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Arthrite de moins de 3 mois d’évoluition


Oligoarthrite ou monoarthrite de moins de trois mois : Une oligoarthrite est une atteinte inflammatoire de 2 ou 3 articulations , une polyarthrite correspond à une atteinte inflammatoire de 4 articulations et plus.
Le caractère inflammatoire d'une articulation est déterminé par : chaleur locale, rougeur et dilatation veineuse (inconstantes), tuméfaction. Douleurs, avec impotence fonctionnelle variable, de recrudescence nocturne , surtout en seconde partie de nuit, dérouillage matinal décrit par le patient , car la raideur cède +/- après la mise en mouvement articulaire (quelques minutes à plusieurs heures).
* l'analyse du liquide de ponction articulaire,
chaque fois que cela est possible , montrant par définition en cas d'arthrite plus de 1500 éléments par mm3 et/ou > 500 PNN/mm3, avec une concentration protidique > 30g/l.
Hypothèses étiologiques nombreuses. Peut être la phase débutante d’une pathologie infectieuse, métabolique ou rhumatisme inflammatoire chronique (spondylarthropathie, PR).
Les modalités évolutives sont variables : ces arthrites peuvent récidiver, ne se reproduisant pas forcément selon la même topographie . Des manifestations extra-articulaires peuvent apparaître, simultanément ou à distance de l'épisode articulaire initial, parfois après plusieurs mois ou années .
Dans certains cas, le diagnostic ne pourra ainsi être porté qu'après plusieurs années. Enfin, quelques unes de ces arthrites resteront sans diagnostic étiologique.
Interrogatoire : qui détermine la durée d'évolution des arthrites, leur mode d' apparition brutal ou progressif, la topographie des arthrites, leur caractère fixe ou migrateur, présence de douleurs axiales, rachidiennes ou fessières (articulations sacro-iliaques), talalgies, douleurs chondro-costales. Les traitements déjà utilisés et leur efficacité. Notion d' épisodes fébriles, sueurs, frissons. la prise éventuelle d' antibiotiques. Rechercher une altération de l'état général (asthénie, anorexie, amaigrissement).
Antécédents : les arguments en faveur d'une spondylarthropathie : douleurs axiales inflammatoires, talalgies, troubles digestifs à type de diarrhée chronique glairosanglante, signes oculaires (conjonctivite, uvéite), signes uro-génitaux (urétrite, balanite), signes cutanéo-muqueux (psoriasis, pustulose palmo-plantaire).
les arguments en faveur d'une polyarthrite : syndrome sec oculaire ou buccal, syndrome de Raynaud, fausses couches, une ou plusieurs phlébites, alopécie, aphtes, éruption solaire (photosensibilité).
Examens biologiques :
Ponction articulaire : pour analyse biochimique, bactériologique et recherche de cristaux.
Autres examens biologiques
* si l'on s'oriente vers une spondylarthropathie débutante , typage HLA B27 + sérologies de Yersinia, Chlamydia, Mycoplasma, Shigella et Salmonella, voire coloscopie avec biopsies.
* si en faveur d'une PR débutante, recherche de facteur rhumatoïde (tests au latex et de Waaler-Rose ), des anticorps antipérinucléaire et antikératine, un typage HLA DR4.
* Si manifestations lupiques, facteurs antinucléaires et Ac anti-DNA natifs, fractions du complément , protéinurie des 24 heures.
* en l'absence d'argument en faveur d'un rhumatisme inflammatoire chronique débutant, des sérologies de l'hépatite B et du Parvovirus B19 pouront orienter le diagnostic.
Dagnostic différentiel : inflammation péri-articulaire (tendinite, bursite, enthésopathie), douleurs osseuses para-articulaires (ostéonécrose, métastases osseuses).
L'arthrite septique à pyogène : surtout monoarthrite aiguë, parfois oligoarthrite / polyarthrite subaiguë, souvent sur terrain immunodéprimé (corticothérapie au long cours, traitement immunosupresseur, VIH, diabète, héroïnomanie, alcoolisme). Le tableau clinique peut être décapité par une antibiothérapie prescrite à l'aveugle sans identification préalable du germe.
