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Histoire de la médecine : période moderne


La médecine au dix-huitième siècle : La médecine du dix-huitième siècle est marquée par l'avènement d'un grand nombre d'écoles de pensée, plus ou moins métaphysiques, au milieu des mécanistes toujours présents. Georg Stahl (1660-1734) estime que la vie est due à une " âme sensible ", l'anima, qui règle les échanges à l'intérieur du corps. Le stahlisme, ou animisme, se répand surtout dans les pays protestants de l'Europe du Nord.
L'Ecossais John Brown (1735-1788) conçoit la vie comme le résultat de forces nerveuses répondant plus ou moins à des excitations. Le brownisme aura de nombreux adeptes en Angleterre, en Allemagne et en Italie.
A Montpellier, Théophile de Bordeu (1722-1776) et Paul-Joseph Barthez (1734-1806) développent l'école des Vitalistes, qui fait le lien entre les animistes et les mécanistes, en identifiant un " élan vital " complémentaire aux échanges physico-chimiques.
Un certain nombre de médecins présentent des nouvelles classifications des maladies ; l'Ecossais William Cullen (1712-1790) classe les maladies selon les solides et les liquides altérés, selon le manque ou la pléthore, etc. Boissier de Sauvages, à Montpellier, écrit la Pathologica methodica en 1759 où il divise les maladies en dix grandes catégories, s'inspirant des travaux du botaniste Carl von Linné (1707-1778).
Ce siècle est encore marqué par le grand développement des cires anatomiques (véritables œuvres artistiques réalisées par Mascagni, Fontana ou Fragonard).
Les expérimentations réalisées par le religieux Lazzaro Spallanzani (1729-1799) ou par le chimiste français Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794) permettent de montrer l'intérêt de la mesure de la pression artérielle et de démontrer les mécanismes de la respiration et de l'asphyxie. D'autres expériences feront avancer les connaissances dans le domaine de la digestion (Jean Astruc, René de Réaumur), de la reproduction (Lazzaro Spallanzani, Caspar Friedrich Wolff) ou de la neuro-myologie (description du réflexe par Jean Astruc et Albrecht von Haller).
Des anatomistes se mettent également en évidence : l'Allemand Friedrich Hoffmann (1660-1742, inventeur du terme " anatomie pathologique "), le Danois Jacques Bénigne Winslow (1669-1750) ou l'Italien Giovanni Battista Morgagni (1682-1771), auteur de l'ouvrage Le siège et les causes des maladies démontrés par l'anatomie, où il présente les résultats de plus de 600 autopsies réalisées par lui ou son maître Valsalva.
D'autres découvertes sont réalisées au cours du dix-huitième siècle : le rôle de la digitale contre l'hydropisie et certaines maladies cardiaques (par l'Anglais William Withering en 1785), l'importance de la percussion au niveau thoracique (par l'Autrichien Leopold Auenbrügger en 1761, repris plus tard par Corvisart), la première appendicectomie réalisée avec succès (par Claudius Aymand en 1763) et l'utilisation de l'hypnose dans le traitement de certains malades (par Franz-Anton Mesmer(1755-1815). Des médecins ont beaucoup fait pour leurs spécialités respectives : Baptiste Sénac (1693-1770) en cardiologie, Jacques Daviel (1693-1762) en ophtalmologie, Pierre Fauchard (1678-1761) en odonto-stomatologie, Nils von Rosenstein en pédiatrie ou Pierre-Joseph Desault (1738-1795) dans l'enseignement de la chirurgie.
Le XVIIIe siècle est marqué par la naissance de l'épidémiologie, promue par des économistes comme Gottfried Achenwall (1719-1772) (nécessité pour chaque nation de tenir à jour un registre des naissances, des décès, des maladies et des épidémies). C'est le début des politiques de santé publique : en France Félix Vicq d'Azyr (1748-1794) met en place un réseau de surveillance de l'état sanitaire de la population, les intendants du Roi se doivent de prévenir les ministres des épidémies, de dépêcher des médecins enquêteurs et de distribuer vivres et médicaments. D'autres préoccupations de santé publique surgissent : réglementation sur les établissements de travail dangereux, déplacement des cimetières en périphérie des villes, aménagement d'égouts. On s'intéresse enfin aux méfaits de l'alcoolisme, en Angleterre notamment.
De 1700 à 1714, Bernardino Ramazzini écrit le premier livre sur les maladies professionnelles qui restera la référence pendant 2 siècles.
En 1721 Lady Mary Wortley Montagu (épouse de l'ambassadeur d'Angleterre en Turquie) importe en Angleterre la technique de la variolisation utilisée à Constantinople par Giacomo Pylarini depuis 1701, qui sera introduite à Versailles par le Docteur Tronchin (1709-1781). Cette prévention consistait à inoculer à des sujets sains du pus provenant d’un malade de la variole. Elle sera remplacée à partir de 1796 par l'invention d'Edward Jenner (1749-1823) qui injecte de la vaccine (maladie bovine) pour prévenir la variole. Sa " vaccination " remplacera peu à peu l'inoculation.
En 1768, William Heberden donne la première description clinique de l'angine de poitrine.
Le siècle est marqué par la réhabilitation des chirurgiens français qui peuvent devenir docteurs et pour qui Louis XV crée l'Académie Royale de Chirurgie en 1731.
En revanche, les hôpitaux sont, selon un rapport de Jacques Ténon en 1788, dans un triste état et ils servent toujours plus de refuges que de lieux de soins, mis à part dans l'armée et la marine.
 
