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Sport et bonne santé


L’activité physique est une composante importante de la vie quotidienne et un facteur majeur de protection de la santé. L’évolution des modes de vie, et la profonde transformation de l’environnement domestique, de travail et de loisir conduisent à une réduction de la durée et de l’intensité de l’activité physique habituelle. Les écrans présents partout, télévision, Internet, ordinateurs, jeux vidéos, etc., renforcent le temps d’inactivité physique.
Le Programme national nutrition santé a fait de l’augmentation de l’activité physique l’un de ses objectifs prioritaires. Il s’agit d’inciter les Français à bouger dans leur vie quotidienne et leurs loisirs, pas nécessairement à faire du sport. La campagne médiatique de 2004 a popularisé le repère « au moins 30 minutes de marche rapide par jour protège votre santé ».
Cette synthèse du PNNS fournira au médecin les arguments scientifiques et des pistes pratiques pour inciter ses patients, en tenant compte de leur état de santé, de leurs contraintes, de leur âge, à intégrer davantage d’activité physique dans leur vie quotidienne et leurs loisirs, et à fixer avec eux des objectifs réalistes.
 L’activité physique est une composante importante de la vie quotidienne et un facteur majeur de protection de la santé. L’évolution des modes de vie, et la profonde transformation de l’environnement domestique, de travail et de loisir conduisent à une réduction de la durée et de l’intensité de l’activité physique habituelle. Les écrans présents partout, télévision, Internet, ordinateurs, jeux vidéos, etc., renforcent le temps d’inactivité physique.
Le Programme national nutrition santé a fait de l’augmentation de l’activité physique l’un de ses objectifs prioritaires. Il s’agit d’inciter les Français à bouger dans leur vie quotidienne et leurs loisirs, pas nécessairement à faire du sport. La campagne médiatique de 2004 a popularisé le repère « au moins 30 minutes de marche rapide par jour protège votre santé ».
L’âge n’est pas un obstacle, y compris après 70 ans (avec le sport, plus de tonus / équilibre / meilleur moral)
 
L'exercice physique prend une place toujours plus grande. L'énoncé de ses bienfaits est tout simplement étonnant. Une étude sur 21 000 personnes en 2003 de l'Insee montre que 56 % des femmes et les 3/4 des hommes ont au moins 1 des 3 facteurs de risque que sont le tabac, l'alcool et le surpoids.
Les maladies cardiovasculaires représentent en France 32 % des décès. Les effets bénéfiques de l'exercice physique régulier pourraient être équivalents à ceux du sevrage tabagique. Chez les hypertendus, la pratique d'un exercice physique régulier aérobie peut diminuer les pressions diastolique et systolique. La durée de l'entraînement physique exerce une action plus favorable que son intensité.
Des études montrent que le nombre de décès cardiovasculaires est inversement proportionnel à la pratique sportive. Les effets de l'entraînement physique étaient plus favorables chez le sujet âgé. L'avènement de la course à pied, à la fin des années 60, a coïncidé avec une réduction de 20 % des maladies coronariennes.
Aux Etats-Unis, la combinaison alimentation inadaptée et inactivité physique représentait, en 2000, 17 % des décès (2ème cause de mortalité après le tabagisme). Chez l’adulte, quelle que soit la corpulence et l’âge, un faible niveau d’activité physique est associé à risque accru de mortalité (de cause cardio-vasculaire (coronarienne)), de diabète de type 2, d’HTA, de certains cancers (côlon), ainsi qu’à l’état psychologique (anxiété, dépression). L’activité physique intervient également dans le contrôle du poids et le maintien de l’autonomie chez la personne âgée.
Il existe une relation entre le volume d’activité physique et le risque de mortalité toutes causes, le risque de maladies cardiovasculaires (surtout coronariens), de diabète de type 2. Une quantité au moins modérée d’activité apporte un bénéfice substantiel en terme de santé.
Une activité physique régulière / meilleure capacité cardio-respiratoire diminue la mortalité globale (et surtout coronarienne), à tout âge, y compris à de faibles niveaux d’activité (dépense de 1 000 kcal / semaine = 30 minutes quotidiennes d’activité physique modérée = diminution de 30 % de la mortalité). Cet effet protecteur semble plus important que celui de l’arrêt du tabac (la quantité d’énergie dépensée et la régularité sont plus importantes que l’intensité).
L'exercice physique est essentiel dans la réadaptation et la prévention secondaire des maladies coronariennes. L'effet bénéfique s'explique par l'amélioration de la perfusion myocardique chez le sujet coronarien entraîné. Une méta-analyse récente, "Extramatch" (exercice training metaanalysis of trials in patients with chronic heart failure), a montré que l'entraînement physique contrôlé améliorait le délai de survie chez les insuffisants cardiaques par dysfonction systolique ventriculaire gauche.
L’effet coronaroprotecteur du sport est lié non seulement aux effets directs sur le cœur (adaptation structurelle des artères coronaires avec augmentation du flux coronarien, meilleure efficience des échanges en oxygène, augmentation de compliance cardiaque), mais également à l’effet sur les facteurs associés tels :
Amélioration de l’HTA (diminution de pression artérielle systolique et diastolique de 6 à 7 mm Hgchez les normotendus et hypertendus, par vasodilatation, diminution de l’activité du système sympathique et rénine-angiotensine.
Augmentation du cholestérol-HDL, diminution des triglycérides, surtout si perte de poids, diminution du cholestérol-LDL si pratique sportive importante.
Diminution de l’insulinorésistance et de l’obésité
Diminution de l’agrégation plaquettaire (effet antithrombogène), NB : en aigu, un exercice
intense augmente le nombre et l’activité des plaquettes et a un effet prothrombotique expliquant les accidents coronariens aigus observés occasionnellement.
 
