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Névrose phobique


Névrose phobique : Ce sont des peurs irrationnelles concernant un objet ou une situation spécifique en présence desquelles le sujet présente une anxiété intense avec manifestations neurovégétatives (nausées, tachycardie, sueurs), voire une crise de panique. Le malade a conscience du caractère absurde de ces craintes, mais ne peut pas les contrôler. Il existe souvent une anticipation anxieuse de la situation phobogène.
L’objet ou la situation phobogène permet de distinguer : les phobies simples, les phobies sociales dont l’agoraphobie.
Conduites contre-phobiques : l’évitement de l’objet / situation phobogène, les conduites de réassurance (présence d’un tiers dont la présence est rassurante), l’intensité de ces conduites contre-phobiques conditionne le retentissement social du trouble phobique. Ces stratégies permettent au sujet phobique de lutter +/- efficacement contre l’anxiété anticipatoire, elles tendent à s’aggraver progressivement.
Phobies simples ou spécifiques : peur d’un objet / situation sans caractère menaçant : phobie d’animal / de phénomènes naturels (orage, eau) / du sang, phobies situationnelles ( transport public, avion, ascenseur). D’apparition précoce, dès l’enfance, ces phobies sont souvent découvertes tardivement, ont souvent un caractère familial, peuvent être associées à des troubles paniques. Les phobies du sang s’accompagnent de troubles vagaux (pâleur, bradycardie, voire une syncope) lorsque le sujet est confronté à la situation phobique.
Agoraphobie : plus fréquente chez la femme entre 18 et 35 ans avec anxiété dans des endroits dont il pourrait être difficile de s’échapper (foule, lieux publics, autobus, pont…), l’anxiété anticipatoire est toujours marquée. Les conduites contre-phobiques qui s’aggravent progressivement, entraînent une réduction des sorties et la nécessité d’être toujours accompagné(e) par un tiers, voire à un confinement à domicile. Possibilité de crises de panique. Près de 50 % des agoraphobes ont un syndrome dépressif. L’alcoolisme, toxicomanies médicamenteuses, sont des complications fréquentes.
Phobies sociales : apparaissent entre 15 et 20 ans, surtout chez l’homme. Ces phobies sociales peuvent être partielles (peur devant un public de : prendre la parole / manger / écrire), ou être généralisées : peur du regard des autres. Présence d’une anxiété anticipatoire. Les conduites contre-phobiques restreignent progressivement la vie sociale, jusqu’à l’isolement social dans les formes graves. Présence d’une : perte de l’estime de soi, crainte d’être critiqué, jugé.
Diagnostic différentiel  :
Phobies simples : à distinguer de peurs face à des objets ou situations potentiellement dangereux, sans anxiété anticipatoire. Certains symptômes obsessionnels comme les phobies d’impulsion se rapprochent des symptômes phobiques mais elles se différencient par leur circonstance d’apparition (elles ne sont pas liées à la présence de l’objet phobogène), et leur caractère souvent ritualisé.
Agoraphobie : parfois difficile à distinguer des crises de panique et ce d’autant plus que les deux tableaux sont souvent associés.
L’anxiété généralisée n’est pas liée à des situations précises, elle est diffuse.
La présence d’un tiers, le fait de ne pas avoir à sortir de chez eux, ne rassurent pas les patients atteints d’anxiété généralisée contrairement aux agoraphobes.
Devant la restriction des activités, les conduites de retrait, le diagnostic de dépression peut être discuté, d’autant plus que l’association des deux tableaux cliniques est fréquente.
En faveur d’une dépression, on recherche : des troubles du sommeil / de l’appétit ; des insomnies avec réveil précoce ; la perte des intérêts, le désinvestissement affectif.
Phobies sociales : à distinguer des syndromes dépressifs souvent surajoutés. Les signes somatiques de dépression, la perte des intérêts, font le diagnostic différentiel.
Traitement : souvent en ambulatoire, par un spécialiste en psychiatrie, hospitalisation rarement indiquée, sauf épisode dépressif, ou pour débuter le traitement dans certaines formes sévères d’agoraphobie ou de phobie sociale.
Benzodiazépines : peu indiquées dans les phobies car risque de consommation toxicomaniaque, uniquement si : panique ou anxiété généralisée, pour des durées les plus courtes possibles, à dose minimale.
Antidépresseurs : les tricycliques : imipramine (Tofranil), clomipramine (Anafranil) sont efficaces dans l’agoraphobie surtout avec crises de panique, et dans les phobies sociales, sinon inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. Les phobies sociales enfin semblent répondre particulièrement aux IMAO – A et B.
Les bêta-bloquants sont surtout efficaces dans les phobies sociales partielles alors qu’ils n’ont aucun effet sur les phobies sociales généralisées.
Les psychothérapies cognitivo-comportementales sont efficaces dans les troubles phobiques (techniques d’exposition progressive à la situation phobogène dans les phobies simples et les agoraphobies). Les techniques d’affirmation de soi et d’amélioration des compétences sociales sont indiquées dans les phobies sociales où elles peuvent être associées à une thérapie cognitive centrée sur les dystorsions cognitives qui font partie du tableau clinique.
Les psychothérapies d’inspiration analytique sont réservées aux patients ayant une bonne compréhension de leur état de santé


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