La médecine sous la Révolution et l'Empire :
De nombreux médecins français vont s'illustrer durant cette période.
François-Xavier Bichat (1771-1802) écrit de nombreux ouvrages durant sa courte vie ; il y parle notamment des différentes " membranes " (tissus) et de leur rôle respectif. Jean-Nicolas Corvisart (1755-1821) est le médecin de Napoléon et il devient en 1801 le Médecin du gouvernement (sorte de Ministre de la Santé). Cardiologue, il traduit en outre les œuvres de l'Autrichien Auenbrügger et impose ainsi la percussion du thorax en France. Ses élèves Gaspard Bayle (1774-1816) et Théophile-René Laennec (1781-1826) reprendront ses travaux. Le dernier nommé inventera le stéthoscope en 1815 pour l'auscultation médiate du thorax des patients (par pudeur vis-à-vis des femmes et après avoir vu des enfants jouer à se parler à travers un tuyau dans un parc). Ces deux élèves mourront jeunes de phtisie, tout comme François-Xavier Bichat.
Pierre Bretonneau (1778-1862), médecin originaire de Tours, décrit avec précision la fièvre typhoïde et l'angine diphtérique (il aura pour élève Armand Trousseau (1807-1867)).
Philippe Pinel (1745-1826) est un aliéniste et il crée la première école de psychiatrie en France ; il libère de leurs chaînes les patients aliénés des hospices parisiens.
Parmi les chirurgiens de l'époque, il faut retenir le Parisien Pierre-Joseph Desault (1738-1795), qui sera un grand maître pour de nombreux élèves, comme Dominique Larrey (1766-1842) qui prendra part aux nombreuses campagnes de Napoléon, en Egypte, en Italie ou en Russie, au cours desquelles il développera le transport des blessés de guerre (à l'aide de mulets ou de chameaux) ; Larrey est resté, à tort ou à raison, comme un chirurgien à l'amputation facile pour ses blessés.
D'autres élèves de Desault marqueront leur temps : Guillaume Dupuytren (1777-1835), Joseph Récamier (1774-1852), Jacques Lisfranc (1790-1847), Joseph Malgaigne (1806-1865) ou Auguste Nélaton (1807-1873).
Sur le plan de la santé publique, des chaires d'hygiène sont également créées dans les écoles de santé : François-Emmanuel Fodéré (1764-1835) est ainsi nommé à Paris ; il écrit en 1798 un Traité de médecine légale et d'hygiène publique. Par ailleurs, l'Autrichien Johann Peter Franck (1745-1821) écrit un traité, Système de politique médicale, demandant une politique nationale de santé sous la responsabilité du pouvoir politique.
L'époque est par ailleurs marquée par le développement en France de la vaccination contre la variole à partir de 1799. Les campagnes de vaccination sont encouragées par Pinel, Guillotin et Bonaparte, puis par le clergé qui défendra la vaccination dans ses prêches dominicaux. La tuberculose, qui se développe en Angleterre à la fin du dix-huitième siècle, se propage en France et touche de nombreuses personnes.
Joseph-Ignace Guillotin (1738-1814, qui, à défaut d'avoir inventé la guillotine, l'a imposée pour les condamnés à mort lorsqu'il était président du Comité de salubrité sous la Constituante, car moins douloureux que la décapitation) met en place sous le Consulat le premier programme de Santé publique en France. Les communes doivent à présent pourvoir à l'alimentation en eau potable des habitants et doivent dresser la liste des établissements " insalubres et dangereux " (boucheries, équarrisseurs, abattoirs, manufactures de produits chimiques ou les mines). Elles doivent également gérer les hôpitaux (d'où la nomination aujourd'hui encore du maire de la ville comme président du Conseil d'administration d'un hôpital) et pourvoir à la santé des malades indigents. Par ailleurs la fin de l'Empire verra le début de l'utilisation des statistiques dans le domaine de la médecine.
