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Identification en médecine légale


Identification en médecine légale
En médecine légale, l'identification est utile pour déterminer qui est l'auteur d'une infraction et qui est la victime.
L'identification d'un individu n'est bien entendu possible que si celui-ci est inventorié quelque part : mémoire visuelle de proches ou de témoins, fichier ou recueil photographique, anthropométrique, empreintes digitales, banque d’ADN.
Cadavre entier bien conservé : Sexe, taille, corpulence, poids, race (+/- facile). Age : aspect, squelette, dents.
Caractères particuliers : couleur de la peau, des yeux, pilosités, cicatrices, tatouage, , anomalie mineure du visage, des dents, naevus, cicatrices ; à l'autopsie : pathologie aiguë chronique ou ancienne (prothèse de hanche, intervention gastrique). Identification radiologique : si radios antérieures disponibles, radios des mêmes zones ;
Cadavre fragmenté, putréfié, débris : Sexe : ostéologie chromosome Y. Taille : anthropométrie, ostéologie. Race : anthropométrie, cheveux, peau, groupages.
Age : anthropométrie, ostéologie : côtes, pubis, dents, crâne ; utérus, ovaires, prostate, histologie des organes.
Le pathologiste médicolégal peut examiner des pièces osseuses, complètes ou fragmentaires, fraîches ou anciennes, voire putréfiées ou calcinées. Dans tous les cas, après inventaire et photographies métriques, l'examen macroscopique est suivi de divers examens, dont la microscopie. Celle-ci se fait, selon la résistance des échantillons, sur coupes fraîches ou sur coupes après inclusion en résine plastique. Une technique simple est l'utilisation de coupes d'environ 100 µ d'épaisseur, par tronçonnage à l'aide d'une fraise-scie. Un amincissement de la coupe est toujours possible par usure au papier abrasif à l'eau.
A partir des os et des dents  caractéristiques morphologiques comparées à des documents ante mortem : photographies, radiographies, comptes rendus opératoires, traces chirurgicales et autres renseignements utiles à la reconnaissance de la personne.
Technique anthropométrique : elle mesure certains os, sélectionnés, et en détermine les caractéristiques. Elle repose sur des bases statistiques. L’éventuelle présence de malformations osseuses, de cals ou de prothèses (plaques métalliques et clous parfois numérotés, nombre et orientation des vis) constitue de précieux points de comparaison avec le dossier médical du sujet disparu.
Il est facile de déterminer l’origine humaine d’os entiers d’adultes, le rapport entre le calibre intérieur et extérieur du corps des os long étant généralement plus faible chez l’homme que chez les animaux. La comparaison à des atlas d'ostéologie humaine et animale permet une identification aisée de l'espèce. Les os d'embryons et de fœtus humains peuvent être confondus, en raison de leur petite taille, avec des os d'animaux. Les premiers ne comportent jamais d'épiphyses soudées contrairement aux seconds qui ont des crêtes d'insertion musculaire beaucoup plus marquées.
En cas de fragments osseux, lorsque la morphologie est insuffisante, il faut faire appel aux méthodes immunologiques : recherche de protéines humaines et animales
On peut également estimer, grâce à des tables anthropométriques ou à des formules, la taille d’un sujet, à quelques centimètres près, à partir des os longs de ses membres (fémur, humérus…).
L’examen du squelette indique le sexe et, parfois, l’âge. En effet, le bassin osseux de la femme est plus large, plus évasé, que celui de l’homme ; de même, le crâne féminin est plus petit, plus gracile, avec des empreintes musculaires moins marquées.
Quant à l’âge chez l’adulte, le diagnostic repose en partie sur l’aspect des jonctions chondro-costales, sterno-costales, sternum, cartilages costaux (une fossette se creuse avec le temps), ainsi que sur le degré de soudure des pièces sternales et des sutures crâniennes. Pour ces dernières, la soudure s’effectue entre vingt-deux et cinquante ans dans un ordre déterminé, mais elle reste un indice vague.
L’examen de la structure osseuse, par les modifications qu’elle subit au cours de la vie, apporte des éléments d’appréciation complémentaires. Néanmoins, l’âge d’une victime adulte ne s’estime qu’à quelques années près.
Pour les enfants, le diagnostic, beaucoup plus précis, se fonde, d’une part, sur le critère de fermeture des fontanelles et, d’autre part, sur l’apparition et l’évolution des points d’ossification des mains et des pieds. Chez l'adolescent et l'adulte jeune, jusqu'à 22 ans, c'est la chronologie des soudures épiphysaires qui aide ; la dernière épiphyse à se souder étant l'épiphyse interne de la clavicule vers 22 ans. Chez le fœtus, la mensuration des diaphyses des os longs permet un calcul de la taille, elle-même corrélée à l'âge gestationnel.
La morphologie crânienne et de la craniométrie évoque une appartenance ethnique.
Le groupage ABO peut se faire sur la plupart des os, même très anciens (plusieurs milliers d'années) sur des échantillons broyés (quelques décigrammes) par la méthode d'absorption-élution. Comme pour les dents, des examens répétés, assortis de témoins, et une interprétation rigoureuse s sont nécessaires. Un examen en lumière ultraviolette peut être pratiqué pour la recherche de tétracyclines.
Méthodes d’appréciation de l’ancienneté des ossements (en France, prescription des crimes après dix ans). Aucun critère ne permet de détermination rigoureuse et fiable dans des limites de probabilité acceptables. Les méthodes utilisables sont multiples : histologiques, physiques, chimiques. La présence de tissus superficiels organiques (à condition que ceux-ci ne soient pas momifiés sur l'os), avec réaction à la benzidine positive sur ces dépôts.
