» Médecine du sport inégalité de longueur des membres inférieurs

inégalité de longueur des membres inférieurs


Inégalité de longueur des membres inférieurs : fréquente en deçà de 20 mm de différence. Elle génère des compensations indispensables à l'horizontalité des capteurs céphaliques de l'équilibre (oeil et vestibule), au niveau pelvien et sous-pelvien, au niveau rachidien, en jouant sur les degrés de liberté articulaire de chaque segment inter-vertébral.
L’articulation sous-talaire se valgise / varise, chute / élévation de l'arrière pied avec tendance à l'équin. Le genou compense en flexum / recurvatum, varus / valgus et rotation (vu à l'orientation du plan patellaire en latéral ou en médial). Le pelvis bascule du côté court avec découvert relatif de la tête fémorale du côté long, en sagittal, chaque os coxal au niveau symphysaire et sacro-iliaque, subit un mouvement soit de rétroversion, soit d'antéversion, en horizontal, rotation avec anté ou rétro-position (saillie fessière). En lombaire, l'obliquité du plateau sacré entraîne une scoliose lombaire convexe du côté du membre inférieur court, neutralisée par la contraction des muscles opposés à la bascule (psoas, carré des lombes, para-vertébraux dorsaux) avec composante rotatoire (arc dorsal vers la concavité de la courbe).
En résumé
Du côté du membre court : varus calcanéen sous l'action du triceps, surcharge du système tricipito-achilléo-calcanéo-plantaire, recurvatum du genou, +/- associé à une torsion latérale du MI, rétroversion de l'hémi-bassin homolatéral.
Du côté du membre inférieur long : valgus calcanéen +/- hallux valgus secondaire, flexum et valgus du genou, pseudo-découvert frontal de la tête fémorale.
Au niveau du rachis lombaire : attitude scoliotique convexe du coté du membre inférieur court sans rotation vertébrale, pouvant se structuraliser dans le temps.

Une inégalité modérée de 5 à 15mm peut être parfaitement tolérée pendant de nombreuses années chez un sujet sédentaire, mais, chez un sportif, une intense sollicitation mécanique peut décompenser les facteurs de correction et déclencher une pathologie mécanique patente tant sur le mode chronique qu'aigu (douleurs articulaires et péri-articulaires de surcharge des membres inférieurs, unilatérales. Chez l'enfant : ostéochondrose ou apophysose de croissances (calcanéum :maladie de Sever), ( tubérosité tibiale antérieure : Osgood Schlatter).
Chez l'adulte : tendinopathies (patellaire, achilléenne, fascia lata, adducteur), atteintes articulaires et péri-articulaires (entorse de la talo-crurale, coxopathie), atteintes osseuses (fracture de fatigue).
Etiologie : souvent idiopathiques, si < 20 mm, par retard de croissance, voire accélération de la croissance (fracture diaphysaire du fémur de l'enfant,Klippel-Trenaunay). Nombreuses étiologies (affections congénitales, tumorales, infectieuses, paralytiques responsables de troubles de la croissance osseuse, dont l’arrêt de croissance dans les traumatismes du cartilage métaphysaire méconnus (Salter V), avec parfois trouble d'axe).
Y penser si de manière unilatérale : coxopathie (côté long), sciatalgie (côté long), lombalgie bilatérale à la station debout prolongée, tendinopathie d'Achille du côté court, syndrome fémoro-patellaire. Mais aussi, chez le jeune péri-pubertaire : Sever du côté court, Osgood Schlatter ou Sinding-Larsen du côté long.
Genou : si la composante sagittale de la compensation de l'ILMI (recurvatum) se décompense le phénomène algique est du côté long, s'il s'agit de la composante rotatoire (plan patellaire latéral généré par le varus calcanéen), douleur du côté court.
Imagerie : la méthode de Bell Thompson, ortho-radiographie des membres inférieurs avec repère opaque intercalé, mesure avec précision les longueurs sur ces repères. Sinon cliché de face du bassin en charge, avec écart entre les bords médiaux du pied de 19 cm (écart inter-acétabulaire) sujet à 1,80 m de l'ampoule.
Sur le cliché du bassin de face en charge, du côté court : agrandissement du trou obturateur, augmentation de la hauteur du pubis, amincissement de l'ilion, insuffisance cotyloïdienne relative du côté long.
Traitement : paire de semelles orthopédiques identiques du côté du membre inférieur court (une pour les chaussures de ville, l'autre pour les chaussures de sport), semelle complète et non talonnette, en sifflet, se prolongeant avec une épaisseur dégressive en sous capito métatarsien. La correction est progressive, par étapes de 2 mois, pour atteindre la moitié ou les deux tiers de la différence. La semelle sera contre-indiquée de façon relative si structuralisation, et de façon formelle si scoliose de convexité homo-latérale au membre inférieur long.


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