L'activité physique et le métabolisme : l’activité physique régulière, même modérée diminue le risque de survenue de diabète de type 2 à l'âge adulte, dans la population générale et chez les sujets intolérants au glucose. Les activités physiques jouent un rôle thérapeutique chez les patients atteints de diabète de type 2. Le syndrome métabolique (sa prévalence du syndrome métabolique a augmenté de façon exponentielle, > 22 % des hommes et 18 % des femmes entre 35 et 65 ans ) associe plusieurs anomalies. L'insulinorésistance est l'élément central. Si la diminution de l'apport alimentaire, en particulier de lipides, est fondamentale, l'exercice physique est le deuxième volet auquel il faut absolument s'attacher avant d'envisager un traitement médicamenteux. La relation entre activité physique et diabète de type 2 est confirmée par des études transversales et de cohorte, surtout chez les sujets à risque (surpoids, HTA, antécédents familiaux de diabète). La pratique régulière d’une activité physique améliore l’équilibre glycémique et réduit le risque cardiovasculaire.
 
Le surpoids semble toucher 40 % des Français. L'obésité touche de 12 à 18 % des enfants de plus de six ans. Ce chiffre pourrait atteindre 25 % au cours de l'année 2020. L'exercice physique, même modérée, permet de diminuer un peu une surcharge pondérale ou de stabiliser une perte de poids (études prospectives qui montrent que l’activité physique peut atténuer le gain de poids au cours du temps, sans prévenir complètement le phénomène, ni promouvoir une perte de poids au niveau des populations). Son efficacité est meilleure si un régime alimentaire est associé (stabilise le poids perdu et limite la perte de masse maigre).
Mécanismes : le sport favorise l’utilisation des lipides par rapport aux glucides, meilleure capacité du muscle entraîné à utiliser les graisses comme source d’énergie et meilleure mobilisation des acides gras à partir du tissu adipeux de réserve.
Il existe une relation nette entre l'intensité de l'activité et la diminution de la charge pondérale. Pour les enfants et les adolescents, les directives européennes et américaines préconisent 90 min d'activité journalière, dont 30 min d'intensité modérée.
 
Le sport régulier modéré en endurance, ralentit la progression ou diminue la sévérité des lésions athéromateusesdes carotides/coronaires/pathologie artérielle périphérique, Ainsi après infarctus ou coronarite le sport régulier diminue la mortalité de 25 %.
 
Sport et cancers  : le sport réduit l’incidence et la mortalité par cancer tous sites confondus, chez l’homme comme chez la femme (surtout colon (tous sexes) et le cancer du sein). Sur 51 études concernant le risque de cancer du colon et/ou rectum, 43 montrent une réduction de 40 à 50% chez les actifs, diminution de 30 % du risque du cancer du sein notamment après la ménopause.
Une autre compilation de 180 études épidémiologiques montre une réduction significative du risque de cancer du côlon / sein, probable pour le cancer de la prostate et poumon / endomètre. L’excès de poids est relié à une augmentation du risque de cancer du côlon, du sein chez les femmes ménopausées, de l’endomètre, du rein et de l’œsophage. Mais ces études sont rétrospectives et reposent sur des déclarations à postériori
Selon l’étude Epic (50000 européens de 35 à 70 ans en bonne santé différents surveillés sur plusieurs paramètres (dont l’activité physique) sur > 7 ans), l’activité physique (professionnelle, loisirs, domestique), diminue l’incidence de 2 cancers, le cancer du côlon (- 20%) et le cancer du sein (- 30%). NB : il est difficile de dissocier activité physique et surpoids.
Les mécanismes impliqués sont : effets sur le poids et l’adiposité abdominale, sur les taux circulants d’insuline et des facteurs de croissance (IGF-1) et peut-être à ses effets sur l’immunité. Effets sur le transit intestinal, réduisant le temps d’exposition de la muqueuse digestive aux carcinogènes d’origine alimentaire. Rôle protecteur vis-à-vis du cancer du sein : premières règles plus tardives, cycles anovulatoires plus fréquents (facteurs protecteurs connus du cancer du sein. L'hygiène de vie est meilleure chez les sujets qui pratiquent de manière régulière un exercice physique.
Les auteurs proposent un minimum de 30 minutes / jour, d’intensité modérée à forte (marche rapide, vélo, montée des escaliers à pied, gymnastique), de préférence 5 / semaine avec un BMI < 25. En 2003, cette même étude européenne Epic avait montré l’importance du régime alimentaire (réduction de 30% de cancers digestifs (colon, œsophage, estomac), dans les régimes comportant des fruits et des légumes frais, peu de viande et de charcuterie, peu de sucres, de graisses en particulier animales et d’œufs.
 