La graisse disparaît dans l’os spongieux de plus de dix ans environ, et les protéines n’y subsistent pas plus de cinq ans. L'examen en lumière ultraviolette montre sur les sections d'os frais une fluorescence bleu violacé diffuse qui devient blanc jaune au fil des ans. Vers 100 ans, il ne persiste que quelques zones bleutées disséminées sur un fond gris brun.
Les recherches chimiques offriraient de bonnes approximations par dosage des protéines, avec électrophorèse des acides aminés et dosage des triglycérides. Ces indicateurs permettraient une approximation d'environ 8 ans.
La réaction à la benzidine consiste à mettre en évidence l'activité peroxydasique des restes de sang présent : application de benzidine en solution et d'eau oxygénée, développement d'une coloration bleue en cas de présence de peroxydase.
Mais la conservation du squelette dépend beaucoup des conditions de milieu, fort variable, ce qui rend la détermination du délai post-mortem incertaine.
L’étude comparative des schémas dentaires : Dans certains cas : catastrophes aériennes ou ferroviaires, incendie, il ne reste des corps que des os éclatés, des fragments rétractés. Comment vérifier si les cadavres considérés peuvent correspondre aux personnes déclarées disparues ? La carbonisation, épargne souvent les dents. Outre leur insensibilité à l’action microbienne, elles résistent aux chocs et aux températures élevées ; les couronnes, simplement fissurées vers 2300C, n’éclatent qu’aux alentours de 4000C et restent les seuls vestiges utilisables.
L’odontologiste analyse les radiographies panoramiques des mâchoires de la victime, à la recherche de dents incluses ou d’anomalies radiculaires. Il reconstitue le schéma dentaire en tenant compte des restaurations partielles ou totales, des prothèses, des dents absentes (les alvéoles des dents extraites du vivant de la victime sont comblées et à bords lisses, alors que celles des dents perdues après la mort sont vides et à bords aigus).
Ce relevé dentaire permet des comparaisons avec les renseignements fournis par les chirurgiens-dentistes traitants.
L’expert, n’occultant ni ses doutes ni ses incertitudes, essaie par exemple d’expliquer les discordances observées entre le schéma dentaire qu’il a établi et des fiches de soins dentaires, souvent anciennes et incomplètes. Si la fiche dentaire manque, on devra se contenter de superposer une photographie sur laquelle le disparu sourit à celle de la denture à analyser. Une carte d’identité dentaire faciliterait grandement les investigations.
Chez les enfants, l’âge s’établit d’après l’ordre d’apparition des dents (dentition déciduale, mixte, adulte) et leur degré de minéralisation.
Chez l’adulte, l’examen au microscope des coupes fines d’incisives ou de canines donne la possibilité de noter les modifications dues au vieillissement : usure de l’émail, dégradation du tissu de soutien, apposition de cément (nombre d’anneaux d’apposition cémentaire sur coupes transversales de racine non décalcifiée colorées au rouge d’Alizarine à 1%) et de dentine, résorption et transparence de la racine.
Seule la combinaison de plusieurs de ces caractères (méthode de Gustafson) fournit une indication de l’âge, avec toutefois une marge d’incertitude importante, de l’ordre de cinq ans.
Quant au groupe sanguin (A, B, O), il peut être connu à partir de quelques dizaines de milligrammes de poudre de dent. Les caractéristiques de groupe s’y conservent beaucoup plus longtemps que dans les globules rouges, qui disparaissent rapidement car biodégradables.
La reconstitution faciale : L’expert, reconstitue, à l’aide d’une pâte, les muscles et la peau. Il se fonde sur ce qui témoigne de l’orientation des muscles et de leur puissance (profondeur, largeur des sillons laissés par leurs insertions). Cet « habillage » du crâne autorise une identification visuelle du cadavre. L’expert peut également superposer une photographie de la tête de la personne recherchée à celle de la boîte crânienne, prise sous un même angle, afin de relever une possible compatibilité d’identité.
Traces biologiques : Crimes de sang, viols, cambriolages, etc., laissent des traces, pas toujours faciles à découvrir. Sur les lieux de l’infraction, sur les habits ou sous les ongles de la victime, il n’est pas rare de déceler des empreintes digitales, des poils, des taches de sang, de sperme ou de salive… tous utiles à l’enquête.
La plupart des problèmes formulés par le magistrat se résolvent par la recherche et la mise en évidence d’une similitude entre pièce à conviction et objet de comparaison. Ainsi, une simple trace de morsure a permis l’identification d’un violeur meurtrier grâce à ses empreintes dentaires !
L’identité par les empreintes digitales : La qualité de la preuve que les empreintes digitales fournissent à la justice s’avère souvent décisive. Les dessins épidermiques, particulièrement nets à la pulpe des doigts, caractérisent l’être humain. Inaltérables, invariables au cours d’une vie, individuels, ils correspondent aux alignements des crêtes de papilles dermiques, disposées plus ou moins parallèlement. Les orifices des glandes sudoripares, ouverts au sommet de ces crêtes, laissent sourdre la sueur, sécrétion fréquemment enrichie de contaminations lipidiques d’origine sébacée. Il s’ensuit un décalque du dessin digital sur le support en une empreinte graisseuse, qu’il est possible de révéler par divers procédés : poudres (substances colorantes conventionnelles, magnétiques ou fluorescentes), réactifs chimiques (vapeurs d’iode pour la révélation des lipides, vapeurs de cyanoacrylates polymérisant avec les acides aminés de la sécrétion, nitrate d’argent réagissant avec le chlorure de sodium). L’empreinte est ensuite photographiée en vue de sa conservation et de son identification, dans un premier temps pour la comparer avec celles dont disposent les services de police.
