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Epiphysiolyse de l’extrémité supérieure du fémur


L'épiphysiolyse de l'extrémité supérieure du fémur  (2) : est, chez l'adolescent, l'affection de hanche la plus commune : glissement idiopathique en arrière et en bas de l'épiphyse proximale du fémur par rapport à la métaphyse. Ce glissement passe dans la zone hypertrophique du cartilage de conjugaison (qui passe de 15 à 30% (normale) jusqu’à 80%, anomalie de la maturation du cartilage, de l’ossification enchondrale, anomalies du col fémoral (ce qui accroît les forces de cisaillement), synovite associée), sans modifier les rapports de l'épiphyse et de sa surface articulaire avec l'acétabulum.
Incidence de 11 10-5, prédominance masculine (1.65/1), chez le sujet noir (X 4), survient entre 10-16 ans (moyenne de 12.7 ans (garçons) vs 11.2 ans (filles), atteinte bilatérale d’emblée (20%) ou secondairement dans les 18 mois (20 à 40 %). Risque accru si : obésité (facteur principal), hypothyroïdie, taux de GH bas, tumeurs hypophysaires, craniopharyngiome, trisomie 21, ostéodystrophie rénale, syndrome adiposogénital.
Clinique : douleurs de la hanche, de la partie moyenne de la cuisse et/ou genou, boîterie de survenue aiguë ou insidieuse ; diminution de la mobilité de la hanche, avec atteinte uni- ou bilatérale.
Radiographie : tête fémorale déplacée vers l’arrière et le bas par rapport au col fémoral mais qui reste dans l’acétabulum. Le col fémoral est court, large et déplacé vers le haut par rapport à la tête. De face, la ligne tangente au bord supérieur du col fémoral (ligne de Klein) ne coupe plus le segment supéro-externe du noyau céphalique.
Les coupes scanographiques avec les reconstructions sagittales confirment ces modifications céphaliques et cervicale. L'IRM (coupes coronales sur les 2 hanches et coupes sagittales sur la hanche atteinte) apprécie la morphologie, les modifications de signal du noyau épiphysaire et la couverture acétabulaire. Elle évalue aussi bien que l'arthrographie, l'épaisseur du cartilage fémoral et acétabulaire ainsi que l'existence de franges synoviales.
La fusion du noyau épiphysaire déplacé provoque une dysmorphie de l'articulation coxo-fémorale : coxa vara, coxa retrorsa. Une ostéonécrose aseptique du noyau épiphysaire peut s'observer dans les formes à grand déplacement ou si la réduction a été tardive.
Histologie : le plateau épiphysaire est irrégulier parfois très épaissi, avec hémorragie à l’interface avec la spongieuse
Les objectifs du traitement (le plus précoce possible) sont d’éviter l'aggravation du glissement le temps de la soudure du cartilage de conjugaison, la nécrose avasculaire, et la chondrolyse
Méthodes de traitement : ostéosynthèse, épiphysiodèse, ostéotomie fémorale proximale ou contention par grand plâtre pelvi-pédieux.
 
(2) Klein MJ, Bonar SF, Freemont T, Vinh T, Lopez-Ben, Siegel H et al. Non-neoplastic diseases of bones and joints. American registry of pathology, Armed forces institute of pathology, 2011.


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