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Psychoses


Psychoses : La psychose est une perturbation globale, la réalité n’est pas perçue d’une manière adéquate, la personne ne se rend pas compte de son état (absence d’autocritique) et ne cherche pas d’aide.
Psychose organique : États psychotiques suite à des facteurs organiques. Ces facteurs sont multiples.
Causes métaboliques et endocriniennes : Avitaminose, insuffisance rénale / hépatique, dysthyroïdie. Causes infectieuses. Causes cérébrales : Traumatisme crânien, Tumeurs bénignes ou malignes, hydrocéphalie, épilepsie, démence, hémorragie cérébrale. Causes toxiques : alcool, drogues, médicaments, intoxications professionnelles / accidentelles / volontaires (tentatives de suicide)
Sémiologie : la psychose organique aiguë se manifeste sous forme de confusion mentale avec désorientation temporospatiale, sur sa propre personnalité : identité, famille. Elle se manifeste de façon aiguë, peut durer quelques jours, se manifester au début par de l'insomnie. Manifestations principalement vespérales et nocturnes, avec baisse de la vigilance, patient obnubilé au regard flou, état stuporeux, un contact difficile ou impossible, expression verbale incompréhensible.
Troubles du comportement avec agitation psychomotrice importante, déambulation, tentatives de fugues, délires non systématisées et polymorphes, sous forme onirique.
Cela peut durer quelques jours. Après guérison : état d'amnésie postconfusionnelle.
Forme clinique la plus connue : le delirium tremens.
Psychoses organiques chroniques elles évoluent lentement vers : des troubles de la personnalité, la démence
Psychoses endogènes : Schizophrénie, psychose maniaco-dépressive (PMD), délire paranoïaque, paranoïa
Psychoses psychogènes : La psychose réactionnelle, il existe un facteur déclenchant :
L'état psychotique est très polymorphe : il peut ressembler à une dépression. La psychose est centrée autour de l’événement qui l’a provoquée, que l’on retrouve au centre du délire / hallucinations. Le malade va guérir avec la disparition de la cause du stress.
Si cela dure plus d'un mois, se poser la question de savoir si il s'agit bien d'une psychose psychogène.
Traitement : Hospitalisation comme pour tout état psychotique aigu avec soins en milieu psychiatrique. Sédation aux neuroleptiques. Antidépresseurs s'il s'agit d'une forme dépressive.
Tranquillisants. Psychothérapie.
La psychose hystérique : survient chez des personnalités hystériques, ou histrioniques
Sur la base de cette personnalité, et sous l'influence d'un stress, peut survenir un syndrome psychotique.
Exemple : le syndrome de Ganser. Décrit, en 1897, par Sigbert Joseph Ganser (1835-1931) états crépusculaires avec dépersonnalisation, comme chez les hystériques, avec réponses à côté aux questions les plus simples, amnésie volontaire, conduite générale portant au ridicule, dissolution de la personnalité, et obnubilation.
L'absurdité des réponses est cherchée avec effort intellectuel pour trouver la réponse la plus absurde et équivoque. Ils renoncent à être polis et tutoient le médecin. Ils font des calculs mentaux simples mais inexacts (exemple : "2 + 2 = 5"), ne donnent pas de réponses correctes aux questions quand ils sont interrogés (exemple : "quel âge avez-vous ? Réponse : nous sommes en 1999" - "comment vous appelez-vous ? Réponse : mon frère s'appelle Jean"). Souvent, non seulement les réponses qu'ils donnent sont absurdes, mais aussi la manière d'exécuter les ordres. Ils essayent d'utiliser les objets qu'ils ont en leur possession à contre-sens, ils peuvent effectuer des gestes de pseudo - apraxie.
Des symptômes accessoires peuvent également apparaître : troubles de la conscience avec désorientation dans le temps et l'espace, amnésie lacunaire (qui se manifeste après l'épisode par le manque de se rappeler la phase psychotique), quelque fois aussi avec des hallucinations auditives et visuelles et, du point de vue neurologique, des zones d'anesthésies et d'analgésie (qui peuvent donner un aspect pouvant ressembler au tableau clinique d'un épisode crépusculaire hystérique).
En médecine légale, on désigne aussi sous le même nom lesdites conduites jouées alors pour simuler le trouble mental, mais ne réussissant qu'à le caricaturer, lors de détention.
Le syndrome peut être pur après traumatismes / névroses, ou en association avec
d'autres psychopathies, par exemple la schizophrénie ou l'oligophrénie, l'addiction aux substances, et autres pathomimies.
