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Intoxication aux neuroleptiques


Intoxication aux neuroleptiques (psychotropes psycholeptiques). Absorption digestive rapide, transport plasmatique, liaison aux protéines 60 à 90 %, grande diffusion tissulaire, fixation longue et prolongée, métabolisme hépatique complexe, élimination rénale et dans les selles
Effets toxiques : dépression du SNC à forte dose, hypotension discrète, syndrome extrapyramidal même à dose thérapeutique, le Melleril a une toxicité cardiaque. Accident : chez l’enfant , toxicité : 1 à 10 mg/kg. Volontaire : chez l’adulte , toxicité : 100 mg à 1g
Clinique : Les neuroleptiques sont dépresseurs de 3 fonctions vitales : neurologique surtout, respiratoire parfois et cardiaque rarement.
Les signes neurologiques sont variables : de la somnolence au coma calme, profond , hypotonique, de type barbiturique (neuroleptique sédatifs : Largactil , Nozinan), ou coma agité : avec hypertonie extrapyramidale et accès paroxystiques de rigidité, dyskinésies bucco-linguo-faciales, surtout avec les butyrophénones (Haldol) et les phénothiazines pipérazinées (Majeptil, Moditen).
Un syndrome anticholinergique avec ébriété, hallucinations, nystagmus, convulsions, hyper réflexie.
La dépression respiratoire est souvent modérée
Une hypotension artérielle est fréquente, rarement collapsus.
Des troubles de conduction auriculo-ventriculaire et intra ventriculaire (allongement de QT, élargissement QRS) ont été observées avec le Melleril.
Les troubles thermiques , hypothermie ou hyperthermie, sont classiques.
Les dyskinésies aiguës précoces ou crises excitomotrices, avec plafonnement du regard et torticolis s’observent à dose modérée. Traitement : tropatépine (Lepticur), Artane
Le syndrome malin des neuroleptiques doit être suspecté devant toute hyperthermie inexpliquée chez un patient traité par les neuroleptiques
Symptômes : confusion mentale, contractures musculaires avec rigidité du type axiale et syndrome extrapyramidal, hyperthermie, rhabdomyolyse, déshydratation aiguë.
L’évolution est souvent fatale. Traitement symptomatique : réhydratation, refroidissement et myorelaxant Traitement physiopathologique : Dantrolène
L’analyse toxicologique se limite à une recherche qualitative dans les urines et le liquide gastrique (colorimétrie complétée éventuellement par chromatographie en couche mince)
Traitement symptomatique. Lavage gastrique : la place du traitement évacuateur est de plus en plus limitée durant les premières heures. Le charbon activé : 40 à 50g après le lavage gastrique.
En cas de collapsus d’origine le plus souvent vasoplégique, le remplissage est suffisant dans la majorité des cas. L’inefficacité du remplissage , guidé par la mesure de la PVC doit conduire à l’utilisation d’amines sympathomimétiques.
La diurèse forcée et l’épuration extra rénale n’ont aucun intérêt.


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