Durant la révolution, tout le système de santé est désorganisé. L'Assemblée Constituante décide de supprimer le financement des hôpitaux et ces derniers se retrouvent rapidement dans la plus grande misère. Plus tard, l'hôpital devenu municipal devient, plus qu'un refuge, un lieu de soins pour les malades mais aussi un lieu d'apprentissage pour les étudiants.
Le 15 septembre 1793, un décret de la Convention met fin à 6 siècles d'enseignement en France en ordonnant la dissolution de " toutes les Académies et Sociétés littéraires ou savantes patentées ou dotées par la Nation ". La médecine, comme beaucoup d'autres professions, peut alors être exercée sans diplôme ! Pour remédier à cet état de fait, Antoine de Fourcroy (1755-1809) présente à la Convention un projet de réforme après la chute de Robespierre. Celui-ci est accepté par le décret du 4 décembre 1794 (14 frimaire an III) et décide la fondation de trois Ecoles de Santé à Paris, Strasbourg et Montpellier.
Ces dernières ont pour mission de dispenser un enseignement aux médecins et chirurgiens militaires. Chaque école se voit pourvue d'un certain nombre de chaires de clinique, occupées par des médecins nommés par l'état. Parmi eux, Jean-Louis Baudelocque (1746-1810), auteur de L'art des accouchements en 1782, est nommé Professeur d'obstétrique à Paris, faisant enfin de cet art une discipline médicale à pat entière. L'enseignement dans ces écoles est à présent pratiqué en langue française et est bien sûr entièrement laïque. Trois ans plus tard, le 27 juillet 1797 (9 thermidor an V), ces Ecoles de Santé seront intégrées à la nouvelle Université.
Sous l'influence de Pierre-Jean-Georges Cabanis (1757-1808) ou de Jean Chaptal (1756-1832), l'enseignement médical évoluera encore sous le Consulat et l'Empire, avec un enseignement commun aux étudiants de médecine et de chirurgie, une formation pratique obligatoire comprenant dissections et enseignement au lit du malade.
A l'initiative de Corvisart, les études de médecine sont réglementées sous le Consulat et il est nécessaire d'obtenir un diplôme de docteur dans une école de médecine pour pouvoir exercer. Seuls persistent encore quelques " officiers de santé " formés durant la Révolution et auxquels on accorde un droit d'exercice temporaire. On crée par ailleurs le concours d'élève-interne et on légifère sur la préparation et la vente des médicaments.
Cette époque est marquée par une supériorité française sur le reste de l'Europe, tant sur un point militaire que scientifique. On doit citer toutefois l'Allemand Christian Samuel Hahnemann (1755-1843) qui crée l'homéopathie après avoir observé sur lui-même une fièvre après un contact avec de la teinture de quinquina, habituel remède de l'hyperthermie. Il en déduit en 1796 sa " loi de la similitude ", arguant que les maladies doivent être traitées par des produits donnant les mêmes symptômes que la maladie elle-même, à doses infinitésimales, puisque l'effet bénéfique vient de la répétition de l'administration de la substance plus que de sa quantité.
XIXème siècle
Les arrêtés révolutionnaires (décret du 8 août 1792, loi du 19 ventôse an XI) établissent l'égalité et l'unicité académiques de la médecine et de la chi­rurgie
 