L'endocartite d'Osler présence en plus d'un souffle cardiaque à l'auscultation +/- pétéchies des membres, faux panaris, splénomégalie. Les hémocultures seront répétées + échographie cardiaque transthoracique, mais surtout transœsophagienne, urgente pour confirmer le diagnostique (visualisation de végétations valvulaires, retentissement sur la fonction cardiaque). Le traitement est basé sur une antibiothérapie massive par voie veineuse.
La brucellose est évoquée sur une notion de contage (ingestion de fromage de chèvre de fabrication artisanale) ou de profession exposée (vétérinaire, boucher, agriculteur). Les arthrites sont présentes à la phase aiguë septicémique de la brucellose, avec contexte myalgique et fébrile évocateur (fièvre sudoro-algique).Cnfirmé par la positivité du sérodiagnostic de Wright, la présence du germe dans le liquide articulaire et dans les hémocultures. Histologie : synoviale très inflammatoire (PN, plasmocytes et lymphocytes), hyperplasique, à franges volumineuses, richement vascularisées et congestives. NB : épaississement important du revêtement des franges à grandes cellules d'aspect épithélioïde à disposi­tion palissadique et d'autre part, d'amas plus profonds arrondis de cellules épithélioïdes avec parfois des lésions granulo­mateuses tuberculoïdes. Parfois foyers de nécrose pouvant évoquer une tuberculose. Dans la brucellose peu / pas de cellules géantes. Les lésions sont souvent étendues à l'os où elles conservent cet aspect particulier avec des amas de cellules épithélioïdes au sein d'un infiltrat plus banal.
Diagnostic différentiel : difficile avec synovite rhu­matismale débutante ou en poussée, ou synovite d'une arthrite réactionnelle. C'est la culture du liquide articulaire ou d'un fragment biopsique qui prouve l'infection et précise sa nature.
La polyarthrite gonococcique doit être évoquée systématiquement chez le sujet jeune. Le caractère symptomatique de l'urétrite chez l'homme sera un élément d'orientation important. chez la femme, la cervicite étant plus volontiers asymptomatique, l'interrogatoire sera pauvre.
Les prélèvements génitaux seront systématiques.
L'association à des ténosynovites et à des lésions pustuleuses purulentes (qu'il faut prélever), des mains et des pieds, est très évocatrice.
La maladie de Lyme transmise par Borrelia Burgdorferi dont le vecteur est constitué par certaines tiques ixodes, est plus fréquente dans les régions boisées, toujours évoquer ce diagnostic et rechercher la notion d'une piqûre de tique, de manifestations cutanées (erythema chronicum migrans). Signes articulaires quelques semaines/ mois après la phase d'infection avec arthrite des grosses articulations et pannus dans 10% Images cliniques : genou droit Histologie  : synovite chronique papillaire avec hyperplasie, dépôts de fibrine, infiltrat mononucléé, épaississement en bulbe d’oignon des parois artérielles Images histologiques : #0, #1, #2. . Les signes cutanés sont inconstants, la piqûre de tique n'est identifiée que dans 40% des cas.
Le sérodiagnostic permettra alors d'orienter le diagnostic.
A noter, la survenue possible de manifestations neurologiques (méningo-radiculite) et cardiologiques (troubles de conduction).
Les arthrites syphilitiques sont exceptionnelles. Elles peuvent survenir à la phase secondaire sous la forme de polyarthrites subaiguës fébriles, migratrices, accompagnées de la roséole cutanée. On recherchera une cicatrice de chancre.
Les sérologies syphilitiques réalisées seront fortement positives à ce stade évolutif.
La rubéole, les oreillons, la MNI et la grippe s'accompagnant souvent de polyarthralgies inflammatoires, plus rarement d'une polyarthrite d'évolution spontanément favorable en quelques jours. La vacination antirubéolique peut entraîner, après 1 à 6 semaines, des polyarthralgies inflammatoires.
