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Sport et pollution


Exercice et pollution atmosphérique
Le dernier rapport de l'OMS, en 2002 montre que chaque année, la pollution atmosphérique provoque dans le monde 800000 décès prématurés (morbi-mortalité cardiovasculaire). Les polluants incriminés sont certains gaz (CO, NOx, SO2, O3) et des matières particulaires (MP). La pratique d'une activité physique ou d'un sport est un facteur de surexposition aux polluants atmosphériques et susceptible, d'une part, d'altérer les performances avec sur-risque chez des sujets sensibles.
Des gaz responsables de la pollution
•Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz inodore produit surtout par les véhicules au ralenti, les tondeuses ainsi que par le dysfonctionnement des appareils de chauffage. Il se fixe à l'hémoglobine pour laquelle il a une affinité très élevée. Les taux les plus importants dans l'air sont retrouvés entre septembre et avril.
•Les NOx regroupent le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2) suite à la combustion, à haute température, de combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole…) et proviennent donc surtout des véhicules et des appareils de chauffage. Le NO2 est de loin le plus toxique.
•L'ozone (O3) résulte de l'action du rayonnement solaire sur les NOx et des composés organiques volatiles. Sa production coïncide donc en général avec des pics de température. Les taux les plus élevés sont retrouvés entre les mois d'avril et septembre.
•Le dioxyde de souffre (SO2) est produit par les industries (cheminées des centrales au charbon ou au fuel) ou par les chauffages. La limite acceptable dans l'air varie en fonction de la concentration en matière particulaire. On retrouve ce toxique toute l'année.
•Les matières particulaires (PM) en suspension dans l'air, provenant surtout des moteurs diesels, avec toxicité en partie dépendante de leur diamètre. On distingue ainsi des particules grossières PM10 (< 10 µm), des particules fines (< 2,5 µm) et des particules ultra-fines PM0,1 (< 0,1 µm). Ces dernières, minoritaires en volume, sont majoritaires en nombre et surtout en surface. Synergie entre l'action des particules avec le SO2 et l'eau, avec formation d'acide sulfurique qui peut être amené loin dans les poumons. La concentration dans l'air est plus importante l'hiver, entre septembre et janvier
Les agents polluants agissent sur le système broncho-pulmonaire mais ont également un effet systémique en passant la membrane alvéolo-capillaire. Les sportifs et athlètes, parce qu'ils pratiquent leur sport régulièrement dans la semaine, à des intensités et à des niveaux ventilatoires importants, sont un groupe à risque face à la pollution.
Augmentation des polluants inspirés proportionnelle au débit ventilatoire, respiration buccale (plus fréquente avec l'augmentation de l'intensité de l'exercice) court-circuitant les voies nasales et leur système de filtration des particules de grande taille et des gaz solubles, pénétration plus profonde des particules dans les poumons avec l'augmentation du volume courant, augmentation de la capacité de diffusion alvéolo-capillaire chez l'athlète au repos comme à l'effort, diminution de la clairance muco-ciliaire provoquée par les polluants, sur plusieurs jours après l'exposition, réduisant l'élimination des particules inhalées ;
Pratiquer une activité physique intense de 30 minutes en ville multiplie l'HbCO par 10, soit l'équivalent de dix cigarettes (augmentation de la Fc d'exercice, diminution du débit cardiaque (Qc) et de la différence artério-veineuse O2 (DavO2) et baisse du VO2max.
Le NO2 est un irritant des voies respiratoires (toux, irritation pharyngée, dyspnée) qui augmente les résistances des voies aériennes chez les asthmatiques ou les sujets sensibles. Les athlètes d'endurance, avec plus grande incidence de l'hyper-réactivité bronchique induite par l'exercice, sont probablement plus exposés, mais l'effet sur les performances n'est pas connu.
L'ozone (O3) est l'un des polluants les plus connus du public, avec des concentrations plus importantes l'été, avec un pic entre 12 et 14 h au moment des heures les plus chaudes et où la circulation automobile est importante y compris en zone péri-urbaines. Il irrite les voies respiratoires (augmentation de la résistance des voies aériennes observées, réflexe aboli par un pré-traitement avec AINS alors que le salbutamol reste inefficace) avec dégradation des performances aérobies.
Le SO2 altère les performances : gaz très hydrophile normalement largement filtré par les muqueuses nasales. C'est un irritant respiratoire (histamino-libérateur), particulièrement pour les asthmatiques, au repos mais aussi, et surtout, à l'exercice. Peu de conséquence chez un sujet sain. Contrairement à l'effet de l'ozone, le traitement par des ß2-agonistes ou du cromoglycate disodique reste efficace.
 


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