A partir de l’impression des crêtes papillaires d’un seul doigt, la coïncidence d’une quinzaine de points singuliers entre comparant et comparé permet l’identification. La moindre discordance suffit à rejeter la similitude. Cette méthode, très utilisée pour l’identification des récidivistes (les empreintes associées des dix doigts sont répertoriées dans un fichier spécial), souffre, hélas, trop souvent de l’absence de documents de référence (les empreintes digitales ont été supprimées des cartes nationales d’identité). Reste toutefois la comparaison des empreintes des suspects avec les traces latentes découvertes.
Par ailleurs, le recueil des empreintes digitales est encore possible sur des doigts putréfiés ou momifiés (peau plissée), après ramollissement par réhydratation dans l’alcool acétique à 20 %. D’autres signes, gravés dans la peau (tatouage, cicatrice), peuvent aussi « faire parler » un cadavre.
Les taches de sang ou de sperme : Un examen à la lumière du jour ou en lumière artificielle blanche suffit le plus souvent à établir la nature biologique d’un matériel suspect. La lumière bleue ou rouge assure un meilleur contraste sur certaines surfaces, alors que l’observation en lumière ultraviolette révèle les souillures luminescentes dues à certains fluides biologiques, et en particulier au liquide séminal. La situation, le nombre et l’apparence des taches, leur taille, leur forme (variable en fonction de l’angle que forme la trajectoire de chute avec le support), leur couleur, leur texture renseignent sur la séquence des événements.
Lorsque l’objet taché ne peut être saisi, le prélèvement s’effectue soit par grattage, si la surface est lisse et non poreuse, soit par essuyage, dans le cas contraire. La tache sera ensuite transférée sur des compresses de coton stérile imbibées d’eau distillée puis soigneusement séchée afin d’éviter la dégradation de la matière organique. Il est en outre nécessaire d’étudier parallèlement un fragment de support vierge de toute tache.
Taches de sang : difficiles à identifier comme telles à la simple vue et peuvent être confondues avec bien d’autres traces de teinte analogue, l'aspect varie selon la date récente ou ancienne et selon le support. Si étoffes claires et absorbantes, les taches ont des contours peu nets, sur linge de couleur, les taches sont difficiles à distinguer, surtout si elles sont anciennes. Les taches fraîches sont rouge vif, mais foncent progressivement (rouge brun puis noir au fur et à mesure que l'hémoglobine au contact de l'air se transforme en méthémoglobine puis en hématine. Les formes des taches varient suivant leurs provenances diverses : en jet ou essuyage, éclaboussures.
Certaines méthodes d’orientation, apportent seulement une présomption. Ainsi, le pigment des GR, l’Hb décompose l’eau oxygénée avec libération d’O2, qui donne une teinte bleu intense à la benzidine (activité peroxydasique du sang), ou réaction de Meyer à la phénolphtaléine avec réaction rouge vif, sensible, mais elle peut être positive avec du jus de certains fruits acides. Ces 2 réactions sont positives avec d’autres produits (jus de fruits, certaines substances minérales). Nécessité de réactions de certitude montrant des dérivés chimiques de l’Hb, par exemple, au spectroscope l’hémochromogène alcalin, dérivé chimique de l’oxyhémoglobine (2 maxima d’absorption dans le visible). On peut également traiter l’hémoglobine par un acide : elle se dissocie alors, et l’une de ses parties donne le chlorhydrate d’hématine qui cristallise en prismes allongés à angles aigus, brun violacé, caractéristiques (cristaux de Teichmann).
Mais s’agit-il de sang humain ou de sang animal ? La méthode des sérums précipitants répond à la question. En diluant la substance dans du sérum physiologique, les Ac (Ig G) passent en solution ; l’addition d’un sérum antihumain (c’est-à-dire contenant des anticorps anti-immunoglobulines G) entraîne une agglutination antigène-anticorps dans le cas du sang humain.
La technique consiste à ajouter au surnageant, obtenu après centrifugation de la solution, des hématies humaines sensibilisées. La sédimentation de ces dernières au fond du tube signale l’absence d’immunoglobulines G libres.
En revanche, l’agglutination de ces hématies – elles restent alors en suspension dans le tube – montre que la solution renferme toujours les anticorps antihumain, et qu’il s’agit donc de sang d’origine animale.
Les groupes sanguins humains classiques (A, B, O), héréditairement transmissibles, s’ils confèrent une valeur absolue d’exclusion, n’ont qu’une valeur relative d’indication quant à l’identification.
Cependant, dans une tache de sang desséché et déjà ancienne, les agglutinines ont disparu et les globules rouges ont été détruits. Seuls les agglutinogènes de ces derniers persistent et diffusent dans le liquide de dilution. Ils seront détectés par des sérums tests renfermant des anticorps spécifiques (agglutination des antigènes correspondants).
Malheureusement, certains supports s’opposent à la formation du précipité par un sérum antihumain alors que d’autres absorbent les agglutinines ou les agglutinogènes, rendant les méthodes inopérantes.
En fin de compte, dès que quelques noyaux de globules blancs subsistent dans le prélèvement, mieux vaut analyser l’ADN.
Les Taches de sperme  n’étant pas colorées, leur repérage est plus difficile que celui du sang. Aspect similaire, qu'elles soient récentes ou anciennes, mais diffèrent suivant le corps ou l'objet qui les supporte : taches jaunâtres empesant l’étoffe en carte de géographie, à bords nets, Sur les étoffes non absorbantes / objets, les taches ressemblent à des traînées de limaces ou d'escargots. Sur la peau, le sperme forme des pellicules minces et brillantes en taches de bougies. La fluorescence, bleu violacé intense en lumière ultraviolette, constitue le caractère le plus utile pour orienter les recherches.
Sur les lieux, l'attention est portée sur le lit, le sol, et les vêtements, sur la victime, on explore les poils de la région génitale, les cuisses. Sur l'inculpé on fera les mêmes recherches.