Oligoarthrites ou polyarthrites récentes du sujet agé :
La pseudo-polyarthrite rhizomélique est une atteinte inflammatoire symétrique des ceintures scapulaire et pelvienne, +/- atteinte cervicale, du sujet âgé, souvent > 60 ans. La raideur est maximale le matin au lever avec un dérouillage plus ou moins prolongé. On note parfois une altération de l'état général, des myalgies, une fébricule à 38 °C. Exclure une maladie de Horton (associée dans 25% des cas), (céphalées, claudication intermittente de la mâchoire, troubles visuels, abolition caractéristique du pouls temporal) + biopsie artère temporale..
La VS et CRP, constamment élevées, extrême sensibilité des douleurs aux corticoïdes.
Polyarthrite rhumatoïde du sujet âgé : présentation clinique superposable à celle du sujet plus jeune.
Oligoarthrites ou polyarthrites récentes du sujet jeune
Sont regroupés sous le terme de spondylarthropathies séronégatives (SASN) sont des rhumatismes touchant indifféremment et éventuellement simultanément le rachis et les articulations périphériques, mais différents de la PR, Ils regroupent la spondylarthrite ankylosante, le rhumatisme psoriasique, les arthrites réactionnelles avec le Reiter comme forme la plus complète, les rhumatismes associés aux maladies inflammatoires de l'intestin, et quelques autres entités plus rares et aux limites du concept.
Au cours de ces différentes pathologies : manifestations cliniques communes (uvéites, atteinte axiale, enthésopathie), sur terrain génétique identique (HLA B 27, dans 50 % des rhumatismes psoriasiques avec manifestations axiales, 80 % des arthrites réactionnelles et 90 % des pelvispondylites) et avec atteintes radiologiques comparables (syndesmophytes, mise au carré des vertèbres, sacro-iliite uni- ou bilatérale). Manifestations rhumatologiques : oligoarthrite des membres <, associée ou non à des manifestations axiales.
La spondyarthrite ankylosante = rhumatisme inflammatoire chronique de l'homme jeune. L'atteinte axiale caractéristique peut être précédée d'arthrites périphériques, surtout des membres inférieurs. Les arguments diagnostiques sont : antécédents personnels ou familiaux de spondylarthropathies (uvéite, psoriasis, entérocolopathie inflammatoire), douleurs fessières ou talalgies associées actuelles ou passées, Ag HLA B27(dans 90% des spondylarthrites ankylosantes et dans 6% de la population générale), existence de syndesmophytes rachidiens (charnière dorso-lombaire) ou d'irrégularités des articulations sacro-iliaques.
Rhumatisme psoriasique
Le rhumatisme psoriasique  : notion de psoriasis familial. Dans 10%, les manifestations articulaires précèdent l'apparition des signes cutanés, parfois de plusieurs années, rendant le diagnostic difficile. L'orientation diagnostique repose alors sur l'atteinte caractéristique des interphalangiennes distales, l'association possible à une atteinte axiale, les antécédents personnels ou familiaux du groupe des spondylarthropathies et la présence, plus rare que dans la spondylarthrite ankylosante, de l'antigène tissulaire HLA B27.
Arthrite réactionnelle : comporte des lésions oculaires (conjonctivite), urétrales infectieuses non gonococciques et des arthrites, souvent oligoarticulaires, prédominant aux membres <. Cette forme clinique est en réalité exceptionnelle et l'on observe plus fréquemment des manifestations articulaires inflammatoires secondaires à une diarrhée infectieuse.
L'évolution de ces arthrites se fait dans la majorité des cas vers la guérison, après une ou plusieurs récidives.
Rhumatisme des entérocolopathies inflammatoires  : lors de Crohn ou RCH. L'atteinte peut être périphérique ou axiale, sur un terrain génétique commun aux autres spondylarthropathies (présence de l'antigène tissulaire HLA B27 dans 60% des cas).
La polyarthrite rhumatoïde rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent avec prévalence proche de 1%, touchant préférentiellement la femme, entre 20 et 50 ans.Au début : oligoarthrite distale, des membres >, puis atteinte bilatérale et symétrique avec déformations caractéristiques.
Les arguments cliniques sont : terrain (femme, antécédents familiaux, présence de l'Ag tissulaire HLA DR4), arthrites distales (mains, poignets) bilatérales et symétriques, association possible à des ténosynovites des fléchisseurs ou des extenseurs.
