» CORPS Infections Endémies

Endémies


Grandes endémies Définitions : Réservoir : espèce animale qui héberge l’agent pathogène, Source : milieu animal ou homme à l'origine de la contamination, Vecteur : arthropode qui transmet une maladie infectieuse
Incidence : nombre de cas de personnes tombées malades, pendant une période donnée, pour une population donnée. Prévalence : comme l’incidence, sans distinction entre les cas nouveaux et les cas anciens. Epidémie : maladie dont le nombre de cas est supérieur au nombre attendu pendant une période donnée et en un lieu donné
Pandémie : correspond à la même définition, sans la limite du lieu. Epizootie : = épidémie animale Couverture vaccinale : fraction de population correctement vaccinée contre une maladie donnée.
Maladie endémique : maladie enracinée. C'est le réservoir de germe, source de contamination pour le sujet sain, qui enracine l'agent pathogène en une zone donnée. L'homme représente souvent le réservoir principal de germe, parfois c'est l'animal. La transmission de l'agent pathogène peut faire intervenir un insecte vecteur : paludisme, fièvre jaune. Parfois, l'agent pathogène effectue une évolution biologique chez un hôte intermédiaire comme un mollusque (bilharzioses) ou un crustacé d'eau douce (dracunculose).
 
Des conditions nécessaires de chaleur et de pluviométrie favorisant la prolifération et la diffusion des vecteurs et hôtes intermédiaires expliquent que certaines endémies sévissent essentiellement dans la zone intertropicale : paludisme (Anophèles et plasmodium), fièvre jaune (Aedes et virus amaril), trypanosomiase humaine africaine (glossines et trypanosomes, onchocercose (simulies et onchocerca volvulus), schistosomoses (mollusques et schistosomes), dracunculose (cyclops et Dracunculus medinensis)
 
L’homme est habituellement le seul réservoir de l'agent pathogène avec une transmission interhumaine directe. Le manque d'hygiène, la concentration des populations, la promiscuité, les difficultés d'accès à l'eau potable, la malnutrition, le sous-développement économique favorisent ces endémies.
Les schistosomoses font partie des maladies liées au péril fécal et urinaire, aux habitudes de contact avec l’eau, à la création de barrages de retenues d’eau.
L’eau tient une place importante dans la transmission du choléra, mais sa transmission est associée avant tout à l’environnement humain, aux rapports entre les hommes, les rassemblements de population (pèlerinages, marchés), les rites funéraires disséminant les vibrions,
La déforestation, les forages en zone désertique favorisent le développement des gîtes larvaires et donc le paludisme,
L'urbanisation et le défaut d’assainissement et d’hygiène favorise la pullulation d’Aedes aegypti, moustique inféodé à l’homme, et donc la fièvre jaune,
Le comportement des populations en terme de sexualité (transmission homo et/ou hétérosexuelle sans protection), l’usage de drogues injectables sont en cause dans l’endémie due à l’infection à VIH/Sida.
Plus de la moitié de la population africaine est urbanisée, ce qui influe sur l’évolution de certaines maladies. Ainsi, il y a une faible transmission du paludisme en milieu urbain, donc une diminution de l’incidence du paludisme, mais une augmentation relative des formes graves, les sujets vivant en zone urbaine n’ayant pas acquis d’immunité spécifique vis-à-vis du plasmodium.
Les endémies qui sont un problème de santé publique : paludisme, infections respiratoires aiguës, VIH/Sida, tuberculose, choléra, Bilharziose, hépatites à virus B / C, Méningite à méningocoques, fièvre jaune, dengue. Celles qui le sont plus (ou ne devraient plus être) : filarioses lymphatiques, tétanos néo-natal, poliomyélite, lèpre.
Il existe une vulnérabilité des endémies, par la médecine mobile (dépistage et traitement) (Jamot et la Maladie du Sommeil) et par la prévention, avec le Programme Elargi de Vaccinations en 1974.
Mais la Maladie du sommeil et la Fièvre jaune, contrôlées à la fin des années 1960, sont de nouveau des grandes endémies, après l’arrêt de la lutte antivectorielle et de la vaccination anti-amarile.
Il n’y a pas de modèle unique de stratégies de lutte, la plupart des stratégies associent plusieurs moyens : l’éducation pour la santé, la lutte antivectorielle individuelle et collective, l’assainissement et l’aménagement de l’habitat pour lutter contre le péril fécal, le dépistage/traitement : la médecine mobile, les techniques de diagnostic (tests de diagnostic rapide), les nouveaux médicaments (ivermectine, dérivés de l’artémisinine). Les vaccinations : le Programme Elargi de Vaccination (1974), élargi à la Fièvre jaune, à l’HVB et à l’infection à Hib, pouvant être étendu aux infections à pneumocoques, à rotavirus, à HPV. La chimioprophylaxie des maladies infectieuses limitée à la prophylaxie du paludisme et en pratique à la prophylaxie des femmes enceintes autochtones et des voyageurs, mais qui devrait être étendue à la prophylaxie post-exposition du VIH (soignants, transmission sexuelle), de la tuberculose des sujets immunodéprimés ou particulièrement fragiles (nouveau-nés ou petits-enfants exposés à un cas de tuberculose contagieuse par voie aérienne)...
On distingue les
- grandes endémies persistantes  : sans diminution de morbimortalité (paludisme, hépatite B),
- endémies en recrudescence : moyens de lutte efficaces mais plus ou mal appliqués (fièvre jaune),
- endémies en extension  : aggravation de la situation (schistosomoses, choléra, MCSm sérogroupe W135, tuberculose liée au sida, dengue, ...),
- endémies récemment émergentes et en extension : VIH/Sida, hépatite C, fièvres hémorragiques virales (faible incidence), Chikungunya, fièvre de la Vallée du Rift, infection à virus West Nile, Ulcère de Buruli, ...
- endémies en régression importante : poliomyélite, tétanos néo-natal, filarioses lymphatiques, onchocercose, dracunculose, lèpre, et très récemment rougeole.
- endémie éradiquée : la variole. On va vers l'éradication de la dracunculose, de la poliomyélite ?


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.