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Albinisme



L'albinisme oculo-cutané (AOC) est un ensemble de défauts héréditaires de la biosynthèse de la mélanine, avec diminution généralisée de la pigmentation des cheveux, poils, peau, yeux. La prévalence de toutes les formes d'albinisme varie beaucoup dans le monde et a été estimée à environ 1/17 000, suggérant qu'environ 1 personne sur 70 soit porteuse d'une mutation associée à l'AOC.


Maladie autosomique récessive due à des mutations du gène P, localisé en 15q11-q13, entraînant une réduction de la synthèse d’eumélanine et une altération des mélanosomes. Le tableau clinique de l'AOC varie de la forme la plus sévère, OCA1A, avec absence totale de mélanine durant toute la vie, à des formes plus légères - AOC1B, AOC2, AOC3 et AOC4 - dans lesquelles une certaine quantité de pigment s'accumule progressivement. Les manifestations cliniques incluent un nystagmus congénital de degré varié, un iris hypopigmenté et translucide, une pigmentation réduite de l'épithélium rétinien pigmentaire, une hypoplasie de la fovéa, une diminution de l'acuité visuelle (de 20/60 à 20/400), des anomalies de réfraction, une vision des couleurs altérée et une photophobie marquée. Le nerf optique suit un trajet anormal, ce qui constitue un fait caractéristique, se traduisant par un strabisme et une vision stéréoscopique réduite. Le degré d'hypopigmentation de la peau et des cheveux varie en fonction du type d'AOC. L'incidence des cancers cutanés peut être augmentée. Les quatre types d'AOC se transmettent de manière autosomique récessive. Quatre gènes au moins sont impliqués dans les différents types de maladie (TYR, OCA2, TRP1 et MATP).


Le type 1, tyrosinase négatif, est dû à des anomalies du gène de la tyrosinase, en 11q14- 21.


Dans le type 1A, l’activité de l’enzyme est quasi nulle par microdélétion, mutation non sens (protéine tronquée) ou faux sens (épissage défectueux ou altérations des régions de fixation du cuivre) des deux allèles.


Dans le type 1B (albinisme « jaune »), les mutations faux sens des deux allèles aboutissent à une enzyme ayant une activité résiduelle qui ne lui permet que la synthèse de phæomélanine ; dans le type 1TS (temperature sensible), l’enzyme ne peut fonctionner qu’au-dessous de 35 °C avec pigmentation limitée aux zones froides des extrémités.


Le type 2, tyrosinase positif, est le plus fréquent, et est lié à des mutations du gène codant pour la protéine P, en 15q11-12, (au niveau du locus délété dans les syndromes de Prader-Willi et d’Angelman).


Le gène codant TRP1 (tyrosinase related protein) est anormal dans le type 3 de cette affection (albinisme oculocutané tyrosinase positif), avec gène p normal.


L’incontinentia pigmenti achromians de type Ito a été reliée à une anomalie chromosomique en mosaïque (trisomie 18) ou à des mutations du gène codant pour la protéine P.


Le syndrome de Griscelli-Pruniéras, autosomique récessif et associant déficit immunitaire, troubles neurologiques et hypomélanose cutanée par défaut de transfert des mélanosomes aux kératinocytes par hypodendritogenèse, est lié à des mutations du gène codant pour la chaîne lourde de la myosine de type Va.


Le syndrome de Hermansky-Pudlak est autosomique récessif, et associe albinisme oculocutané, syndrome hémorragique et troubles du stockage lysosomial avec anomalies de divers organelles cytoplasmiques (lysosomes, mélanosomes et granules plaquettaires denses).


Il est dû à des mutations du gène hps en 10q23, qui code pour une protéine ubiquitaire transmembranaire, de routage des protéines dans les organelles intracellulaires, comme dans le syndrome de Chediak-Higashi. Dans ce syndrome, présence de mélanosomes géants sans prolifération de mélanocytes, dans la moitié < de l’épiderme (se voit également dans les tâches café au lait de NF, plages pigmentées su syndrome d’Albright (dans de rares mélanocytes)). Des macromélanosomes se voient aussi dans : lentigines, naevi de Clark, voire mélanomes in situ.


Le diagnostic est fondé sur l'examen clinique : hypopigmentation de la peau et des cheveux et présence de symptômes oculaires caractéristiques. En raison du chevauchement clinique entre les formes d'AOC, le diagnostic moléculaire est nécessaire pour établir le défaut génétique et le sous-type d'AOC. L'analyse moléculaire de TYR et d'OCA2 est disponible à des fins cliniques, tandis que celle des gènes TYRP1 et MATP ne l'est qu'à des fins de recherche. Le diagnostic différentiel inclut l'albinisme oculaire, le syndrome de Hermansky-Pudlak, le syndrome de Chediak-Higashi, le syndrome de Griscelli et le syndrome de Waardenburg de type II. Le conseil génétique et le diagnostic prénatal sont possibles lorsque les mutations en cause ont été identifiées dans la famille. Le port de lunettes (si possible à double foyer) et de lunettes sombres ou de lentilles photochromiques peut apporter une solution satisfaisante à la réduction de l'acuité visuelle et à la photophobie. La correction du strabisme et du nystagmus est nécessaire et l'utilisation d'écrans de protection solaire est recommandée. Les personnes atteintes d'AOC nécessitent une surveillance dermatologique régulière pour la détection précoce d'éventuels cancers de la peau. Elles ont une espérance de vie, un développement, une intelligence et une fertilité tout à fait normaux.


 



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