Radiologie : déminéralisation en bande périarticulaire, érosions marginales épiphysaires des métacarpiens ou des phalanges, géodes du carpe ou typiquement de la tête du cinquième métatarsien, pincement articulaire.
Biologie : sérologie rhumatoïde (tests au latex et de Waaler-Rose) mais souvent négative en début d'évolution. En fait, les signes en début d'évolution sont non spécifiques et bien souvent c'est l'évolution dans le temps qui permettra de porter le diagnostic avec certitude, avec l'apparition de manifestations cliniques, radiologiques et biologiques caractéristiques.
Oligoarthrites et polyarthrites associées aux maladies systémiques :
Lupus érythémateux disséminé : Les signes articulaires et cutanés sont révélateurs du LEAD dans > 80% (polyarthrite aiguë inflammatoire touchant préférentiellement la femme jeune, en particulier de race noire, avec signes généraux (fièvre, altération de l’état général). Grande variété de manifestations extra-articulaires (cutanéomuqueux, antécédents de fausses couches ou de thromboses veineuses profondes, existence d’une atteinte rénale...). Les arthrites du lupus ne s'accompagnent pas d'anomalies radiologiques, et sont sans déformations articulaires.
Positivité des facteurs antinucléaires et Ac anti-ADN natifs caractéristique +/- positivité des Ac anti-Sm, diminution des fractions C3 ou C4 du complément).
Le syndrome de Goujerot-Sjögren = syndrome sec peut s'accompagner de signes articulaires inflammatoires. Il peut être primitif ou bien accompagner une PR (15 à 20% des cas) ou autre connectivite.
La sarcoïdose, sous forme de syndrome de Löfgren (érythème noueux et adénopathies médiastinales), s'accompagne souvent d'oligoarthrite ou d'une polyarthrite asymétrique.
La négativation des réactions tuberculiniques et l'élévation de l'enzyme de conversion de l'angiotensine orienteront le diagnostic.
La maladie de Behçet : si atteinte articulaire : oligoarthrite ou polyarthrite asymétrique.
Les critères de diagnostic sont : aphtose bipolaire (buccale et génitale), pseudo-folliculite nécrotique, hypersensibilité cutanée aux points de piqûre, uvéites, signes vasculaires (phlébites).
Autres connectivites :
La sclérodermie systémique, la dermatomyosite, la polymyosite,
la polychondrite atrophiante, la périartérite noueuse, la maladie de Wegener sont d'autres connectivites variablement associées à des atteintes articulaires inflammatoires qui peuvent être révélatrices.
Ce sont les manifestations extra-articulaires et les anomalies du bilan immunologique qui orienteront le diagnostic.
 
Origine infectieuse bactérienne : Gonocoque surtout si oligo-arthrites infectieuses du sujet jeune, surtout chez la femme en raison de la discrétion des manifestations génitales. De début est brutal, signes généraux importants : fièvre, frissons.
L’atteinte articulaire : soit mono / oligoarticulaire, soit polyarticulaire d’emblée avec atteinte asymétrique souvent migratrice avant de se localiser sur une ou deux articulations (poignet, genou). Les signes inflammatoires d’arthrite sont francs. Une ténosynovite (cou de pied, poignet, extenseurs) ou des lésions cutanées (papule puis pustule ou vésicule, siégeant sur le thorax ou la partie distale des membres), inconstants, mais évocateurs de gonococcie. Syndrome inflammatoire biologique franc liquide articulaire inflammatoire et cultures positives dans 50 % des cas. Amélioration spectaculaire après quelques jours d’antibiothérapie.
Méningocoque, pneumocoque, streptocoque B, staphylocoque doré, endocardite d’Osler : les manifestations articulaires s’intègrent alors dans le cadre d’une septicémie, sur terrain particulier (immunodéprimé, diabétique, corticoïdes, splénectomisé). Un purpura évoque une méningococcémie (peut mimer une arthrite gonococcique).
