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Absorptiométrie et mesure de densité osseuse


Absorptiométrie monophotonique : faisceau mono-énergétique d’une source radioactive (iode 125) avec mesure sur l’avant-bras et le calcanéus, immergés pour uniformiser l’épaisseur des tissus mous. Technique peu irradiante de bonne reproductibilité, mais moins performante qu’en biphotonique et nécessité d’une source radioactive rend son emploi limité en pratique clinique.
Ostéodensitométrie par absorptiométrie biphotoniqueHAS et mesures ultrasoniques. L’absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA) est la méthode de référence. Elle mesure la densité minérale osseuse (DMO) à partir de la projection surfacique de la pièce osseuse explorée : vertèbres lombaires, extrémité supérieure du fémur, poignet, corps entier, elle repose sur la mesure de l’atténuation de faisceaux de rayons X, à double énergie, en résolvant 2 équations à 2 inconnues, on calcule la DMO exprimée en gramme d’hydroxyapatite/cm². Chaque valeur individuelle est comparée à la valeur moyenne normale pour l’âge et le sexe, la différence étant exprimée en nombre d’écarts types de la distribution de la population normale (Z score), ou de préférence en nombre d’écarts types de la distribution des valeurs chez l’adulte jeune normal de même sexe (T score). L’examen est rapide, et l’irradiation environ 10 fois moindre que celle reçue lors d’un cliché thoracique. Un abaissement d’un écart-type de la DMO correspond approximativement à un doublement du risque fracturaire. Un groupe de travail de l’OMS a défini l’ostéoporose sur des bases ostéodensitométriques : la DMO est dite normale lorsque le T score est situé entre -1 et +1 écarts-types. On identifie une ostéopénie lorsqu’il est entre -1 et -2,5 écarts-types. On identifie une ostéoporose pour un T score inférieur à -2,5 écarts-types. On parle d’ostéoporose sévère pour un T score < 2,5 avec en outre antécédent d’au moins une fracture par fragilité. La reproductibilité de la méthode est d’environ 1 % au niveau lombaire et de 2 à 3 % au niveau du fémur. Chaque diminution de masse osseuse d’un écart-type (10 %) X 2 le risque de fracture ostéoporotique.
Des artefacts, tels qu’un lavement baryté récent, peuvent fausser les mesures.
De même une arthrose lombaire, notamment interapophysaire postérieure, une scoliose, la présence d’un ou plusieurs tassements vertébraux et l’existence de calcifications aortiques ou d’autres condensations, peuvent augmenter artificiellement le résultat.
La mesure peut aussi être faussement abaissée si surpoids important.
Enfin, les valeurs sont sous-estimées chez les patientes dont le volume osseux est inférieur à celui de la population de référence. À l’inverse, les résultats sont surestimés chez les grandes femmes (> 1,80 m).
Selon l'HAS : intérêt dans la population générale, quels que soient l’âge et le sexe :
a) en cas de signes d’ostéoporose : découverte ou confirmation radiologique d'une fracture vertébrale (déformation du corps vertébral) sans contexte traumatique ni tumoral évident, antécédent personnel de fracture périphérique survenue sans traumatisme majeur (sauf fractures du crâne, des orteils, des doigts et du rachis cervical).
b) en cas de pathologie ou traitement inducteur d’ostéoporose : corticothérapie systémique > 7,5 mg/j d’équivalent prednisone > 3 mois consécutifs, hyperthyroïdie évolutive non traitée, hypercorticisme, hyperparathyroïdie primitive, ostéogenèse imparfaite ou hypogonadisme prolongé (incluant l’androgénoprivation chirurgicale (orchidectomie) ou médicamenteuse (traitement prolongé par un analogue de la Gn-RH)).
- Chez la femme ménopausée (y compris sous THS à des doses< aux doses recommandées pour la protection osseuse) si antécédent de fracture du col fémoral sans traumatisme majeur chez un parent au 1er degré, IMC < 19 kg/m², ménopause avant 40 ans, corticothérapie (voir ci-dessus).
L’ostéodensitométrie a peu d’indications dans le suivi des patients
La mesure de la DMO lombaire a peu d’intérêt après 70 ans où l’arthrose lombaire, très fréquente, surestime le résultat. La mesure de la DMO fémorale est à préférer chez les sujets âgés. Cette mesure n'a d'intérêt qu'en préventif, les indications sont les facteurs de risque (voir formes secondaires supra) (1)
Récemment, l’atténuation des ultrasons mesurée au niveau du calcanéum a été montrée prédictive du risque de fracture du col fémoral chez des femmes âgées, mais l’ultrasonographie quantitative n’est pas encore validée comme instrument de suivi d’ostéoporotiques traités.
La tomodensitométrie est une méthode peu reproductible et irradiante de mesurer la densité osseuse rachidienne, en voie d’abandon, mais apparition d’appareils de TDM quantitative périphérique (extrémité < radius), de bonne reproductibilité avec irradiation faible (0,03 mSv).. Imagerie : #0
 
 
 (1) Pouilles JM. [Contribution of osteo-densitometry in the definition and diagnosis of osteoporosis]. Rev Prat 1995 ; 45(9):1096-1101.
 


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