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Psychose hallucinatoire chronique


Psychose hallucinatoire chronique : femmes d’âge moyen entre 30 et 50 ans avec des traits de personnalité sensitive ou psychasthénique, tendance aux scrupules, inhibition affective, difficultés à prendre des décisions et à agir, enfermement dans une introspection douloureuse. Décompensation lors d’un traumatisme, le plus souvent le décès du conjoint.
Début : souvent brutal avec épisode délirant aigu riche en hallucinations et automatisme mental constitué, parfois, le début de l’épisode est progressif.
Il se caractérise par un petit automatisme mental composé d’un sentiment d’étrangeté, d’un écho de la pensée, d’un devinement de la pensée ainsi que de sensations cénesthésiques pénibles et vagues. Celui-ci suscite chez le patient une grande perplexité et une recrudescence de l’anxiété. Il manque à ce stade l’élaboration délirante.
Période d’état : tableau hallucinatoire et syndrome d’automatisme mental. Puis, le sujet élabore un délire +/- systématisé pour rationaliser les hallucinations.
L’automatisme mental est constant avec hallucinations intrapsychiques et troubles du cours de la pensée. Le sujet perd le contrôle de sa pensée car il perçoit des phénomènes psychiques qui le parasitent en permanence (idées saugrenues, des voix qui l’injurient et qui commentent ses actes). Il cherche à les justifier en expliquant qu’il est sous le contrôle d’une force extérieure à laquelle ses sens, ses actes et sa pensée sont soumis. À l’extrême, le patient vit sa propre pensée comme une voix provenant de l’extérieur et qui est donc étrangère à sa personne.
Impression que la pensée est devancée / devinée, volée et répétée en écho par une voix intérieure étrangère à lui-même ; les actes sont énoncés, commentés et critiqués ; le sentiment d’être soumis à une influence extérieure qui lui impose des actes, des paroles, des tics, des gestes voire des actes violents ; enfin la pensée devient auditive et perçue comme une réalité objective et extérieure (hallucinations psychosensorielles surtout auditives).
Le sujet perçoit des voix provenant d’un endroit de l’espace (ex. : un plafond), qui tiennent des propos injurieux, grossiers, accusateurs voire menaçants. D’autres hallucinations sont non verbales, le sujet entend des bruits ayant une signification malveillante. Possibilité de : hallucinations olfactives (le sujet sent des odeurs nauséabondes qui sont souvent significatives d’un danger imminent), hallucinations gustatives (es aliments ont un goût bizarre), hallucinations cénesthésiques et tactiles (perçoit des courants électriques qui lui traversent le corps ou des sensations génitales).
Le délire est une tentative de rationalisation des phénomènes perçus. Le thème dominant est la persécution. Les explications délirantes du patient sont souvent peu argumentées et les persécuteurs sont impersonnels. Le patient persécuté réagit le plus souvent de façon passive voire dépressive à son délire ce qui est tout le contraire du paranoïaque.
L’évolution spontanée de la psychose hallucinatoire chronique est caractérisée par des poussées processuelles entrecoupée de rémissions +/- complètes. À long terme, le délire s’étend, s’enrichit de phénomènes imaginatifs envahissant de plus en plus la vie psychique et sociale du sujet. Cela aboutit à une rupture progressive avec la réalité extérieure.
L’adaptation sociale du sujet reste longtemps préservée, mais l’évolution démentielle est possible à terme.
Un traitement neuroleptique réduit voire éteint les processus hallucinatoires ce qui permet une mise à distance du délire. L’adaptation sociale et familiale est alors meilleure et plus durable.
Parfois, la thérapeutique permet une rémission complète voire une critique des phénomènes vécus et perçus lors de la poussée processuelle.
L’hospitalisation sous contrainte est parfois nécessaire, selon la loi du 27 juin 1990, lors des phases aiguës de la maladie. La chimiothérapie est nécessaire lors de ces phases aiguës avec agitation anxieuse, avec un neuroleptique de nature antiproductive, ex : lhalopéridol (Haldol) est anti-hallucinatoire à 5 à 15 mg/j, +/- neuroleptique plus sédatif en début de traitement quand les processus anxieux sont très invalidants (Tercian : 50 mg/j ou plus).
Le traitement d’entretien n’est pas systématique.
Le plus souvent, de toutes petites doses de neuroleptiques sont préconisées (Haldol de 2 à 5 mg/j) ou un neuroleptique d’action prolongé comme l’Haldol Decanoas.
Au traitement neuroleptique, doit être associée une psychothérapie de soutien.
Au long cours, une surveillance régulière est effectuée afin d’éviter les rechutes délirantes, l’apparition d’épisodes dépressifs et les épisodes pseudo-déficitaires.
Voir en ligne : http://www.medix.free.fr/sim/delire... › http://www.medix.free.fr/sim/delire-chronique.php


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