1796 14 mai : Première vaccination antivariolique par Edward Jenner, médecin britannique. Après une dizaine de jours, celui-ci est immunisé contre la maladie. Les grandes campagnes de vaccination qui suivront ont éliminé le virus de la surface de la terre. Le 29 octobre 1979 , l'OMS déclara la variole éradiquée de la surface de la terre ?(1er jour sans variole). La vaccination fût interrompue le 8 mai 1980, seuls quelques pays détiennent encore des souches.
 
1826 : 3 août : Mort de l’inventeur du stéthoscope : René Laennec meurt à l’âge de 45 ans. Il décède de phtisie (il a passé la plus grande partie de sa vie à étudier les maladies pulmonaires). Quelques années plus tôt, il avait inventé le pectoriloque, une feuille de papier roulée qui, une fois apposée sur le thorax du malade, lui permettait de bien entendre le bruit de son coeur. Une fois perfectionnée, son invention avait pris le nom de stéthoscope.
 
Broussais (1772 – 1836) symbolise l'explosion salutaire qui couvait depuis si longtemps. Son Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie (1821) fait table rase de ce qui existait avant, et en tout premier de l'intégrisme hippocrato-galénique. Là cesse et s'inverse son mérite : il y substitua sa « doc­trine physiologique » qui ramenait toute maladie aux inflammations engendrées par l'irritation du tube digestif. On l'accuse souvent d'avoir professé un système exclusif et d'avoir abusé de la saignée. La violence de l'épidémie de choléra de 1832 contribua à déconsidérer la médecine physiologique prônée par Broussais Heureusement, il ne fut pas unanimement suivi dans son nouveau fantasme réducteur.
 
Décembre 1844 : Dentiste à Hartford, Horace Wells expérimente sur lui-même les effets du protoxyde d'azote (gaz hilarant) lors d'une extraction dentaire, Wells applique la méthode à ses patients, mais, échec cuisant quand Wells tente de nouveau l'expérience devant le célèbre chirurgien Warren. Sa découverte sera reprise par un autre dentiste
Dentiste installé à Boston, William Green Morton utilise aussi le protoxyde d'azote, mais il avait également remarqué les effets anesthésiants de l'éther, appliqué localement sur une dent douloureuse. Le 30 septembre 1846 ,il effectue avec succès et sans douleur, une extraction dentaire sous éther. Le 16 octobre 1846, contrairement à son homologue Wells, Morton pratique une anesthésie générale par inhalation d'éther sulfurique. C'est un succès sans précédent.
 
1847 12 novembre : Première anesthésie au chloroforme. Le britannique Sir James Young Simpson utilise pour la première fois le chloroforme au cours d'une opération à des fins anesthésiques. La reine Victoria y aura recours en 1853 lors de son accouchement.
 
1864 7 avril :Pasteur s’oppose à la génération spontanée. Il démontre alors la fausseté de la théorie de génération spontanée. Celle-ci consistait à penser que certains êtres vivants, dont les micro-organismes étudiés par Pasteur, naissaient de manière spontanée, simplement par l’alliance de facteurs externes et sans aucun recours à d’autres substances organiques. Or, en présentant ses travaux, Pasteur démontre que ces organismes sont issus de germes déjà existants. Le débat qui l’opposait au biologiste Félix Archimède Pouchet depuis 1858 est ainsi clôt.
En 1867 Joseph Lister utilise du phénol pour détruire les germes lors des opérations chirurgicales.
En 1868 Adolf Kussmaul crée la gastroscopie en s'inspirant des exploits d'un avaleur de sabres
1880 6 novembre : Le médecin français Alphonse Laveran découvre le parasite responsable du paludisme à Constantine, en Algérie et évoque la transmission de la maladie par piqûres de moustiques. Plus tard, les travaux de Ronald Ross viendront compléter ces recherches sur le paludisme.
En 1881 Theodor Billroth réalise la première gastrectomie, il révolutionne la chirurgie du pharynx et de l'estomac.
1882 24 mars : Découverte du bacille de la tuberculose par Robert Koch. Il démontre le caractère contagieux de cette maladie du siècle. Des mesures de lutte vont être prises partout en Europe mais il faudra attendre 1921 pour voir la tuberculose reculer vraiment avec la mise au point du vaccin du bacille de Calmette et Guérin (BCG).
En 1883 Robert Koch isole le bacille du choléra, en Inde, lors d’une épidémie et montre le rôle primordial de l’eau dans la transmission de la maladie.
 