Pour le transport on fera un emballage minutieux afin de ne pas froisser le support et faire disparaître la tache.
Examen des taches :
Réaction de Florence et celle de Barberio  : provoquent la formation de cristaux, réaction négative avec le sperme putréfié ou mélangé à du sang, celle de Barbério est positive avec le plus de blennorragie, les extraits de viande et le jus d'orange.
Réaction de certitude : recherche et la découverte du spermatozoïde même, par recherche directe
La violence sexuelle sera évoquée si la macération de tache révèle la présence d’une enzyme prostatique, très concentrée dans le sperme : la phosphatase acide, stable même au-delà d’un an dans des échantillons secs. Par la teneur normale de leur sperme en cette enzyme, les sujets azoospermiques ne passent pas au travers du diagnostic rétrospectif de l’acte sexuel.
La présence d’un constituant chimique, la choline, procure une présomption supplémentaire. Les spermatozoïdes observés au microscope après coloration, aisément reconnaissables, même plusieurs jours après leur émission, confirment le diagnostic.
D’autres substances biologiques peuvent également être caractérisées dans une macération de tache : salive riche en amylase, urine détectée par la présence d’urée et la valeur du rapport urée-chlorures, produits de digestion recherchés dans les matières fécales. Il n’est pas exceptionnel que l’examen microscopique du prélèvement révèle aussi des cellules.
L’examen des poils (ou des cheveux) : Très résistants aux agents de destruction, les poils sont des indices naturels fréquents sur les lieux de crimes ou d’accidents.
S’agit-il de poils tombés d’une fourrure ou de poils humains ? De quelle région du corps proviennent-ils ? à quel individu ont-ils appartenu ?
L’observation macroscopique et microscopique aide à résoudre ces problèmes médico-légaux.
L’indice médullaire (rapport du diamètre médullaire moyen à celui du diamètre moyen de la tige) est toujours inférieur à 0,38 chez l’être humain, supérieur à 0,50 chez la plupart des animaux. De plus, par son canal médullaire étroit ou absent, granuleux, sans logette, son écorce épaisse à granules pigmentaires fins, dispersés, sa cuticule lisse, le poil humain se distingue du poil animal à large canal médullaire, à écorce mince et cuticule à aspérités.
La couleur du poil, son aspect et sa forme (souple, ondulé ou bouclé, à section ovalaire chez les Blancs ; frisé, à spires serrées et à section elliptique chez les Noirs africains), son degré de blanchiment, la présence de teinture ou une décoloration, constituent d’utiles informations.
On peut déterminer le groupe ABO, le sexe d’origine si la racine et ses gaines sont présentes
Circonstances de  perte : poils ou cheveux caduques, tombés : le bulbe est plein, sans gaine périphérique, poils ou cheveux arrachés : bulbe creux avec gaines adhérentes, une coupure récente, ancienne, ou une brisure se voient au microscope.
Effets de la chaleur : aucune modification n'est visible pour une exposition prolongée à 150°C. De 175 à 225°C, le poil se déforme, se parsème de bulles. La carbonisation débute vers 250-270 °C. Elle est totale à 400°C.
Chez l'homme,le diamètre moyen varie de 50 à 125 microns (cheveux : 80 µ (moelle inconstante)., barbe : > 100 µ (moelle +/- constante)).
Pas d'extrémité distale coupée : cheveux longs (L > 10 cm), cils ou sourcils : D ± 80 µ, L < 3 cm ; poils des membres : D < 60 µ, L < 3 cm ; poils du tronc : 0 > 60 µ, L 2 à 6 cm en moyenne ; poils du pubis : L 3 à 8 cm, aspect crépu + +.
Mais, du fait de leurs caractères différentiels peu nombreux, trop instables d’un sujet à l’autre, et d’une variation individuelle parfois importante (d’où, si possible, la nécessité de disposer pour l’examen d’au moins six échantillons), la détermination de l’appartenance des cheveux ne peut être que très relative, à moins d’utiliser, s’il subsiste les racines, des sondes à ADN.
Néanmoins, ils apportent à l’enquête des présomptions supplémentaires s’ajoutant à d’autres déjà recueillies.
L'examen de petits fragments d'ongles (débris de coupure, rognures, fragments cassés) permet parfois l'identification du débris à un individu. Les ongles sont porteurs de stries longitudinales différentes pour chaque ongle et chaque individu et fixes au cours de la vie (à moins de traumatisme du lit de l'ongle). L'examen comparatif des stries du fragment aux stries de l'ongle de comparaison est aisé, au moyen de macro- ou microphotographies sous éclairage rasant. Une correspondance exacte des différentes stries permet d'affirmer l'identité d'origine.
Dans certains cas, le groupage ABO est possible sur coupes obtenues après inclusion en paraffine.
 
Peau  : identification raciale, difficile sur cadavres très putréfiés ou fragments cutanés. La peau montre une grande monotonie morphologique entre groupes ethniques. La pigmentation n'est qu'un élément indicatif : le nombre de mélanocytes est constant, seule la charge en mélanine varie (le sujet noir présente une charge mélanique très importante et bien visible, comme sur peau bronzée).
