, expliqué par l’embryologie, la rétine appartient déjà en partie au système nerveux central, et ce qui, pour les autres nerfs de l’économie, s’étend de la périphérie jusqu’à la moelle épinière, parfois sur des dizaines de centimètres (certaines fibres du nerf sciatique par exemple), est ici entièrement ramassé dans la faible épaisseur de la rétine. Ainsi, ce qui correspond à un nerf segmentaire est représenté ici par les cellules bipolaires et leur prolongement de la plexiforme externe à la plexiforme interne : les cellules ganglionnaires sont l’équivalent sensitif du ganglion spinal, tandis que leur prolongement au nerf optique est l’équivalent de la moelle épinière blanche.
Les nerfs optiques, d’une longueur de 35 à 55 mm, s’unissent, avant de pénétrer dans l’encéphale, en formant le chiasma, au niveau duquel s’entrecroisent les fibres optiques qui ont pris naissance dans le champ rétinien nasal de chacun des yeux. nerf optique, + fovea centralis #1, #2, #3
Chez l’Homme, la moitié des afférences rétiniennes (celles en provenance de la moitié nasale de la rétine) se croisent à la décussation optique ou chiasma. La plupart des fibres de la voie optique gagnent le corps genouillé latéral, à partir duquel les fibres se dirigent par la voie des radiations optiques qui cheminent le long du ventricule latéral pour se projeter sur le cortex autour de la scissure calcarine. Il est à noter que les deux cortex visuels ne sont pas reliés l’un à l’autre par le corps calleux, bien que le développement de ce dernier aille de pair avec le degré de non-croisement des fibres optiques. Un petit nombre de fibres optiques, au lieu de se terminer au niveau du corps genouillé latéral se terminent aux tubercules quadrijumeaux antérieurs (responsables du réflexe irdoconstricteur).Il existe aussi des fibres commissurales provenant du corps genouillé interne qui longent à contresens les bandelettes optiques, passent le bord postérieur du chiasma pour rejoindre le corps genouillé interne controlatéral
Milieux transparents
Les milieux transparents du globe comprennent, d’avant en arrière, l’humeur aqueuse, le cristallin et le vitré.
L’humeur aqueuse emplit tout l’espace compris entre la cornée en avant et le cristallin en arrière. L’iris y baigne et sépare l’œil en deux parties ou chambres antérieure et postérieure.
Le cristallin, lentille biconvexe, transparente, sépare l’iris et le vitré. D’un diamètre frontal de 9 à 10 mm et antéropostérieur de 4 mm. Il est maintenu en place par une série de fibres amarrées au corps ciliaire, la zonule. Sa propriété essentielle est sa plasticité qui lui permet de modifier ses courbures et son indice de réfraction lors de l’accommodation, propriété qui s’amenuise avec l’âge, expliquant la presbytie. C’est un organe qui n’a ni nerfs, ni vaisseaux ; tous ses échanges se font par diffusion à travers sa capsule. Cela explique que son métabolisme est fragile, d’où la possibilité de cataracte. Cette capsule isole également le contenu cristallinien de l’humeur aqueuse ; toute effraction de celle-ci entraîne aussi une opacification cristallinienne. Images : #1 ; #2
Le vitré est une substance transparente semi-liquide qui remplit la cavité oculaire en arrière du cristallin. Il représente 60% du volume du globe oculaire. Cette masse gélatineuse est enfermée dans une enveloppe, la hyaloïde, qui n’est qu’une condensation périphérique du vitré. Le vitré est formé de fibrilles de collagène, de grosses molécules d’acide hyaluronique et surtout d’eau (> 90 %).
L’ensemble de ces milieux transparents donne sa forme au globe, mais le tonus oculaire dépend de l’humeur aqueuse, dont le taux de renouvellement est suffisamment rapide pour permettre une régulation tensionnelle. L’humeur aqueuse est sécrétée au niveau du corps ciliaire et pénètre dans la chambre antérieure de l’œil par la pupille. Elle est éliminée au niveau de l’angle de la chambre antérieure, à l’exception d’une petite partie de l’humeur aqueuse qui est réabsorbée au niveau du corps ciliaire lui-même. La grande majorité des glaucomes est due à un trouble de l’élimination de l’humeur aqueuse. Tout se produit sur moins d’un millimètre entre la limite de la cornée et la racine de l’iris. La limite de la cornée est marquée (sur la face intérieure) par l’anneau de Schwalbe. En arrière, la sclère fait une sorte de crochet appelé éperon scléral. Dans ce dernier est logé le canal de Schlemm, lequel est recouvert par une succession de « grillages » venus de l’iris, de la sclère, du corps ciliaire, dont l’ensemble forme le trabéculum. Ce grillage conditionne l’entrée de l’humeur aqueuse dans le canal de Schlemm ; il semble que la taille de ces orifices soit réglée par la traction exercée par le muscle ciliaire. Cela expliquerait l’action des collyres myotiques qui, en resserrant la pupille, agiraient sur le trabéculum. Le canal de Schlemm, à son tour, est drainé par les veines aqueuses vers le système veineux de l’orbite.
Le fond de l’angle, si intéressant à considérer en pathologie oculaire, est donc situé au-delà de la cornée, sous la sclérotique. Les phénomènes de réflexion totale sur la cornée empêchent de le voir par un examen direct. Pour voir l’angle, il faut faire une « gonioscopie », qui consiste à appliquer sur la cornée, après instillation d’un collyre anesthésique, un verre de contact spécial muni d’un miroir convenablement orienté. Celui-ci permet l’observation de l’angle, à l’aide d’un biomicroscope. globe : lame virtuelle
Annexes
Les annexes du globe sont logées comme lui dans l’orbite osseuse. Elles comprennent les muscles oculomoteurs : quatre muscles droits, deux muscles obliques et le releveur de la paupière supérieure, les vaisseaux ophtalmiques avec leurs branches, les nerfs oculomoteurs, la gaine et enfin l’appareil lacrymal. Les paupières recouvrent le globe ; elles sont animées par le muscle orbiculaire dont la rapidité d’action est très grande. Le globe est constamment maintenu humide par les larmes sécrétées par les glandes lacrymales. Le surplus est drainé par les canaux lacrymaux qui confluent dans le sac lacrymal dont l’orifice inférieur est abouché dans la fosse nasale.
 