1885 6 juillet : Louis Pasteur vaccine pour la première fois contre la rage un petit berger alsacien de 9 ans (Joseph Meister), l'enfant est sauvé. Fort de son succès, le biologiste réalisera plus de 350 inoculations en un an. Il profitera de sa renommée pour lancer une souscription qui permettra de créer l'institut qui porte son nom. Avec ses collaborateurs, Calmette, Roux et Chamberlan, il avait commencé ses recherches en 1880 et était parvenu, par la suite, à isoler les germes responsables de la rage.
 
1885 octobre : Sigmund Freud vient suivre les cours de Charcot à la Salpêtrière à Paris. Freud approfondit sa connaissance de l’hystérie et de l’hypnose, qui sera fondamentale pour ses recherches sur la patiente Anna O.
 
1894 20 juin : Le bactériologiste français d'origine suisse Alexandre Yersin découvre le bacille de la peste (Yersinia pestis) à Hong-Kong et identifie le rat comme vecteur de l'épidémie. A Paris l'année suivante, il mettra au point avec Albert Calmette et Emile Roux un vaccin et un sérum contre la peste. Il fondera plusieurs filiales de l'Institut Pasteur au Vietnam et deviendra directeur honoraire de l'Institut Pasteur de Paris en 1933.
 
1895  : Parution "d'Etudes sur L'hystérie" de Joseph Breuer et Sigmund Freud, qui s’inscrit dans les travaux de cette époque sur l’hystérie et son traitement par l’hypnose. Le cas d’Anna O. y est largement étudié et c’est à cette occasion qu’apparaissent les concepts novateurs de Freud, qui annoncent la naissance de la psychanalyse. La place de la mémoire y est importante et l’idée d’une tension entre une force consciente et une force inconsciente pour refouler certains souvenirs pose les bases d’une théorie du conscient, du préconscient et de l’inconscient.
 
1895 8 novembre : Découverte des rayons X par Wilhelm Röntgen. Les premières radiographies seront pratiquées quelques mois plus tard et la radiologie sera enseignée dans la plupart des facultés de médecine européennes à partir de 1897. A l'époque, les radiologues ne connaissaient pas les risques de la radiodermite et ne se protégeaient pas contre les rayons. Les patients devaient quant à eux garder la pose pendant plus de 20 minutes.
En 1896 Scipione Riva-Rocci mesure la pression artérielle au tensiomètre.
1897 20 août  : Sir Ronald Ross, médecin britannique de l’armée des Indes, montre que la transmission du paludisme des oiseaux se fait par un moustique. Peu après, le scientifique italien Giovanni Batista Grassi montrera qu'il en de même pour le paludisme humain, transmis par l’anophèle femelle. Ronald Ross recevra le Prix Nobel de médecine, 1902.
6 mars 1899 : Brevet de l'aspirine Le laboratoire allemand Dreser met au point un procédé de fabrication de l'aspirine et dépose le brevet à Munich. Cette avancée médicale est l'oeuvre du chimiste Felix Hoffmann qui a réussi à synthétiser le dérivé acétylé de l'acide salicylique en 1893. Doté de grandes propriétés analgésiques, le produit a aussi la faculté de faire baisser la fièvre. La firme Bayer s'empressera de commercialiser le médicament et donnera naissance à un nouveau marché : l'industrie pharmaceutique
 