Identification de siège selon : l’épaisseur de l'épiderme (moyenne de 0,7 à 0,12 mm, 0,8 mm aux paumes et 1,4 mm aux plantes. La couche cornée est maximale au niveau des zones de frottement, minimale dans les régions des plis de flexion. Epaisseur du derme, moyenne de 1 à 2 mm, vs 0,6 mm ou moins sur les paupières et le prépuce, et 3 mm ou plus dans les régions des palmoplantaires. Richesse en follicules pileux : des régions sont classiquement constamment glabres, d'autres sont très variables selon les sujets ; richesse en glandes sébacées : ubiquitaires, sauf au niveau des paumes et plantes, faces latérales des pieds (associées aux poils, sauf au niveau des commissures labiales, du gland, du prépuce et des petites lèvres). Richesse en glandes sudoripares : nombreuses en peau axillaire et péri-anale, absentes au niveau du gland, de la marge des lèvres, de la bouche, du lit des ongles. Richesse en corpuscules tactiles : les corpuscules de Pacini sont nombreux au niveau de la sole plantaire. Les corpuscules génitaux ont une structure identique. Les corpuscules de Meissner sont nombreux sur les paumes, la pulpe des doigts et des orteils. Densité en mélanocytes (moindre sur le tronc, maximale au scrotum). Les globes élastiques sont des formations, arrondies, de 18 à 25 µ, du derme papillaire >, dermo-hypodermiques, discrètement violine à l'HES, autofluorescents aux UV et prennent fortement les colorations des fibres élastiques.
Leur répartition est la suivante : : absents ou exceptionnels au cuir chevelu, nuque, face dorsale main et pied, thorax, abdomen ; nombreux (± 10/cm) au visage, membres supérieurs, faces internes des cuisses ; très nombreux aux jambes : (± 17/cm).
Identification du groupe sanguin groupage ABO est facile à réaliser sur coupe. Il est souvent très utile pour l'enquête.
La détermination du sexe praticable dans certains cas, cytologiquement.
La détermination de l’origine humaine (marqueur spécifique anti-kératine humaine).
Identification de débris. Lors de la découverte de dépôts, l'utilisation d'un microscope électronique à balayage avec micro-sonde permet une identification de la nature de ces dépôts (utile dans les marques électriques et dans les plaies par arme à feu).
Les marqueurs utiles en pathologie médicolégale sont ceux qui :
- constituent un indice d'appartenance de la cellule, du tissu ou de l'organe examiné à un individu donné (victime ou suspect), en particulier tests ADN ;
- permettent de préciser le type exact de cellules ou d'organes ;
- tout élément, parfois anodin, peut être un marqueur potentiel (présence de talc (amidon à l'heure actuelle)).
Marqueurs d’activité : dépôts de dérivés d'amorce de poudre
- dépôts métalliques : par de simples réactions chimiques colorées utilisées en microscopie, les dépôts de fer et d'autres métaux peuvent être vus macroscopiquement et histologiquement.
- l'identification des gros fumeurs peut se faire sur prélèvements pulmonaires, avec de nombreux macrophages, volumineux, de 15 à 30 µ, au cytoplasme finement grumeleux, brunâtre sur l'HES avec de petites quantités de fer (Perls positif), de calcium (Von Kossa positif), de graisses. Ils sont faiblement autofluorescents, vert orangé à 366 nm. Ils sont abondants chez les toxicomanes habituellement gros fumeurs et différents des macrophages habituels, plus petits, plus jaunâtres, au cytoplasme moins grumeleux
Groupes ABO sur tissus :
Réactifs : sérums monoclonaux anti-A et anti-B dilués en tampons PBS à 1 % d'albumine bovine ; sérum anti-souris conjugué à la fluorescéine.
Mode opératoire : déparaffinage des coupes, amenées à l'eau, rinçage en PBS ; antisérum incubation 38°C en chambre humide ; 3 lavages en PBS de 10 min ; sérum conjugué, 30 min, rinçage en PBS ; couvrir avec une goutte de paraphénylène diamine, 1 mg/ml en glycérol à 90 % en PBS pH 8 ; lecture en épi fluorescence.
Résultats : sites de groupe : fluorescence verte, noyaux rouge orangé, permettant une localisation topographique. Cette méthode permet un groupage ABO de tout tissu, même putréfié, momifié ou partiellement carbonisé. Elle est très sensible.
Détermination histo-cytologique du sexe. La méthode par la détection du corpuscule de Barr est aléatoire. Les microdosages hormonaux, délicats, parfois pratiqués au niveau des taches de sang, sont impossibles sur un matériel ancien dessiqué ou fixé.
La méthode de détection du chromosome Y au niveau des noyaux en interphase est utilisée depuis les années 70.
Méthodologie Tout tissu / groupement cellulaire, comme une tache de sang, avec nombre suffisant de noyaux (au moins 10, si possible 50) peut faire l’objet de cet examen.
En cytologie : Etalement fixé (acide acétique à 25 %, Carnoy ou air), coloration par quinacrine à 0,5 % (5mn), lavage à l’eau 5 mnn, passage en tampon phosphate à pH 5,5, montage en milieu non fluorescent et examen immédiat en épifluorescence, comptage des Y présents (qui apparaissent sous forme d’un point fluorescent blanc brillant, le plus souvent périphérique au niveau du noyau fluorescent vert)
Une coloration à l’acriflavine Feulgen secondaire permet de mettre en évidence le chromosome X constituant un test complémentaire.
L’indice d’Y (pourcentage de noyaux présentant un point fluorescent caractéristique) est inférieur ou égal à 10 chez la femme et de 20 à 60 chez l’homme. Entre 10 et 20, la détermination ne peut être faite. Les meilleurs résultats sont obtenus sur empreintes de tranche de section fraîche de plusieurs organes différents (le rein est l'un des meilleurs indicateurs).
Dans tous les cas, cette méthode peut souffrir de faux positifs ou de faux négatifs et il convient d'en exprimer les résultats avec les réserves d'usage en biologie.
Au niveau des cheveux. la détermination de l'Y est faite sur les gaines entourant la racine. Celles-ci sont écrasées entre lame et lamelle avant fixation et coloration ou sont incluses en paraffine.
