» Médecine légale techniques spéciales

techniques spéciales


Pathologie médicolégale : techniques spéciales
micro-incinération : recherche de silicose / diatomées dans les tissus mous. Une lame blanche de coupe en paraffine est incinérée (lame posée sur une lame support en quartz, dans un four à 800·C pendant une dizaine de minutes). Montée, elle est examinée en polarisation et en fond noir.
Microscopie en lumière réfléchie :C'est une méthode très simple, qui doit être largement utilisée (recherche de débris, examen des poils, des ongles... ). Le matériel peut être un microscope normal avec éclairage épiscopique adapté (fibres optiques) ou un système de type métallographique.
Tissus desséchés, momifiés : L'examen classique ne peut avoir lieu sans préparation dans un certain nombre de cas. Il s'agit de toutes les circonstances aboutissant à une déshydratation importante des tissus : momification naturelle ou artificielle, carbonisation partielle, petits débris organiques déposés sur des supports (pare-choc, mur, armes). Dans tous ces cas, une fixation par déshydratation est survenue et il est possible de retrouver des structures bien conservées. Un ramollissement préalable est indispensable. Il se fait très aisément en immergeant la pièce dans une solution d'acide acétique à 20 % environ pendant une durée variable selon le volume (de quelques minutes pour de petits fragments à quelques heures pour des pièces plus volumineuses). Après lavage, une post-fixation en formol à 10 % précède la technique classique d'inclusion en paraffine. L'action de l'acide acétique n'altère pas la morphologie, mais a l'inconvénient de rendre impropre au groupage ABO sur lames. Pour cette technique, il convient d'utiliser une solution de réhydratation différente et moins efficace : alcool à 90 % 40 vol., carbonate disodique à 1 % 30 vol., formol à 1 % 20 vol., - glycérine 10 vol. Dans cette solution, l'alcool peut être remplacé par un mélange, en quantité égale, d'alcool et de tampon PBS. La durée de réhydratation varie de quelques minutes à quelques heures ; elle doit être surveillée régulièrement. Trop prolongée, elle peut aboutir à une désagrégation des pièces, inconvénient majeur que n'a pas l'acide acétique.
Empreintes digitales : réhydratation de doigts momifiés : Le recueil d'empreintes digitales est impossible / difficile si putréfaction / momification. En l'absence de destruction importante de la pulpe digitale, il est presque toujours possible d'obtenir un relevé d'empreintes utilisables.
Sujet putréfié (noyés anciens). Si l'épiderme décollé est encore présent, on le recueille soigneusement au niveau de chaque doigt parfaitement identifié. Ce doigt de gant prélevé est conservé en acide acétique à 20 % ou est utilisé immédiatement.
Doigts momifiés : placés dans une solution d'acide acétique à 20 % sur 1 à 2 jours, le doigt retrouve un volume normal ou légèrement >, l’épiderme se décolle facilement. On peut utiliser l’épiderme souvent altéré, voire le derme mieux conservé, les empreintes sont relevées par la police judiciaire. Un montage entre lames du lambeau pulpaire peut également servir à obtenir un tirage photographique direct.
Recherches cytologiques et tissulaires sur supports divers : mise en évidence d’éléments biologiques sur différents supports (supports corporels (verge, doigt...) ou objets (sonde, tuyaux, bois, voiture)). Dans tous les cas, il convient de recueillir les éléments éventuellement présents, de les étaler sur lames avant coloration. Si ce matériel est abondant, une recherche de protéines humaines et animales est possible, voire un groupage.
Supports corporels. La mise en évidence d'un rapport sexuel chez l'homme (postérieur à une toilette soigneuse) est possible dans certains cas par l'examen des dépôts présents sur la verge. Une lame, à bords mousses si le suspect est vivant, est appliquée sur la surface du gland et du prépuce. Les étalements obtenus sont examinés après coloration par l'hématéine éosine et par le Lugol, selon les techniques usuelles. La morphologie des cellules observées, la flore bactérienne et la positivité de la coloration à l'iode permettent de mettre en évidence les cellules d'origine vaginale. En cas de rapports anaux, des débris stercoraux peuvent être observés, voire même, dans des cas très privilégiés, des œufs de parasites caractéristiques (oxyures).
Autres supports.Dans le cas de souillure fraîche, une technique identique à la précédente peut être utilisée. Pour les souillures anciennes ou desséchées, le prélèvement se fait par grattage ou écouvillonnage. Les débris sont recueillis sur lames dans l'acide acétique à 30 %. Après séchage à la chaleur, ils sont post-fixés à l'alcool méthylique, à nouveau séchés et enfin colorés. Une coloration panoptique très utile est l'hématéine éosine. L'identification est alors souvent facile. Des sérums spécifiques peuvent être utilisés.


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