Les premières maternités sont créées et la profession de médecin obstétricien est inventée. Les mères qui accouchent dans ces nouvelles structures sont pourtant particulièrement exposées aux infections et près de 10 % d'entre elles meurent de fièvre puerpérale. Le médecin autrichien Ignace-Philippe Semmelweis découvre bientôt que ces infections sont transmises par les mains des médecins et parvient progressivement à promouvoir une stricte hygiène des soignants avant chaque visite.
Willem Einthoven met au point l'électrocardiographie.
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En utilisant l'analyse statistique, le physicien Pierre-Charles Alexandre Louis montre que l'utilisation des saignées chez les malades atteints de pneumonie n'est pas bénéfique mais néfaste. Ceci esquisse la notion d'étude randomisée en double aveugle.
XXe siècle [modifier]
Le 25 novembre 1901, Aloïs Alzheimer décrit le tableau clinique de la maladie qui porte son nom. Il n'existe toujours aucun traitement connu à ce jour.
Les traitement médicaux font des progrès spectaculaires avec l'invention de nouvelles classes de médicaments. Felix Hoffmann dépose le brevet de l'aspirine le 6 mars 1899. En 1909, le Nobel de médecine Paul Ehrlich invente la première chimiothérapie en créant un traitement à base d'arsenic contre la syphilis. En 1921 Frederick Banting de l'université de Toronto isole l'insuline et invente un traitement du diabète sucré. Le premier antibiotique date de 1928 avec la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming. En 1952, la découverte des neuroleptiques par Henri Laborit, Jean Delay et Pierre Deniker révolutionne la psychiatrie en permettant d'envisager une resocialisation pour des milliers d'internés. En 1957 Roland Kuhn découvre le premier antidépresseur. En 1982, Robin Warren et Barry Marshall permettent le traitement médical de l'ulcère de l'estomac en découvrant qu'il est d'origine bactérienne.
La chirurgie cardiaque est également née pendant le siècle. En 1929 Werner Forssmann introduit un cathéter dans son propre ventricule cardiaque. Le 29 novembre 1944 c'est la première opération à cœur ouvert par Alfred Blalock de Baltimore. Le stimulateur cardiaque est inventé en 1958. En 1960 la valve cardiaque artificielle inventée par Lowell Edwards est implantée pour la première fois par Albert Starr. Christian Barnard réalise la première transplantation du cœur en 1967.
 
 
 
1903 : Ivan Pavlov présente pour la première fois le résultat de ses recherches sur les glandes digestives canines lors d'une conférence, au congrès médical international de Madrid. Il a en effet découvert le réflexe conditionné de l’animal et a mis au point ce que l’on appellera le conditionnement classique. À chaque repas du chien, Pavlov faisait retentir un signal sonore (clochette). Au bout d’un certain temps, il est parvenu à faire saliver le chien par le seul fait d’actionner le signal. Cette découverte, qu’il associera bientôt au fonctionnement humain, jouera un grand rôle dans la psychologie moderne. Pavlov obtiendra le prix Nobel de médecine en 1904.
1913 16 avril : Le docteur Albert Schweitzer fonde à Lambaréné (Gabon), sur les bords du fleuve Ogooué, un hôpital missionnaire. La guerre qui éclate en 1914 interrompt son œuvre, il est interné en France comme ressortissant allemand (il est né en Alsace en 1875). Il reprendra ses activités humanitaires dès la fin du conflit. En 1924, Lambaréné deviendra un grand centre hospitalier de traitement de la lèpre et des maladies tropicales. En 1952, le médecin, théologien, philosophe et musicien, Albert Schweitzer, recevra le prix Nobel de la paix.
1914 Marie Curie crée le premier service radiologique mobile. Secondée par sa fille Irène, elle fait équiper 18 voitures surnommées "petites Curie" et forme elle-même une centaine de manipulatrices de radiologie.
1921 : 18 juillet : Le médecin Albert Calmette et le vétérinaire Camille Guérin mettent au point le vaccin antituberculeux, auquel ils donnent leur nom : BCG (bacille Calmette-Guérin). C’est ainsi qu’une première vaccination est effectuée sur un nouveau-né.
 
1921 27 juillet : Découverte de l'insuline A l'université de Toronto, le docteur Frederick Grant Banting et son assistant Charles Herbert Best isolent une hormone pancréatique appelée l'insuline. Testée sur un chien auquel les chercheurs ont enlevé le pancréas, l'insuline permet de recréer artificiellement les échanges de sucre dans l'organisme de l'animal. Cette découverte va constituer une révolution médicale dans le traitement du diabète. Frederick Grant Banting, Charles Herbert Best et leurs collaborateurs James Richard Mac Leod, chef de laboratoire, et James Bertram Collip, chimiste, recevront le Nobel de médecine en 1923.
1928 :3 septembre : Sir Alexander Fleming, professeur de bactériologie et chercheur britannique, découvre la pénicilline. Parti en vacances, il laissa son laboratoire quelques temps. A son retour, il s’aperçut que ses boîtes étaient recouvertes d’une sorte de mousse blanche et verdâtre. Avant son départ, il y avait déposé des staphylocoques. En observant plus attentivement la moisissure, qui se trouve être un champignon nommé "pénicillium notatum", il se rend compte que ses staphylocoques ne se sont pas développés à certains endroits. C’est ainsi qu’il découvre la substance bactéricide produite par ce champignon et qu’il la nomme pénicilline. Il faudra toutefois attendre les travaux d’Howard Florey et de Ernst Chain pour que la pénicilline puisse guérir, dans les années 1940.
 
