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Maladies gingivales induites par la plaque


Maladies gingivales induites par la plaque : Les gingivites sont définies comme des maladies gingivales associées uniquement à la plaque bactérienne sans facteurs modifiants (inflammation gingivale localisée à la seule fibromuqueuse gingivale). L’aspect réversible des lésions tissulaires après l’instauration d’un traitement étiologique en fait la principale caractéristique par rapport à la parodontite.
La gingivite est souvent discrète, tendance au saignement lors de sondage délicat à l’entrée du sillon gingivodentaire (sulcus), gingivorragie, au brossage buccodentaire, jamais spontanées (sauf leucémies ou troubles de la crase sanguine).
Puis apparaît l’érythème (couleur rouge, rouge violacé, rouge lie-de-vin), la muqueuse au lieu d’être ferme, élastique devient molle, moins rénitente à la pression digitale avec zones vernissées, lisses, brillantes, qui témoignent d’une atteinte des fibres du tissu conjonctif gingival. Le bord marginal s’arrondit progressivement, s’épaissit et se détache de la surface dentaire adjacente. Le sondage parodontal du sillon gingivodentaire d’une fibromuqueuse gingivale saine varie entre 0,25 et 1,35 mm de profondeur. Dans le cas d’une gingivite, l’œdème, et l’hyperplasie gingivale, entraîne un accroissement de ce sillon avec poche gingivale ou fausse poche parodontale, sans alvéolyse à la radiographie rétroalvéolaire.
Indices de plaque : aprèsrévélateur de plaque bactérienne (fuchsine basique ou l’érythrosine hydroalcoolique à 2 %) on évalue la plaque selon un score.
Indices gingivaux : décrivent l’état relatif des tissus gingivaux.
Indice de saignement qui combine les signes cliniques de l’inflammation et le saignement provoqué, premier signe de la gingivite.
Les gingivites, comme d’ailleurs les parodontites, sont des maladies infectieuses provoquées par le biofilm dentaire (au contact de la fibromuqueuse gingivale, aussi bien en juxtagingival qu’en sous-gingival, dans le sillon gingivodentaire).
Le biofilm supragingival, non correctement éliminé, donne naissance à un biofilm sous-gingival dans le sillon gingivodentaire (plus complexe avec des bactéries non adhérentes et prédominance de bactéries à Gram négatif anaérobies).
Une flore de santé parodontale contient une majorité de bactéries aérobies, 85 % de bactéries à Gram positif, une bactérie mobile pour 40 immobiles et une richesse en cocci, essentiellement sous forme de streptocoques. Petite composante anaérobie
La flore bactérienne associée à la gingivite : fin de la prédominance de Gram + à une flore plus complexe avec bactéries à Gram -et des formes spiralées et des bactéries anaérobies facultatives à Gram négatif. La réaction inflammatoire puis la poche gingivale entraînent une dérive anaérobie de la microflore dont des spirochètes du type Treponema denticola.
Facteurs locaux aggravant les gingivites :
Anatomiques (points de contact interproximaux défectueux, les malpositions dentaires) ;
Restaurations débordantes, limites cervicales mal ajustées, appareillages orthodontiques ;
Fractures radiculaires ;
Lésions cervicales radiculaires et défauts cémentaires. Le tartre (minéralisation de la plaque bactérienne dentaire), à surface rugueuse et poreuse, recouverte du biofilm, même après brossage minutieux, est facteur aggravant de gingivite.
Le tabac agit aussi bien localement que sur le terrain immunitaire de l’hôte.
L’exposition constante aux bactéries, stimule les réactions de défense avec migration de PNN vers le sillon gingivodentaire au travers de l’épithélium de jonction. Rôle de barrière de l’épithélium, nettoyage du sillon gingivodentaire par le flux du fluide gingival (qui contient des Ac + protéines du complément).
 
Les facteurs suivants aggravent la gingivite : modifications hormonales chez la femme (gingivite prépubertaire / menstruelle / gravidique / contraceptifs oraux / ménopause), diabète, médicaments (Di-Hydan, ciclosporine, inhibiteurs du calcium du type nifédipine, avec gingivite hyperplasique), tabagisme,
 
Maladies gingivales non induites par la plaque : Origine bactérienne spécifique (gonorrhée, syphilis), virale (herpès), fungique (candidose, gingivite érythémateuse linéaire), parasitaire (toxoplasmose). Lésions gingivales d’origine génétique (fibromatose), maladies dermatologiques buccales (lichen plan, pemphigoïde, lupus érythémateux), réactions allergiques (aliments et additifs, matériaux de restauration dentaire comme mercure , nickel, résine acrylique, bain de bouche, dentifrices, etc.), lésions gingivales traumatiques iatrogènes ou accidentelles, chimiques, thermiques ou physiques, réactions gingivales à des corps étrangers.
 
Traitement : prise en charge des pathologies systémiques responsables de la gingivite
Le biofilm supragingival est contrôlé par le patient (hygiène buccodentaire avec brossage adaptée, le biofilm sous-gingival est éliminé par le praticien (appareils ultrasoniques).
L’antiseptique le plus utilisé est la chlorhexidine, dont l’efficacité sur les bactéries buccales et en particulier sur les bactéries parodontopathogènes n’est plus à démontrer.
De plus, elle possède une action antifongique.
 
 
 


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