» ARTICULATION Coccygodynie

Coccygodynie


Sacrum/coccyx : Coccygodynies communes : douleur localisée au coccyx, déclenchée ou majorée par la station assise ou le relever d’un siège (douleur en éclair). Environ 1/3 est post-traumatique (chute sur les fesses, accouchement) avec un lien de causalité fort si traumatisme récent (< 1 mois), faible entre 1 et 3 mois, nul si plus tardif. La surcharge pondérale est un facteur de risque, les coccygodynies anciennes sont souvent liées à des malformations du coccyx du type épine), la conduite automobile est appréhendée.
Palpation : on cherche une fossette cutanée, voire un sinus pilonidal, en regard de la partie distale du coccyx, dont la présence témoigne d’une épine coccygienne. Une douleur élective sur une zone charnière évoque une hypermobilité, une douleur localisée à la pression de l’apex coccygien, avec palpation d’un spicule douloureux, traduit la présence d’une épine.
Radiologie : Un traumatisme violent, une douleur forte peuvent justifier des délais plus courts. Cliché debout de profil en premier, puis cliché assis sur un tabouret, les pieds sur un repose-pied, en cherchant la douleur habituelle, puis on superpose les 2 clichés sur un spot, cliché assis dessus, en faisant coïncider les contours sacrés.
Luxation postérieure du coccyx : survient en position assise et se réduit au lever (20 % des coccygodynies), elle est souvent post-traumatique par excellence, sinon surcharge pondérale.
L’hypermobilité n’existe pratiquement que chez la femme. Elle représente 25 % des coccygodynies, surtout chez le sujet normal ou maigre, plus rarement post-traumatique, parfois associée à une hyperlaxité ligamentaire diffuse.
L’épine est un pic osseux palpable sous la peau, à la pointe du coccyx, qui créée une bursite (15 % des coccygodynies), avec anomalie cutanée, en regard dans 80 % des cas : fossette cutanée +/- marquée, voire sinus pilonidal franc. Absence de cause traumatique
Absence de lésion observable : (1/3 des cas), ceci peut correspondre à une douleur lombaire projetée (affection discale), la douleur coccygienne est alors plus affectée par les mouvements lombaires que par la station assise elle-même (déclenchement par l’antéflexion lombaire ou la toux par exemple). Elle est apparue en même temps ou après la lombalgie, jamais avant.
La perte de mobilité sagittale lombopelvienne, fréquente chez le lombalgique chronique, augmente le risque de coccygodynie, ceci empêche le coccyx de se placer à l’abri vers l’avant du pelvis, lors du passage en station assise (incidence très accrue si arthrodèse lombaire).
Les douleurs musculaires ou ligamentaires (d’insertion du muscle grand fessier ou du ligament sacrotubéreux).
Traitement : injection intradiscale sous radioscopie. Les résultats à 3 mois sont bons ou excellents dans 60 à 70 % des cas mais peuvent se dégrader au delà. En cas de rechute, il est logique de proposer une deuxième injection. Si elle est plus longtemps efficace que la première, le traitement par infiltrations a de bonnes chance de guérir le patient. Dans le cas contraire (moins bon résultat la deuxième fois), il vaut mieux renoncer aux infiltrations.
Les épines requièrent une injection loco dolenti, à l’apex. Dans ce dernier cas, une réaction douloureuse qui peut durer plusieurs jours est fréquemment notée.
Traitements manuels : surtout si coccyx à mobilité normale (30 % de bons résultats), ce qui est en faveur de la présence d’une composante musculaire prédominante, sans effet en cas d’épine. Les résultats sont intermédiaires en cas d’instabilité, en fonction de la gravité de la lésion. Ils consistent en étirements +/- marqués des releveurs et en leur massage.
Chirurgie : résection du coccyx / portion instable du coccyx, sous AG, par une petite incision dans le pli interfessier. Malgré les précautions d’asepsie per- et postopératoire ainsi qu’une antibioprophylaxie de 48 heures, l’infection complique 10 % des interventions. La coccygectomie s’adresse exclusivement aux instabilités invalidantes, avec de bons et excellents résultats dans 90 % des cas. L’amélioration apparaît au 2ème ou 3ème mois et peut se prolonger 6 à 10 mois avant la guérison définitive. Ce long délai et les quelques échecs de la chirurgie sont parfois attribuables à des douleurs de déafférentation (syndrome du membre fantôme). Les tricycliques sont parfois utiles en cas de coccygodynie idiopathique ou d’échec chirurgical.
La bouée peut rendre service en cas de douleur rebelle, ou, de façon « préventive » lors des longs trajets en voiture, toujours mal supportés. Elle s’achète en pharmacie.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.