 
Les Empreintes génétiques : progrès majeur en médecine légale et criminalistique, cette dernière décennie L’ADN, très résistant reste stable plusieurs années. La technique des empreintes génétiques, applicable à l’analyse des échantillons renfermant de l’ADN, est surtout utilisée pour la recherche des auteurs d’agressions sexuelles ou de crimes de sang et pour l’identification de cadavres.
Extraction de l’ADN à partir des noyaux / mitochondries des cellules dans les échantillons.
Après lyse cellulaire , l’ADN est détaché des nucléoprotéines à l’aide d’un détergent anionique (SDS pour sodium dodécyl sulfate, Sarkosyl) et une digestion protéolytique des protéines dénaturées est effectuée.
La purification de la molécule est réalisée soit par une extraction organique (phénol) puis précipitation de l’ADN à l’alcool, soit par une extraction non organique au moyen de résines qui adsorbent l’ADN puis récupération de la molécule.
ADN en quantité suffisante et non dégradée : la méthode du Southern blot On cherche à visualiser des régions particulières de l’ADN, dispersées sur plusieurs chromosomes, caractérisées par la présence de courtes séquences nucléidiques répétitives. D’un individu à l’autre, leur longueur varie en fonction du nombre de copies d’un motif de base. La technique des empreintes génétiques exploite ce polymorphisme, stable et héréditaire.
On compare les longueurs des séquences des échantillons de tissus prélevés sur le corps ou sur les fragments humains non identifiés à celles des échantillons obtenus à partir des prélèvements sanguins effectués sur des membres de la même famille.
Pour ce faire, il faut d’abord fragmenter les molécules d’ADN de façon précise afin d’isoler les régions polymorphes. Des enzymes dites « de restriction » (d’origine bactérienne), véritables ciseaux moléculaires, coupent de façon reproductible la double hélice d’ADN en des sites spécifiques (une séquence de bases nucléidiques) encadrant les séquences répétées. Le découpage dépend de l’enzyme ou du jeu d’enzymes employé.
Chargées négativement, les portions d’ADN obtenues (les RFLP, pour polymorphisme de longueur des fragments de restriction) seront séparées en fonction de leur taille grâce à une migration dans un champ électrique (électrophorèse sur gel). Par action de l’acide chlorhydrique, la double hélice de chacune d’elles se clive en ses deux chaînes constituantes, ou brins. Après transfert et fixation sur membrane (méthode de Southern), la détection spécifique des régions polymorphes de l’ADN mono brin s’effectue par leur appariement (hybridation) à des sondes marquées (courtes séquences radioactives d’ADN mono brin, complémentaires du fragment d’ADN à explorer).
L’utilisation successive de plusieurs sondes différentes accroît le pouvoir de discrimination. Révélés indirectement par impression d’un film radiographique (l’image obtenue est appelée autoradiographie), les fragments d’ADN hybrides apparaissent sous forme d’un code à barres qu’il faut analyser. Actuellement, des méthodes de marquage non radioactives sont basées sur la transformation d’un substrat incolore en produit coloré à l’aide d’une réaction enzymatique déclenchée par la liaison entre un fragment et la sonde complémentaire liée dans ce cas à une enzyme.
Les sondes actuellement employées en criminalistique sont des sondes uniloculaires comme par exemple YNH24 (D2S44) et MS43A (D12S11).
Ces sondes reconnaissent une région déterminée de l’ADN située sur un chromosome précis.
Dans ce cas, l’image autoradiographique se caractérise par la présence d’une ou de deux bandes selon que l’individu est homozygote ou hétérozygote pour la région de l’ADN explorée.
Il s’agit toujours d’une analyse comparative entre les profils génétiques obtenus à partir d’un échantillon médicolégal et ceux établis à partir d’un prélèvement sanguin de référence.
ADN en trop faible quantité ou altéré : l’amplification génique ou PCR La PCR, ou réaction de polymérisation en chaîne, est une méthode assurant la multiplication, c’est-à-dire l’amplification, autant que nécessaire de l’ADN extrait d’un échantillon.
Elle permet donc l’analyse de quantités infimes de matériel génétique. Ainsi, l’ADN provenant d’un seul bulbe pileux, soit un milliardième de gramme, peut être amplifié rapidement.
Les résultats sont obtenus en effet en vingt-quatre à quarante-huit heures, au lieu de huit jours minimum pour le Southern blot, du fait de la disparition de certaines phases : digestion enzymatique, transfert, hybridation, autoradiographie.
La répétition de cycles à trois étapes aboutit à une multiplication de la séquence d’ADN concernée (environ un milliard de copies de la région initiale, obtenues après trente cycles). Après rupture par la chaleur (95 C) des liaisons entre les deux chaînes, ou brins complémentaires de l’hélice (dénaturation), des amorces spécifiques se fixent sur chacun des brins, de part et d’autre de la région d’ADN à amplifier (hybridation).
C’est alors que, à partir de ces points d’ancrage, une enzyme cellulaire (une ADN polymérase, la Taq polymérase) reconstitue un nouveau brin d’ADN, en regard du brin original (élongation suivant la règle de l’appariement spécifique des bases complémentaires), grâce aux nucléotides présents dans le milieu réactionnel, et ainsi de suite. Après séparation électrophorétique des portions d’ADN amplifiées, la coloration du gel donne directement leur taille par rapport à une échelle.
Technique prépondérante en cas de viol (l’empreinte obtenue est comparée à celle du suspect, établie à partir d’un prélèvement de sang de ce dernier), elle est aussi utilisée pour reconstituer les corps mutilés à partir des fragments humains retrouvés, par exemple, sur le site d’une catastrophe collective. La région à amplifier est repérée sur la molécule d’ADN par de courtes séquences polynucléotidiques appelées amorces, à partir desquelles sont synthétisées les premières chaînes d’ADN complémentaire à la région initiale.