Un souffle cardiaque fait rechercher une endocardite d’Osler (purpura, splénomégalie associés) que les manifestations articulaires (arthrites fluxionnaires des grosses articulations) peuvent révéler.
La brucellose surtout dans les Alpes, Corse, littoral méditerranéen. À la phase aiguë, des arthrites / arthralgies coexistent avec les poussées fébriles (fièvre sudoro-algique). La hanche et le genou sont les articulations les plus souvent atteintes +/- sacro-iliite / spondylodiscite.
Les radiographies initiales sont normales.
Le diagnostic repose sur le contexte étiologique et les hémocultures, l’analyse du liquide synovial ; IgM et IgG par sérologie de Wright, ou technique ELISA. Leucopénie au cours de la brucellose. 
La maladie de Lyme : la transmission a lieu en été / automne. Des arthralgies sont possibles au stade de primo-infection. L’atteinte articulaire survient lors des manifestations précoces ou tardives de l’infection disséminée avec : mono ou oligoarthrite prédominant aux membres < (genou), poussées d’arthrite brèves et récidivantes. Parfois douleurs aux insertions des enthèses, un doigt ou un orteil en saucisse.
À la phase des lésions articulaires, possibilité de : lésions cutanées secondaires (lésions annulaires, rash, pustules, urticaire, érythème diffus), d’atteinte cardiaque (trouble de la conduction) ou neurologique (méningoradiculite, atteinte des paires crâniennes).
Le diagnostic est porté sur : notion de morsure de tique, érythème chronique migrans antérieur à la polyarthrite, séjour en zone d’endémie) évocateurs mais inconstants, arguments biologiques [liquide articulaire inflammatoire stérile aux techniques usuelle, mais en PCR B Burgdorferi, sérologie positive en IgM et IgG (dépistage par ELISA confirmé par immunoblotting ].
C’est parfois la réponse au traitement antibiotique d’épreuve qui permettra d’assurer le diagnostic.
La syphilis secondaire peut s’accompagner de manifestations articulaires, à type de polyarthrite subaiguë peu sévère, fixe, avec signes inflammatoires locaux modérés. Le diagnostic repose sur la notion de contage, la mise en évidence d’une éruption, d’une alopécie, d’adénopathies, avec sérologie syphilitique fortement positive.
La tuberculose est une cause non exceptionnelle d’arthrite chez les sujets immigrés provenant d’Afrique noire ou d’Asie, ou plus rarement d’ Afrique du Nord, sinon sujet autochtone âgé ou immunodéprimé. Atteinte souvent monoarticulaire, parfois oligoarthrite. Début insidieux, avec douleur modérée mais grosse tuméfaction, puis amyotrophie rapide et limitation des amplitudes articulaires (genou, hanche), + atteinte extra-articulaire. NB : dans les os longs, l’extension hématogène du BK s’accompagne souvent d’une arthrite destructrice, mono-articulaire dans + de 90% des cas avec extension osseuse sur l’autre os de l’articulation avec destruction du cartilage articulaire.
Au stade précoce, les radiographies sont normales, puis surviennent des géodes et des érosions siégeant électivement en périphérie, en regard des zones d’attache de la capsule synoviale. Le pincement articulaire se majore progressivement.
Liquide synovial inflammatoire, < 20 000 cellules /mm3, mixte, à prédominance de PNN, mais ntion classique de prédominance lymphocytaire. Diagnostic à la biopsie synoviale (granulome épithélioïde avec ou sans caséum) + bactériologie (cultures positives en 6 à 12 semaines).
Une lèpre (2) doit être évoquée si séjour prolongé en zone d’endémie (Inde, Brésil, Indonésie, Nigeria). Dans 5 % des cas survient une polyarthrite diffuse, symétrique, chronique, très inflammatoire, fixe, non destructrice. La lèpre touche surtout le visage (maxillaire et sinus maxillaires + fosses nasales), les mains et les pieds avec des lésions lytiques osseuses et para-articulaires. L’atteinte indirecte par athropathie neuropathique (forme prototypique) est plus importante (ostéoporose diffuse, suite à l’inactivité liée à la douleur, la perte des fonctions motrices aboutit à une résorption corticale + périostite, le tout avec destruction souvent massive, certains os étant effilés voire disparaissant complètement).