La glande lacrymale, localisée en supéro-temporal dans l’orbite, non palpable, est de type séreux avec une composante mucineuse minoritaire que l’on retrouve dans la portion canalaire, les canaux les plus volumineux présentant une couche périphérique de cellules myoépithéliales.
Le film lacrymal est constitué de 3 principales couches aqueuse, muqueuse et lipidique.
La phase aqueuse, centrale, représente la plus grande épaisseur. Elle est secrétée par la glande lacrymale principale située dans l'angle supéro-externe de l'orbite, et par quelques glandes lacrymales accessoires.
Pour éviter l'évaporation des larmes, une couche lipidique (ou Meibum) est sécrétée par les glandes sébacées des paupières. Les orifices de celles-ci s'abouchent au niveau du bord libre des paupières. Il s'agit des glandes de Meibomius, occupant toute la hauteur du tarse, et les glandes de Zeiss et de Moll, associées aux cils.
Enfin, l'accrochage des larmes à la surface oculaire est réalisé par une couche muqueuse, sécrétée par les cellules caliciformes de la conjonctive.
Le drainage se fait par les canalicules, sac lacrimal et canal nasolacrimal
 
L’orbite contient, en plus du globe oculaire et des glandes lacrymales, le nerf optique avec sa couverture méningée, la capsule de Tenon, les muscles extra-oculaires, une vascularisation et un réseau lâche de tissu fibro-adipeux. Schémas : nerf optique ; orbite ; muscles extra-oculaires
 
Anatomie de l’orbite : le bord antérieur de l'orbite est marqué par le septum orbitaire, bande fibreuse qui va de l'orbite externe osseuse aux 2 paupières, séparant l'espace préseptal de l'espace orbitaire. Cette bande est contiguë au périoste. La paroi postérieure de l'orbite contient le canal optique et les fissures orbitaires > et <. La fissure > se connecte au sinus caverneux et espace inracranien. Les veines faciales se jettent directement dans les veines ophthalmiques > et <, sans valves, qui se drainent dans les sinus caverneux. Le nerf optique entre dans l'orbite avec l'artère ophthalmique par le canal optique. Le III, IV, VI, les branches ophthalmiques du V et la veine ophthalmique > (drainage principal de l'orbite) entrent dans le sinus caverneux après sortie de l'orbite par la fissure orbitaire >. la veine ophthalmique < sort par la fissure orbitaire < avec la branche maxillaire du V dans la fosse temporale.
 
Embryologie : Au cours du premier mois, il y a formation, à partir de la plaque neurale, des fossettes optiques, puis de la vésicule optique primitive qui en se pédiculisant donne la vésicule optique secondaire. Il se produit une invagination inférieure qui conduit à la formation de la fente embryonnaire. La cupule optique est à deux parois, de la paroi externe ou feuillet externe dérivera la rétine visuelle et de la paroi interne ou feuillet interne dérivera l'épithélium. pigmentaire. Quand on découvre un décollement de rétine, cela correspond à la réapparition du clivage qui peut exister entre ces deux feuillets embryologiques.
C'est au cours du premier mois que vont se produire les grosses malformations du nerf optique : anencéphalie, cyclopie, microphtalmie, anophtalmie apparentée.
Au cours du deuxième mois, après le passage de l'artère hyaloide, débute au milieu du nerf optique, couche par couche la fermeture de la fente fœtale.
La différenciation des deux couches n'est pas aussi avancée que dans la cupule optique. La fibrillogenèse débute à la fin de la cinquième semaine. Les fibres proviennent des cellules ganglionnaires du feuillet interne et constituent les fibres optiques. La fente embryonnaire va guider la progression des fibres optiques.
Les fibres optiques au passage du tissu embryonnaire mésodermique primitif qui va devenir la papille, en se rejoignant, forment un cône qui va individualiser la papille optique primitive de Bergmeister.
C'es au cours du deuxième mois que vont se produire les colobomes et les fossettes colobomateuses du nerf optique et de la papille.
Du 3ème au 7ème mois, se forment les vaisseaux rétiniens ; au 4ème mois au niveau de la papille primitive, naissent des bourgeons supérieurs et inférieurs au niveau de l'artère hyaloïde. Ces bourgeons vont former les branches de l'artère centrale de la rétine.
La veine centrale de la rétine naît un peu en avant d'un riche réseau veineux entourant l'artère hyaloïde.
Entre le 3ème et le 7ème mois, l'artère hyaloïde et la papille épithéliale primitive doivent progressivement disparaître. Cette résorption est totale vers le 5ème mois.
Dans cette période, ont lieu les anomalies de la résorption de la papille épithéliale primitive et les anomalies vasculaires.
A partir du 7ème mois, débute la myélinisation partant du cerveau vers la lame criblée. Il existe des anomalies par excès et par défaut.
 


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

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