» OEIL Albinisme

Albinisme


Albinisme oculo-cutané (AOC) : La classification des albinismes est basée sur le mode de transmission génétique et sur la capacité de synthèse de la mélanine exprimée par la présence de tyrosinase lors du test d’incubation des bulbes pilaires (dans une solution de tyrosine).
L’albinisme peut comporter une dépigmentation cutanée, phanérienne (leucotrichie) et oculaire ou bien toucher de façon prédominante l’œil. Elle touche 1/20000 personnes, déficit pigmentaire, croisement anormal des fibres temporales dans le chiasma, nystagmus, photophobie, acuité visuelle variable (moindre dans la forme oculocutanée) et strabisme fréquent, astigmatisme.
Différentes formes : oculocutanée (plus sévère), oculaire et albinoïdisme (absence localisée, sujet moins touché que dans les 2 autres formes).
Dans les formes sévères, diagnostic évident dès la naissance car aucun pigment n’est détectable (peau est blanc rosé, cheveux et poils blanc-neige), La peau est très sensible aux UV, sans photoprotection, apparition d’héliodermie / cancers cutanés. Dans les formes moins sévères, signes variables de production pigmentaire qui apparaissent progressivement : cheveux jaunes en quelques mois, puis blond-paille ou brun clair dans la deuxième décennie, possibilité de bronzage modéré, rares phélides et lentigines ; les nævi sont achromiques ou faiblement pigmentés. Dans la race noire, le phénotype peut être proche de celui d’un caucasien blond. Dans les formes modérées, iris bleu, jaune orangé à brun clair. La fonction oculaire est moins altérée, avec possibilité d’amélioration avec l’âge. Les iris se pigmentent en bordure et ont un aspect en rayon de roue à l’épreuve de transillumination. La fovéa est hypoplasique et le pigment rétinien diminué.
Dès l’éveil visuel (6 à 12 mois), un nystagmus, une photophobie majeure, une amblyopie (de type cécité légale, donc acuité visuelle du meilleur œil après correction < 1/20), un strabisme vont se constituer. La transillumination lors de la recherche du réflexe pupillaire donne un reflet rouge diffus à la pupille lorsque l’iris est diaphane ou translucide. L’absence de reflet fovéolaire et de pigmentation maculaire définissent l’hypoplasie fovéale.
En fundoscopie fundus pale avec zones extensives d’hypopigmentation et vascularisation choroïdienne trop visible.
L’examen ophtalmologique de l’enfant albinos est fondamental en raison du risque majeur d’amblyopie. Mais parfois, du fait de la difficulté d’évocation des albinismes à la naissance, c’est l’absence de réponse aux stimuli visuels qui attire l’attention.
De plus problèmes infectieux Chédiak-Higashi, Hermansky-Pudlak) de cicatrisation.
Syndrome de Hermansky-Pudlak : maladie lysosomiale de transmission autosomique récessive, qui associe un AOC à des troubles modérés de la coagulation (troubles de l’agrégabilité plaquettaire), une fibrose pulmonaire / colite granulomateuse (toutes 2 inconstantes, d’intensité variable), une insuffisance rénale et une cardiomyopathie.
Syndrome de Chediak-Higashi  : autosomique récessive, avec hypopigmentation modérée, des cheveux à reflet argenté, photophobie et nystagmus modérés et sensibilité aux infections à pyogènes. Risque majeur de syndrome lymphoprolifératif lors de la 2ème décennie. L’examen des cheveux en microscopie optique montre des amas de pigment irréguliers et de grande taille.
Syndrome de Griscelli-Pruniéras : très rare, autosomique récessif, avec hypopigmentation cutanée, cheveux argentés et infections cutanées, ORL et respiratoires fréquentes. Phénotype cutané variable : zones dépigmentées, parfois hyperpigmentation, cheveux argentés. Leucopénie + thrombopénie, sans inclusions leucocytaires. Comme dans le Chediak-Higashi, fréquence de syndrome d’activation macrophagique et lymphocytaire mortel en l’absence de greffe de moelle osseuse. L’examen des cheveux retrouve une répartition irrégulière en mottes du pigment.
AOC de type 1 : par mutations du gène tyrosinase abolissant +/- sa fonction.
Type 1A (AOC tyrosinase négatif) : forme la + sévère, sans pigment détectable.
Type 1B imite le type 1A à la naissance mais, dès les premiers mois de la vie, apparition de signes de production pigmentaire, selon l’ethnie et type de mutation. Iris bleu, jaune ou orangé, fonction oculaire altérée mais moins que dans le type 1A, parfois amélioration avec l’âge.
Type 2 (AOC tyrosinase positif), forme la + fréquente d’AOC, surtout en Afrique. À la naissance, certains enfants blancs ne sont pas distinguables du type 1A alors que d’autres et les enfants de race noire ont la peau blanche, mais les cheveux tirant sur le blond-jaune. Avec l’âge, cheveux couleur paille, peau parfois faiblement pigmentée +/- éphélides / lentigines / nævi pigmentés. Dans la race noire le phénotype peut être proche de celui d’un caucasien blond. Les signes ophtalmologiques sont moins sévères que dans le type 1A ; les iris sont bleus ou jaune à brun clair. Le pigment irien est réparti en rayons de roue. L’AOC « brun » appartient à ce groupe. Dû au gène P en 15q11-13. Il est très rare et connu seulement dans la race noire : la peau est blanche, les iris vert-noisette, les cheveux roux flamboyants. Il est lié à des mutations du gène codant TRP-I (gp75).
Autres syndromes plus rares avec hypopigmentation cutanée et oculaire : albinoïdisme oculocutané autosomique dominant de Donaldson-Fitzpatrick, ou punctiforme de Bergsma et Kaiser-Kuppfer, syndrome d’Apert / Menkes / Vogt-Harada-Koyanagi / Waardenburg (mèche blanche frontale, hypomélanose des cils, des sourcils et parfois de la pilosité corporelle, canitie précoce, dystrophie canthale, hypochromie irienne, surdité).
La démarche thérapeutique est surtout prophylactique avec une photoprotection (verres teintés) et une (ré)éducation oculaire (correction du strabisme, des troubles de réfraction...).
D’autres syndromes plus rares peuvent comporter une hypopigmentation cutanée et oculaire : l’albinoïdisme oculocutané autosomique dominant de Donaldson-Fitzpatrick, ou punctiforme de Bergsma et Kaiser-Kuppfer, le syndrome d’Apert, le syndrome de Menkes, le syndrome de Waardenburg (mèche blanche frontale, hypomélanose des cils, des sourcils et parfois de la pilosité corporelle, canitie précoce, dystrophie canthale, hypochromie irienne, surdité), le syndrome de Vogt-Harada-Koyanagi.

