» Anatomie pathologique générale Dysplasies

Dysplasies


Les dysplasies sont des états précancéreux qui associent des anomalies de la maturation / différenciation cellulaire avec maturation incomplète ou anormale, métaplasie, prolifération excessive, atypies / perte de la polarité cellulaire. Il n'y a pas de frontière histologique entre dysplasie sévère et cancer débutant.
Dysplasie du col utérin :se voit aussi sur muqueuses vulvaire, buccale, œsophagienne, sur métaplasie malpighienne d'épithélium cylindrique (muqueuses respiratoires : larynx, trachée et bronches).
Sur épithéliums non malpighiens (muqueuses respiratoires, avec persistance d'une différenciation respiratoire, muqueuse colique (RCH), muqueuse gastrique, avec souvent métaplasie intestinale, muqueuse des voies urinaires, soit au cours de cystites (en particulier bilharzienne), soit avec une prolifération épithéliale papillomateuse.
Dysplasies épidermiques : les kératoses solaires
Les dysplasies conjonctives : La maladie osseuse de Paget suite à une dysplasie du mésenchyme endostal (activité ostéoblastique et ostéoclastique accrues) avec fibrose et hypervascularisation des espaces médullaires. La fréquence des sarcomes osseux est nettement augmentée dans l'os pagétique.
Dysplasies myéloïdes
Dysplasie et carcinome in situ.
La dysplasie est une anomalie du développement ou de la croissance et désigne des lésions précancéreuses, observées au niveau des épithéliums, caractérisées par :
une désorganisation de l'architecture du tissu +/- marquée, des anomalies +/- marquées de la différenciation cellulaire (diminution du glycogène dans les cellules épidermoïdes, diminution du mucus des cellules glandulaires), une irrégularité de taille des cellules et des noyaux, une augmentation des mitoses.
Selon la gravité de ces lésions, on distingue selon les épithéliums :
une dysplasie légère, moyenne ou sévère
une dysplasie de faible grade ou de haut grade (tube digestif)
Carcinome in situ ou intra-épithélial : Tumeur maligne strictement limitée à l'épithélium, sans invasion du tissu normal (membrane basale intacte). Les anomalies de l'architecture tissulaire et des cellules (différenciation, noyaux, mitoses) sont importantes, de même nature que dans la dysplasie (atypies cellulaires, mitoses anormales, anomalies de maturation avec immaturité, dysmaturation, perte de polarité). La distinction entre dysplasie sévère et carcinome in situ est académique, ceci d’autant plus qu’il s’agit de muqueuses glandulaires du tube digestif, le diagnostic de cancer débutant se fait alors au stade de cancer intra-muqueux, envahissant le chorion, mais restant localisé à la muqueuse (pas d'envahissement de la sous-muqueuse : intégrité de la muscularis mucosae).
Le diagnostic histologique est parfois difficile avec des anomalies épithéliales régénératives (ulcères, inflammations chroniques) ou une métaplasie immature (voir col utérin), la reproductibilité du classement histologique est assez mauvaise entre plusieurs observateurs
L’évolution des dysplasies est probablement très variable : une dysplasie (ou un cancer in situ) peut rester longtemps stable (de nombreuses années), des cas de régression spontanée de dysplasie sévère ont été rapportés. La plupart évolue vers l'aggravation et l'apparition d'un cancer. D’où l’intérêt du dépistage des dysplasies et cancers in situ, la découverte des lésions à ce stade permet d'obtenir la guérison par un traitement local. Le fait qu'un épithélioma n'est pas invasif a une importance considérable pour le pronostic : aucune métastase par voie vasculaire n'a pu se constituer. Il est donc très important d'identifier ce caractère, qui justifie un traitement limité et comporte un bon pronostic.
Les localisations sont nombreuses : exocol mais aussi endocol surtout après métaplasie pavimenteuse, autres muqueuses malpighiennes (lèvres et muqueuse buccale, larynx et bronches (après métaplasie malpighienne), muqueuse urinaire, muqueuses digestives (polypes , RCH), peau (kératose solaire, maladie de Bowen ; mélanose de Dubreuilh), carcinome intracanalaire et lobulaire in situ du sein). Leur diagnostic est exclusivement microscopique (rarement visible en macroscopie hormis le CIC du sein.
mélanome (épaisseur de la tumeur 0,75mm).
Les cancers micro-invasifs : lésions superficielles, de bon pronostic (col (invasion 5mm).
Les cancers intramuqueux : épithéliomas du tube digestif qui ont envahi le chorion de la muqueuse sansfranchir la musculaire muqueuse
Les états précancéreux sont des lésions non tumorales associées à une augmentation du risque de cancer. Leur détection permet desmesures de prévention(exérèse) ou de surveillance régulière. Parmi les états précancéreux à transmission héréditaire : neurofibromatose de Von Reckinghausen dont la transformation cancéreuse est assez rare, la polypose adénomateuse colique (mutation germinale du gène anti-prolifératif APC), entraînant une hyperprolifération épithéliale colique dès l'enfance (risque de cancer de 100% à 40 ans), les syndromes de néoplasies endocrines multiples, le xéroderma pigmentosum.
Les états précancéreux acquis sont souvent d'origine inflammatoire ou après régénération (cystite de la bilharziose et cancer de vessie fréquent, rectocolite hémorragique et cancer du colon)


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