Les régions à amplifier sont sélectionnées en raison de leur degré de polymorphisme et peuvent concerner soit des séquences répétitives non codantes (D1S80, D17S13, D21S11) soit codant une protéine donnée (par exemple : HLA.DQ-alpha, apolipoprotéine B).
Cette méthode est rapide et sensible. Les régions amplifiées sont visualisées par électrophorèse sur gel et exposition aux UV après coloration au bromure d’éthidium, soit par dot-blot, technique dans laquelle ce sont les sondes nucléotidiques, et non l’ADN amplifié, qui sont fixées à la membrane nylon.
La révélation des allèles peut être colorimétrique.
Ainsi lors d’utilisation d’amorces biotinylées à leur extrémité 5’, et une fois l’hybridation entre la sonde et l’allèle amplifié réalisée, la streptavidine conjuguée à la peroxydase provoque au contact de la biotine la transformation d’un substrat incolore en un substrat bleu.
Une tache bleue apparaît lorsqu’il y a hybridation entre une sonde et un allèle amplifié correspondant.
L’analyse des séquences amplifiées peut également être réalisée par lecture directe des nucléotides par les techniques de séquençage.
L’amplification génétique permet d’analyser de courtes séquences répétées situées par exemple au niveau des gènes, de l’apolipoprotéine B, du collagène type II (Col 2A1), de la région DQ du système HLA et des microsatellites situés au niveau du gène de la tyrosine hydroxylase humaine, du gène du facteur von Willebrand, du proto-oncogène humain CFES/ FPS, du gène de la sous-unité 1 du facteur de coagulation XIII A.
Ces microsatellites ainsi que d’autres sont actuellement amplifiables de façon simultanée grâce à des kits commerciaux qui regroupent les amorces permettant d’amplifier ces différentes régions et l’amplification peut être réalisée simultanément lors d’une même réaction d’amplification et être détectée par lecture sur automate à laser en marquant l’amplificat de chaque microsatellite par un fluorochrome différent.
ADN mitochondrial : Les régions polymorphes de l’ADN mitochondrial présentent des variations dans la composition en nucléotides. Il ne s’agit plus de variations de longueur mais de mutations ponctuelles au niveau de la région de contrôle de la mitochondrie (D-Loop) qui sont recherchées. Le polymorphisme est moins marqué que pour l’ADN nucléaire rendant l’analyse moins discriminante que celle portant sur l’ADN nucléaire.
L’analyse est réalisée sur séquenceur automatique permettant la détermination d’environ 600 à 700 nucléotides. La séquence déterminée est comparée à une séquence de référence publiée par Anderson en 1981. Les points de mutation sont identifiés et comparés entre l’échantillon biologique analysé et le suspect.
Ces comparaisons permettent soit d’affirmer une exclusion si plus de 3 différences sont observées entre les 2 séquences d’ADN, soit de prononcer une identité entre 2 séquences et d’incriminer le suspect.
Les analyses biologiques d’identification génique peuvent être réalisées à partir de toute cellule nucléée humaine (prélèvement d’organe) à partir des cellules de bulbes pileux, de poils et de cheveux et des cellules buccales présentes dans la salive. Le plus souvent les empreintes de la victime et du ou des suspects, proviennent de l’ADN des leucocytes contenus dans un échantillon de sang, ou des cellules buccales prélevées par écouvillonnage.
Une fois extrait, l’ADN peut être conservé à - 20 °C (ou - 80 °C) pendant de longues périodes avant d’être analysé.
Ce délai permet aux enquêteurs de retrouver le (ou les) suspect(s) et aux laboratoires de ne pratiquer l’analyse qu’une fois en possession des échantillons sanguins de comparaison relevés sur la victime et le (ou les) agresseur(s).
Mais la méthode a ses limites : des risques de contamination de l’échantillon sont à craindre si l’on ne s’entoure pas de toutes les précautions nécessaires.
Quelle que soit la méthode employée (Southern blot ou PCR), pour chaque fragment d’ADN visualisé l’interprétation des résultats prend en compte le nombre d’allèles et leur fréquence de survenue dans la population concernée.
Les différences entre les individus sont identifiées par la taille des fragments d’ADN (sous forme de bandes), et donc par leur position sur la membrane pour la Southern ou dans le gel pour la PCR.
Pour tout individu, à chaque chromosome hérité du père correspond l’homologue provenant de la mère ; le matériel génétique se trouve donc en deux exemplaires. Pour une même locus (région de l’ADN), une ou deux bandes (allèles) seront observées selon que le sujet est homozygote (il a hérité de deux allèles identiques, donc de même taille) ou hétérozygote (deux allèles différents). Si les bandes à comparer ont des tailles différentes, il y a exclusion : les empreintes établissent la différence des individus.
Les applications en médecine légale des empreintes génétiques concernent l’identification d’auteurs de crimes de sang ou d’agressions sexuelles à partir de traces biologiques laissées sur le lieu des faits ou sur les victimes et d’autre part, les recherches de filiation et les identifications de corps.
La technique, en cas de viol, permet d’identifier avec quasi-certitude l’agresseur à partir des spermatozoïdes recueillis sur les frottis vaginaux effectués sur la victime. Les spermatozoïdes contiennent l’ADN de l’agresseur qui est analysé et comparé à l’empreinte génétique du suspect établie à partir d’un prélèvement sanguin sur ce dernier.
L’empreinte de la victime est également réalisée pour lui attribuer le profil génétique établi à parti des cellules vaginales prélevées par le frottis vaginal.
Crime de sang : même démarche si tache de sang (empreinte génétique à partir des globules blancs, puis comparée à celle de la victime et à celle du suspect établie à partir d’un prélèvement sanguin).