Syndrome de Waardenburg : est une génodermatose autosomique dominante associe une dysmorphie, des troubles pigmentaires oculaires (hétérochromie iridienne = yeux vairon, pigmentation mottée périphérique de la rétine, fundus albinotique) / cutanéopilaire avec piébaldisme = blanchiment localisé des cheveux (mèche blanche dans la chevelure), apparition très prématurée de cheveux blancs, vitiligo, surdité sensorielle uni- ou bilatérale (4 formes), gène en 2q35 (Type 1), incidence de 1-2/20000. Décrit en 1951 par Waardenburg après examen de 1050 écoliers sourds, le type 1 (WS1) : associe une dystopie canthale interne, une mèche blanche frontale, un élargissement de la base du nez, une hypertrichose sourcilière interne, une hétérochromie irienne et une surdité d’origine neurosensorielle. Arias décrit en 1971 le type 2, sans dystopie canthale, le type 3 ou syndrome de Klein-Waardenburg présente une arthro-ostéo-myodysplasie, le typeIV (WS4) ou syndrome de Shah-Waardenburg associe une maladie de Hirschprung avec une mèche blanche et des cils blancs.
La distance intercanthale interne est de 20 à 27 mm chez le nouveau-né et atteint 28à 32 mm chez l’enfant. La dystopie canthale interne est une malposition du canthus interne, uni ou bilatérale, congénitale ou traumatique (dislocation orbito-nasale ou désinsertion du tendon canthal interne). Dans le Waardenburg, la dystopie canthale interne est congénitale et bilatérale avec augmentation de la distance entre les 2 canthus interne = télécanthus si > 38 mm, avec pseudo-blépharophimosis et sclère non visible en segment interne et une latéralisation des points lacrymaux, situés en regard de la cornée et élongation des canalicules avec larmoiement par dysfonction de la pompe lacrymale, voire sténose du canal d’union ou du canal lacrymo-nasal avec risque de dacryocystites. L’hyperplasie de la racine du nez donne l’aspect du nez dit « grec » avecune disparition de l’angle nasofrontal. Hypertrichose sourcilière surtout de la partie interne des sourcils, avec confluence médiane ou synophris et parfois décoloration des sourcils dans leur partie interne. Hétérochromie irienne, totale ou en secteur, uni ou bilatérale et alors parfois symétrique. Dans certains cas, l’absence de pigmentation est bilatérale avec 2 iris bleus isochromes. Fond d’œil albinoïde avec visualisation nette des vaisseaux choroidiens. Contrairement à l’albinisme oculaire, l’acuité visuelle dans le Waardenburg est normale. L’incidence de l’amblyopie est plus élevée que dans la population générale. La surdité est congénitale par agénésie de l’organe de Corti, uni ou bilatérale et de degré variable, si bilatérale et totale = surdimutité avec 20 % à 67 % de surdités si type I vs 50 à 87 % si type II, souvent lilatérale
On en distingue quatre types différents. Les types 1 et 3 sont liés à des anomalies du gène pax-3 qui code pour un facteur de transcription nucléaire activant l’expression de certaines molécules d’adhésion telles N-CAM et la cytotactine, molécules impliquées dans les phénomènes de migration cellulaire ; une anomalie de l’expression de ces protéines peut conduire à un trouble de la migration de certaines cellules telles que les mélanoblastes embryonnaires. Dans le type 3 en plus anomalies bilatérales des membres >, hypoplasie, contractures, fusion carpale, syndactylie, bléharophimosis
Le type 2 serait lié à des mutations du gène MITF (microphtalmia associated transcription factor), situé en 3p12.3-14.1.
Enfin, le type 4 ou syndrome de Shah-Waardenburg, associe 1 maladie de Hirschsprung aux troubles pigmentaires, avec mutations soit du gène codant pour le récepteur de type B de l’endothéline, soit du gène codant pour son ligand, l’endothéline 3 elle-même.



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.