1943 16 avril : Découverte des effets du LSD : Les effets hallucinogènes de la drogue LSD (diéthylamide de l'acide lysergique) sont découverts par hasard. Au cours de recherches pour des applications thérapeutiques, le chimiste suisse Albert Hofmann met au point en 1938, à partir de l’acide lysergique extrait de l’ergot de seigle, le LSD. Les propriétés psychiques particulières du LSD ne seront découvertes que 5 ans plus tard, lorsque Hofmann ingère à son insu une très faible quantité après une manipulation de laboratoire. Le LSD provoque avec une dose infime, une profonde ivresse hallucinogène pendant plus de 12 heures.
1949 17 janvier : Découverte du virus de la grippe par le Dr Lépine de l'Institut Pasteur à Paris et le Dr Muller de l'université de Leyde aux Pays-Bas qui réussissent à identifier deux virus de la grippe et en isolent un troisième.
 
1953 5 avril : Découverte de l'ADN dont la structure en double hélice est décrite dans la revue scientifique Nature, par le biologiste américain de 24 ans, Jim Watson, et le physicien britannique de 36 ans, Francis Crick. Ils recevront le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1962.
 
15 février 1954 : Le laboratoire pharmaceutique allemand Behring met au point le premier vaccin contre la poliomyélite, découvert par Jonas Salk le 26 mars 1953. Véritable fléau pour les enfants en bas âge, la maladie provoque des paralysies musculaires et respiratoires entraînant la mort. Grâce au vaccin, elle sera presque éradiquée dans le monde entier
 
6 octobre 1956 : Albert Sabin, de l'université de Cincinnati (Ohio), met au point un vaccin oral (virus vivant inactivé) contre la poliomyélite, recommandé par l'OMS recommande aujourd'hui l'emploi de ce vaccin qui, contrairement au vaccin mis au point par Jonas Salk en 1954, est préparé à partir d'un. La poliomyélite a été éradiquée des pays occidentaux, mais elle est encore présente de façon endémique dans une vingtaine de pays
 
9 mai 1960 : La Food and Drug Administration (FDA) autorise la commercialisation de la pilule contraceptive mise au point par l'Américain Gregory Pincus. En France en 1920, pour redresser la démographie, une loi a interdit toute propagande anticonceptionnelle. Ce n'est quand 1967 que la loi du député Lucien Neuwirth légalisera la contraception
 
3 décembre 1967 : Première greffe du cœur dans la ville du Cap par le professeur Christian Barnard et son équipe. Malheureusement le greffé mourra quelques jours plus tard atteint d'une infection des poumons
 
4 avril 1969 : Première implantation d'un cœur artificiel par le docteur Denton Cooley au Texas Heart Institute de Houston. Le patient ne survivra que 3 jours.
 
25 juillet 1978 : Premier bébé éprouvette né par fécondation in vitro (méthode du docteur Robert Edwards). La technique consiste à provoquer une fécondation entre un ovule et un spermatozoïde dans un milieu de culture favorable. L'embryon est ensuite introduit dans l'utérus de la mère et se développe normalement. La fécondation in vitro permettra à des milliers de couples souffrant de stérilité d'avoir des enfants.
 
5 juin 1981 : Les premiers cas de SIDA sont (5 cas de forme rare et grave de pneumonie, diagnostiqués au cours des huit mois précédents à Los Angeles).
 
2 décembre 1982 : Première greffe d'un cœur artificiel à titre définitif, à Salt Lake City par le chirurgien William de Vries
 
20 mai 1983 : L’équipe de l’unité d’oncologie virale de l’Institut Pasteur, dirigée par le professeur Luc Montagnier, identifie le virus du sida (rétrovirus VIH1, ubiquitaire alors que le VIH2, découvert en 1986 se rencontre surtout en Afrique.
 


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