On retrouve 4 types d’atteinte articulaire, la neuropathique (Charcot), arthrite septique, polyarthrite réactionnelle (aiguë, sévère, symétrique, acrale (poignets, métacarpophalangiennes, interphalangiennes proximales) et polyarthrite subaiguë / chronique (mains, poignets, genoux et pieds, non destructrice tardive, +/- ténosynovite / enthésopathie)
Des manifestations oligo-articulaires sont possibles. Un érythème noueux peut y être associé.
Arthrite virale  : De nombreux virus sont responsables d’oligo ou de polyarthrites aiguës.
L’hépatite virale B entraîne dans près de 40 % des cas une polyarthrite brutale, bilatérale et symétrique, touchant souvent les mains, avec une raideur importante, souvent accompagnée d’une urticaire ou d’une éruption maculopapuleuse. L’horaire est inflammatoire. La polyarthrite précède l’ictère de quelques jours et régresse généralement à la phase ictérique.
Le diagnostic repose sur la notion de contage, l’élévation des transaminases, la positivité de la sérologie de l’hépatite B, la mise en évidence d’un liquide articulaire inflammatoire monocytaire stérile.
Les arthralgies ou les arthrites sont moins fréquentes au cours des hépatites A et C.
De nombreux autres virus peuvent induire des polyarthrites : rubéole ou vaccination antirubéolique, oreillons, herpès, varicelle, parvovirus B19, MNI, arbovirus, échovirus, etc.
Des polyarthrites d’origine parasitaire sont possibles chez les sujets ayant séjourné en zone tropicale, en particulier la filariose et l’anguillulose. Une hyperéosinophilie peut être évocatrice. Les sérologies permettent le diagnostic.
Rhumatismes post-infectieux :
Rhumatisme post-streptococcique : diagnostic d’élimination du fait de sa rareté, dans environ deux tiers des cas angine récente, précédant les signes articulaires d’une semaine à un mois. Une polyarthrite aiguë, oligoarticulaire dans un quart des cas, s’installe en quelques jours, symétrique, surtout aux membres <, parfois migratrice. Un érythème noueux est évocateur du diagnostic.
Spondylarthropathies : Sont regroupés sous le terme de spondylarthropathies séronégatives (SASN) sont des rhumatismes touchant indifféremment et éventuellement simultanément le rachis et les articulations périphériques, mais différents de la PR, Ils regroupent la spondylarthrite ankylosante, le rhumatisme psoriasique, les arthrites réactionnelles avec le Reiter comme forme la plus complète, les rhumatismes associés aux maladies inflammatoires de l'intestin, et quelques autres entités plus rares et aux limites du concept.
Au cours de ces différentes pathologies : manifestations cliniques communes (uvéites, atteinte axiale, enthésopathie), sur terrain génétique identique (HLA B 27, dans 50 % des rhumatismes psoriasiques avec manifestations axiales, 80 % des arthrites réactionnelles et 90 % des pelvispondylites) et avec atteintes radiologiques comparables (syndesmophytes, mise au carré des vertèbres, sacro-iliite uni- ou bilatérale). Manifestations rhumatologiques : oligoarthrite des membres <, associée ou non à des manifestations axiales.
Autres rhumatismes inflammatoires :
La pseudopolyarthrite rhizomélique outre des douleurs des ceintures, des synovites des mains et des poignets, peut mimer une PR à début rhizomélique. C’est souvent l’évolution qui permettra de trancher.
La polyarthrite oedémateuse du sujet âgé (RS3PE pour Remiting Synovitis Seronegative Symetrical Pitting Edema), rare, comporte une polyarthrite bilatérale et symétrique avec volumineux oedèmes des mains en gants de boxe et parfois des pieds.
Son évolution est favorable avec une faible corticothérapie même si un certain nombre évoluent vers une authentique PR ou autre rhumatisme.
La maladie de Still est une affection de l’adulte jeune qui entraîne des arthralgies ou une polyarthrite s’accompagnant d’une fièvre hectique, avec clochers thermiques supérieurs à 39°, et rash maculaire ou maculopapuleux rosé non prurigineux intermittent.