Accident : on peut prouver l’implication d’un véhicule dans un AVP avec délit de fuite si du matériel humain est découvert sur la carrosserie de ce véhicule. Dans ce cas, l’empreinte génétique établie à partir des cellules retrouvées sur la voiture est comparée à celle de la victime. Si les empreintes correspondent, il est alors établi que le véhicule portant les traces biologiques a bien percuté la victime.
Filiation : comme l’hérédité des régions d’ADN obéit aux lois mendéliennes, et connaissant la fréquence des allèles (bandes visibles sur les autoradiographies) supposés indépendants au sein d’une population déterminée et regroupés dans une base de données, il est possible d’établir la preuve d’une filiation avec une très haute probabilité.
Ainsi, une paternité ou une maternité (dans les affaires de substitution d’enfant) peuvent être établies.
Identification de cadavre : par contrôle de filiation si les ascendants /descendants sont présumés. Le tissu osseux ou dentaire pourra être utilisé dans ces cas, même lors de carbonisation partielle.
Stratégie d’analyse :
L’interprétation des résultats consiste à comparer les profils génétiques obtenus après amplification des régions variables, notamment STR (short tandem repeats) entre les traces biologiques (taches de sang, de sperme, poils, etc.) et un prélèvement dit de comparaison (prélèvement de sang ou de salive) du suspect et de la victime.
Si les allèles du suspect pour les différents marqueurs génétiques étudiés sont de tailles différentes de ceux caractérisant l’ADN de la trace biologique, il n’y a pas d’identité entre les 2 ADN et le sujet n’est pas à l’origine de cette trace, il y a donc exclusion formelle.
Si les 2 allèles du suspect correspondent en taille à ceux de la trace, il y a inclusion, c’est-à-dire que les 2 molécules d’ADN proviennent du même individu.
Dans la mesure où l’analyse ne porte que sur une partie de la molécule d’ADN, un autre individu pourrait posséder, du fait du hasard, les mêmes caractéristiques génétiques, c’est-à-dire les mêmes allèles sur la partie restante non explorée de l’ADN.
De ce fait, pour réaliser l’interprétation, il faut disposer de la distribution de la fréquence de chacun des allèles du ou des marqueurs génétiques étudiés dans la population générale.
Le résultat de l’inclusion ou de l’identification comporte l’indication de la fréquence du génotype (constitué de un ou deux allèles selon que le sujet est homo- ou hétérozygote) dans la population générale.
L’analyse d’une seule région variable de l’ADN est donc insuffisante pour permettre une identification et plusieurs systèmes doivent être analysés pour obtenir une fréquence suffisamment faible.
Ainsi, l’étude de 8 marqueurs permet d’obtenir une fréquence d’un génotype de un sur plusieurs milliards.
En matière de paternité, la comparaison porte sur le profil génétique de la mère, de l’enfant et du père putatif.
Au sein du profil de l’enfant, l’allèle maternel est identifié et l’existence de l’allèle du père présumé sera recherché dans le profil de l’enfant.
S’il y a un allèle commun entre le père et l’enfant, le père présumé peut être identifié comme le père biologique en indiquant la fréquence de cet allèle dans la population générale ; au contraire, si aucun allèle du père n’est retrouvé dans le profil de l’enfant, il y a exclusion et il ne s’agira pas du père biologique de l’enfant.
Aspects juridiques et éthiques :
Depuis la loi n° 94-653 du 29 juillet 1994, ces analyses d’identification génétique peuvent être réalisées :
– soit à des fins médicales ou scientifiques après avoir obtenu préalablement le consentement de la personne dans les conditions de l’article L.145-15 du Code de la Santé publique ;
– soit dans le cadre d’une procédure d’enquête ou d’instruction diligentée lors d’une procédure judiciaire (Code pénal art. 226-25 à 32).
Les personnes qui pratiquent ces analyses doivent être titulaires de l’agrément prévu à l’article L.145-16 du Code de la Santé publique, et dans le cadre d’une procédure judiciaire, elles doivent de plus être inscrites sur une liste d’experts judiciaires (art. 16-22 du Code civil) et satisfaire aux contrôles de qualité organisés par l’Agence du médicament.
En matière civile, l’identification génétique ne peut être réalisée qu’en exécution d’une mesure d’instruction ordonnée par le juge saisi d’une action tendant soit à l’établissement ou la contestation d’un lien de filiation, soit à l’obtention ou la suppression des subsides (art. 16- 10 à 12 du Code civil).
Le consentement de l’intéressé doit être préalablement et expressément recueilli.
Rappelons que le recueil d’un échantillon biologique ne peut se faire qu’avec l’accord de la personne et notamment sur un suspect détenu même si le prélèvement est effectué à la demande d’un magistrat.
La mise en place d’un fichier national des empreintes génétiques nécessite la réalisation des profils génétiques associant plusieurs microsatellites établis sur des auteurs condamnés pour infractions sexuelles.
Il a été créé un fichier national automatisé d’empreintes génétiques par la loi n° 98-468 du 17 juin 1998, relatif à la prévention et la répression des infractions sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs.
Ce fichier est réglementé par l’article 706-54 du nouveau Code de procédure pénale.
D’après ce texte, ce fichier national automatisé est destiné à centraliser les traces génétiques ainsi que les empreintes génétiques des personnes condamnées pour l’une des infractions suivantes : « meurtre ou assassinat d’un mineur précédé ou accompagné d’un viol, de tortures ou d’actes de barbarie » (article 706-47) ou l’une des infractions visées aux articles 222-23 à 222-32 et 227-22 à 227-27 du Code pénal en vue de faciliter l’identification et la recherche des auteurs d’infractions sexuelles. Ce fichier est placé sous le contrôle d’un magistrat.


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