L'activité physique et l'appareil ostéo-musculo-articulaire. En Europe, l'impact économique de l’ostéoporose est important, en constante augmentation avec le vieillissement de la population (similaire à celui des maladies cardiovasculaires). Pour lutter efficacement contre celle-ci, l'activité physique (marche et les activités physiques de loisirs) doit être associée à une alimentation équilibrée en protéines et en calcium. La régularité de la pratique d'un exercice physique est primordial dans la prévention de la chute chez le sujet âgé (aspect ludique / travail de groupe indiqué).
L'arthrose est la troisième cause d'incapacité totale ou partielle en France. avec par an, 118000 prothèses de hanche ou de genou. Parmi les armes non médicamenteuses, l'exercice physique, revient en force. En effet, une activité physique régulière limite la détérioration arthrosique de la hanche / genou. Le vélo pratiqué régulièrement entretient la musculature des membres inférieurs.
Entre 20 et 80 ans, la diminution de la masse musculaire est nette : près de 50 %. La force musculaire maximale, qu'elle soit concentrique, excentrique ou isométrique, diminue avec le vieillissement, avec un mécanisme qui s'aggrave après 60 ans. Cette détérioration est limitée par l'exercice physique régulier d'intensité modérée, voire de force s'il est supervisé.
 
Une activité physique régulière réduit, ou prévient la dégénérescence liée à l’âge, améliore la qualité de vie et la capacité fonctionnelle des sujets âgés et retarde l’entrée en dépendance. Chez le sujet âgé, l’activité physique régulière diminue les facteurs de risque (cardiovasculaire), l’entraînement en endurance améliore la tolérance au glucose (avant toute modification du poids ou de la composition corporelle.), diminue la pression artérielle, prévient la perte de masse et de la fonction musculaire, ainsi que l’ostéoporose (mais nécessité d’apports calciques, sauf activité intense chez sujet non entraîné qui peut conduire à une déminéralisation). Amélioration de l’équilibre et diminution du risque de chutes, augmentation de la souplesse et de l’amplitude des mouvements, maintient lesfonctions cognitiveset de l’humeur du sujet âgé.
 
Immunité et sport : les défenses immunitaires sont augmentées pour des entraînements physiques modérés en volume et en intensité et diminuées pour des niveaux élevés (après exercices intenses et prolongés).
 
L'activité physique, la santé mentale et l'appareil neurologique. C'est pour le plaisir que plus de 90 % des sportifs choisissent de pratiquer un sport (Insee 2001). L’exercice physique en endurance semble adapté au traitement de la dépression / anxiété, elle limite le déclin des fonctions cognitives au-delà de 70 ans (capacités mnésiques) (réduction du risque d’Alzheimer et de démence). Le sport améliore le bien être psychologique, avec meilleure tolérance aux contraintes de la vie professionnelles et effet bénéfique sur le vécu et la réaction aux contraintes psychosociales.
D'autres bienfaits de l'activité physique sont déjà connus chez les insuffisants respiratoires atteints de bronchopneumopathie obstructive et chez les asthmatiques (de longue date).
 
L’activité physique minimum conseillée chez l’adulte correspond à la marche à un pas soutenu 30 minutes/j, la plupart, et si possible tous les jours de la semaine, sinon vélo (comme moyen de transport), natation (non compétition), jardinage. Des activités d’intensité supérieure peuvent bien entendu être réalisées sur une base individuelle en fonction des goûts, de la capacité physique et de l’état de santé.
 
Chez l’enfant et l’adolescent : on ajoute aux préconisations pour l’adulte la pratique 3X/semaineminimum, d’activités physiques + intenses sur > 20 mn/ séance (sport collectif ou individuel, et pour les adolescents, d’entraînement musculaire avec “résistance” (musculation).
 
En France 10 à 15 % des adultes Français ne pratiquent quasiment aucune activité physique et seuls 60 % atteignent les recommandations, 50 à 60 % pratiquent une activité sportive régulière. Près de 40 à 50 % des filles et 25 à 35 % des garçons ne font pas de sport en dehors des cours d’EPS à l’école.


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