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Activité physique en pathologie vasculaire


Activité physique en pathologie vasculaire : indications et contre-indications
Le sport permet l’ entretien et amélioration du statut musculaire, articulaire, proprioceptif et de la tolérance à l’effort chez des personnes souffrant de problèmes vasculaires (artériels ou veineux). On adopte une attitude différenciée, selon chaque cas, pour déterminer si une activité physique libre est possible et dans quelle mesure elle peut être effectuée.
L’artériopathie des membres inférieurs touche surtout l’adulte d’âge mûr, affection évolutive et handicapante qui menace l’autonomie fonctionnelle de l’individu, incidence de 0,5 % avant la cinquantaine et de 4 % à la sixième décennie, exceptionnelle chez le sujet jeune (thromboangéite oblitérante type Buerger (entre 20 et 30 ans), ou athérome juvénile (à partir de 35 ans).
Le but de l’activité physique : augmenter la suppléance par la circulation collatérale, l’importante vasodilatation musculaire à l’effort peut être mise à profit pour assurer la reperméabilisation des muscles situés en aval de l’obstruction en faisant travailler :
– les muscles situés au niveau de l’obstruction à travers lesquels s’établit la circulation de suppléance (utilisation de voies existantes, mais non fonctionnelles, au repos) ;
– les muscles du territoire ischémique dont la vasodilatation d’effort permet l’abaissement des résistances périphériques , et donc une meilleure perfusion.
Amélioration de la capacité d’utilisation de l’oxygène (développement d’un réseau capillaire augmentant la surface d’ échange, augmentation du système mitochondrial et des activités enzymatiques facilitant l’extraction de l’oxygène, amélioration de la circulation veineuse du retour). Amélioration de la fonction cardiaque, amélioration de la biomécanique de la marche permettant une dépense en oxygène minimale. Le sport en général améliore le profil tensionnel, équilibre le diabète, améliore le bilan lipidique, contrôle la surcharge pondérale, avec effet positif sur la viscosité sanguine, meilleure efficacité du système respiratoire.
Dans les artérites juvéniles : possibilité de mécanisme immuno-allergique avec sensibilité anormale au tabac, le sport est une aide au sevrage tabagique.
Principes de base : travail fonctionnel segmentaire, des muscles striés sous l’ oblitération, sans aller jusqu’aux manifestations ischémiques, pour développer la circulation capillaire et l’ orientation des fibres musculaires vers l’équipement oxydatif. Travail fonctionnel régional non spécifique (marche, trottinement, course , pas chassé, ski de fond, etc). Travail fonctionnel global pour améliorer le statut musculaire général, la coordination gestuelle, et surtout la tolérance à l’effort par l’intermédiaire d’activités aérobies.
Cette population est à risque d’où nécessité d’une évaluation précise vue l’incidence des pathologies et l’incidence de lésions coronariennes significatives chez 50 à 60 % des sujets avec artérite symptomatique. L’épreuve d’effort avec calcul de la consommation d’oxygène, +/- épreuves fonctionnelles respiratoires, permet de détecter le risque cardiorespiratoire à l’effort mais aussi de préciser l’intensité de l’effort que chaque personne doit adopter dans son activité physique.
Stades 1 et 2 : faible (périmètre de marche supérieur à 500 m), choix assez varié d’activités physiques : la marche, dans toutes ses modalités possibles (marche rapide, randonnée en moyenne montagne, jogging sur terrain souple, etc), natation, cyclisme, ski de fond, l’aviron, la gymnastique au sens large du terme : gymnastique volontaire classique, gymnastique avec travail aérobie réglé, aquagym, gymnastique chinoise. Les jeux de balle, tennis de table et badminton (travail proprioceptif), NB : l’émulation entre les participants, peut conduire à des charges trop importantes ;
Stade 2 : moyen ou fort, la limitation du périmètre de marche avec survenue +/- rapide d’une claudication intermittente douloureuse va limiter l’accès à certains sports. Du fait des risques cardiovasculaires conséquents, la reprise d’une activité physique se fera sous surveillance médicale, si possible dans le cadre de sessions de réentraînement à l’effort. Selon les progrès fonctionnels réalisés et la stabilité médicale, on pourra envisager la pratique d’une activité simple qui peut associer de la marche, de la gymnastique classique, de l’aquagym.
Stade 3 : douleurs au repos, l’activité physique est le plus souvent impossible. On peut, toutefois, envisager à ce stade préchirurgical un séjour préparatoire en milieu de rééducation qui permettra, par un travail non spécifique respiratoire et musculaire, d’améliorer le résultat fonctionnel postopératoire.
Stade 4 : troubles trophiques, pas de pratiques sportives. Le plus souvent, le contexte médical, en particulier cardiovasculaire du patient ne permettra pas d’envisager autre chose que les activités de vie quotidienne.
Contre-indications : le travail isométrique est peu souhaitable car suscite une élévation importante de la pression intramusculaire, avec véritable garrot interne (haltérophilie, judo, musculation à glotte fermée), les sports sur sol dur sont contre-indiqués (course sur route, tennis sur quick, etc), en raison des microtraumatismes vasculaires.
Contre-indications cardiaques : péricardite ou myocardite, angor instable, arythmie ventriculaire non contrôlée, sténose aortique sévère, hypertension artérielle maligne, insuffisance cardiaque congestive symptomatique, bloc auriculoventriculaire du 3e degré non traité, thrombophlébite récente, embolie pulmonaire récente.
L’insuffisance veineuse chronique résulte d’un dysfonctionnement veineux congénital, ou acquis, atteignant le réseau superficiel et/ou le réseau profond causé par une incompétence valvulaire associée ou non à un syndrome obstructif. Cette insuffisance veineuse chronique peut se manifester par une gêne (syndrome des jambes lourdes), une douleur, des varices, un œdème de la cheville ou de la jambe, une pigmentation, une ulcération cutanée, etc.
L’objectif principal du sport est la diminution de l’hyperpression veineuse globale ou locale en rompant le cercle vicieux macrocirculatoire dont les composantes sont l’hyperdistensibilité, l’hyperpression, l’insuffisance valvulaire, le reflux et la stase.
Améliorer la circulation de retour par l’activité musculaire dynamique des membres inférieurs, le fonctionnement du couple diaphragme-sangle abdominale (phénomène de pompe par les variations de pressions qu’il induit).
Éviter l’aggravation de l’insuffisance veineuse, en supprimant les périodes de station debout immobiles prolongées, en prescrivant une contention élastique pour la vie quotidienne, et si possible à l’occasion de la pratique sportive.


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