D’autres éléments sont évocateurs : pharyngite non bactérienne, adénopathies, splénomégalie.
Biologie : leucocytose > 10000 / mm3, avec > 80 % de PNN. Une hyperferritinémie souvent considérable, avec effondrement de la fraction glyquée, est un bon élément d’orientation. Les examens immunologiques et bactériologiques sont négatifs.
La maladie de Behçet associe polyarthrite, inconstante, aphtose bipolaire (buccale et génitale) chez un patient originaire du bassin méditerranéen. Des antécédents de thrombose veineuse ou artérielle, une uvéite antérieure ou postérieure, des manifestations dermatologiques (érythème noueux, pseudofolliculite) sont évocateurs.
La maladie de Whipple peut présenter des signes articulaires pouvant précéder de plusieurs années les troubles digestifs.
Le purpura rhumatoïde est évoqué devant des polyarthralgies associées à un syndrome douloureux abdominal et un purpura des membres inférieurs.
La maladie périodique entraîne une polyarthrite récurrente fébrile avec douleurs abdominales chez les juifs séfarades.
La sarcoïdose peut débuter par une polyarthrite aiguë associée à un érythème noueux et des infiltrats pulmonaires (syndrome de Löfgren).
D’authentiques polyarthrites paranéoplasiques ont été rapportées.
Connectivites :
Le syndrome de Sjögren associe une polyarthrite non destructrice à une xérostomie et (ou) une xérophtalmie. Le diagnostic différentiel est difficile avec une PR débutante, d’autant que la recherche de facteurs rhumatoïdes est souvent positive. Le diagnostic peut nécessiter la pratique d’une biopsie des glandes salivaires accessoires.
Connectivites mixtes (syndrome de Sharp) : association de polyarthrite + syndrome de Raynaud, myosite / doigts boudinés. En biologie : taux élevé d’Ac antinucléaires + anti-RNP caractéristiques.
La sclérodermie systémique, la polymyosite, la dermatomyosite, certaines vascularites (Wegener ou PAN, la polychondrite atrophiante, les cryoglobulinémies, s’accompagnent plus rarement d’une polyarthrite.
Arthropathies métaboliques :
Goutte polyarticulaire : atypique avec oligo ou une polyarthrite avec fièvre fréquente.
Des antécédents personnels ou familiaux de goutte ou de lithiase urique, la prise au long cours de médicaments hyperuricémiants comme les diurétiques thiazidiques, le début brutal, l’atteinte de la métatarsophalangienne, la sensibilité à la colchicine sont des arguments diagnostiques. Le diagnostic repose sur la mise en évidence de microcristaux d’urate de sodium dans le liquide synovial. Rappelons que l’hyperuricémie est inconstante pendant la crise.
La chondrocalcinose est une des causes d’arthrite aiguë les plus fréquentes chez le sujet âgé.
Les articulations habituellement atteintes sont les genoux et les poignets, mais toutes les articulations peuvent être touchées. Les radiographies mettent en évidence un liseré calcique évocateur [ménisques, ligament triangulaire du carpe, symphyse pubienne]. Les dépôts de pyrophosphate de calcium se font d’abord dans les ménisques et disques intervertébraux, atteinte articulaire dans la moitié des cas (Hum Path 1995 ;26:587). Peut imiter une arthrite septique, arthrite inflammatoire polyarticulaire ou ostéoarthrite dégénérative
La ponction articulaire ramène un liquide très inflammatoire contenant des microcristaux de pyrophosphate de calcium.
Diagnostic différentiel : Certaines affections articulaires comme l’arthrose érosive des doigts, ou périarticulaires (tendinopathies, maladie des calcifications tendineuses multiples, bursites) peuvent faire évoquer à tort un rhumatisme inflammatoire.
L’examen des articulations permet de redresser le diagnostic.
L’algodystrophie, l’ostéo-arthropathie hypertrophiante pneumique, la drépanocytose, certaines hémopathies... peuvent entraîner des douleurs articulaires sans vraie arthrite.


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