» COEUR Troubles du rythme et autres anomalies ECG Divers (hypo-thermie / kaliémie / thyroïdie / calcémie)

Divers (hypo-thermie / kaliémie / thyroïdie / calcémie)


Hypocalcémie : la corrélation entre calcémie et signes ECG est assez mauvaise. Si hypocalcémie sévère possibilité de : Q-T long sans modification de T, moins souvent : QRS discrètement élargis, ondes T pointues, aplaties ou inversées. Les étiologies classiques de l'hypocalcémie sont l'hypoparathyroïdie, la dénutrition ou la carence en vitamine D, l'insuffisance rénale chronique et certaines causes toxiques rares (éthylène glycol).
L'hypocalcémie est, avec l'hypothermie, capable d'allonger le segment ST sans modifier l'onde T ; la plupart des autres perturbations prolongent à la fois le segment ST et l'onde T (Effet stabilisant de membrane).
 
Hypokaliémie : L’aspect ECG typique :
- d’une hypokaliémie modérée (déficit potassique entre 100 et 200 mmoles) comporte une onde U ample et positive qui domine l’onde T (onde U).
- d’une hypokaliémie plus sévère entraîne un léger sous-décalage de ST qui abaisse la première partie de l’onde T.
- d’une hyperkaliémie encore plus sévère (déficit potassique entre 300 et 400 mmoles) s’accompagne d’un aplatissement puis d’une onde T inversée qui confère, avec l’onde U ample terminale, un aspect en S italique couché, proche d’une imprégnation en amiodarone ou en quinidine. Le QT paraît allongé en raison de l’onde U. Un BAV du 1er degré est parfois possible.
Néanmoins, la corrélation entre kaliémie et signes ECG est assez mauvaise. Un risque existe d'arythmie auriculaire (extrasystoles auriculaires, hyperexcitabilité auriculaire ou tachycardie supraventriculaire) et/ou ventriculaire (extrasystoles ventriculaires ou tachycardie ventriculaire dont la rare mais typique tachycardie ventriculaire bidirectionnelle). L'association d'une bradycardie à une hypokaliémie expose à des torsades de pointes. L’hypokaliémie potentialise la toxicité des digitaliques.
 
Hypothermie : Tous les intervalles R-R, P-R, QRS et Q-T peuvent s’allonger.
L’aspect ECG - en dessous de 35° - associe de façon variable une bradycardie sinusale à un bloc (bloc sino-auriculaire, bloc AV et/ou bloc intraventriculaire) et un Q-T long. La modification la plus typique est une onde J d'Osborn ou signe de la bosse du chameau qui apparaît pour des températures ≤ 32° C.
L’onde J est une onde surnuméraire qui apparaît comme une déflexion positive interposée entre la fin du QRS et le début du segment ST. Elle peut donner la fausse impression d'un complexe QRS élargi, d'un BBD atypique en V1 ou d'un courant de lésion. Son amplitude est grossièrement proportionnelle au degré d’hypothermie. L'hypothermie sévère peut se compliquer de fibrillation auriculaire ou si la température chute en dessous de 20° d’asystole. Mais c’est surtout la fibrillation ventriculaire qui menace, en particulier lors du réchauffement.
 
Hypothyroïdie : réduction de l’automatisme avec bradycardie sinusale. Les formes sévères (myxœdème avec dépôt gélatineux dans les tissus et carence hormonale profonde) peuvent se traduire par une triade sur l'ECG : bradycardie sinusale, microvoltage et anomalies plutôt diffuses de la repolarisation ventriculaire incluant un léger sous-décalage de ST, une onde T aplatie ou inversée, et surtout un Q-T long.
Ces troubles peuvent évoquer une insuffisance coronaire et exposent au risque, néanmoins rare, de torsades de pointes.
 


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