Pour pouvoir différencier les simulations, on doit observer :
- la mimique, le regard, la tonalité vocale s'ils ont (ou pas) des caractéristiques psychotiques. En général, le simulateur désire avoir un faciès psychotique, mais il ne peut pas avoir un regard "trouble" et durant une discussion prolongée ne peut pas maintenir une tonalité vocale non concordante avec l'humeur et le contenu de son discours ; lors d'examens répétés, il ne peut pas maintenir constantes les mêmes caractéristiques de son comportement psychotique dissociatif ;
- le simulateur ne peut pas maintenir son comportement "psychotique" durant 24 heures (une observation discrète, dans une clinique spécialisé, est nécessaire également en dehors des examens du médecin) ;
- les symptômes de simulation font leur apparition spécialement chez les récidivistes, ou chez les condamnés au moment où ils prennent connaissance d'une décision définitive (après que tous les recours soient épuisés), quelquefois le syndrome fait son apparition dès les premiers jours suivants l'incarcération.
Le syndrome de Ganser bénéficie d'un traitement symptomatique spécifique de quelques jours à quelques semaines. Dans la majorité des cas, la rémission est totale. Pendant la durée des troubles de conscience et de discernement, le sujet ne doit pas être interrogé
pénalement.
Caractéristiques cliniques communes des psychoses :
Illusions : déformation de la perception d’un objet réel avec micropsie / macropsie
Hallucinations psychosensorielles ou psychiques (celles-ci se produisent dans l’espace subjectif, le patient sait que les autres n’entendent pas les bruits ou les voix).
Pas de critique de ces visions : absence d’objectivité. Le malade croit que ce qu’il voit ou entend est envoyé par un ennemi.
Hypoesthésie (indifférence aux stimuli du monde extérieur), hyperesthésie (perception exagérée des stimuli du monde extérieur).
Troubles du cours de la pensée : Tachypsychie avec accélération du cours de la pensée, fuite des idées (fugue), difficultés de concentration, assez caractéristique de l’accès maniaque.
Bradypsychie, dans sa forme extrême avec monoïdéisme (une seule idée), caractéristique de la mélancolie.
Discontinuité de la pensée : Phénomène de barrage, le patient décrit sa tête vide, comme si on lui avait volé son idée. Mentisme : plusieurs idées qui viennent en même temps de façon incohérente, sur plusieurs thèmes.
Troubles du contenu de la pensée : Le délire est la croyance / conviction en une idée erronée en contradiction, en opposition, avec la réalité.
Les délires systématisés dans la paranoïa (Conscience, logique dans le délire) avec délire de jalousie (sentiment d’être bafoué, d’être frustré d’un bien qui va vers un autre), délire érotomane, délire de persécution (sentiment d’être observé, qu’on parle de lui), délire sensitif
Les délires polymorphes sont non systématisés, non structurés, le patient délire sur plusieurs registres avec confusion mentale, inconscience. Caractéristique de bouffées délirantes aiguës
Interprétations délirantes : le fonctionnement de la pensée est interprétatif, les choses / évènements sont interprétées de façon délirante
Distorsion globale de la pensée :
Pensée autistique : complètement coupée du monde et de la réalité, patients tournés sur eux-mêmes sans fonction de communication
Pensée magique : tout est interprété de façon magique, imagination très productive, fantasmes. Pensée paralogique, cohérente sur le plan grammatical et syntactique, mais illogique Exemple : l’arbre est planté dans le ciel.
Rationalisme morbide : raisonnement pseudo-scientifique ou pseudo-philosophique, sans enjeu, sans objectif
Automatisme mental : la personne pense que ses pensées lui sont étrangères, qu’elles sont dictées de l’extérieur
Psychomotricité : Manifestation de l’état psychique dans les gestes. État d’agitation psychomotrice : agitation maniaque furieuse, agitation catatonique (schizophrènes)
Comportement stéréotypé, comportement répétitif avec stéréotypie gestuelle, souvent chez les autistes.
Stupeur Le patient ne bouge pas, ne réagit pas aux stimuli de l’environnement. La stupeur mélancolique avec souffrance, larmes, la stupeur catatonique avec rigidité musculaire, expression indifférente (schizophrène)
Impulsions : acte brutal, sans réflexion, parfois raptus suicidaire.
Maniérisme : comportement maniéré de façade, vide de son contenu, le plus souvent chez les schizophrènes, parfois dans l’hystérie


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