» Médecine du sport Parachutisme

Parachutisme


Parachutisme : pratiqué en France par environ 14 000 personnes de façon régulière.
L’effort reste modéré (déplacements avec un équipement +/- lourd), il est rarement intense et acceptable pour un sujet normal.
Les contraintes environnementales sont variables, modérées. L'altitude entraîne une hypoxie relative avec tachycardie. Le froid d'altitude, joue un rôle s’il dure longtemps (saut à grande altitude avec ouverture immédiate et dérive sous voile). Le froid vif, conjugué à l'effet du vent sur le visage, provoque de brusques accélérations / décélérations des rythmes respiratoire et cardiaque. Ces modifications participent à l'agression, en modifiant l'hémodynamique cardiaque et la pression veineuse centrale.
Le stress psychologique : intense et brutal, selon l'émotivité du sujet, les premiers sauts étant souvent l'expérience la plus terrifiante du débutant. La peur s'estompe avec la répétition des sauts et l'expérience acquise. La peur est multifactorielle : peur de ne pas sauter, peur du vide, peur de l'accident mécanique en l'air, peur à l'atterrissage. Le stress psychologique subsiste, quelle que soit l'expérience du sujet.
L'étude des réactions cardiovasculaires : FC et TA peut se faire par télémétrie ou Holter
La FC moyenne passe de 69 ± 8 bpm au repos à 158 ± 12 (142 à 220) bpm (161 ± 14 bpm si débutant et 150 ± 10 bpm si expérimenté) au moment du saut, anticipation du saut, 1 heure avant, 92 % des sujets ont 1 FC > 100 bpm, la valeur de repos est atteinte en moyenne 1,5 heures après le saut. La récupération du rythme cardiaque initial est retardée si plusieurs sauts sont effectués dans la même journée ou si des incidents surviennent.
En saut en automatique, la sortie de l'avion est le moment le plus pénible. En saut retardé, ce sont les phases d'ouverture de voile et d'atterrissage qui sont les instants critiques. Le stress émotionnel grandit avec les fautes de pilotage,les erreurs de largage, les difficultés d'approche de la cible, comme le vent,le manque de visibilité : pluie, nuit, la compétition et, surtout, la survenue d'incidents matériels.
Après plusieurs sauts dans la même journée, les pics de FC maximale s'estompent, mais la FC moyenne entre les sauts reste plus élevée. Les champions de voltige ou de précision d'atterrissage, peuvent effectuer 8 à 10 sauts / jour, mais ils en ressortent épuisés.
Variation de la TA : la TA systolique moyenne de repos de 127 ± 7 mmHg passe à 168 ± 35 mmHg au moment du saut. Cette élévation débute progressivement au moins 2 heures avant le saut. Le retour à la PAS initiale ne se fait, chez certains, qu'en 1,5 heures. La PA diastolique moyenne passe de 73 ± 8 mmHg à 58 ± 7 mmHg à l'atterrissage. Elle est inchangée 30 minutes avant et 30 minutes après le saut. Cet élargissement de la différentielle s'explique par la bonne compliance artérielle du sujet jeune.
L'âge minimal requis pour pouvoir pratiquer le parachutisme est de 15 ans révolus, de 12 ans révolus pour le parachutisme ascensionnel et le parapente. Il n'y a pas de limite d'âge supérieure.
Classiquement, le débutant doit commencer par subir une formation théorique et un entraînement physique. Celui-ci vise à donner au sujet une condition physique générale satisfaisante et à lui apprendre certains gestes spécifiques : techniques de sortie d'avion, d'atterrissage, etc… Habituellement, cette préparation est sanctionnée par un examen.
Seuls les candidats reçus et présentant un certificat médical de non contre-indication pourront faire leur premier saut. L'aptitude est signifiée par un certificat médical obligatoirement délivré par un médecin habilité par la Fédération française de parachutisme.
Un certificat sur papier libre suffit pour un saut d'initiation. Dans les autres cas, il doit être rédigé sur le livret de saut du parachutiste.
La visite médicale d'aptitude comprend un examen clinique général (cardio-vasculaire, pulmonaire, ORL, bucco-dentaire, oculaire, cutané) comme pour les autres sports, avec toutefois une attention particulière à certains aspects :
- les membres inférieurs doivent être suffisamment musclés pour amortir le choc à l'arrivée. Le dos doit être équilibré (examen statique et dynamique). Toute affection ostéo-articulaire et/ou musculo-tendineuse ainsi que les séquelles fonctionnelles graves entraînent l'inaptitude.
- l'examen neurologique doit être complet (étude des réflexes ostéo-tendineux, du sens de l'équilibre, etc.…) Les troubles de la conscience, les vertiges, les pertes de connaissance d'origine neurologique, l'épilepsie sont des contre-indications.
- l'appareil respiratoire : il faut tenir compte du retentissement d'une éventuelle hypoxie d'altitude
- la sphère ORL : une voix chuchotée doit être entendue à 2 m. Un éventuel vertige d'origine vestibulaire doit être recherché et il faut tenir compte des variations de pression atmosphérique et de température.
- l'appareil visuel enfin : le champ visuel, l'équilibre oculomoteur, la vision des couleurs et du relief doivent être normaux (5/10e minimum à chaque œil sans correction). Un fond d'œil est recommandé en cas de myopie sévère.
Un électrocardiogramme est recommandé après 40 ans. Cette visite doit être complétée pour les 15/16 ans par un test de Risser, une radiographie de la charnière lombo-sacrée et d'une radiographie main-poignet pour connaître l'âge osseux.
La pratique est contre-indiquée aux personnes souffrant d'épilepsie, de troubles psychiatriques, d'asthme sévère ou mal équilibré, d'antécédents de pneumothorax spontané ou récidivant, d'insuffisance cardiaque, d'hypertension artérielle, d'atteinte de l'appareil locomoteur, d'hernie discale, d'hernie de la paroi abdominale, de splénomégalie et de cécité monoculaire ou ayant subi récemment une IVG ou une intervention chirurgicale. La pratique du parachutisme est en outre interdite aux femmes enceintes dès le début de la grossesse.
Les troubles de la personnalité ou du comportement, les psychoses, les névroses, les états dépressifs constituent des contre-indications.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.