» GAINE TENDINEUSE Tendinopathie calcifiante

Tendinopathie calcifiante


La capsulite rétractile (1) : (CR) est à différencier des enraidissements douloureux d’une tendinite calcifiante, d’une rupture de coiffe, d’une omarthrose, d’une arthrite septique ou non. Définition de la raideur dans le cadre de la CR : antépulsion limitée à 90°, RI limitée à " main-fesse ", RE nulle, enraidissement douloureux, coiffe saine. Pathologie à début lent, une phase douloureuse et insomniante d’environ 6 mois, s’y ajoute un enraidissement durant 2 ans, puis persistance de la raideur alors que la douleur disparaît de 6 mois.
Pathologies associées : diabète, cervico-dorsalgies, maladie de Dupuytren.
Atrophie fréquente du sus-épineux. Se voit surtout entre 40 et 70 ans, prédominance féminine, large prédominance glénohumérale mais décrit également dans : cheville, poignet, hanche
Imagerie : réduction de la capacité articulaire et disparition du récessus < à l’arthrographie. Epaississement synovial et prise de contraste de l’intervalle des rotateurs à l’IRM. Hyperfixation (non spécifique) à la scintigraphie.
Arthroscopie : tendon du Long Biceps normal, tête humérale normale, hypervascularisation synoviale, restriction de la capacité articulaire, capsule et ligament coracohuméral épaissis.
Histologie : fibrose + prolifération fibro- et myofibroblastique d’agencement nodulaire ou laminaire
Diagnostic différentiel : atteinte articulaire de la gléno-humérale (dégénérative, inflammatoire ou arthropathique) écartée par la radiographie standard.
Le traitement médical et fonctionnel est efficace dans 80%. Traitement endoscopique dans 20%, jamais proposé si évolution de la maladie < 2 ans - Section des faisceaux du ligament gléno-huméral en fonction des constatations cliniques et opératoires – Décollement péri-glénoïdien et mobilisation concomitante sous AG - Un enraidissement de la capsule supérieure se traduit par une limitation globale des rotations, un enraidissement de la capsule inférieure limite l’abduction, un enraidissement de la capsule antérieure ou postérieure limite l’antépulsion et l’abduction
 
Tendinopathie calcifiante (1) : cause fréquente de douleur de l'épaule avant 40 ans, surtout les femmes entre 25 et 45 ans, et souvent bilatéral, avec parfois des douleurs très intenses (réaction inflammatoire marquées), non traumatique.
Clinique : souvent asymptomatique (3% des épaules cliniquement normales), souvent douloureux : soit chronique avec douleurs quotidiennes, mécaniques ou inflammatoires, sans parallélisme entre la taille de la calcification et l'intensité des symptômes, Soit douleurs aiguës avec douleurs paroxystiques insomniantes, la mobilité de l'épaule nettement diminuée, et toute mobilisation du bras est hyperalgique. La migration calcique peut être partielle et le patient est alors exposé à de nouvelles crises aigues. elle peut être totale avec disparition de l'image radiographique et guérison définitive
Forme chronique : imite un conflit sous-acromial. L'examen montre des douleurs de passage, ou un accrochage entre le tendon porteur de la calcification et l'os sus-jacent. Possibilité de raideur secondaire.
Jamais, ou quasiment jamais, associé à des ruptures des tendons de la coiffe des rotateurs.
La radiographie montre la calcification péri-articulaire. Le site du dépôt calcique est variable, superficiel ou profond, intratendineux. il peut concerner tous les tendons de la coiffe, avec une prédilection pour celui du sus-épineux. En période chronique, la calcification prend un aspect condensé, arrondi, et se situe tout près de l'attache du tendon sur l'humérus. Il est exceptionnel d'observer lors de l'épisode aigu l'opacification spontanée de la bourse sous-acromio-deltoïdienne. En phase de disparition spontanée, la calcification prend un aspect allongé le long du tendon. L'échographie peut éventuellement confirmer l'existence de petites calcifications et préciser leur localisation. L'arthroscanner et l'IRM sont dans ce cas totalement inutiles.
On distingue 2 types de calcifications péri-articulaires de l'épaule : les dystrophiques sur tendon dégénératif. Ces calcifications sont persistantes et les réactionnelles sur tendon sain, parfois dans le cadre d'une maladie des calcifications tendineuses multiples ou rhumatisme à hydroxyapatite. Ce type de calcification a un cycle évolutif propre aboutissant à la disparition spontanée de la calcification au bout de quelques années (en général moins de 10 ans). Les crises hyperalgiques peuvent être un des moyens de guérir.
Histologie (1) : îlots de calcification amorphe +/- réaction histiocytaire mono- ou multinucléée pouvant imiter une calcinose tumorale +/- remaniements kystiques, dégénérescence fibrinoïde.
Traitement : En phase chronique, par AINS, voire 1 / 2 infiltrations dans l'espace sous-acromial (celles qui sont radio ou écho-guidées sont + efficaces). En phase aiguë, une infiltration est fortement conseillée pour soulager la douleur insupportable.
Les ondes de choc : peut apaiser la douleur en phase aiguë ou lorsque la calcification est trop petite pour être enlevée sous endoscopie.
Dans les formes rebelles : Ponction-lavage-aspiration si calcifications radiographiquement homogènes et volumineuses. Intérêt de la lithotritie (utilisation limitée en France). L'arthroscopie est le traitement de dernière intention au cours des tendinopathies calcifiantes.
L'arthroscopie : si la calcification est très gênante sur le plan fonctionnel, avec douleurs nocturnes, et aspect radiologique volumineux, régulier, et condensé (très blanc). La calcification est à l'intérieur dans l'épaisseur du tendon, d’où petite incision dans le sens des fibres, pour faire l'ablation complète du dépôt de calcium par curette. Après l'intervention, le bras est libre sans écharpe, ni attelle. Les douleurs disparaissent progressivement dans les 3 à 6 mois. Sur les radiographies, on retrouve souvent dans les semaines qui suivent l'intervention des traces de calcification qui disparaissent avec le temps.
Une fois la calcification complètement disparue, la guérison est complète et définitive puisque le tendon ne présente aucun caractère d'usure dans cette pathologie.
La rééducation est extrêmement simple, et sera menée le plus souvent par le patient lui-même. L'exercice principal consiste, en position allongée, à mobiliser le bras opéré, en s'aidant de l'autre bras comme moteur (mouvement passif), et en utilisant un bâton. La mobilisation du bras ne doit jamais être douloureuse L'objectif est tout simplement de récupérer sa mobilité sans jamais forcer.
Complications : possibilité de capsulite rétractile, allongeant les suites de l'intervention, mais elle n'a pas d'incidence sur le résultat final, car liée à la libération massive de calcium dans l'articulation d’où une inflammation intense. Cette capsulite peut souvent être évitée en pratiquant une infiltration de corticoïdes, immédiatement au décours de l'intervention.
L'infection est une complication exceptionnelle sous arthroscopie
 
 (1) Klein MJ, Bonar SF, Freemont T, Vinh T, Lopez-Ben, Siegel H et al. Non-neoplastic diseases of bones and joints. American registry of pathology, Armed forces institute of pathology, 2011.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.